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17 - Chapitre 4 - Partie 3
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Chapitre 4 - Partie 3

Adria écoutait le compte-rendu du prieur et ne pouvait s'empêcher d'arborer un sourire satisfait. Elle avait eu raison de rester autour de P4X-48C, elle avait eu raison d'envoyer de vaisseaux dans le « trou » et surtout, elle avait eu raison de croire que sa mère était toujours en vie quelque part.
Évidemment, il y avait des bonnes et des mauvaises nouvelles, dans ce compte-rendu. Celle qui lui faisait le plus plaisir, et qui lui prouvait qu'il ne fallait pas écouter les prieurs, beaucoup trop timorés, c'était qu'il existait toute une galaxie de l'autre côté de « trou ». Des milliers de planètes à convertir, afin que la foi des fidèles fasse encore grandir la puissance des Oris.
Ce qui était positif, également, c'était que le « trou » laissait passer les ondes radio, dans les deux sens. Elle pourrait ainsi sans difficultés donner ses instructions à la flotte spéciale qu'elle allait envoyer de l'autre côté.

Après, le rapport était moins optimiste. Apparemment, les autochtones y étaient plus belliqueux et plus puissants : ils avaient ouvert le feu avant même qu'un prieur ait pu se téléporter parmi eux pour prêcher la foi des Origines et avaient réussi à détruire un vaisseau tandis que le deuxième, sérieusement endommagé, était parvenu à s'éloigner de justesse afin de pouvoir relater les évènements à l'Orici.

Mais il ne s'agissait que d'un contretemps sans importance. Ses vaisseaux avaient été pris par surprise, cela ne se reproduirait plus. Rien ne pourrait empêcher la croisade ori de s'étendre dans cette nouvelle galaxie.
Elle se félicita d'avoir conservé une flotte importante prête à agir en orbite autour de P4X-48C. La contre-attaque pourrait ainsi être immédiate, efficace, foudroyante.

Elle vérifia que la clause particulière concernant Vala était bien inscrite dans ses ordres, puis elle les transmit aux vaisseaux. La flotte se mit lentement en branle, et, un par un, les vaisseaux disparurent dans le « trou ».

Adria sourit. Elle était d'humeur joyeuse.

Ah, si. Il restait un dernier détail à régler avant qu'elle puisse reprendre le cours initial de sa croisade.
Elle avait repéré un vaisseau terrien dans les parages. Oh, il était resté à distance, probablement croyait-il être discret, et avait simplement largué un dispositif de transmission.
Le contenu était étrange, crypté d'une manière inédite, plus technique que ce à quoi le SG-C l'avait habituée. Elle était venu à bout du code en quelques heures seulement, mais le message… et bien, il n'avait aucun sens.
À quoi pensaient les Terriens en envoyant cela ? La seule hypothèse qui lui venait à l'esprit, c'était que le SG-C tentait de contacter quelqu'un par le « trou » mais que, n'ayant pas une technologie suffisamment évoluée, ils se contentaient de réexpédier un ancien message.

Toujours est-il que ce point était légèrement contrariant. Si la Terre parvenait à s'allier à une planète qui possédait la technologie nécessaire pour détruire des vaisseaux oris – et une telle planète existait de l'autre côté du « trou », c'était certain – la croisade deviendrait problématique. Les humains étaient tenaces. Et très imaginatifs en matière d'armement.

Il n'y avait pas trente-six solutions. Il fallait traiter le problème à la source.

Elle gagna la passerelle de contrôle.

"Envoyez une flotte vers la Terre", ordonna-t-elle. "Et détruisez-la."

o-o-o-o-o-o

Harlock fixait le plafond de sa chambre avec suffisamment d'intensité pour pouvoir passer à travers et se téléporter jusqu'en passerelle, si toutefois il avait possédé les capacités psychiques nécessaires.

Il jeta un coup d'œil à la poche transparente reliée à son bras et qui lui injectait lentement dieu sait quoi. Enfin, si, il savait quoi, c'était le contrepoison de Morgane, mais pourquoi ne lui avait-elle pas donné un médicament plus rapide à assimiler, genre un comprimé ou un sirop, et il aurait même fait l'effort de suivre la posologie, deux cuillères par jour pendant une semaine, tout mais pas ce truc qui le clouait au lit !

Et merde.

Après tout, s'il n'était pas attaché, c'était que ce n'était pas vital qu'il reste couché. Contrairement à ce que prétendait Kei, il savait très bien que le doc n'était pas dupe – Zero avait trop souvent tenté de le retenir, que ce soit à l'infirmerie ou n'importe où ailleurs, pour ne pas être pleinement conscient que le capitaine ne tenait pas en place. Et donc, s'il avait voulu l'immobiliser, il aurait mis les moyens.

Harlock se leva, non sans s'être préalablement assuré que sa chambre était bien vide – on ne savait jamais, et il n'avait pas envie qu'un garde du corps quelconque le replaque illico contre son lit, il avait suffisamment mal partout comme ça.

Il faudrait qu'il demande au doc si les fourmillements qu'il ressentait dans les articulations – et les muscles, et les os, et les cheveux – étaient dus au poison ou au remède, d'ailleurs.

Il attrapa des vêtements dans son armoire, batailla pendant presque quatre minutes avec la poche de transfusion – ça marchait par gravité, donc s'il la fixait un peu plus haut, tiens, au niveau de son épaule, là… Bon, ce n'était pas très pratique, mais ça ferait l'affaire.

Il détestait ne pas participer à l'action.
Et s'il s'avérait qu'il ne se passait rien et qu'il pouvait prendre un peu de repos, et bien il y avait un fauteuil, en passerelle, qui conviendrait parfaitement pour ça.

o-o-o-o-o-o

"Une communication sur notre fréquence de détresse privée, ma'am !"

Morgane venait juste de réintégrer sa passerelle. Son premier lieutenant lui avait transmis les quelques évènements qui étaient survenus durant son absence – un collecteur qui avait lâché à cause du régime accélération / décélération pendant le combat, un gars qui avait fait une crise radioactive due au stress et qui avait contaminé ses collègues de travail et la chambre de confinement qui produisait trop d'isotopes gamma, comme toujours. Rien de bien passionnant, somme toute.

Elle s'apprêtait à replonger dans la monotonie de sa patrouille lorsque le radio annonça l'appel de détresse. Une grenade à fragmentation au beau milieu de la passerelle n'aurait pas produit plus d'effet.

"D'où est-ce que ça vient ?" demanda-t-elle aussitôt.

Elle pouvait compter ceux qui connaissaient cette fréquence sur les doigts d'une main ; l'un d'eux était dans le vaisseau à côté duquel elle croisait.

"Coordonnées zéro zéro yankee, deux sept alpha", énonça le radio.

Ce n'était pas très loin.

"Shark…"

o-o-o-o-o-o

Kei vérifiait les paramètres de navigation que l'ordinateur principal venait de transmettre à la passerelle lorsque Mimee capta le message crypté.
Il ne s'agissait pas des codes de cryptage de l'Arcadia ; le décoder prendrait un peu de temps – l'ordinateur principal avait quand même ses limites.

"Un appel du Speranz", ajouta Mimee à peine vingt secondes après la première communication.
"Sur écran."

Morgane avait le visage grave.

"Je viens de recevoir un signal de détresse de la station Cen't", annonça-t-elle de but en blanc. "Je vous laisse."

Kei s'apprêtait à proposer son aide. Bien sûr, elle n'avait pas autorité pour décider une telle chose, ça demanderait un petit délai le temps qu'elle pose la question au capitaine mais elle ne l'avait jamais vu refuser de répondre à un appel de détresse.
Ce ne fut même pas nécessaire, étant donné que le capitaine entra en passerelle à cet instant.

"Shark a des ennuis ?" demanda-t-il aussitôt.
"Il semblerait."
"Connaissant l'armement qu'il déploie sur sa station, il a dû tomber sur quelque chose de coriace."

Morgane le regarda avec une pointe d'humour.

"Dis donc", fit-elle en comptant sur ses doigts. "Le temps passe drôlement vite, chez vous… Trois jours, déjà ?"
"Je te suis", coupa Harlock. "Et je vais bien", maugréa-t-il en s'asseyant.

Kei baissa les yeux lorsqu'il regarda dans sa direction. Non, elle ne se faisait pas de souci. Et elle n'irait pas le ramasser à la petite cuillère s'il tombait encore dans les pommes.

Morgane coupa la communication. Le Speranz s'éloignait déjà.

"Naviguez dans son sillage", ordonna Harlock. "Et calez-vous sur sa vitesse."

Il enfonça le bouton de diffusion générale.

"À tout l'équipage. La station Cen't vient d'envoyer un appel de détresse. Il s'agit probablement d'une attaque par un ennemi non identifié. Nous faisons route vers elle pour lui porter assistance."

Il leva un sourcil interrogatif à l'intention du navigateur.

"Nous arrivons sur zone d'ici deux point cinq heures", termina-t-il lorsque la courbe de trajectoire s'afficha sur l'écran tactique.

Kei entra les nouveaux paramètres sur sa propre console sans se soucier des protestations de l'ordinateur principal. Elle jeta néanmoins un coup d'œil à sa voisine : le colonel Carter était montée en passerelle avec des calculs de trajectoire terminés et la ferme intention d'effectuer un saut warp le plus vite possible. Elle lui fit un sourire contrit. Là, c'était mal parti.

"Capitaine, le saut temporel…" tenta-t-elle tout de même.
"Plus tard."
"Capitaine…" protesta Carter.
"J'ai dit plus tard."

Au moins, c'était clair, et puis SG-1 n'en était plus à un contretemps près.
Carter quitta la passerelle sans ajouter un mot, mais avec un regard qui en disait long. Kei sourit. Elle était curieuse de voir comment réagirait Mitchell, cela promettait d'être explosif.

o-o-o-o-o-o

Atterré, O'Neill visionnait les images que l'Odyssée venait juste de transmettre au SG-C.

"Ça sent le roussi, Hank. Vous avez demandé des renforts ?"

Une flotte ori se dirigeait vers la Terre. Certains jours étaient comme ça, avec les tuiles qui s'empilaient les unes après les autres.

"Nos alliés nous ont poliment fait savoir qu'ils étaient soumis à un problème identique sur leurs planètes respectives… Bra'tac a même laissé entendre qu'il s'étonnait que nous n'ayons pas été attaqués plus tôt."
"Et les Asgards ?"
"Avec la dérouillée qu'ils ont pris la dernière fois qu'ils ont croisé des Oris, je les ai sentis un peu frileux", répondit Landry. "Mais ils envoient tout de même un de leurs vaisseaux."
"Ce ne sera pas suffisant."
"J'ai peur que non. Et il arrivera trop tard."

Landry eut un geste fataliste.

"Il ne reste que l'arme des Anciens en Antarctique. Et vous pour la mettre en marche…"
"Je ferai de mon mieux, Hank, mais ça non plus, je ne pense pas que ce soit suffisant pour les retenir…"

o-o-o-o-o-o

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