La nuit est chaude. Cela faisait une éternité qu’une canicule ne s’était pas présentée. J’adore les nuits comme celle-ci, car elles me permettent de m’étendre dans l’herbe fraîche et de pouvoir admirer les étoiles. Elles sont si petites et tellement nombreuses. Elles sont magnifiques et en même temps, si mystérieuses. J’adore les contempler. Parfois, une éclaire de chaleur le ciel et illumine tout mais en même temps, elle est déjà repartie aussi vite qu’elle était apparue.
Dans les moments comme celui-ci, je ne peux m’empêcher de tout remettre en question. Car souvent, la plupart des gens ne comprennent jamais ce que je dis, ou bien sinon ils me prennent pour une folle. Une folle furieuse bizarroïde, un peu zélée et complètement disjonctée. Et ce n’est que cette pensée qui me vient à l’esprit. Elle me hante mais je l’ignore. Jour après jour, les autres élèves me regardent de travers, volent mes affaires ou bien rigolent à mon propos. Parfois, je me dis que c’est ma faute, mais jamais je n’arrive à comprendre ce que j’ai bien pu leur faire. Je ne peux qu’ignorer ces gens qui ne voient que ce qu’ils pensent voir. Bien sûr, les autres ne font que des blagues, mais ces blagues, moi je ne les trouve pas drôles du tout. Depuis que je suis entrée à Poudlard, ça a toujours été ainsi. Je suis pour eux : Loufoca Lovegood. Une élève qui raconte n’importe quoi, qui croit des choses qui n’existent pas et qui bizarrement a atterri à Serdaigle. Tous croient que je ne sais pas ce qu’ils pensent de moi : ils me prennent pour une cinglée. Je l’ai toujours su. Je n’ai pas changé pour autant. Les autres ont peur ou n’osent venir me parler. Je n’ai pas la peste, je vous signale ! Ils me prennent pour une idiote ? La stupidité n’est pas contagieuse.
C’est ainsi que j’ai vécu toute ma scolarité, seule plutôt solitaire. Ginny venait souvent me parler. Elle est très sympathique et se fut, je crois, une de mes premières amies à Poudlard. Grâce à elle, j’ai pu intégrer l’Armée de Dumbledore. Ce fut ma plus belle année. Ils me prenaient toujours pour la même cinglée qu’avant, mais au moins, ils me parlaient. Même quand l’AD fut détruite, plusieurs ont continué à me parler, malgré tout. Un an a passé, les gens ont oublié, mais moi je me souviens et j’aimerais tellement que tout ça recommence. Pour la première fois depuis que je suis entrée à Poudlard, je me sentais acceptée. Je sentais qu’on arrêtait de me juger. Mais tout ça est bien fini et les gens recommencent à me voir comme une idiote. Comme ce soir, étendue dans l’herbe du parc, je me dis que les gens ne comprennent jamais rien. Ils me prennent pour une folle, peut-être mais ils ne comprennent pas que je suis moi-même. Je ne me voile pas la face, je n’essaie pas de me prendre pour quelqu’un que je ne suis pas pour me faire accepter. Je vis telle que je suis, plusieurs jouent un rôle pour être appréciés des autres. Pas moi, s’ils ne m’aiment pas pour ce que je suis, je ne vois pas comment ils m’aimeraient autrement. Je ne m’en suis jamais vraiment fait pour ça, avec le temps, on s’habitue mais parfois, comme ce soir, la nostalgie arrive. Mais je me suis toujours dit que si je suis arrivée à Serdaigle, ça veut sûrement dire quelque chose.
Les gens n’aiment pas ce qui est nouveau, ou ce qui sort de l’ordinaire, ce qui sort du moule de la population. Alors c’est pourquoi ils ne m’ont jamais tout à fait acceptée. Je ne m’en suis jamais préoccupée mais, parfois j’ai envie de mettre un masque et de tout lâcher. Mais ce serait alors que j’aurais vraiment tout perdu. Si nous ne sommes pas nous-même, à quoi bon vouloir se faire des amis.
Seuls ceux qui t’aiment pour ce que tu es vaut la peine qu’on s’arrête.