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En cours Mankai desu Auteurrain DeviationSlashLime
2 - Une question sans réponse ?
Catégorie :  M
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C’était la fin de la journée à Karakura et  le soleil dispensait sur la ville ses derniers rayons bienveillants.  Comme chaque année à la même époque, les étudiants se pressaient par dizaines à la sortie des cours, dans les jardins publics pour profiter de Hanami, saison au combien appréciée des Japonais.  C’était aussi le projet de Rukia et Ichigo qui sortirent tous les deux du Lycée en bavardant. Ils eurent alors la bonne surprise d’apercevoir Renji, assis sur le trottoir d’en face, la tête entre les mains. Il portait un jean noir, des converses, un T-shirt gris et son éternel bandeau, de couleur noire cette fois-ci, autour de la tête. Se sentant observé, celui-ci leva les yeux vers eux et traversa à grandes enjambées la route pour les rejoindre.
 
-         Yo Renji ! Qu’est-ce que tu fais là ? s’empressa de demander Rukia, apparemment très heureuse de le revoir, même si sa joie ne semblait pas vraiment partagée.
 
-         Rukia, il faut que je te parle… seul à seule !! fit-il en jetant un regard assassin à Ichigo.
 
-         Oh çà va Renji !! répliqua ce dernier, braqué par la soudaine froideur du Lieutenant de la Sixième Division. Si tu crois que tes histoires m’intéressent !
 
-         Mais, cela ne peut pas attendre ? demanda la jeune fille.
 
-         Non Rukia ! répondit-il fermement.
 
-         Désolée Ichigo…bredouilla alors la petite brune. On se voit pour le dîner ?
 
-         Ouais ! T’inquiète ! maugréa le shinigami remplaçant en la regardant partir avec Renji, qui la traînait littéralement par le bras à sa suite. Nan, mais qu’est-ce qui va pas chez ce type ? Byakuya lui a mis une avoinée ou quoi ?
 
Il les suivit du regard jusqu’à ce qu’il ne puisse plus les voir et tourna les talons, cartable sur l’épaule. Lui qui, sous des dehors d’indifférence,  s’était fait une joie de contempler les cerisiers en fleur avec la jeune fille, se sentait lésé comme pas deux. Mais une chose était certaine, Renji ne perdait rien pour attendre.
 
Plus loin, les deux shinigami traversèrent sans se parler un carrefour, puis une rue, puis un autre carrefour.
 
-         Mais enfin, qu’est-ce qui te prend Renji ? Lâche-moi, tu me fais mal !! protesta la petite brune, assez contrariée elle aussi d’avoir renoncé à son programme.
 
-         Il me prend que ton frère va épouser Yoruichi-dono, voilà ce qui me prend ! lâcha le grand Lieutenant sans se retourner.
 
-         Tu n’étais pas encore au courant ? s’étonna la jeune fille en écarquillant les yeux.
 
-         Non ! rétorqua méchamment Renji en stoppant net sa marche. A moi on ne me dit rien ! Je suis le sous-fifre des Kuchiki, le dernier des abrutis du coin ! Pourquoi mettre au parfum un imbécile tel que moi, n’est-ce pas Rukia ?
 
La jeune fille baissa tristement la tête.
 
-         Nii-sama ne voulait pas que je te le dise. Je ne sais pas pourquoi.
 
Elle releva ses grands yeux bleu outremer vers son ami d’enfance, dont la mine déconfite l’incita à lui offrir un verre au café du coin, en espérant que cela suffise à l’apaiser. Là-bas, serrant son thé fumant entre ses mains tremblantes, elle commença timidement :
 
-         Tu sais Renji, Yoruichi et Nii-sama se connaissent depuis qu’ils sont enfants. En tant que représentants des deux plus grandes familles nobles du Seireitei, ils ont été préparés à ce cas de figure, je veux dire, au mariage de raison…
 
-          Mais je m’en tape ! éructa Renji en tapant du poing sur la table. Je ne décolère pas qu’il ne m’ait rien dit ! Je pensais que nos relations s’étaient améliorées après toutes les épreuves que nous avons traversées. Je pensais qu’il avait confiance en moi ! En fait, il m’a toujours considéré comme un minable, voilà tout !
 
-          Renji !!! s’offusqua la petite brune.  Je crois justement que c’est parce que vos relations se sont améliorées que Nii-sama a voulu te laisser à l’écart de tout çà ! Il savait que tu ne comprendrais pas les raisons qui l’ont poussé à accepter !
 
-          Trop fort Rukia ! conclut le Lieutenant en vidant d’un trait son café. Mais dis-moi, Yoruichi Shihôin et Urahara Kisuke fricotaient bien ensemble non ?
 
-          Renji !! Qu’est-ce que tu vas chercher ? s’écria la jeune fille, à présent écarlate. Ce sont de très bons amis, voilà tout !
 
-          Ouais, ben c’est ce qu’on va voir ! déclara t-il fièrement.
 
Ni une, ni deux, il se leva de table et quitta le café sans même lui dire au revoir. Le moins que l’on pouvait dire c’était que ce comportement ne lui ressemblait guère. Rukia, stupéfaite, ne comprenait pas pourquoi Renji faisait de cette union un problème personnel…à moins que…                             
                                                                          
 
°°°°°
 
Jinta et Ururu se chamaillaient comme d’habitude devant la boutique Urahara, lorsque Renji arriva à bout de souffle dans la cour.
 
-         Tiens, te revoilà Pique-assiette ? On n’a rien à te donner à manger cette fois…C’est la crise comme on dit ! fanfaronna le petit garçon.
 
-         Ta gueule Jinta ! Je suis pas là pour çà ! rétorqua le rouge. Est- ce que ton maître est dans les parages ?
 
Aussitôt, Ururu courut à l’intérieur prévenir ce dernier de l’arrivée du visiteur. Lorsqu’il reçut enfin l’autorisation d’entrer, Renji vit Urahara Kisuke en train de siroter une boisson de sa confection qui devait, normalement, lui permettre de devenir invisible aux yeux de tous. Du moins, c’était ce qu’il disait.
 
-         Alors mon vieil ami, qu’est-ce qui t’amène ? Tu en fais une de ces têtes ! lança ce dernier avec légèreté.
 
Renji s’assied silencieusement face à lui, le visage grave. Il ne savait pas trop comment présenter la chose et redoutait tout de même de froisser le commerçant. Il l’observa donc boire à petites gorgées sa nouvelle potion jusqu’à perdre patience.
 
-         Arrêtez de boire ce machin dégoûtant ! finit-il par lui dire. Je n’ai pas envie que vous disparaissiez tandis que je vous parle !!
 
Haussant un sourcil surpris, Urahara se mit à rire et posa sa tasse, enfin disposé à l’écouter.
 
-         Je veux savoir ce que vous pensez du mariage de Yoruichi et de mon Capitaine, demanda Renji. Je suppose bien sûr que vous êtes au courant ?
 
Urahara se mit à tousser fortement comme s’il avait un chat dans la gorge.
 
-         Ce que j’en pense ? Et bien, je suis heureux pour eux…Que pourrais-je dire d’autre ?...Les nobles ne se lient qu’avec des nobles…
 
 Renji fut piqué à vif par cette remarque sans comprendre pourquoi.
 
-         Vois-tu Renji, Yoruichi-san est ma grande amie ! Elle connaît ton Capitaine depuis qu’il est tout petit, d’ailleurs, elle l’a mouché plusieurs fois, hihihi !! Et ils étaient, quoiqu’on en dise, assez complices pour qu’elle lui enseigne pas mal de techniques. Ce mariage est donc placé sous les meilleurs auspices fit-il en se frottant les mains. Tu veux boire quelque chose ?
 
-          Non merci ! répliqua-t-il sèchement.
 
Ce qu’il venait d’apprendre de la bouche de Urahara le contrariait encore plus. Mais il risqua le tout pour le tout car il était venu sur terre dans cet unique but :
 
-         Mais je croyais que vous et Yoruichi…Yoruichi et vous…enfin, vous voyez ce que je veux dire ?
 
-         Nooon…répondit le blond d’un air idiot, en se cachant derrière son éventail.
 
-         Ne vous foutez pas de ma gueule Urahara !! Tout le monde à Soul Society sait que Yoruichi est descendue sur terre pour vous suivre, et que ce n’était pas simplement pour soutenir votre cause.
 
-         Yare, yare, Renji, si tout le monde le sait, alors pourquoi me poser la question ? Mmm?
 
-         Parce que…Renji serra des poings sur ses genoux…parce que c’est très important pour moi !
 
Après quelques minutes de silence passées à l’observer, Urahara vit la détresse du Lieutenant Abarai avec son cœur et non avec sa raison, aussi lui avoua-t-il que lui et Yoruichi avaient été, de temps en temps, au-delà de la simple amitié. Mais que ces marques de tendresse échangées n’avaient jamais été synonymes d’une relation vraie et profonde.
 
-         Nous sommes de vieux loups solitaires elle et moi, trop occupés pour que ceci soit sérieux. D’ailleurs la dernière fois, cela remonte à…Houla !! Bien des années !!
 
Renji dévisageait à présent Urahara avec une expression de désolation profonde. Il s’en voulait d’avoir arraché des aveux si intimes à cet homme d’honneur, d’autant plus que ceux-ci n’allaient pas l’aider dans sa cause. Mais c’était sans compter sur l’esprit d’à propos de son interlocuteur qui vint insidieusement briser sa réflexion :
 
-         Maintenant, c’est à moi de te poser une question. Elle a pour but de t’ouvrir les yeux mon ami. La voici : Pourquoi cette union te pose-t-elle problème ? Je peux la décliner en d’autres termes : La jalousie que tu ressens vis-à-vis de ce mariage, ne révèle-t-elle pas la nature des sentiments que tu as, ou aurais pour ton Capitaine, sans même le savoir ?
 
Cette question fit à Renji l’effet d’une énorme claque et il ne put malheureusement s’en cacher. Son visage s’empourpra irrésistiblement tandis qu’une sueur glacée commença à poindre le long de sa colonne vertébrale. Ne souhaitant pas exposer sa gêne, il se leva pour partir, mais l’homme au Bob se plaqua contre la porte de sortie, lui faisant bien comprendre qu’il ne pourrait pas se défiler à moins de se battre, et çà, il ne le voulait pas, pas pour çà. Découragé, Renji se laissa tomber au sol, tête basse et se mura dans un silence lourd de sens. Sans lui demander s’il en voulait, Urahara lui servit alors un peu de café pour le requinquer, et lui dit l’œil goguenard :
 
-         Sais-tu que tu n’es pas le seul dans ce cas ?
 
Le beau Lieutenant leva des yeux étonnés vers son hôte, accueillant avec reconnaissance la tasse de café qu’il lui présentait. Il ne comprenait pas ce qu’il entendait par là.
 
-         Et bien, il y a une autre personne qui a débarquée chez moi pour me poser la même question que toi ! Elle était dans le même état que le tien… voire pire ! Amusant n’est-ce pas ?
 
Il avait beau chercher, Renji ne voyait pas de qui il pouvait s’agir…
 
-         Soi Fon ! Soi Fon, l’ex-lieutenant de Yoruichi-sama, qui est maintenant capitaine à ses côtés ! révéla Urahara avec un large sourire.
 
-         Soi Fon ? Cette petite peste ? s’exclama Renji. Mais en quoi ce mariage la dérange-t-elle ? Je pige pas là !
 
-          Renji, Renji ! sourit le blond. Je te pensais plus perspicace que çà ! Soi Fon  est raide dingue de Yoruichi depuis des lustres !! Un amour platonique bien sûr, mais un amour tout de même, doté d’une jalousie maladive et d’une possession hors paire !
 
Le lieutenant Abarai Renji accueillit cette révélation la bouche grande ouverte. Il n’en revenait pas.  Il en avait même le tournis. Tout devenait confus dans son esprit. Soi Fon amoureuse de Yoruichi, çà c’était la meilleure ! Un ex-lieutenant amoureux de son capitaine, ha ! Un ex-lieutenant…
 
-         Hé, attendez une minute !! beugla Renji en réalisant où voulait en venir Urahara. Je ne suis pas amoureux du Capitaine Kuchiki !! Je vous interdis de me comparer à cette folle !!
 
Evidemment, Urahara-san s’attendait à cette réaction de déni, aussi ne s’en formalisa-t-il pas. C’est alors que la porte s’ouvrit avec fracas, laissant apparaître  dans l’entrefaite une Rukia hors d’haleine.
 
-         Kisuke-san !!! fit-elle sans remarquer que Renji était là…Je dois vous parler…tout de suite…
 
-         Kuchiki-san !!!! Et bien, c’est le jour des visites on dirait ! s’exclama-t-il en agitant son éventail de gauche à droite avec un air goguenard.
 
-         Renji !! Qu’est-ce que tu fous là ? s’écria la petite brune lorsqu’elle s’aperçut de sa présence.
 
-         Renji et moi prenions le temps de bavarder un peu en cette belle journée, n’est-ce pas Renji ?
 
-         Oui ! Oui c’est çà, on bavardait un peu… fit-il, aussi rouge que sa chevelure.
 
Rukia les considéra tous deux avec suspicion, ne sachant trop quoi dire. Se pouvait-il que Renji soit passé à l’acte et qu’il ait osé demander à Urahara la nature de ses relations avec Yoruichi ? Impossible…il n’a pas pu faire çà quand même !
 
Mais Kisuke, intrigué par cette arrivée sur les chapeaux de roues,  brisa le silence.
 
-         Qu’est-ce qui t’amène Kuchiki-san ? Le Mode Soul que je t’ai vendu ne marche pas bien ?
 
-         Hein ?? heu….Si, si, il fonctionne à merveille !! fit-elle en se frottant la tête avec un rire nerveux. Je… heu, …je crois que j’ai oublié quelque chose, c’est çà oui ! Je dois y aller, excusez-moi ! bredouilla-t-elle avant de partir en courant.
 
-         Diantre, mais qu’est-ce qu’ils ont tous aujourd’hui ? maugréa Urahara avant de constater que Renji en avait profité pour se carapater en douce.
 
-         Abarai-san, tu ne pourras pas échapper éternellement à la vérité, pensa-t-il.
 
Dehors, Jinta lui cria qu’il avait vu le pique-assiette se barrer à quatre pattes.
 
-         Qu’est-ce qu’il voulait maître ? lui demanda-t-il.
 
-         Il voulait que je l’aide à se fuir lui-même Jinta… et je l’ai aidé à se trouver je crois ! Ah… L’amour…..soupira l’homme au bob qui rentra faire une petite sieste bien méritée.
 

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