Evil Brother

Chapitre 2 : Poudlard Express

Catégorie: K+

Dernière mise à jour 09/11/2016 10:18

Pré-rentrée

- Poudlard Express -

 

   Sirius Black avait une véritable aversion pour le matin. Il ne connaissait pas exactement d’où venait ce mépris et cette haine destinée toute entière à cette heure de la journée. Néanmoins, quand sa mère, Mrs Black, l’appela à grand renfort d’insulte à neuf heures ce matin-là, il crut percevoir une explication. Le jeune garçon de onze ans envoya littéralement valser sa couverture blanche et se retrouva en position assise sur son lit.

- SIRIUS ! ESPECE DE BON A RIEN, SI TU N’ES PAS DANS LA CUISINE DANS EXACTEMENT SEPT SECONDES, JE VIENS TE DECOUPER EN RONDELLES A L’AIDE DE MA BAGUETTE ET JE NE PLAISANTE PAS ! DESCEND !

- J’ARRIVE, cria-t-il en retour.

Il grogna puis soupira. Sa mère était une harpie. Sans un mot, il enfila une paire de chausson et descendit dans la cuisine. Son vieil elfe de maison, Kreattur, s’acharnait devant ses fourneaux, heureux de pouvoir faire une tache pour sa maitresse.

- Maitresse voudra-t-elle un peu plus de jus de citrouille ? S’enquit doucereusement l’elfe.

- Non, Kreattur, rétorqua brutalement Mrs Black en toisant son fils qui s’asseyait en se frottant les yeux d’une façon adorable à l’autre bout de la table. Dis-moi, fils, n’as-tu pas oublié que c’est aujourd’hui le jour de la rentrée ?

Le petit Black écarquilla les yeux en grand, comme émerveillé par la révélation de sa mère.

- Ce… La… La rentrée ?

- Oui, Sirius, rétorqua la femme d’une voix cassante. C’est effectivement ce que je viens de dire.

- Mais… Mais… Mais… C’est génial !

- D’ailleurs, je te précise à nouveau que si tu n’es pas pris à Serpentard tu…

- Je suis déshérité, je sais, fini l’enfant, non sans une pointe d’agacement.

- Alors file, nous partons dans une heure. Si tu n’es pas près, c’est tant pis pour toi.

Sirius déguerpit sans demander son reste et grimpa son escalier jusqu’à sa chambre où il se hissa sur son lit. Voilà, il allait enfin aller à Poudlard. ENFIN ! Il allait quitter sa maison et ses parents pour vivre de nouvelles aventures avec des enfants de son âge. Il sourit au plafond. Il allait enfin partir, se débarrasser de cet endroit qu’il détestait depuis son plus jeune âge. Il allait enfin devenir lui, Sirius Black, personne à part entière et non un pantin de sa mère. Comme il en était heureux !

 

*

 

   Lily Evans courrait littéralement dans la gare de King’s Cross. Jamais encore, durant les onze années de sa vie, elle n’avait autant courut. Trainant à bout de bras un charriot avec dessus une immense malle ainsi qu’une cage pour chat, elle traversa la gare à en perdre haleine. Elle jeta un regard angoissé à sa montre et vit qu’il ne lui restait qu’un quart d’heure avant le départ de son train. Lily avait toujours été de nature anxieuse et ponctuelle mais elle savait que si jamais elle loupait ce train, elle ratait l’occasion de sa vie. Celle qui était de montrer au monde entier qu’elle n’était pas juste une petite fille comme les autres mais belle et bien un être à part, quelque chose de plus. Elle s’arrêta enfin entre les quais 9 et 10. Elle chercha autour d’elle désespérément et se dirigea timidement vers un contrôleur.

- Excusez-moi, lui demanda-t-elle d’une petite voix. Savez-vous où se trouve la voie 9 ¾ ?

L’homme lui jeta un regard qui signifiait clairement qu’il s’inquiétait pour sa santé mentale.

- Enfin, ma petite, finit-il par lâcher d’une voix morne. La voie que tu cherches n’existe pas. Et puis, qu’est-ce que tu trimballes là ? Où sont tes parents ?

- Je… Je … Je vais les rejoindre, mentit-elle en rosissant légèrement. Dé… Désolée de vous avoir importunée. Au revoir.

Elle se retourna alors juste à temps pour voir une femme trainant derrière elle un petit garçon brun à l’air surexciter disparaitre tous deux dans un pan de mur. Elle sursauta et poussa un cri. S’assurant que personne ne l’ai entendu, elle s’avança vers le mur d’où venait de disparaitre les deux personnes. Elle resta quelques minutes seule au milieu de la gare quand une famille émergea à nouveau.

- James, mon chéri, que tu es mal coiffé, se lamentait la mère. On dirait ton père ! Est-ce que tu as touché à ton peigne, ce matin ?

- Mais oui, maman, grogna le dénommé James en prenant une moue boudeuse. Et ce n’est pas de ma faute si j’ai des cheveux impossibles ! A qui la faute, à ton avis ?!

- Sans doute à ton oncle, émit narquoisement le père en passant une main dans la tignasse de son fils. Chérie, quelle heure il est ?

- Onze heure moins sept. Grand Dieux ! Il ne faut pas que tu loupes le Poudlard Express, Jamsie-chéri !

- Maman, grogna à nouveau l’adolescent alors que la famille se rapprochait de plus en plus de Lily. Arrête de m’appeler comme ça ! J’ai onze ans, je suis un grand garçon !

Lily inspira profondément avant de s’avancer d’un pas décidé vers la famille.

- Excusez-moi, dit-elle d’une voix tremblante. Pouvez-vous m’indiquer comme se rendre sur la voie 93/4 ?

 

*

 

   James Potter, qui tentait par tous les moyens d’éviter les remarques trop maternelles de sa mère prit l’arrivée de Lily comme une bénédiction.

- Oui, s’écria-t-il en s’écartant du sillage de sa mère. Vient, je vais te montrer ! Papa m’a déjà expliqué comment le faire, tu verras, c’est très simple !

Il attrapa la petite main tremblante de Lily ainsi que l’anse de son chariot et l’entraina avec lui vers le mur. Il eut d’abord légèrement peur mais l’adoration qu’il vouait à son père l’empêcha de douter des paroles paternelles. Il ferma les yeux et entendu l’exclamation de Lily quand ils atterrirent de l’autre côté du mur.

- Wahou, laissa-t-elle échapper.

- C’est fantastique, l’approuva James tandis que les parents Potter arrivaient derrière eux.

- James chéri, couina Mrs Potter. Comment oses-tu être parti sans rien nous dire ?!

- Voyons, chérie, sourit son époux. Tu vois bien qu’il va bien et qu’en plus, il est entier.

James soupira et se tourna vers la petite fille qu’il avait aidé mais, à son grand mécontentement, elle avait déjà disparu. Il se renfrogna et ne prit pas la peine d’écouter les jérémiades de sa mère quand une ombre vint planer au-dessus de lui.

- Tiens, tiens, tiens, fit une cassante. La famille Potter au grand complet. Comme ça, le petit rejeton va à l’école ?

- Walburga, gronda le père Potter. Comment cela ce fait-il que tu as daigné descendre de ta maison ? Que vois-je ? Le petit Sirius ?

- Oui, il se décide enfin à bouger son gros derrière. Alors, Andrew ? Les affaires se portent bien ? Pas trop de… Magie noire ? Et vous, Allie, pas trop inquiète ?

Les parents de James se tendirent brusquement, ce que leur fils ne comprit pas. Il regarda Walburga Black un long moment avant de descendre ses yeux bruns vers le petit Sirius, comme l’avait appelé Andrew Potter. James fut surpris de voir que Sirius avait l’air de s’ennuyer. Le Potter regarda le Black et enfin, leurs yeux se croisèrent. Aussitôt, un contact passa, les surprenants tous les deux. Quelque chose se passa dans ce simple regard. James finit par relever les yeux vers ses parents qui échangeaient toujours des « amabilités » avec la mère Black quand le train siffla.

- Euh… M’man, P’pa, je ne vais pas être en retard, là ?

Allie Potter poussa un cri de surprise et serra son fils contre elle.

- Il a raison ! Oh mon Dieu, il a raison Andrew ! Vite, mes sa valise dans le train pendant que je lui dis au revoir !

Il fut alors englouti dans une marrée d’odeur familière et de vêtement. Sa mère venait de le prendre dans ses bras et il eut juste le temps d’entendre la mère Black lancer d’un ton acide à son fils.

- Débrouille-toi,-toi. Tu sais comment ça marche et si tu en sais pas, tant pis. Que je ne te retrouve pas envoyé par un hibou dans dix jours ! Reste-y, dans ton école. Et ne t’avise pas de terminer à Gryffondor !

Andrew Potter vint alors à son tour pour prendre son fils dans ses bras.

- Excuse ta mère, chuchota-t-il à son oreille. Tu la connais, les émotions fortes, elle ne peut que leurs céder. Tu vas nous manquer, mon bonhomme. Amuses-toi bien.

- Oui P’pa ! A bientôt M’man !

Le cœur gros, il sauta sur la marche du train juste à temps avant qu’il ne s’ébranle. De là, il resta à la fenêtre, regardant une dernière fois ses deux parents qui lui faisait des grands signes du quai.

- Viens, lui dit la voix joyeuse du Black derrière lui. Allons-nous trouver un compartiment. Au fait, je m’appelle Sirius Black.

- James Potter. Enchanté.

 

*

 

   Téhana n’avait jamais voyagé en train. Elle resta un long moment prostrée dans les cabines d’entrée avant de reprendre son sang froid. Elle voyageait en direction de Poudlard. Cette certitude la fit sourire. S’il la voyait, il n’aurait sans doute pas hésité à la tuer. Néanmoins, il était trop tard, maintenant. Elle était dans le Poudlard Express et rien ne l’empêcherait d’atteindre son école. Elle attrapa l’anse de sa malle et la traina derrière elle avant de voir un compartiment à moitié vide.

- Je peux m’assoir ?

Les deux garçons qui parlaient avec agitation se tournèrent vers elle et lui sourire.

- Oui, vas-y, dit celui avec des lunettes. Tu veux qu’on t’aide avec ta valise ?

- Euh… Oui, s’il vous plait.

Le deuxième se leva et, après un sourire joyeux, il attrapa la valise et étouffa un juron.

- James, vient m’aider, supplia-t-il.

- J’arrive Sirius, j’arrive !

En riant, le dénommé James arriva à la suite de son ami pour soulever la lourde malle. Une fois que l’entreprise fut terminée, les deux amis retournèrent à leur discussion tandis que Téhana se roula en boule contre la fenêtre. Du coup de l’œil, elle ne pouvait se pendant pas s’empêcher de détailler les deux garçons. James était plus grand mais aussi plus musclé. Il avait des cheveux jais en bataille su son front, une peau hâlée ainsi qu’une paire de lunettes rectangulaire, cachant ses yeux bruns. L’autre, Sirius, avait un air plus noble mais aussi plus meurtri. Il avait des cheveux marrons foncé qui lui descendait sur les épaules, retombant en boucle anglaise, ainsi qu’une peau très pâle et deux petits yeux sombres et étroits. Séduite, la jeune fille fut tentée de lui parler quand elle se rendit compte qu’elle connaissait leur sujet de discussion – un match de quidditch déroulé durant l’été – et qu’elle pouvait rajouté des choses mais elle vit que la discussion prenait une pente dangereuse et elle préféra rester en retrait. Ce fut au bout de la deuxième heure que leur tranquillité fut troublée. Alors que Téhana était sur le point de s’endormir, la porte s’ouvrit brutalement.

- Je peux m’assoir ? Demanda une voix sourde.

- Décidément, c’est le jour, ria James en se retournant puis il écarquilla les yeux de surprise. Tiens, tu es la fille que j’ai aidé à traverser !

- Hein ?

Téhana prit la peine d’ouvrir paresseusement les yeux pour voir la scène qui se déroulait devant elle. James regardait la fille qui avait demandé à s’assoir avec une sorte de tendresse, mêlé à de la colère. L’arrivante était tout simplement délicieuse. Elle avait des cheveux roux, dessinant d’épaisses boucles qui descendait jusqu’à niveau de ses épaules, tandis que ses yeux verts brillaient d’un éclat déterminé. Elle scrutait James avec intensité quand enfin elle lui sourit.

- Ah oui, c’est exact ! Je n’ai pas eu le temps de te remercier pour ça ! Je t’en suis vraiment reconnaissante. Et donc, je peux m’assoir ?

- Oui, vas-y, fait comme chez toi, grogna la voix étouffé de Sirius. Mais, par pitié, respecte le sommeil des autres !

- Je suis James Potter, se présenta le petit à lunette. Et celui qui vient de parler, c’est Sirius Black.

- Lily Evans. Et toi, comment tu t’appelles ?

Il fallut un certain temps à Téhana avant de comprendre que c’était à elle que c’était adressée la petite Evans.

- M… Moi ?

- Oui, toi.

- Je… M’appelle Téhana. Téhana Je… Lewis.

- Enchantée.

Lily lui sourit poliment, sourire auquel elle essaye de répondre au mieux. Mais elle n’était pas habituée des gentillesses. Maintenant, elle avait vraiment hâte d’arriver à Poudlard !

 

*

 

Tous quatre n’ont qu’une seule aspiration ; être heureux.

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