Le Tournant d' Une Autre Vie
Je referme mon journal, après avoir relu ce gros pavé plusieurs fois, et regarde autour de moi. Cette plaine me fait penser à quelque chose, comme si je l’avais déjà vue. Mais … En fait j’en suis maintenant presque sûre, je l’ai bel et bien déjà vue !
- Pfff … Comme si j’étais entré dans le jeu Zelda … Je suis trop bête pour penser un truc pareil, moi !
J’échappe un petit rire. Mais en quelques instants, toute trace de bonne humeur en moi s’évapora, laissant place à une boule dans mon estomac. Le stresse me gagne de plus en plus.
- Et v’la que j’ai mal au bide, maintenant ! C’est pas vrai !
Je décide de me lever, et prend la direction d’un petit chemin de terre, menant sûrement quelque part. Tout en marchant, je réfléchis ou bien je pourrais me trouver, et comment je pourrais faire pour retourner à ces ruines de château. Ma pauvre mère à l’heure qu’il est, elle doit sûrement paniquer en me cherchant partout dans la forêt …
La boule dans mon estomac me lance soudain une puissante adrénaline de stress, encore et toujours plus fort.
- Ne stresse pas, ne stresse pas …Tout va s’arranger …
Pour couronner le tout, je pus apercevoir le soleil se coucher bientôt, d’un rouge teignant les nuages de sa couleur. Un air frais s’installe rapidement.
- Je rêve ! Il n’y a même pas une heure le soleil était presque au zénith !
Mon cerveau en arrive ainsi à cette terrible conclusion : Je dois être dans une autre dimension. Cette pensée me fit apparaître quelques frissons de peur. Mais en même temps, je n’y crois pas tellement, à ce genre de choses … D’un autre côté, avec tout ce que j’ai pu voir il y’a encore peu de temps, je serai prête à croire n’importe quoi ! Ou presque …
Au loin, j’aperçus un château. Un magnifique château, même. J’accélère mon rythme. Là-bas, je pourrais peut-être trouver des réponses à mes questions. Et aussi …pouvoir manger quelque chose, car mon ventre commence à émettre des bruits bizarres. Ah … Je n’aime pas marcher seule, dans la nature. Et cette grande plaine semblant interminable, ne fait rien pour me rassurer.
Soudain, j’entends quelques bruits. Des bruits de pas, qui s’approchent vers moi on dirait. Une personne, enfin ! Je commençais à me sentir seule au monde. Mais, ces bruits semblent se rapprocher de derrière moi. Je me retourne avec un grand sourire aux lèvres. Et là, mon cœur manqua de me lâcher. Ce n’est pas une personne qui se dirige vers moi, mais des sortes de … « monstres », tenant dans une de leurs mains soit un arc où soit une hache. Je compris en très peu de temps que c’est vers moi qu’ils se dirigent, et qu’ils ne souhaitent pas me faire du bien. Tel une gazelle sans défense, je pris mes jambes à mon cou. Je regrette fortement d’avoir mis mes bottes à plate-forme compensées, qui ne sont pas vraiment faites pour faire quelques sprints de vitesse … Je lâche un cri de détresse, avant de m’étonner de moi-même. Je ne savais pas que je pouvais crier aussi fort. Comme si quelqu’un pouvait m’entendre, dans cette maudite plaine de mes deux. Bah, au moins ça m’aurait fait du bien de crier un bon coup, juste avant ma mort… Je manque à plusieurs reprises de tomber, mais me rattrape à temps. Je regarde derrière moi : ces satanés bestioles se sont rapprochées à vue d’œil. Ca ne m’étonne pas plus que ça, vu la vitesse d’escargot que je fais. Une flèche venue me frôler au niveau de ma hanche. Je me penche aussitôt vers la gauche, sauf qu’à cause de ça, je perdis l’équilibre et me tord ainsi la cheville, tombant comme une vielle chaussette.
Ca y est, mon heure est venue. Je reste couchée à terre, immobile, avec une peur au ventre plus grande que jamais.
Je sens même les vibrations au sol dû à leurs pas nombreux se rapprochant, lançant des cris de guerre à en faire glacer le sang, même des plus courageux. Je perçus une vibration au sol beaucoup plus imposante, et entendis un hennissement de cheval. Les monstres crièrent de toutes leurs forces, puis des bruits de tranchant se suivirent. Il me semble même avoir reçue une goutte de sang dans mes cheveux …Bon … Ils ne m’ont toujours pas tuée ? Que se passe t-il ? Les bruits de galop se rapprochèrent, et le cheval s’arrêta apparemment au niveau de mes jambes. La personne descendit de son cheval, et je pus apercevoir ses pieds. Tétanisée par ce qu’il venait de se passer, j’eus beaucoup de mal à me décider de me relever. Sans compter que ma cheville me lance de terribles douleurs…
La personne me tendit sa main, pour m’inciter de m’aider à me relever.
- Non merci, c’est gentil mais ça va aller.
Je prend mon courage à deux mains, et réussie tant bien que mal à me remettre debout.
- C’est bien vous qui avez tués ces …
Je m’arrête aussitôt de parler en découvrant le visage de cette personne. Je ne pus m’empêcher de mettre une main devant ma bouche, en regardant ce jeune homme de mes yeux les plus ronds possible. Tunique verte, chapeau vert, cheveux blonds, yeux bleus comme la couleur de l’océan, visage d’ange … C’est Link en chair et en os ! Je n’en crois pas mes yeux … Je suis bel et bien dans la dimension du Monde Hyrule et compagnie ! Ca alors, ce monde existerait bien quelque part …
Link posa un regard interrogateur sur mes habits, n’ayant heureusement pas fait attention à mon grand étonnement.
- Ah … Oui, je suppose que chez vous cette mode n’est pas vue tous les jours … Je parie !
Il esquisse un petit sourire, avant de faire un léger signe de tête, voulant dire non. Un bruit de gargouillement de ventre brisa le petit moment de silence qui s’était suivit, me créant un sentiment de gène.
- Tiens, ça c’est le mien, haha !
Link me prend alors la main droite, nous dirigeant vers la direction d’un beau cheval couleur roux virant au rouge, je suis sûre qu’il s’agit là d’Epona, cette magnifique jument.
- Eeeh ! Mais ou m’emmènes tu … ?
Le mot « Link » failli sortir de ma bouche. Si je l’appelle par son prénom alors que l’on ne se connaît pas, je risquerai d’avoir quelques soupçons en ma faveur …
Il monte ainsi sur sa jument, et me fit signe de monter, moi aussi. Malgré la vive douleur à ma cheville, je réussie à monter, d’une façon peu gracieuse, mais tant pis.
- Yaah !
Moi qui m’amusais toujours à diriger ce bonhomme vert, voila que c’est à son tour de me diriger, et, je ne sais pas ou en plus …
On se retrouve ainsi vers la forêt par ou j’étais arrivée tout à l’heure, et, par mon plus grand malheur, je recroisa le regard de ce fameux monsieur armé jusqu’aux dents. Je perçus un mini sourire aux lèvres, avant qu’il me fasse un signe de la main. Je lui rends la pareille.
Au bout d’un moment, après cette petite promenade à cheval autour d’un décor verdoyant et paradisiaque, on arriva enfin à ce petit village que j’apprécie tant pour sa tranquillité et sa nature bien présente, le village Toal.
Link arrête son cheval, y descendis avant qu’un regroupement de petits enfants fasse son apparition, courant de manières excitées vers le jeune Hylien. Plutôt en pleine forme pour un instant de pleine nuit.
- Link ! Tu es enfin de retour ! Alors, tu as retrouvé la princesse Zelda ??
- C’est qui la fille sur Epona ?
- Pourquoi elle est habillée aussi bizarrement ? Elle me fait peur !
- Dis, tu m’as acheté l’arc que je voulais, hein, dis oui !
- Les enfants ! Du calme ! Ne parlez pas aussi fort, vous allez finir par réveiller le village entier !
Un homme assez âgé rejoignis la petite troupe d’enfants par derrière, ce qui en fit sursauter quelques uns. Je le reconnais en tant que chef du village. Ses yeux brillant dans le noir grâce à quelques torches allumées non loin s’arrêtèrent sur moi.
- Ah ! Nous avons une invitée, n’est ce pas ?
- Heu … Bon … Bonsoir !
- Dis moi, tu n’es pas d’ici je parie ! Tu viens de loin ?
Oups. La question qui tue. Celle dont je ne voulais surtout pas qu’on me pose. Raté.
- Eh bien … C'est-à-dire que …
- Allons, prends tout ton aise, descends donc du cheval.
- Vous avez raison.
Tout en descendant du dos d’Epona, je réfléchis à ce que je pourrais bien leur dire, sans qu’ils me prennent trop pour une folle … J’eus l’idée de prolonger ce moment de réflexion en caressant lentement la crinière de la douce jument. En vain.
- Viens te mettre au chaud, ce sera bien plus agréable pour discuter.
En guise de remerciement, Epona venu frotter sa tête contre la mienne. J’eus une envie soudaine de rester auprès d’elle sous cette nuit fraîche, plutôt que de suivre tout ce groupe en direction du commissariat de police, ensevelie sous une tonne de questions.