Le passé de TK

Chapitre 2 : L’ombre sur le seuil

Par mademoisellelylie

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La maison baignait dans une lumière tranquille. Le silence avait une douceur rare : Jonah était à l’école, Carlos en service. TK savourait son jour de congé. Jogging, t-shirt trop grand, cheveux encore humides, il remuait distraitement une sauce sur le feu, une playlist acoustique en arrière-fond. Au sol, une boîte de jouets débordait : petites voitures, figurines, morceaux de Lego qu’il s’apprêtait à ranger.

Tout semblait paisible… jusqu’à ce qu’on cogne à la porte.

TK s’essuya les mains sur un torchon, sans se presser. Mais lorsqu’il ouvrit, son souffle se bloqua.

— Evan…

Il était là, sur le seuil, un sourire en coin.

— Tyler. Salut. T’as l’air en forme.

Le corps de TK se crispa, une main se refermant sur la poignée comme sur une arme.

— Qu’est-ce que tu fais ici ?

— Je passais dans le coin. J’me suis dit que t’avais peut-être regretté l’autre jour… Tu m’as paru si brusque.

Chaque fibre de TK lui hurlait de refermer la porte.

— Tu te trompes. J’ai rien à dire. Et je veux pas que tu viennes ici.

Le sourire d’Evan se tendit, mais sa voix resta faussement légère.

— Juste discuter. C’est tout. Et puis… ça sent bon, tu faisais la cuisine, non ?

Sans attendre, il avança d’un pas. TK recula aussitôt.

— Evan, je t’ai dit de partir.

— Allons… tu vas pas me laisser dehors. Ce serait pas toi.

Un frisson glacé parcourut TK. Il tenta de garder contenance :

— Je suis pas seul, menti-t-il.

— Oh ? Carlos est là ? fit Evan, le regard tout à coup plus perçant. Il balaya l’intérieur du regard comme un prédateur flairant une proie. Il n’a pas l’air là, pourtant…

— Il revient dans deux minutes. Il est juste allé faire une course, répondit TK, en reculant d’un pas pour créer de la distance.

Evan resta un moment figé, puis avança d’un pas fluide, comme s’il entrait chez un vieil ami. TK se sentit acculé. Il déglutit.

Profitant que l’attention d’Evan soit un instant attirée par les jouets de Jonah au sol, TK glissa discrètement la main dans sa poche arrière, sortit son téléphone. Il appuya rapidement sur le contact de Carlos.

Puis, avec un calme feint, il posa le téléphone face contre le comptoir, à côté du poêle, laissant la ligne ouverte.

Evan s’avança encore, maintenant à l’intérieur du salon.

Carlos (voix étouffée, venant du téléphone posé) :

— TK ? Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu m’appelles et tu dis rien ?

TK éleva soudain la voix, avec une force qui le surprit lui-même, espérant que Carlos comprendrait.

— Je t’ai demandé de sortir ! hurla-t-il à Evan. C’est ma maison. C’est terminé entre nous. Tu m’entends ?

Evan s’arrêta net. Son regard s’assombrit. Un silence lourd s’installa.

Carlos (plus fort, inquiet) :

— TK, il est avec toi ? Est-ce qu’il est là maintenant ?

Les yeux d’Evan glissèrent vers le comptoir. Il aperçut le téléphone posé là.

— T’as pas fait ça… Hein ? marmonna-t-il en avançant lentement, menaçant, vers l’appareil. Tu m’as dénoncé ? T’as appelé ton cher mari?

TK resta figé, mais ses yeux étaient clairs, pleins de défi. Il ne reculerait pas.

— Sors de chez moi, Evan.

Evan serra les dents, la mâchoire tendue. Il semblait hésiter entre éclater ou fuir. Une veine battait à sa tempe. Il pointa le téléphone du menton.

— Tu crois qu’il va te protéger ? Que t’as besoin de lui pour m’affronter ?

TK planta ses yeux dans les siens, tremblant, mais droit.

Carlos (dans le téléphone, maintenant alarmé) :

— Je suis en route, TK. J’arrive.

Evan recula d’un pas, puis un autre. Son regard tournait déjà vers la porte, comme un animal flairant le piège qui se referme.

Il saisit le sac de TK resté au sol dans l’entré, le lança avec rage contre la porte, faisant sursauter TK. Puis il ouvrit violemment, sans un mot, et sortit, la porte claquant derrière lui.

Le silence revint.

Lourd. Chargé. Froid.

TK resta là, les deux mains crispées contre le bord du comptoir, ses jambes fléchies sous le choc.

Il reprit enfin le téléphone, le porta lentement à son oreille.

— Il est parti, souffla-t-il. Carlos… je vais bien….

Le silence pesait dans la maison. TK, toujours appuyé contre le comptoir, sentit son cœur se serrer à l’idée de voir Carlos.

Il patienta, sans bouger. Puis au bout de ce qui lui paru une éternité, la porte s’ouvrit brusquement. Carlos entra, l’air inquiet, les yeux cherchant aussitôt TK.

— Mon amour ! Tout va bien ? demanda-t-il en s’approchant rapidement.

Sans répondre, TK se jeta dans ses bras, cherchant le réconfort dans la chaleur familière.

— J’ai eu tellement peur, murmura TK contre son épaule.

Carlos serra doucement TK contre lui.

— Je suis là, c’est fini.

Après un moment, TK se détacha doucement.

— Merci d’être venu si vite.

Carlos lui prit la main.

— Mon cœur… tu dois déposer une plainte, faire en sorte que ce type comprenne qu’il n’a plus aucune emprise sur toi.

TK hocha la tête, le visage marqué par la fatigue et l’angoisse, mais aussi par une détermination nouvelle.

Quelques minutes plus tard, ils étaient dans la voiture. Carlos conduisait calmement, jetant des regards rassurants vers TK, qui fixait la route sans vraiment la voir.

Au poste, ils furent accueillis avec bienveillance. Un agent prit leur déposition. TK raconta l’intrusion d’Evan, ses menaces, la peur qui l’avait submergé. Carlos resta près de lui, tenant sa main, un pilier silencieux.

La procédure fut longue, mais TK se sentit soulagé d’avoir parlé, d’avoir mis des mots sur l’angoisse, entouré de ceux qui voulaient l’aider.

Les jours et les semaines passèrent. TK espérait que tout cela soit enfin derrière lui. Mais, les policiers n’avaient pas encore intercepté Evan et tout portait à croire qu’il n’était pas retourné à New-York. 





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