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3 - Chapitre 1 - Partie 1
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Chapitre 1 - Partie 1

 

Vala avait escaladé un amas de rochers branlants et tentait de se repérer.

- "Il n’y a que des ruines autour de nous !" cria-t-elle. "Et je n’aperçois rien qui ressemble à une porte des étoiles d’ici !"

Le colonel Mitchell lui lança un regard exaspéré.

- "Moins fort, nom de dieu !"

Vala redescendit souplement jusqu’à lui.

- "Et je n’ai vu aucun signe de vie non plus", termina-t-elle.
- "Ce n’est pas une raison pour hurler notre présence à tous les vents", rétorqua le colonel.

Mitchell parcourut du regard l’endroit où ils avaient atterri – au fond d’un immense cratère, jonché de débris. Le fait qu’ils n’aient trouvé aucune porte derrière eux quand le vortex s’était refermé n’était pas le plus bizarre… Vala aurait pu jurer qu’elle n’avait jamais posé le pied sur cette planète, quelle qu’elle soit, le lieu lui semblait pourtant familier.

- "Il faut sortir de cette cuvette", annonça Mitchell. "Et trouver quelqu’un qui puisse nous dire où nous sommes… Sam, vous avez déjà des hypothèses sur ce qui est arrivé ?"

Vala se fendit d’un grand sourire.

- "Moi, je sais !" affirma-t-elle. "Lorsque le prieur a tiré sur la porte, elle est partie en surcharge et a envoyé le trop-plein ailleurs. Avec nous."
- "Ce qui m’intéresse, c’est de savoir où est cet ailleurs", répondit Mitchell.
- "Euh…"
- "J’ai quelques pistes, Cam", intervint Sam Carter.
- "Des idées pour rentrer au SG-C ?"

La scientifique secoua la tête négativement.

- "Ce n’est pas la première fois que SG-1 traverse un vortex et ne trouve aucune porte de l’autre côté", dit-elle néanmoins.

Vala écarquilla les yeux.

- "C’est vrai ? Comment vous en êtes-vous sortis ?"

Daniel lui décrocha sa fameuse expression « tu vas encore dire une bêtise » à laquelle elle répondit par sa moue « moi ? Non… Qu’est ce que tu vas penser là ? ».
La jeune femme avait elle aussi été confrontée à une situation similaire… En fait, elle avait été larguée sur une planète prétendument déserte – et sans porte des étoiles – à la suite d’un marchandage qui avait mal tourné, mais il ne fallait pas s'arrêter à ce genre de détails sans importance.

Elle s’apprêtait à faire part au groupe des différentes méthodes qu’elle avait utilisées pour envoyer des signaux de détresse, mais Mitchell reprit la parole avant qu’elle n’ait eu le temps d’organiser ses idées.

- "Avant tout, il faut rester discret", fit-il en insistant sur le mot « discret ». "Sam, Teal’c et moi allons reconnaître le terrain là-haut. Vala, Daniel, vous nous attendez ici, et vous fouillez le cratère."
- "Mais…"
- "La porte est peut-être enfouie sous les décombres", coupa le colonel.

Il ignora les mimiques de protestations de Vala.
… Bah, au moins, elle faisait équipe avec Daniel.

- "Contact radio toutes les quinze minutes", termina Mitchell.

o-o-o-o-o-o

Le croiseur dérivait. Il était encore parcouru de temps à autre de quelques décharges électriques, mais hormis cela aucun signe d’activité n’émanait plus de sa carcasse inerte.
L’Arcadia s’était arrimée à l’épave. Des tubes de transport s’échappaient de ses flancs et s’enfonçaient dans les entrailles de sa prise. Un drone s’affairait à démonter un radar latéral à grand renfort de chalumeau.

La passerelle était silencieuse. Silencieuse et déserte. La Terre occupait toujours l’écran principal, majestueuse. Depuis son fauteuil, Harlock étudiait le développement d’une perturbation sur l’océan Pacifique quand les équipes de quart revinrent à leur poste.
Kei s’arrêta en face de lui.

- "Mission accomplie, capitaine. Il n’y avait rien d’intéressant dans les soutes, mais nous avons pu prélever les pièces de rechanges qui nous manquaient directement à la source."

Harlock acquiesça d’un signe de tête. Ils ne manquaient pas réellement de rechanges, pas plus qu’ils n’en avaient vraiment besoin, mais un peu de maintenance préventive ne ferait pas de mal aux systèmes de l’Arcadia les plus sollicités.
Et puis, cela permettait d’occuper les hommes, entre deux batailles.

- "On reprend l’orbite", fit-il.

Un des gars jouait avec la console de tir – probablement avait-il l’envie pressante de faire un carton.

- "Je le détruis, captain ?"

Harlock le considéra froidement.

- "Inutile de gaspiller de l’énergie pour ça."

Le tireur frustré désactiva la console sans protester. Le capitaine préféra lui passer la phrase inaudible qu’il grommela. Ce n’était pas la peine de rajouter à la mauvaise humeur ambiante.

- "Kei !" ordonna-t-il. "Programme-moi une trajectoire qui nous rapproche de la Terre. On va patrouiller en haute atmosphère, et voir s’il est possible d’appuyer les zones de combat, en bas."

Le gros de la bataille avait déjà eu lieu – dans l’espace. Les forces mécanoïdes avaient déployé la quasi totalité de leurs vaisseaux basés dans le système solaire pour contrer l’avancée des humains. Les affrontements avaient été rudes, mais l’Arcadia n’y avait pas participé : le vaisseau vert croisait alors du côté d’Andromède et, malgré toute la puissance de ses moteurs, il n’avait pu revenir à temps.
Et aucune des flottes humaine ou mécanoïde n’avait jugé bon s’attarder au-dessus d’une planète ravagée…

- "Paramètres calculés et entrés dans le pilote automatique", annonça Kei. "Temps de parcours douze point neuf, azimut deux deux sept."

L’artilleur quitta la passerelle avec un air dégoûté.

- "Prévenez-moi s’il se passe quelque chose d’intéressant", maugréa-t-il.

Harlock ne lui accorda pas un regard. La plupart des hommes pensaient qu’il eut mieux valu partir à la rencontre des flottes mécanoïdes plutôt que de perdre du temps autour de ce caillou – fût-il la Terre.
Il est vrai que leur seule activité depuis qu’ils étaient arrivés n’avait consisté qu’à achever des vaisseaux moribonds et à « visiter » les épaves…

o-o-o-o-o-o

- "Ici Jackson. Contact cinq cinq. Rien à signaler."

Daniel rangea soigneusement sa radio et reprit son examen des ruines du cratère. Vala le suivait en traînant les pieds.

- "Tu vois bien que ce ne sont que des gravas sans intérêt", gémit-elle. "Et même si la porte des étoiles est là-dessous, comment espères-tu la repérer ?"

Daniel laissa sa coéquipière se plaindre du manque de sens pratique du colonel Mitchell, puis l’écouta d’une oreille distraite lorsqu’elle embraya sur ses propres expériences passées. Il côtoyait la jeune femme depuis suffisamment longtemps pour juger du crédit à accorder à ces histoires : absolument aucun.

- "… et je suis sûre que si je court-circuite ceci, je vais pouvoir amplifier le signal de façon exponentielle et…"

Quoi ?

Daniel bondit vers Vala et lui arracha sa radio à demi démontée des mains.

- "Qu’est-ce que tu fais ?"
- "Eh !" protesta-t-elle. "Je m’occupe de nous sortir de cette planète ! Tu vois bien qu’il n’y a pas de porte, alors il va falloir à un moment ou à un autre attirer l’attention d’un vaisseau…"
- "Et que feras-tu s’il s’agit d’un vaisseau ori ?"
- "Au moins, on ne sera plus bloqués ici !"

La radio grésilla. C’était Sam, à l’autre bout.

- "Que se passe-t-il ? J’ai capté un signal de forte intensité sur cette fréquence…"
- "Ce n’est rien", répondit Daniel en foudroyant Vala du regard. "Une fausse manipulation."
- "Il me semble avoir demandé d’être discrets", intervint Mitchell. "Pas d’initiatives malheureuses, c’est compris ?"

Daniel respira à fond avant d’acquiescer. Une fois de plus, Vala avait réussi à l’exaspérer. La jeune femme se défendit avec un sourire désarmant.
Il céda, comme d’habitude.

- "Allez, viens", fit-il. "Je crois qu’on n’a pas encore été voir de ce côté."

o-o-o-o-o-o

L’image de l’écran tactique changea brusquement.

- "Encore ?" pesta Kei. "Bon sang, pourquoi le dispositif de pointage s’obstine-t-il à se focaliser à cet endroit ?"

La jeune femme tapa quelques lignes sur sa console pour recaler la vidéo, et jura lorsque l’image changea à nouveau quelques secondes plus tard.
Harlock haussa un sourcil.

- "Un problème ?" demanda-t-il.

Kei désigna l’écran.

- "L’image vidéo n’est pas stable, capitaine. L’ordinateur se recale systématiquement sur le même point et signale une « faible transmission en gamme de fréquence Sierra »."

Harlock se rapprocha du pupitre de Kei. Voilà qui était intéressant. Tochiro aurait-il trouvé quelque chose qui lui avait échappé ?

- "La fréquence Sierra n’est utilisée ni par les forces mécanoïdes, ni par les humains", déclara-t-il. "Qu’y a-t-il sur les senseurs ?"
- "Que des parasites, capitaine. Nous avons bien capté un signal en Sierra, mais il n’était pas modulé… Ce n’était qu’un simple « bip »."
- "Rien qui ressemble à une transmission verbale ?"
- "Négatif."

Le capitaine réfléchit quelques secondes. Son intuition lui soufflait d’aller investiguer ce signal de plus près, mais il était aussi pleinement conscient que son équipage avait soif d’action.
Et l’action se trouvait de l’autre côté de la planète, sur le continent asiatique, non pas sur ces terres dévastées par d’anciennes guerres. Plus personne n’habitait ici depuis des siècles, à cause de la radioactivité.
Plus personne d’humain, en tout cas.

- "Quelles sont vos instructions, capitaine ?" interrogea Kei.

Son ton claquait comme un rappel à l’ordre. « Un équipage est fait pour être commandé », lui avait-elle dit récemment. « Et pour cela il faut nous faire part de vos intentions. »
Il faillit soupirer, se retint à temps et lui répondit d’un ton impassible soigneusement calculé, comme s’il n’avait pas entendu le reproche sous-jacent.

- "Affiche-moi toutes les fréquences de la gamme Sierra", dit-il.

Kei fit une moue sceptique mais s’exécuta.

- "En quelle unité ? Hertzienne ?"
- "Oui. Et recherche dans la base de données si nous n’avons pas déjà utilisé une de ces fréquences."

L’écran affichait toujours la même image, zoomée au maximum des capacités des senseurs de l’Arcadia. L’ordinateur la recalait automatiquement toutes les dix à quinze secondes. Harlock la fixa intensément et tenta de discerner ce que Tochiro y avait trouvé de remarquable. Il ne vit que des ruines, des cratères et des kilomètres carrés de terre vitrifiée.
L’image se brouilla comme les processeurs effectuaient un autre recalage, autour d’un point situé dans l’hémisphère nord, sur ce continent… Comment s’appelait-il, déjà ? Ah, oui. L’Amérique.

La solution lui apparut juste avant que la base de données ne crache ses résultats.

Les États-Unis.
La fréquence Sierra.

- "L’ordinateur principal reporte une seule utilisation antérieure de la gamme Sierra", lut Kei. "Nous avions modifié l’antenne numéro huit pour pouvoir émettre et installé un démodulateur annexe. Les transmissions étaient effectuées avec… Oh non, ce n’est pas possible…"

Le capitaine croisa le regard de Kei.

- "On descend", ordonna-t-il. "Vers le cratère que l’ordinateur vise depuis tout à l’heure."

Le navigateur entra les coordonnées et modifia l’assiette du vaisseau en conséquence. Harlock observa le sol se rapprocher tandis que les souvenirs affluaient.

Cheyenne Mountain.
Le SG-C.

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