La porte de l’appartement se referma doucement derrière eux, laissant derrière elle l’écho des sirènes et des bois silencieux. Carlos déposa les clés sur le comptoir et se tourna vers TK, qui tenait Jonah dans ses bras, encore tremblant mais soulagé.
— On est à la maison, mon cœur, murmura TK en enfouissant son visage dans les cheveux de son fils. C’est fini maintenant. On est en sécurité.
Jonah hocha la tête, mais son petit visage portait encore les traces de la peur. Ses yeux cherchaient des réponses, des explications qu’il ne savait pas encore formuler.
— Pourquoi il était méchant, le monsieur ? demanda Jonah d’une petite voix, presque un souffle.
TK prit une profonde inspiration. Il savait que ce moment viendrait, qu’il faudrait parler sans effrayer davantage son fils, lui transmettre la vérité à sa hauteur.
— Tu sais, mon cœur, parfois y’a des gens qui ont besoin d’aide, dit-il doucement, en s’asseyant sur le canapé et en posant Jonah sur ses genoux. Mais ce monsieur… il n’a pas demandé de l’aide. Il était tellement perdu qu’il a voulu faire du mal pour se sentir mieux.
Jonah se serra un peu plus contre lui, les sourcils froncés, essayant de comprendre.
— Il va revenir ? murmura-t-il, les yeux ronds et brillants d’inquiétude.
Carlos s’agenouilla devant eux, posant sa main sur celle de Jonah, le regard ferme mais doux.
— Non, mon trésor. La police s’en occupe. Tu n’as rien à craindre. Et tu sais quoi ? Maintenant, c’est toi qui vas m’aider à prendre soin de Papa TK.
— Moi ? demanda Jonah, les yeux grands ouverts, incrédule mais intrigué.
— Oui, toi, mi amor, répondit Carlos avec un sourire malicieux. Papa TK est très fatigué et a besoin d’un petit docteur très sérieux.
Le torse de Jonah se gonfla, ses yeux brillants de fierté.
— Je peux faire quoi ? demanda-t-il, la voix tremblante d’excitation.
Carlos fit semblant de réfléchir très sérieusement, comme un professeur examinant un élève appliqué.
— D’abord, vérifier s’il a besoin d’un câlin, ensuite lui apporter sa couverture préférée, et surtout… lui interdire de se lever pour faire quoi que ce soit. Compris ?
— D’accord ! déclara Jonah d’un ton solennel, en se levant d’un bond.
Il courut chercher la couverture de TK, la posa avec soin sur les genoux de son père, puis grimpa à côté de lui, le visage grave, très concentré sur sa mission.
— Est-ce que t’as mal quelque part ? demanda-t-il, presque comme un vrai médecin.
— Juste un peu, murmura TK en plongeant ses yeux dans ceux de son fils. Mais ça va déjà mieux maintenant que t’es là.
TK referma ses bras autour de Jonah, retenant de justesse les larmes qui menaçaient de couler. Il sentit le cœur de son fils battre contre le sien, chaud, régulier, vivant. Tout le reste du monde semblait s’être effacé.
Jonah leva la tête, ses yeux humides mais brillants.
— Tu sais papa… je savais que t’allais revenir… je savais…
TK serra son fils un peu plus fort, fermant les yeux, respirant l’odeur familière de son cou, le son rassurant de sa respiration.
Carlos les observait en silence, un sourire tendre aux lèvres, sentant l’amour qui se déversait dans cette petite pièce, calme et protectrice.
— Vous êtes beaux, tous les deux, souffla-t-il, la voix chargée d’émotion.
Et pour la première fois depuis des heures, TK sentit que l’angoisse pouvait enfin se relâcher. Les bras de son fils autour de lui, la présence de Carlos, la chaleur d’un foyer retrouvé… tout cela suffisait à lui rappeler que, malgré les ténèbres, l’amour et la famille restent la plus grande protection.