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29 - Chapitre 7 - Partie 3
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Chapitre 7 - Partie 3

Sur un plan astral différent, Adria étudiait le vaisseau en orbite autour de la Terre avec intérêt. Pas trop près, cependant, car elle avait senti à l’intérieur un psychisme qu’elle n’était pas parvenue à identifier, et elle ne voulait pas se faire repérer – du moins, pas tout de suite.
Le vaisseau vert était isolé, mais Adria ne tenait pas à risquer d’autres de ses appareils ; elle leur avait donné les instructions nécessaires pour qu’ils poursuivent la croisade, et ce, dans un secteur suffisamment éloigné de la Terre pour qu’ils ne se retrouvent pas engagés dans un combat contre les nouveaux alliés du SG-C.

Elle fit glisser son enveloppe astrale et effectua un large tour : le vaisseau était bardé de canons qui lui semblaient archaïques, tandis que la poupe s’ornait de décorations superflues. Un symbole à tête de mort était représenté partout sur la coque – probablement l’emblème du vaisseau. Adria fouilla sa mémoire ; les Oris n’utilisaient pas cette symbolique, mais la signification était évidente : une représentation de la mort, tant pour impressionner l’adversaire que pour signifier qu’on ne la craignait pas.
Elle se rapprocha prudemment. Elle se sentait curieusement attirée par le vaisseau. Elle sentait une présence indistincte, d’une nature qu’elle ne comprenait pas. Quelque chose de puissant…

« Qui êtes-vous ? »

Adria tressaillit. Une deuxième présence était désormais perceptible, plus conventionnelle, celle-là. Elle n’était pas seule à maîtriser la navigation astrale dans le coin. Et il ne pouvait s’agir des humains, leur cerveau n’était pas conçu pour changer de plan.

« Qui êtes-vous ? »

Adria tenta d’isoler l’esprit qui l’interrogeait, mais celui-ci restait hors de sa portée… à l’intérieur du périmètre dans lequel se trouvait le corps psychique qu’elle n’avait pas identifié – sur le vaisseau.

Le vaisseau…

Elle battit en retraite. L’autre ne la suivit pas ; sa portée semblait bien moindre que la sienne. Adria réintégra son corps dans les quartiers qui lui avaient été réservés sur le navire amiral de sa flotte et quitta sa méditation en souriant. Ce vaisseau était décidément très intéressant.

o-o-o-o-o-o

– Il y a eu deux ouvertures de vortex, mon seigneur, mais la patrouille n’a trouvé personne.
– S’il s’agit des Tauris, le chaapa’aï va se réactiver à vide. C’est de cette manière qu’ils gardent contact avec leur base.

Baal congédia son primat, lui laissant le soin d’organiser les patrouilles. Il n’avait eu aucune confirmation de l’identité de ceux qui avaient franchi la porte des étoiles ; seule son intuition lui soufflait avec insistance que les Tauris venaient de débarquer. Deux ouvertures successives, ce ne pouvait être qu’eux ! Il envoyaient toujours un engin automatique avant de faire partir une de leurs équipes…
Il fit les cent pas, agacé. Pourquoi maintenant ? Ne pouvaient-ils pas le laisser tranquille ? D’après ses sources, cette planète avait déjà été visitée par une équipe SG – SG-9, s’il se souvenait bien. Ce n’était donc pas une mission d’exploration de routine. Restaient une tentative d’espionnage de ses activités, ou un sauvetage.

Mmh. Il avait été discret, mais il avait également détruit un certain nombre de foyers de rébellion dans le secteur ; les rebelles jaffas savaient donc où le trouver, et le SG-C pouvait très bien avoir envoyé une équipe malgré ses problèmes actuels avec les Oris.
Quant au sauvetage… Il s’était avéré, après deux séances de torture particulièrement profitables, que le prétendu « espion tauri » n’en était pas un, en fin de compte – c’était seulement un mercenaire d’une planète d’ancienne dominance tollan, qui vendait parfois ses informations à la Terre (et ce, bien que le SG-C ait rapidement gagné une réputation de très mauvais payeur à travers toute la galaxie). Il ne savait rien d’intéressant sur les Oris. Par conséquent, il semblait peu probable qu’une équipe SG soit venu le récupérer.

Et, évidemment, il restait une troisième option. Désagréable.
Baal regarda pensivement le lent balancement du vaisseau d’Emeraldas. Les Tauris ne connaissaient pas le Queen, mais Emeraldas avait déjà traité avec le SG-C… Ils pouvaient avoir fait le rapprochement.

o-o-o-o-o-o

Mitchell avait compté trois ha’taks, quatre vaisseaux cargos et une dizaine d’appareils plus petits de provenances diverses.

– Il y a toute une flotte rassemblée là ! fit-il en revenant au point de rendez-vous qu’il avait fixé avec les autres. Et la plupart des Jaffas portent les signes de Baal… Je crois bien qu’on est tombés sur son QG.
– Le vaisseau d’Emeraldas est derrière ces collines, renchérit Daniel. Je n’ai vu aucun Jaffa alentours.

Il était parti reconnaître le terrain un peu plus loin accompagné de Vala. Teal’c, lui, avait poursuivi le long du chemin.

– La route mène jusqu’à un village, déclara celui-ci. Le palais qui était mentionné dans le rapport de SG-9 est en cours de rénovation.
– Mouais… Baal essaie de se réimplanter à l’écart de l’ancien domaine d’influence goa’uld… et à l’écart des Oris et nous par la même occasion.

Cam croisa les bras et jeta un coup d’œil à la ronde, pris d’un pressentiment soudain.

– Au fait, quelqu’un a vu Morgane ? reprit-il.

o-o-o-o-o-o

Dans les tréfonds de l’ordinateur principal de l’Arcadia, des relais se connectèrent et envoyèrent des impulsions électriques à travers tout le réseau informatique du vaisseau. Dociles, les moteurs obéirent aux ordres reçus et augmentèrent progressivement leur puissance. Le pilote automatique programma la destination et entra les paramètres du saut warp dans le calculateur.
L’Arcadia se prépara à quitter l’orbite terrestre.

o-o-o-o-o-o

Harlock avait posé son spacewolf devant Cheyenne Mountain, à un endroit où les arbres étaient un peu plus clairsemés. Il avait laissé le bouclier de camouflage en fonction – il ignorait si les randonneurs fréquentaient ce coin, et il se doutait que le SG-C dépensait probablement déjà suffisamment d’énergie pour expliquer tous les phénomènes bizarres qui devaient arriver dans les parages.
Les soldats de quart à l’entrée n’avaient pas fait de difficultés pour le laisser passer, néanmoins il avait été escorté de près jusqu’au général O’Neill.

– Tiens, vous nous faites l’honneur de votre présence, capitaine ? remarqua le général à son arrivée.
– J’ai appris que vous aviez donné votre feu vert, pour l’armement nucléaire, rétorqua Harlock. Je suis venu estimer la quantité à transporter… pour savoir si une navette suffit ou s’il faut que je fasse redescendre l’Arcadia.
– Pour la quantité, j’attends que les scientifiques aient fini leur calculs. Pour le transport… a priori c’est votre ami Shark qui va s’en occuper. Il affirme que son vaisseau ne fait pas le poids en cas d’attaque ori, et il préfère être défendu par des appareils dont les soutes ne sont pas surchargées de bombes atomiques.
– Mmm. C’est logique.
– Nous sommes déjà en train de charger le Phénix avec les têtes nucléaires stockées en zone 51, ajouta O’Neill.
– Phényx, corrigea Harlock machinalement. Avec un « y ».

Le général haussa un sourcil d’incompréhension.

– Ça ce prononce pareil, non ?
– Si ça vous amuse vous pouvez essayer d’allonger un peu le « y », répondit Harlock. Mais en tout cas, ça s’écrit avec une faute d’orthographe. Ne me demandez pas pourquoi, O’Neill, je n’en ai pas la moindre idée ; le propriétaire original n’a jamais voulu me le dire. Apparemment, il s’agirait de la commémoration d’un de ses faits d’armes, aussi bizarre que cela puisse paraître.
– Une faute d’orthographe pour un acte héroïque ?
– Bah, oui, pourquoi pas ?

O’Neill fit une moue sceptique. Harlock ne pouvait pas le contredire, il avait lui-même toujours trouvé cette particularité orthographique plus qu’étrange – sans compter que son premier capitaine avait plusieurs fois laissé entendre que le « y » résumait bien le destin du vaisseau.
Enfin… Tout ça, c’était du passé.

– Quoi qu’il en soit, reprit Harlock, je vous apporte de quoi compenser l’utilisation de votre arsenal.

Le capitaine tendit un disque de données.

– Il y a là tout ce qu’il faut pour vous constituer un système de défense planétaire – bien sûr je ne garantis pas son efficacité contre une flotte entière, mais il pourra arrêter un vaisseau isolé.
– Hmm. Vous vous êtes décidé à coopérer avec les pauvres sous-développés que nous sommes, en fin de compte ?
– C’est ce que j’avais promis, marmonna Harlock.

O’Neill remercia d’un signe de tête.

– Oublions ça, fit-il. Tu es une fichue tête de mule, mon garçon, mais je suis certain que tu as bien différencié les gentils des méchants… Même si tu aimes jouer au pirate sans attaches, hein ?
– Mrf.

Un téléphone sonna.

– O’Neill.

Le général écarquilla les yeux et fixa Harlock.

– Vous êtes sûr ? J’ai son capitaine en face de moi !
– Que se passe-t-il ? demanda l’intéressé, alerté.
– Un saut hyperspatial à mi chemin entre la Terre et la Lune, répondit O’Neill.
– Un visiteur ?
– Non, c’est plutôt ton vaisseau qui vient de se faire la malle, gamin…
– Quoi ? s’exclama Harlock, trop abasourdi pour relever le « gamin ». C’est impossible !
– Le Speranz a confirmé. Ils ne détectent plus rien en orbite.
– L’Arcadia était en mode furtif. Nous ne sommes pas censés être détectés.
– Yep, je sais.

O’Neill s’interrompit le temps que son interlocuteur téléphonique termine, le remercia et raccrocha.

– Ils ont dit qu’ils pistaient votre « signature ionique », expliqua le général.
– Oh.

Harlock sortit son communicateur de sa poche.

– Vous permettez ?…
– Faites.

L’Arcadia ne répondit pas à ses appels sur la fréquence principale, ni sur celle de secours. Harlock pinça les lèvres : le communicateur qu’il avait emporté était tout juste suffisant pour joindre un vaisseau en orbite ; l’Arcadia n’avait qu’à s’éloigner de quelques centaines de kilomètres pour être hors d’atteinte. Sans compter que la base souterraine de Cheyenne Mountain n’améliorait pas la portée de sa radio.

– Je vais les contacter avec la radio de mon jet, annonça-t-il à O’Neill.
– Pas de problème.

Le général congédia d’un geste le soldat qui attendait Harlock à la porte.

– Je vous accompagne, fit-il. Je suis curieux d’entendre l’explication de ce départ précipité.
– Oui, moi aussi, murmura Harlock.

o-o-o-o-o-o

Des soldats en armure passèrent au pas cadencé sans remarquer la silhouette dissimulée parmi les taillis. Mitchell les avait appelé « Jaffas » ; Morgane avait trouvé leur équipement bien peu fonctionnel, mais à présent qu’elle les voyait se déplacer, elle se fit la réflexion que tout leur attirail devait être fait d’un alliage plus léger que ce qu’elle avait imaginé.
Elle attendit que la patrouille soit hors de vue pour reprendre sa progression. Son objectif était bien visible : le Queen était à l’ancrage, à l’écart comme elle s’y était attendu de la part d’Emeraldas. Elle s’approcha aussi près qu’elle put tout en restant sous le couvert des arbres et s’arrêta enfin à une dizaine de mètres de la chaîne qui remontait jusqu’au vaisseau en lévitation et le maintenait au sol.

Les abords étaient déserts. Évidemment. Le Queen possédait de meilleurs dispositifs de surveillance qu’une patrouille de Jaffas ; tout ce qui entrait dans son périmètre de sécurité devait être scanné et analysé. Morgane vérifia le bon fonctionnement du brouilleur qu’elle portait à la ceinture : avec ce gadget, elle ne laissait sur des écrans de contrôle qu’une légère signature thermique, trop insignifiante pour être traitée par un système de défense. Elle n’échapperait pas à l’œil des caméras si elle s’avançait à découvert, mais pour le moment elle était invisible.
Elle n’avait plus qu’à trouver un moyen de monter à bord.
 

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