Chapitre 6 - Partie 3
Harlock remonta en passerelle et nota distraitement le baraquement dans lequel O’Neill et son équipe étaient entrés – ça allait lui servir. Kei avait déjà terminé le diagnostic des systèmes de l’Arcadia et avait affiché une liste des avaries sur l’écran principal ; rien de bien grave, et rien de nouveau. Excepté les éraflures sur la peinture, l’atterrissage s’était passé sans casse – seuls les réacteurs avaient protesté au freinage, et encore, cela ne portait pas à conséquence, selon Tochiro.
– On s’en tire sans mal, pour une fois, captain, remarqua Kei d’un ton égal.
Harlock tiqua, autant à cause du « pour une fois » que pour le sourire contenu des hommes de quart à ces mots, et prit mentalement note de suggérer à Kei d’éviter ce genre de réflexions devant tout le monde, à l’avenir.
Comme s’il ne savait pas se poser correctement, tiens…
La jeune femme blonde lui adressa un sourire triomphant qui le convainquit, d’une part qu’elle le faisait exprès, d’autre part que tout ce qu’il pourrait lui dire ne servirait à rien. Depuis le temps, il devait pourtant savoir qu’elle adorait lui lancer des piques du même style, et que rien ne lui faisait plus plaisir que lorsqu’il y réagissait.
Ah, bah. De toute façon, il était trop tard pour essayer de faire croire aux gars qu’il n’avait rien entendu.
– Je te rappelle que c’est toi qui m’a conseillé ce site d’atterrissage, rétorqua-t-il.
– Je le reconnais. Mais j’aurais dû vous prévenir que la piste était glissante… Enfin, ça m’avait semblé évident. C’est souvent le cas, pour la neige…
Deux à zéro. Un opérateur ne parvint pas à retenir un rire étranglé ; rouge comme une pivoine, il se souvint aussitôt qu’il avait une maintenance importante à effectuer et disparut sous sa console. Harlock décida d’arrêter les frais.
– Prends une unité portable, demanda-t-il à Kei. Et arrange-toi pour trouver un moyen de transmission de données qui soit compatible avec les ordinateurs du SG-C.
– Pour donner ou prendre les informations, capitaine ?
– Les deux.
Harlock parcourut la passerelle du regard à la recherche de son second. Non. Yattaran avait quitté son fauteuil juste après l’atterrissage en grommelant quelque chose comme « trop de secousses » et « pas arrimé ». Il devait probablement être en train de ramasser ses maquettes dans sa cabine.
– Appelle Yattaran et commencez à me faire une extraction de notre bibliothèque, reprit-il. Tout ce qui concerne l’armement et qui est susceptible d’intéresser le SG-C. En fonction des moyens dont ils disposent, je verrai ce qu’il est plus facile de leur installer.
Il se dirigea vers l’ascenseur mais bloqua les portes avant qu’elles ne se referment sur lui.
– Tout ce qui concerne l’armement conventionnel, j’entends, termina-t-il. Les spécificités de l’Arcadia ne quittent pas ce vaisseau.
Kei répondit par une moue agacée. Cela signifiait « je ne suis pas stupide ». Il se contenta d’un demi-sourire qu’elle interpréterait comme elle voulait avant de laisser l’ascenseur repartir.
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Sam Carter exposait les conclusions de ses relevés devant un auditoire somme toute assez peu intéressé par les fluctuations énergétiques de P4X-48C. Vala faisait des grimaces à Daniel, lequel fronçait les sourcils pour la faire cesser (sans succès) ; le général Landry chuchotait avec Mitchell – les mots « supériorité technologique » et « armes de pointe » revenaient assez souvent dans leur conversation – ; Lee essayait vainement de ne pas consulter ses propres notes ; Teal’c avait l’air concentré, mais le Jaffa avait toujours l’air concentré. Pour ce qu’elle en savait, il aurait très bien pu être en train de méditer les yeux ouverts.
Seul O’Neill la dévorait du regard, mais elle était certaine qu’il ne l’écoutait pas. Le général et ex-leader de SG-1 lui lança un clin d’œil complice. Elle rougit.
– Bref, termina-t-elle vaillamment, le pic enregistré provenait du trou spatio-temporel qu’Harlock a emprunté pour nous ramener. D’après son second, le phénomène était latent depuis le dernier passage de l’Arcadia dans la zone, mais il n’a pu être réactivé et stabilisé que par un nombre conséquent de sauts temporels entre nos deux univers.
La scientifique fit une pause pour s’assurer de l’attention de son auditoire. Précaution inutile : tout le monde avait redressé la tête lorsqu’elle avait évoqué le vaisseau pirate.
– Ceux de l’Arcadia estiment que les Oris ne possèdent pas la technologie suffisante pour effectuer des voyages temporels contrôlés, reprit-elle. Et par conséquent qu’il s’agit d’un vaisseau de chez eux qui est venu chez nous.
O’Neill se renversa sur son siège.
– C’est pour cette raison que je souhaite qu’Harlock soit là pour le débriefing, fit-il.
– Vous avez effectivement repéré un vaisseau du futur, mon général ?
– Nous n’avons pas de certitudes. Juste de très fortes présomptions. Mais il est apparu pour la première fois au niveau de l’anomalie de P4X-48C et à présent il fait du grabuge dans les bastions reculés de la rébellion jaffa.
Mitchell haussa un sourcil.
– Si ce vaisseau est du gabarit de l’Arcadia, ça risque d’être difficile de le neutraliser.
– Exact. Et donc nous avons besoin de l’aide d’Harlock.
« Reste à le convaincre », pensa Sam, et elle lut sur le visage d’O’Neill que cette problématique le préoccupait également.
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L’espace se brouilla lorsque les deux vaisseaux sortirent de l’hyperespace, et une infime vibration perturba un instant leur instrumentation. La planète autour de laquelle ils se mirent en orbite ressemblait à n’importe quelle autre planète, si l’on omettait bien sûr cette fluctuation bizarre qui apparaissait lorsqu’on la regardait du coin de l’œil. L’analyse spectrale de la zone révélait une multitude de traînées ioniques, tellement entrecroisées qu’il était impossible d’en déduire un schéma de trajectoire cohérent.
– Bon sang ! pesta Morgane. L’endroit est animé… Ce n’est plus un trou spatio-temporel par ici, c’est une gare de triage !
– Je ne retrouve aucune trace de la signature ionique de l’Arcadia, annonça Loren.
– ‘m’étonne pas. Ce foutu vaisseau est déjà difficile à pister en temps normal, alors vaut mieux pas y penser quand il passe par un carrefour fréquenté !
La néo-humaine leva les yeux vers l’écran principal.
– Et maintenant ? demanda-t-elle à l’image de Shark qui la considérait amusé depuis sa propre passerelle.
– Il y avait des terriens du vingt-et-unième siècle avec lui, répondit le contrebandier. Si on a bien remonté le temps, je propose d’aller voir là-bas.
– Sur Terre ?
– ‘xact.
Morgane ne tergiversa pas ; la Terre était en effet la destination la plus logique connaissant l’attachement d’Harlock pour cette planète – d’autant plus si l’Arcadia avait servi de taxi pour des autochtones. Ce n’était pas pour lui déplaire : elle ne connaissait la « planète bleue » que par de mauvais reportages ou des mémodisques endommagés ; à défaut d’autre chose, un peu de tourisme pourrait être des plus intéressants.
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Harlock trouva fermée la porte du bâtiment qui servait d’entrée à la base SG, supposa qu’il devait exister un interphone ou assimilé pour signaler sa présence, décida que parcourir depuis l’Arcadia cent mètres à pied par moins trente degrés était suffisant pour ses orteils qui commençaient à geler dans ses bottes et explosa la serrure d’un coup de cosmodragon.
Le soldat qui était en faction juste derrière recula précipitamment.
– Conduisez-moi au général O’Neill, fit Harlock.
L’homme bafouilla quelques mots, mais sa diction était visiblement perturbée par le cosmodragon qu’Harlock lui agitait devant le nez. Le capitaine prit donc le parti d’ignorer le « posez vos armes » qu’il lui avait semblé entendre. Comme le soldat paraissait ne vouloir ni l’arrêter, ni le guider, il le bouscula sans ménagement et s’enfonça au jugé dans la base.
Au bout d’une trentaine de mètres et deux sas, il tomba sur une… mmh. Salle de garde devait être le meilleur terme. La poignée de soldats qui s’y trouvait fut plus prompte à réagir que le type qu’il avait laissé paralysé de peur à l’entrée. Le capitaine fut encerclé, mis en joue et sommé de déposer ses armes de façon plus intelligible, cette fois-ci.
– Je suis venu voir le général O’Neill, répéta Harlock sans baisser sa garde, mais en prenant soin de ne viser personne avec son arme.
Les soldats étaient moins de dix. Sans toutefois espérer en sortir indemne, Harlock estimait être capable de quitter la pièce par la porte en face de lui après avoir massacré tout le monde à l’intérieur.
Il n’était pas certain qu’O’Neill apprécierait, en revanche.
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Landry raccrocha le téléphone qui avait sonné près de lui, une expression ennuyée sur le visage.
– Bon, énonça-t-il calmement. Il est entré en défonçant la porte et l’équipe de garde l’a coincé en salle d’alerte. Je ne sais pas quel crédit accorder à la description du factionnaire, mais apparemment il est armé, et pas avec du petit calibre.
– Je t’avais bien dit qu’il viendrait pour le débriefing, répondit O’Neill.
– Okay, soupira Landry. C’est ton pirate, Jack, alors si tu pouvais aller le chercher et lui demander de laisser son artillerie au vestiaire avant qu’il n’y ait un bain de sang, là-haut…
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Un silence tendu s’était installé. Harlock conservait une immobilité attentive, à l’affût d’une faille ou du moindre signe d’hostilité. Les autres avaient l’air plutôt nerveux. Jack O’Neill ne s’embêta cependant pas à prendre des précautions particulières. Il poussa la porte avec entrain et lança un « c’est bon les gars, je m’en occupe ! » qui fit sursauter tout le monde.
– Je m’attendais à un accueil plus amical, O’Neill, commenta Harlock tout en continuant à surveiller les soldats en train de refluer, hésitants, vers l’entrée de la base.
– Et bien, si tu t’étais présenté poliment plutôt que de menacer les gens avec ce… machin, répondit O’Neill en désignant le cosmodragon, peut-être aurions-nous pu en effet l’envisager.
Harlock considéra l’arme qu’il tenait toujours en main, la rengaina, haussa les épaules et sourit dédaigneusement à l’ancien leader de SG-1.
– C’est vous qui m’avez invité, O’Neill. C’est à vos soldats de baisser leurs armes devant moi, pas l’inverse.
– Et prétentieux, avec ça, hein ?
Harlock foudroya O’Neill du regard, sans que cela ne semble produire le moindre effet – le capitaine eut même l’impression que le militaire ricanait sous cape, mais ce devait être son imagination.
– J’ai appris que vous étiez passé général, fit-il comme il suivait son guide à l’étage inférieur. Félicitations.
– Nul n’échappe à l’avancement, répondit O’Neill.
– Ils ne vous ont pas donné le commandement du SG-C ? Ç’aurait été logique, vu votre expérience du terrain…
– Si.
Bon. Okay. Harlock attendit qu’O’Neill développe, ce qu’il ne fit pas. Qu’on ne vienne pas lui reprocher de ne pas être expansif, après ça. Quant à lui, il estimait avoir suffisamment alimenté la conversation.
Le trajet se fit en silence jusqu’à une salle de réunion qui avait été aménagée un peu en retrait du complexe, lequel s’étendait sous la surface de l’Antarctique dans un dédale de galeries de facture plus ancienne (et non humaine), et dont l’utilité s’était probablement perdue avec le temps. SG-1 s’y trouvait au complet, ainsi que le général auquel Mitchell avait fait son rapport – Landry, se souvint Harlock.
– Je ne vais pas m’embarrasser de formules de bienvenue ou détailler l’art et la manière de se présenter dans une base militaire, commença celui-ci de but en blanc. Tu t’en chargeras, Jack, si ce n’est déjà fait.
Landry se planta face à Harlock et le fixa droit dans les yeux.
– Carter affirme que vous pensez qu’un vaisseau de votre époque est passé par l’ouverture près de P4X-48C avant vous, dit-il.
– C’est une possibilité, concéda Harlock. Celle qui explique de la façon la plus évidente la présence d’un trou de ver stable comme celui qui nous intéresse actuellement.
– Très bien. J’ai besoin de votre avis sur deux vidéos que nous avons récupérées et qui pourraient permettre de valider votre hypothèse.
Le général alluma un antique écran plat et Harlock put visualiser un film de quelques minutes d’assez mauvaise qualité, sur lequel il reconnut la désormais fameuse planète P4X-48C, une flotte ori (probablement celle qui avait traversé le trou et qu’il avait vaincu) ainsi qu’une sortie d’hyperespace très intéressante et assez peu répandue. Il essaya de rester impassible.
O’Neill ne fut pas dupe.
– Tiens, on dirait que ça t’évoque quelque chose, gamin…
– Et l’autre vidéo ? se contenta de répondre Harlock en se forçant à oublier le « gamin » qu’O’Neill n’avait pu s’empêcher de rajouter.
– Je préférerais que tu nous dises ce que tu penses de celle-là d’abord.
– Une sortie d’hyperespace sous bouclier de camouflage, répliqua-t-il, agacé. Suivi d’une séquence d’attaque au canon à plasma. Trois coups. Armement latéral.
Et un nombre infime de vaisseaux possédant ces caractéristiques et ce schéma d’attaque.
Qu’est-ce qu’Emeraldas vient faire par ici ?
– Alors, capitaine ? insista Landry. Des suggestions ?
– Seulement si vous me montrez l’autre vidéo.
– Têtu, hein ? fit O’Neill. De toute façon ça ne fera que confirmer ce que tu sais déjà…
– Et ce que vous savez aussi, O’Neill, comprit soudain Harlock. Tout ceci ne sert qu’à tester ma… loyauté envers vous, n’est-ce pas ?
– Loyauté est un bien grand mot, mon garçon. Je voulais simplement être sûr du côté duquel tu te places…
– Je n’ai rien à voir avec Emeraldas. Elle vit sa vie comme elle l’entend et n’a pas de comptes à me rendre… Ni moi à elle, d’ailleurs.
Emeraldas. O’Neill échangea un regard entendu avec le général Landry.
Le deuxième film était de mauvaise qualité lui aussi, mais il montrait le vaisseau sans son bouclier de camouflage – même en faisant preuve de toute la mauvaise foi possible, on ne pouvait pas se tromper sur son identité.
– Yep, lâcha Harlock. Le Queen. Je ne sais pas ce qu’Emeraldas fabrique ici. Vous ne lui avez pas demandé ?
O’Neill croisa les bras et réussit à avoir l’air à la fois suspicieux et moqueur.
– Elle n’a pas répondu. Et elle s’attaque à nos vaisseaux.
– J’ignorais que vous possédiez des vaisseaux, ironisa Harlock.
– Et bien si, capitaine, trancha le général sèchement. Ainsi que des alliés. Et pour l’instant, votre amie s’est exclusivement attaquée à des appareils et des installations planétaires qui ont un lien direct avec la Terre – de manière évidente, j’entends ; il ne s’agit pas de bases secrètes ou d’une cinquième colonne. Si vous avez une explication, je tiens à ce que vous la donniez maintenant.
– Emeraldas ne me communique pas systématiquement ses plans de vol. Nous naviguons chacun de notre côté, et j’ai très peu de contact avec elle… Sauf en cas de force majeure.
– Je crois que c’en est un.
– Elle doit avoir ses raisons. Il y a probablement des facteurs que vous n’avez pas pris en compte. C’est peut-être un problème pour vous, mais il se règlera de lui-même lorsqu’elle aura terminé… Après tout, elle défend la même cause que moi.
– Oui, c’est bien ce qui m’inquiète… à votre sujet.
Harlock se raidit.
– Le SG-C et son combat ne se trouvent pas au premier plan de mes préoccupations. Malgré tout, je suis revenu jusqu’à cette époque, avec tout ce que cela implique comme petits tracas temporels – que vous n’êtes même pas encore capables de concevoir. J’envisageais de vous fournir des armes supplémentaires, mais je me demande si cela en vaut encore la peine…
Heureusement pour l’avenir de ses relations avec le SG-C, le communicateur du capitaine bipa à ce moment. Harlock sortit l’appareil de sa poche plutôt que de dégainer son cosmodragon pour ponctuer ses propos, et marmonna un vague « ‘scusez-moi » en s’éloignant du groupe.
– Harlock.
– Capitaine, répondit la voix de Kei. Nous venons d’être scannés. Le dispositif de brouillage semble avoir été efficace, mais le radar a détecté deux vaisseaux juste avant qu’ils n’enclenchent leur mode furtif. J’ai perdu leur trace, cependant, d’après leur trajectoire initiale, je dirais qu’ils se sont mis en orbite basse autour de la planète.
– Bien reçu. Tu as une identification ?
– Négatif.
Harlock se tourna vers O’Neill.
– Vous attendiez de la visite ?
– À part les Oris que vous avez croisés en arrivant, non.
Un deuxième bip les interrompit. C’était Kei, à nouveau.
– Un message du Speranz, annonça-t-elle.
– Morgane ? Tu peux me la transférer ?
– Elle a coupé, captain. Elle demandait simplement où nous étions, qu’elle puisse se poser.
– Okay. Envoie-lui nos coordonnées. Et précise-lui de rester discrète, pendant la descente.
– C’est fait. Vous n’apprécierez pas ce qu’elle m’a répondu, capitaine.
Probablement quelque chose comme « va au diable espèce de blanc-bec, j’ai plus d’expérience que toi » ou une autre gentillesse du même genre.
– Il semble que le vingt-et-unième siècle soit une destination prisée pour les hors-la-loi du futur, commenta Mitchell aigrement. Vous ne vous plaisez pas, chez vous ?
Ce n’était pas totalement faux, mais Harlock se garda d’en rajouter. Inutile de jeter encore de l’huile sur le feu.
– Qui est le deuxième ? demanda-t-il à Kei.
– Sais pas. Shark, a priori.
– Mmm.
Ça, c’était bizarre. Que Shark ait quitté sa station, d’accord. Vu l’état dans lequel elle était, c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. En revanche, qu’il ait suivi Morgane au vingt-et-unième siècle, c’était inhabituel. Avec les années, Shark était devenu davantage un commerçant qu’un aventurier et était généralement réticent à laisser tourner ses affaires sans lui.
– Encore des pirates, c’est ça ? fit O’Neill. Je vais finir par me demander s’il existe des gens normaux, au trentième siècle.
Harlock haussa les épaules. C’était le genre de phrases auxquelles il ne devait surtout pas répondre s’il ne voulait pas s’énerver.
– Ils vont se poser plus loin de la base que moi, déclara-t-il pour changer de sujet. Le terrain est totalement impraticable alentours. Vous avez un hélicoptère ?
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