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En cours Mankai desu Auteurrain DeviationSlashLime
4 - Une absence remarquée
Catégorie :  M
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Le vent soufflait fort au dehors, sifflant sous les cloisons de la petite maison du Lieutenant Abarai. Agenouillé sur les tatamis, le dos courbé comme s’il portait sur lui tous les malheurs du monde, celui-ci buvait son thé pensivement. Rukia était restée avec lui car elle se sentait responsable de ce qui s’était passé. Si elle n’avait rien dit à son frère, Renji aurait pu finir tranquillement sa soirée et serait rentré tant bien que mal chez lui. Elle posa sa main sur son épaule et caressa son dos voûté par la peine. La tempête qui faisait rage à l’extérieur semblait être l’écho des états d’âmes de son ami. Qu’allait-il se passer maintenant qu’il avait commis l’irréparable ? Et Nii-sama ? Où était-il allé ? Comment allait-il ? S’était-il livré à ces vents hurleurs dont la fureur n’égalait que la sienne ? Soudain elle prit peur.
 
-          Allez Renji, lève-toi ! Prends les affaires dont tu as besoin et suis-moi !
 
Le jeune homme releva la tête et lui adressa un regard désespéré.
 
-           Allez ! insista Rukia. Il faut que tu partes tout de suite d’ici ! Il n’y a pas une minute à perdre !
 
Renji s’exécuta sans plus réfléchir. Pour tout bagage, il attrapa son insigne de Lieutenant et la suivit bientôt dans le dédale des rues où la tempête faisait rage. Il ne savait pas ce qu’elle avait derrière la tête, mais se doutait qu’elle avait de très bonnes raisons de lui dire de bouger. Rukia, dans sa course, lui expliqua alors que les hommes de son frère devaient tous être à ses trousses et que s’ils le trouvaient, elle ne donnait pas cher de sa peau. Ils le ramèneraient au Clan Kuchiki et l’exécuteraient sur le champ pour atteinte à l’honneur de leur Maître. A ces mots, Renji sentit son ventre se nouer. Il n’avait pas envie de fuir ses actes mais n’étais-ce pas ce qu’il était en train de faire en suivant son amie ? Décidément, il ne valait pas grand-chose. Pourtant, quelque chose en lui restait confiant, comme si le fait d’avoir osé embrasser Byakuya lui donnait des ailes. Il était à la fois extrêmement malheureux de ce qu’il avait fait, et à la fois ivre de bonheur d’avoir osé le faire. C’était un sentiment inexprimable, violent et corrosif. Quelque chose dont il ne pouvait plus se défaire. Lorsqu’ils eurent atteint l’orée du bois, Rukia s’arrêta enfin et téléphona au bureau des recherches technologiques afin qu’ils leur ouvrent un Senkaimon, ce qui fit bondir notre Lieutenant.
 
-        Quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel Rukia ? Tu vas quand même pas m’envoyer sur terre !
 
-         C’est la meilleure chose à faire, pour l’instant du moins ! répliqua-t-elle d’un regard noir. Nous ignorons où il est, ni dans quel état ! Tu ne peux pas te défendre contre lui Renji ! Nii-sama va te pulvériser s’il te retrouve !
 
-        Mais, je n’ai pas envie de m’enfuir comme un criminel ! Moi aussi j’ai mon honneur Rukia ! Et c’est pour ça que je suis prêt à assumer les conséquences de mes actes sans broncher !
 
-          C’est sûr que tu ne broncheras plus une fois qu’ils t’auront décapité ! hurla la petite brune, excédée par l’autisme de son comparse. Alors, tu vas faire ce que je te dis de faire Renji ! Tu iras chez Urahara !
 
-          Ah ça non ! Certainement pas ! Il va me harceler avec sa quête de vérité à la con !  On voit bien que tu ne le connais pas !
 
-          Alors tu iras chez Ichigo ! Tu lui expliqueras ce que tu veux et il t’hébergera pour un temps. Moi, je reste ici Renji. Il faut absolument que je retrouve Nii-sama et que j’essaie de l’apaiser.
 
La détermination qui se lisait dans ses grands yeux outremer eut finalement raison de l’entêtement du Lieutenant Abarai, qui était, il faut bien le dire, profondément désolé de lui faire subir tout ça.
 
-          Rukia… Tu sais je…
 
-          Ca y est, le coupa-t-elle en regardant l’écran de son téléphone portable, nous avons l’autorisation de sortir !
 
Elle n’eut pas fini sa phrase que déjà un passage s’ouvrait devant eux, libérant un flot de lumière dorée sur leurs visages bouleversés.
 
-          Allez, va Renji ! File ! fit-elle en le poussant doucement vers l’ouverture.
 
-          Rukia, murmura tristement Renji.
 
-          Ne perds pas de temps. Vas-y ! fit-elle en fronçant les sourcils.
 
Il s’avança alors dans la grande clarté d’un pas hésitant, et se retourna une dernière fois vers elle pour lui demander de dire à Byakuya qu’il était profondément désolé. Puis la lumière dorée avala sa haute silhouette et la porte se referma sur lui avant de disparaître elle-même. Les cheveux dans les yeux, Rukia se retrouva seule sur le bord du chemin, seule avec la faute de son ami d’enfance, et l’ampleur de la tâche qui lui incombait désormais la fit frémir.
 
°°°°
 
Au bureau des recherches technologiques, qui gérait les entrées et les sorties des Shinigami en créant des passages entre les mondes, appelés Senkaimon, c’était l’agacement général. Le Capitaine Kurotsuchi Mayuri criait à qui voulait l’entendre que ce n’était pas normal de solliciter sans urgence, et à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, l’ouverture du passage pour Karakura, qu’il était temps qu’il reprenne les choses en main, et qu’il était hors de question d’ouvrir un senkaimon sans lui en avoir demandé l’autorisation au préalable.  Autant vous dire que dans les bureaux, personne ne bronchait, et que chacun disparaissait sciemment derrière son écran. A sa demande express, Nemue lui énuméra alors les noms des personnes qui avaient dépassé les bornes dans la journée à ce sujet. Résultat des courses :
- Soi Fon Taicho : une sortie et une entrée ce matin.
- Abarai Fukutaicho : une sortie ce matin, une entrée ce soir et une autre sortie à l’instant.
- Kuchiki Rukia : une entrée ce soir.
Tout ce va et vient en direction ou en provenance de la Terre, et de surcroît pour des raisons personnelles, fit grincer les dents de l’effrayant scientifique dont les doigts se crispaient et se relâchaient nerveusement sur les accoudoirs de son fauteuil pivotant. Cerise sur le gâteau, Nemue termina par Kuchiki Byakuya, qui avait quant à lui ouvert sans autorisation, il y avait une heure à peine, un Senkaimon pour le Hueco Mundo.
 
-          Alors là, c’est le pompon ! hurla le Capitaine de la Douzième Division, en bondissant de son siège. Il va en entendre parler à la salle du Conseil demain ! Mais pour qui nous prennent-ils à la fin ? Pour des portiers de casino ma parole ! Allez, tout le monde va se coucher ! Même l’équipe de nuit ! Il faut une réponse forte à ce genre de largesses ! Qu’ils restent tous à la porte de Soul Society ! Et les vaches seront bien gardées !
 
-          Ça veut dire quoi les vaches seront bien gardées Mayuri-sama ? demanda-t-elle
 
-          Tais-toi Nemue ! Tu n’es pas programmée pour comprendre ce genre de subtilités ! Tout le monde au lit,  j’ai dit !
 
°°°°
 
Cela faisait un peu plus de trois heures que Rukia était de retour au manoir des Kuchiki, et Byakuya demeurait parfaitement introuvable. Apparemment, il n’était pas revenu ici car ses hommes montaient la garde normalement. Elle s’était précipitée à la colline où il aimait souvent méditer, en vain, et s’était ensuite rendue chez le Capitaine Ukitake auquel il aurait pu confier son envie de meurtre, mais toutes les lumières de sa demeure étaient éteintes. Elle n’avait donc pas osé le réveiller et était revenue sur ses pas, bredouille. Comme son inquiétude grandissait à chaque minute qui passait, un soupir s’échappa de ses lèvres.
 
-          Nii-sama… où êtes-vous ?
 
Assise sur la terrasse, les pieds nus dans l’herbe couverte de rosée, la petite brune , le front plissé par le soucis, était plongée dans ses sombres pensées, lorsque soudain une voix la fit bondir.
 
-          Yo Rukia! Ça va ?
  
-          Yoruichi-dono! s’écria-t-elle en portant la main à son coeur. Vous m’avez fait une de ces peurs !
 
-          Ce n’était pas mon intention, sourit-elle alors que le vent, à présent plus doux, faisait danser ses longs cheveux violets autour d’elle.
 
La petite brune lui lança un regard suspicieux.
 
-          D’ailleurs, que faites-vous ici à une heure pareille ? Les gardes vous ont laissé entrer ?
 
-          Les gardes ? Ils n’ont pas eu le temps de me voir Rukia ! Il va falloir que je dise à ton frère de les former un peu à la technique du Shunpo, ça pourrait leur servir ! fit-elle en riant. Est-ce que Monseigneur est dans sa chambre ? demanda-t-elle avec un air malicieux.
 
Rukia s’offusqua de l’audace de cette demande et se mit à rougir plus que de raison.
 
-          Qu’est-ce que vous lui voulez Yoruichi ?
 
-          ça, ce n’est pas ton affaire ! répondit-elle avec un œil coquin.

La jeune sœur de Byakuya lui retourna un regard noir.

-          Oh allez, Rukia ! Ne me regarde pas comme ça ! s’exclama la féline en se posant les mains sur les hanches. A te voir, on dirait que je t’ai dérobé ton bien le plus précieux.
 
-          Ce n’est pas mon bien que vous avez dérobé, c’est celui de Nii-sama, et ce bien s’appelle la liberté Yoruichi !
 
-          Bien envoyé ! approuva la féline. Je n’ai rien à dire mis à part qu’il s’agit aussi de MA liberté Rukia ! Moi et Byakuya avons tous deux fait un choix pour le bien de Soul Society. Et tu verras, tout ira à merveille entre nous.
 
La petite brune haussa un sourcil dubitatif mais ne vit, dans l’absinthe de ce beau regard félin qu’un océan de sincérité et d’optimisme.
 
-          Je le connais mieux que toi, assura Yoruichi en posant un main amicale sur son épaule. Il ne t’a pas dit que j’étais sa meilleure amie dans le temps ? Mmm ? Non forcément, il est trop fier pour l’admettre ! fit-elle en aparté. Allez, dis-moi où il est Rukia ! Je sais bien qu’il n’est pas là. Je ne sens pas son reiatsu !
 
-          Si seulement je le savais, répondit la jeune fille d’une voix étranglée par l’angoisse. Nii-sama est parti dans une rage folle il y a quelques heures, et il a disparu je ne sais où. Depuis je l’attends.
 
Yoruichi lut dans ses yeux qu’il s’était passé quelque chose de grave, et s’appuya un instant contre un pilier en bois de la terrasse, l’air pensive.
 
-          Tu ne veux pas me dire ce qui s’est passé ?
 
-          Je ne peux pas. C’est trop personnel.
 
Yoruichi soupira et s’éloigna dans le jardin.
 
-           Ne t’inquiète pas Rukia ! fit-elle en lui jetant un petit regard par-dessus son épaule. Il reviendra. Je le connais comme si je l’avais fait ! A l’heure qu’il est, il doit passer ses nerfs sur quelques malheureux Hollow. Quand il sera calmé, tu le verras revenir tranquillement.
 
Sur ce, elle disparut comme elle était venue. Rukia ramena ses genoux contre elle et médita ses paroles, quelque peu incrédule. Nii-sama passer ses nerfs sur des Hollow ? Mais le Hueco Mundo entier n’y suffirait pas cette nuit. Elle rentra alors dans sa chambre et essaya tout de même de dormir un peu pour pouvoir soutenir le regard de son frère demain. Mais le lendemain, Byakuya n’était toujours pas revenu. Son lit n’avait pas été défait.
 
°°°°
 
Au Conseil des Capitaines, son absence ne passa pas inaperçue, surtout qu’il n’avait jamais manqué aucune session. Tous les regards convergeaient vers sa place inoccupée et s’interrogeaient entre eux. Avant de passer à l’ordre du jour, le commandant Yamamoto demanda si l’un d’entre eux avait la moindre idée de la raison pour laquelle le Capitaine Kuchiki était absent. Un ange passa dans l’assemblée lorsqu’une voix nasillarde vint briser le silence :
 
-          Et bien pour être franc Commandant, commença le Capitaine Kurotsuchi avec emphase, je voudrais vous faire part du va et vient incessant entre Soul Society et la terre, de certains de nos congénères qui n’ont vraisemblablement aucune considération pour notre travail. Le Capitaine Soi Fon ici présente, sait de quoi je parle puisqu’elle en fait partie ! Rukia Kuchiki et le Lieutenant Abarai ne se sont pas gênés non plus. Quant au Capitaine Kuchiki, il s’est carrément autorisé une petite balade hier soir au Hueco Mundo, sans nous en informer ! Sans doute est-il bien au-dessus de tout ça ! Qu’en dites-vous Yoruichi-dono ? fit-il en se retournant vers elle.
 
-          J’en dis que je ne suis au courant de rien, ni pour le Capitaine Soi Fon, ni pour le Capitaine Kuchiki !
 
-           Et bien, ça commence mal. Même pas mariée et déjà mise de côté ! ricana Mayuri !
 
Yoruichi le fusilla du regard et en profita pour ne pas louper Soi Fon qui était près d’elle.
 
-          Cela suffit ! intervint le charismatique Commandant du Gotei 13. Je pense que tous ici auront compris la nature de votre message Kurotsuchi Taicho. Il va de soi que chacune des personnes ici présentes se doit d’alléger le travail du bureau des recherches technologiques, et de ne faire usage des Senkaimon qu’en cas d’urgence ou de missions commanditées. En ce qui concerne le capitaine Kuchiki, je demande au premier qui le verra de l’inviter à venir me voir. Nous connaissons tous sa droiture. Je reste persuadé, Kurotsuchi taicho, qu’il doit avoir de bonnes raisons pour enfreindre le règlement.
 
-          Evidemment Commandant, évidemment… répondit ce dernier en s’inclinant.
 
-          Si je peux ajouter quelque chose Commandant, se permit le Capitaine Kyoraku Shunsui,  j’ai vu Byakuya-sama la nuit dernière à la taverne.
 
Devant les exclamations qui envahirent la salle, il dut rectifier :
 
-          Oh, détrompez-vous, il est juste venu pour récupérer le Lieutenant Abarai Renji qui ne tenait plus debout…
 
-          Parce que vous teniez debout vous peut-être? ironisa le jeune Hitsugaya. J’ai vu mon Lieutenant ce matin et elle m’a dit qu’elle avait passé une folle soirée en votre compagnie. Seulement ce matin, je me suis tapé tout le boulot tout seul pour la laisser dormir !
 
-          Yare, yare, j’en suis vraiment désolé Histugaya Taicho, ricana Kyoraku. Mais vous verrez plus tard ce que c’est de plaire aux femmes !
 
Le jeune garçon piqua un fard et se tut définitivement. Le vieux Yamajii passa alors à l’ordre du jour. Lorsque le Conseil prit fin, Yoruichi et Soi Fon regagnèrent leurs appartements tandis que les rumeurs sur l’absence du Capitaine Kuchiki allaient bon train. La tension était palpable entre elles. Elles descendirent les marches du Palais côte à cote, laissant le silence se remplir de non dits. Soi Fon, les poings serrés, ressassait l’humiliation que cet enfoiré de Mayuri lui avait fait subir. Ne pouvait-il pas tenir sa langue celui-là ? Yoruichi devait terriblement lui en vouloir pour cette indiscrète initiative. Si seulement elle savait à quel point elle souffrait de la voir se marier. Bientôt elles arrivèrent au Taisha de la Seconde Division. De guerre lasse, la guêpe en chef décida de briser la glace et avoua à sa maîtresse qu’elle ne se faisait pas à l’idée de son mariage qu’elle qualifiait de supercherie, et que c’est pour cela qu’elle s’était en effet rendue sur terre la veille.  
 
-          Je voulais connaître le sentiment de Urahara Kisuke sur la question, puisqu’il est proche de vous.
 
-          Et ceci sans m’en informer Soi Fon ! Fort bien ! répondit la féline dont le regard en amande se posa sur elle. Pour ta peine, tu vas venir avec moi choisir ma robe nuptiale. J’ai besoin d’un avis féminin !
 
-          Si vous voulez mon avis, cela ne sert à rien Yoruichi-sama ! Vous avez entendu les bruits de couloirs lorsque nous sommes sorties ? Tout le monde pense que le Capitaine Kuchiki a disparu dans la nature pour fuir ces obligations. Il ne reviendra peut être pas !
 
-          Oh que si ! Il reviendra Soi Fon! Tu peux en être sûre ! Ce n’est pas son genre de se débiner, lui !
 
-          C’est pourtant ce qu’il pourrait faire de mieux ! songea la guêpe en baissant les yeux.
 
 

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