11 octobre, 21h37
Cabinet d'avocats Wright & Co.
— Huff-huff...
— Huff...
Le silence de la pièce n’était brisé que par leurs respirations irrégulières. À moitié nus, ils étaient assis l’un en face de l’autre. Phoenix et Miles reprenaient leur souffle, encore étourdis par ce qui venait de se passer sur le sol qui avait servi de lit pour leurs ébats amoureux. La lune filtrait doucement à travers les rideaux tirés vers le bas, dessinant des ombres sur le bureau et le sol. Précaution qu'avait prise Miles Edgeworth avant de passer à l'acte, afin de ne pas être vus par quelqu'un. Assis contre son bureau, Phoenix avait sa chemise ouverte et sa cravate rose défaite. Son torse sculpté perlait de sueur et le jaillissement de plaisir de Miles était étendu sur ce dernier. La substance blanche et visqueuse coulait sur les abdominaux de l'avocat de la défense. Plus bas encore, son pénis, dont l'érection diminuait suite à l'éjaculation, était recouvert de la salive du procureur. Miles, ayant repris son souffle, se lècha le coin des lèvres pour avaler ce que Phoenix lui avait laissé au visage. D'une main, il essuya le sperme de sur ses joues pour ne pas qu'il sèche et de l'autre il la passa sur son front pour retirer la sueur.
Phoenix leva les yeux vers Miles. Ce dernier, un peu en retrait mais proche, était décidé à rompre le silence.
— Wright... murmura Miles, la voix presque étranglée.
Miles se rapprocha. Lui aussi avait sa chemise ouverte mais sa veste rouge était tombée quelque part au sol avec son jabot. Les deux avaient leur pantalon encore, seulement le vêtement était ouvert pour exposer leur sexe à chacun. Miles aggripa la cravate de Phoenix et le tira vers lui. Surpris, ce dernier rapprocha sa tête de son nouvel amant qui le regardait profondément dans les yeux. D'une voix sèche et imposante, il lui dit :
— Si tu parles de ça à qui que ce soit, je te le ferai payer par la viciocité d'un Von Karma. Est-ce clair ?
Sans mots, Phoenix écarquilla les yeux. Il y a quelques minutes à peine, son interlocuteur lui faisait plaisir avec sa bouche jusqu'à éjaculation. Maintenant, il le menaçait. Pour détendre l'atmosphère devenue soudainement lourde, Phoenix fit apparaître un sourire en coin avant de lui répondre :
— Tu n'es pas un Von Karma, Edgeworth.
Il fronça les sourcils et tira encore plus la cravate pour le soumettre. Phoenix mit ses mains à son cou pour ne pas mourir par asphyxie. Le procureur le lâcha après un bref moment et Phoenix se mit à tousser.
— J'ai été élevé par un. Du moins, une partie de ma vie.
— Je blaguais, Edgeworth, dit-il en se grattant derrière la tête.
Miles l'observa un instant. Son sourire niais et innoncent lui réchauffait le coeur. Il tourna sa tête pour cacher le sien mais l'avocat l'avait remarqué. Il avait bien vu ses lèvres s'étirer légèrement sur son visage. Il se leva et ferma son pantalon bleu. Miles leva son regard vers lui. Il voyait son torse luisant de son propre liquide. Phoenix lui tendit la main et il la prit pour se relever. Il ferma aussi son pantalon et l'avocat aux cheveux en pointes déposa sa main gauche dans le bas du dos de son rival qui sursauta au contact.
— Wright... il tourna le regard.
— Il est trop tard, Edgeworth… répondit Phoenix calmement. On ne peut plus le nier.
Leurs regards se croisèrent, chargés de tout ce qu’ils avaient toujours tu : rivalité, admiration, et maintenant quelque chose de plus. Phoenix approcha sa main libre et effleura doucement la joue brûlante de son rival, tout en déplaçant l'une des mèches de cheveux grises pour mieux voir son visage. Miles détourna légèrement le regard, les doigts serrant ses bras qu'il venait de croiser, comme pour retenir ce qu’il ressentait. Cette tension palpable. Silence. Miles gardait le silence. Phoenix voyait bien qu'il était perturbé par ce qu'il venait de se passer et il le comprenait. C'était tout de même une révélation langoureuse et choquante à la fois pour les deux. D'un coup, le procureur retira délicatement la main que Phoenix avait déposée sur sa joue. Il recula légèrement pour que l'autre main ne soit plus en contact avec son corps. Le regard vers le bas, il lui dit :
— Demain… dit-il enfin. Demain, on prouvera que Maya est innocente, et… tout redeviendra normal. Nos vies reprendront leur cours normal.
— Normal… répéta Phoenix avec une pointe de déception dans sa voix.
Phoenix garda son sérieux avec les sourcils froncés. Miles attacha les boutons de sa chemise et se retourna vers le bureau où travaillait d'habitude Phoenix. Un petit cadeau d'un emballage à l'effigie du Samourai Rouge y était déposé. Un personnage d'une série bien fétiche aux deux hommes.
— J'étais venu simplement te porter ce cadeau, fit remarquer Miles, mais les choses ont dérapées.
Il baissa le regard de nouveau et recroisa les bras en les serrant avec ses mains.
— On n'est pas obligés de rester dans déni éternellement ! lui cria Phoenix.
L'homme leva son regard, surpris du ton de voix de son amant qui ne s'énervait jamais.
— Miles, je-
— Ne dis rien ! lui coupa-t-il la parole. Ne... dis pas ce que tu allais dire...
Phoenix se tut à sa demande.
— Ce n'est pas réciproque, dit-il sèchement.
Phoenix n'était pas dupe. Il avait toutes les preuves qui démontraient que cette attirance et ce désir n'étaient pas que physique. Malgré cela, cette phrase directe lui faisait quand même mal à la poitrine. D'un air confiant, il s'avança vers Miles avec un sourire.
— Je vais attendre… murmura-t-il, sûr de lui.
Phoenix prit la main gauche de Miles et la monta au niveau de ses lèvres. Il y déposa un baiser doux, réconfortant. Un baiser qui fit s'énerver les papillons coincés dans une cage dans le ventre de Miles. Ils n'attendaient qu'une chose : qu'on leur ouvre la porte pour s'envoler. Miles retint ses larmes en laissant échapper un petit rire nerveux. Il secoua la tête, il connaissait bien Phoenix après toutes ces années. Il savait bien comment il était têtu.
Les émotions étaient encore là, mais pour la première fois depuis longtemps, ils pouvaient juste se regarder et accepter ce lien qu’ils ne pouvaient plus nier. Lentement et doucement.
— Wright... Bon anniversaire.