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23 - Chapitre 6 - Partie 1
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Chapitre 6 - Partie 1

L’hélicoptère de ravitaillement avait été retardé par la tempête qui faisait rage depuis presque six heures. Les météorologistes de la base s’accordaient pour annoncer que cela ne durerait pas, et la neige n’aurait aucun impact opérationnel, mais cela suffisait à faire râler le général O’Neill.

– Bon sang, je leur avais demandé de me ramener du café ! Hank, comment veux-tu que je sois dans de bonnes conditions pour repousser les Oris si je dois boire ce qui sort de vos distributeurs ?

Le général Landry se contenta d’un grognement inintelligible qui, il l’espérait, devrait suffire. Il savait que Jack ne se plaignait que pour la forme : ce qui importait, c’était le moment où il allait passer à l’action et qui, semblait-il, tardait un peu. En attendant, Jack usait sans vergogne de son grade et de sa notoriété pour terroriser le personnel de la base.

– Eh, jeune homme ! Apporte-moi un café, pas de la lavasse !
– Oui, monsieur !

Landry sourit lorsque le soldat partit au pas de course.

– Tu exagères, Jack…
– Allons donc. Avant ce soir, il aura raconté à tout le monde qu’il a eu la chance de me parler.

Le sourire de Landry s’élargit. Le pire, c’était qu’O’Neill avait raison. Hormis quelques officiers détachés de Cheyenne Mountain, la plupart des soldats qui avaient été affectés à la base SG de l’Antarctique étaient de jeunes recrues ; les autres provenaient de bases « normales » de l’Air Force. Pour tous, le général O’Neill faisait partie de la légende du programme « Stargate ».

– Plus sérieusement, Jack, reprit Landry, d’après nos estimations, la flotte ori devrait entrer dans notre système solaire d’ici les douze prochaines heures.
– On n’a rien de plus précis ?
– Tout dépend du nombre de bonds hyperspatiaux qu’ils ont faits – enfin, c’est ce qu’affirme Lee. Selon lui, si Adria est pressée, elle pourrait arriver dès maintenant.
– Si vite ?
– Yep. Je viens d’appeler le président et nous sommes passés en alerte maximale. Sur toutes les bases. Pour l’instant, seules Cheyenne Mountain et la zone 51 savent qu’il ne s’agit pas d’un exercice, mais…

Landry ne termina pas sa phrase – c’était inutile. Jack et lui avaient épluché toutes les possibilités depuis qu’ils avaient appris la menace, mais les renforts faisaient cruellement défaut. Le général se demanda si les quelques chasseurs modifiés qu’ils possédaient pourraient faire illusion.
Hmm. La véritable question était combien de temps ils pourraient faire illusion, en fait.

Jack était encore en train de se plaindre – sa façon à lui d’évacuer le stress.

– Nom d’un chien, il fait glacial. Ils ne peuvent pas pousser le chauffage ?
– C’est une base polaire, Jack…

Landry entraîna son ami vers la salle de contrôle. Des moniteurs supplémentaires y avaient été installés et relayaient toutes les informations dont disposait le SG-C sur les Oris – autant dire pas grand chose. Mais l’armée avait lancé récemment de nouveaux satellites d’observation expérimentaux (les prémisses d’un dispositif de surveillance s’étendant jusqu’à Jupiter) dont le système de transmission de données était dérivé d’une technologie goa’uld et permettait un traitement presque en temps réel.

« Au moins, nous serons avertis de leur arrivée », pensa Landry.
Cela leur donnerait un sursis de seulement quelques minutes, mais c’était toujours ça de pris…

o-o-o-o-o-o

L’espace autour de P4X-48C était vide. Il n’y avait plus aucune trace des Oris lorsque l’Arcadia se matérialisa à proximité de la déchirure spatio-temporelle.
Enfin presque.

– Les senseurs détectent de nombreuses traînées ioniques caractéristiques d’un passage en navigation warp, annonça Mimee. Elles sont encore parfaitement distinctes. Ce qui signifie qu’il y avait une flotte ici il y a moins de deux heures.
– Les Oris, fit Mitchell. Ils étaient déjà là quand nous avons ouvert la porte vers cette planète.
– Visiblement, ils n’y sont plus, rétorqua Harlock. Ça m’arrange, on va pouvoir vous déposer directement au SG-C ; je n’ai pas envie de perdre du temps ici.

Le capitaine adressa une question muette à son second, qui avait l’air complètement concentré sur son poste, pour une fois – autant en profiter.

– Il y a un couloir hyperspatial très net vers la Terre, répondit celui-ci. Les vestiges de notre précédent passage. En revanche, je ne comprends pas pourquoi le trou vers notre époque aboutit dans cette zone. Ç’aurait été plus logique que le continuum se déchire près de la Terre, à l’endroit où l’Arcadia a effectué ses sauts temporels de ce côté.

Yattaran jeta un coup d’œil à la ronde, mais personne ne semblait décidé à poursuivre sur le terrain de la théorie temporelle, aussi, sans se troubler, se contenta-t-il de répondre lui-même à sa propre interrogation.

– Le réseau des portes de étoiles doit interférer.
– Possible, lâcha Harlock pour couper court. Et ce « couloir » est utilisable ?
– Affirmatif, mon capitaine ! répondit Yattaran avec enthousiasme. Il est tellement bien structuré qu’on a même failli être happés dedans en arrivant !

Le petit bonhomme à lunettes pianota sur son clavier en marmonnant tout seul. Harlock attendit patiemment derrière sa barre qu’il ait terminé… Enfin, pour dire la vérité, il se mit à compter et se promit d’attendre d’arriver à cent avant d’interrompre son second et de passer en hyperespace en manuel.
Il était à soixante-dix-huit lorsque Yattaran releva la tête.

– L’Arcadia est parée pour un saut warp, captain.
– Parfait. Lancez la séquence !

o-o-o-o-o-o

Une alarme se déclencha soudain, entraînant une réaction en chaîne sur tous les écrans de la salle de contrôle.
« Ça commence », se dit O’Neill. Il n’aurait pas à résoudre son dilemme actuel, à savoir réclamer un autre café et espérer que celui-là soit buvable, ou se voir contraint de commander autre chose comme du thé, ou une limonade.

– Le satellite S-3 reporte une activité spatiale dans sa zone ! annonça le… tiens, Walter avait fait le voyage depuis Cheyenne Mountain, lui aussi ?

O’Neill essaya de se rappeler le positionnement des différents satellites… C’était lui qui avait signé l’ordre de lancement, pourtant !
S-3, S-3… Ah, oui. Mars. La flotte ori venait de sortir d’hyperespace entre Mars et la Terre. Autant dire qu’elle était sur eux.

– Enclenchez le dispositif de défense des Anciens ! ordonna-t-il.

Il se dirigea vers le fauteuil de commande. Apparemment, tous ceux qui étaient capables de faire fonctionner ce fauteuil avaient été affectés au programme « Atlantis ». Il ne restait que lui ; il n’allait pas protester, il adorait ce rôle de « sauveur de la galaxie ». D’ailleurs, il n’avait même pas vérifié si quelqu’un d’autre pouvait se servir de l’artefact ancien – et en plus, ça justifiait sa présence ici.
Il allait s’asseoir lorsque Walter l’interrompit.

– Attendez, monsieur ! Le… le satellite lunaire ne détecte rien !
– Comment ça, « il ne détecte rien » ?
– Et bien… Pas de vaisseaux, pas d’activité, rien, répondit le sergent. Et il n’y plus rien du côté de Mars non plus.
– Eh ! Les Oris n’ont pas pu se volatiliser comme ça ! Vous avez une image ?
– Le dispositif vidéo doit être installé la semaine prochaine, monsieur…

Merde.

O’Neill envisagea l’hypothèse du bouclier de camouflage mais la rejeta presque aussitôt. C’était idiot. Les Oris connaissaient leurs capacités technologiques. Ils savaient qu’ils n’avaient pas à prendre de précautions – la plus grosse flotte que la Terre et ses alliés avaient réussi à rassembler avait été massacrée en quelques minutes.
Alors quoi ?

– Les satellites signalent des passages en hyperespace, reprit Walter. On dirait qu’ils sont partis.

Le sergent avait l’air incrédule. Il n’était pas le seul. Tout en remerciant sa bonne étoile, O’Neill ne pouvait s’empêcher de penser qu’Adria venait de faire une sacrée boulette. Elle risquait de ne jamais retrouver un avantage stratégique aussi flagrant.
Qu’est-ce qui l’avait retenue ?

– Adria s’est souvenue d’un rendez-vous plus important, Hank ? plaisanta-t-il.
– Tant mieux, qu’elle nous oublie un moment ! Nous serons mieux équipés pour la recevoir la prochaine fois !

N’empêche que Jack O’Neill aurait donné cher pour savoir ce qui s’était passé sur les vaisseaux oris.

o-o-o-o-o-o

Adria n’avait pas tergiversé longtemps : elle avait reçu et analysé les rapports des rescapés revenus par le « trou », elle avait identifié la menace dès qu’elle était sortie de l’hyperespace et, même si elle ne comprenait pas comment sa flotte avait pu se faire prendre de vitesse, elle avait décidé de se pencher sur la question plus loin – à un ou deux quadrants de la Terre, ce serait bien.
Elle était consciente qu’elle était en train de manquer une occasion en or – personne ne croisait aux abords de la Terre : ni vaisseaux, ni même un petit dispositif de défense automatique. Cependant, elle savait également que le nombre de ses vaisseaux n’était pas infini, et que sa flotte n’était pas invincible. La défaite qu’elle venait d’apprendre le lui avait cruellement rappelé.
Elle ne devait pas céder à la colère et attaquer immédiatement ; de trop grosses pertes ici seraient préjudiciables à sa croisade. Il fallait préserver la foi en la toute-puissance ori, surtout parmi ses fidèles.
Si le doute s’installait, ce serait la fin.

o-o-o-o-o-o

– On leur a fait peur, vous croyez, captain ?
– Je n’en sais rien et ça ne m’intéresse pas. Occupe-toi plutôt d’installer la fréquence du SG-C sur un de nos émetteurs. Je déposerais bien nos invités directement devant leur base, mais je suppose qu’il faut que je m’annonce avant…
 

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