12 octobre, 21h30
Cabinet d'avocats Wright & Co.
— Merci et bonne soirée ! s'exclama Maya en prenant les boîtes de pizza.
La jeune femme, tout juste libérée, s’approcha de son ami, dont le visage se décomposait sous ses yeux.
— Tiens, Nick. Ton porte-feuille.
— M-Merci, Maya...
Blême, il remit lentement son maigre portefeuille dans la poche de son pantalon. Il était maintenant plus pauvre de plusieurs billets, mais le sourire radieux qui illuminait le visage de son amie n’avait pas de prix. Maya s’empressa de déposer les nombreuses boîtes sur la table. Affamés, les autres ne tardèrent pas à se jeter sur les pointes de pizza. Phoenix, lui, l’attrapa par la manche et lui chuchota à l’oreille :
— Maya, tu étais obligée de commander autant de pizzas ? Nous ne sommes pas trente, quand même !
— Hein ? elle cligna des yeux. Nick, je vais ramener les restes chez moi pour les prochains jours !
— Ah... son visage se décomposa une nouvelle fois, je comprends... J’ignorais que je devais te nourrir pour la semaine entière.
Elle éclata de rire en haussant les épaules avant de retourner vers ce qui l’intéressait le plus : la pizza.
Phoenix soupira. Il était soulagé que toute cette histoire soit enfin derrière eux, mais voir autant de monde entassé dans son petit cabinet le rendait nerveux. Il n’y avait déjà pas beaucoup de place en temps normal ; avec tous ses invités, chacun se retrouvait pratiquement collé à son voisin. Et il pouvait déjà prévoir la quantité de nettoyage qui l’attendrait le lendemain. Il connaissait suffisamment ses invités pour savoir qu’ils ne se gêneraient pas pour laisser traîner leurs affaires partout.
— Yo, Nick ! s’écria soudain la voix de son vieil ami.
— Larry !
Phoenix sursauta lorsqu’une canette de bière apparut dans sa main.
— Il faut fêter ça, mon pote ! Tu as encore sauvé Maya !
— Avoue plutôt que tu es ici pour profiter de la nourriture et des boissons gratuites.
Nonchalamment, l’avocat ouvrit sa canette dans un pschitt sonore avant de la porter à ses lèvres. Rien de mieux pour décompresser après tout ce stress. Larry l’imita en lui adressant un clin d’œil.
— Tu me connais si mal, mon ami ! déclara-t-il d’un air faussement offusqué. Je suis ici pour la nourriture, les boissons ET les filles ! il éclata de rire à sa propre blague, tandis que Phoenix soupirait de désespoir.
— Bonne chance. Il y a Maya, dont je ne te laisserai jamais t’approcher, Pearls, qui n’est qu’une enfant, et Franziska, qui risque de te faire subir des violences conjugales. Alors, tu choisis quoi ?
Larry rit jaune.
— T-Tout compte fait, je crois que je vais simplement profiter de la pizza et de la bière.
Il vida sa canette d’un trait, puis l’écrasa au sol sous son pied.
— Shotgun, woohoo !
— D-Du calme, Larry ! Mon plancher n’est pas une poubelle !
Phoenix leva les yeux au ciel avant de se pencher pour ramasser le déchet.
— Tu dois vraiment apprendre à décompresser, il passa un bras par-dessus l’épaule de Phoenix. Profite de cette soirée. On célèbre la libération de Maya. Et puis, Edgey est présent ! il le pointa du doigt avec un sourire. Ça fait un bail que je ne l’ai pas vu. Je vais le saluer.
Aussitôt arrivé, aussitôt reparti. Larry se dirigea vers Miles, qui soupira à la vue de son ami d’enfance. Visiblement, il aurait préféré passer son temps avec d’autres personnes. Phoenix rit en observant la scène, amusé par la situation.
— Tu ris tout seul, Phoenix Wright ?
La voix tranchante de Franziska le tira de ses pensées.
— Mmm ? Oh. Je me moque simplement un peu d’Edgeworth, qui est maintenant aux prises avec Larry, il pointa l'homme.
Ils échangèrent un sourire complice en voyant Miles se faire accaparer par l’invité particulièrement bruyant. Phoenix profita de l’occasion pour remercier Franziska pour son intervention au tribunal.
— Merci encore pour ce que tu as fait, Franziska, lui dit-il avec sincérité.
Un sourire fier se dessina au coin de ses lèvres.
— Je n’ai fait que chercher la vérité, Phoenix Wright.
— Tout de même, je te remercie. Je n’avais aucun doute sur le fait qu’on finirait par prouver l’innocence de Maya, mais tu nous as tendu une perche qui nous a été très utile.
Les yeux de la jeune procureure glissèrent vers la silhouette de son frère. Les traits de son visage s’adoucirent en le regardant. Phoenix suivit son regard. En observant l'homme en rouge, il sentit des papillons s'énerver dans son estomac. Franziska l’observa du coin de l’œil et reconnut immédiatement cette expression. Il était amoureux et elle n'avait aucun doute. Elle posa une main sur sa hanche en lui adressant de nouveau la parole.
— Maintenant, qu’allez-vous faire ?
— T-Tu veux dire… ? demanda-t-il un peu trop rapidement.
Elle leva les yeux au ciel devant sa tentative désespérée de rester discret.
— Miles repart bientôt pour l’Europe.
Phoenix se mordit l’intérieur de la joue. Un pincement vif lui serra le cœur en entendant la nouvelle. Ils se regardèrent un instant sans rien dire. Franziska finit par rompre le silence.
— Fais ce que tu veux de cette information, elle haussa les épaules avant de tourner les talons pour rejoindre un autre groupe.
Maintenant seul avec ses pensées, Phoenix réfléchissait à sa relation avec Miles. Il allait partir et le quitter, une nouvelle fois. Redevenir ce fantôme qui ne donnait que trop peu signe de vie. Depuis ce qui s’était passé, cette prise de conscience le frappait de plein fouet. La boule dans son ventre ne cessait de grossir. Il ne voulait pas être séparé de lui. Il se sentait égoïste de penser comme cela, mais il l'aimait.
— Tenez, Mr. Nick, dit une petite voix timide.
Phoenix baissa les yeux vers Pearl, qui lui tendait une part de pizza dans une assiette en carton. Il venait pourtant de perdre tout appétit, avec ce que Franziska venait de lui annoncer. Mais, ne voulant pas inquiéter la jeune fille, il prit tout de même la nourriture. Il se retrouvait maintenant avec une bière dans une main et une pizza dans l’autre.
— Merci, Pearls, lui dit-il tendrement.
Elle porta aussitôt ses mains à son visage, les joues rougissantes, avant de courir rejoindre sa cousine. Et le voilà de nouveau seul avec ses pensées… et une pizza dont il n’avait absolument pas envie. Malgré la présence de toutes ces personnes venues célébrer la libération de Maya, Phoenix ne s’était jamais senti aussi seul. Il n’avait personne à qui parler de ce qu’il ressentait. Il n’y avait que Miles avec qui il pouvait parler de ce qui le tracassait. Pourtant, parce qu’il voulait respecter son espace et son rythme, il n’osait pas s’approcher de lui pour aborder le sujet de leur relation. Son regard se posa sur sa canette de bière, à peine entamée.
Peut-être que l’alcool lui ferait du bien.
13 octobre, 1h38
Cabinet d'avocats Wright & Co.
— Et c’est une victoire pour le Grand Larry ! s’exclama l’homme complètement saoul après avoir envoyé une balle de ping-pong dans le verre rouge de l’équipe adverse.
— Mes années à l'université ont payé, pour ce soir ! célébra Phoenix en tapant dans la main de Larry.
Maya se prit la tête entre les mains avant de se tourner vers son partenaire de jeu, dont le visage s’était décomposé. Miles et Maya venaient de perdre dix à deux contre l’équipe de Larry et Phoenix.
— Mr. Edgeworth, je ne suis pas en âge légal de boire. Vous devez donc prendre le dernier verre, lui annonça-t-elle avec un sourire désolé.
— E-Encore ?!
Il sentit sa tête tourner et son estomac se nouer. Ses yeux cherchèrent désespérément le détective Gumshoe, dans l’espoir qu’il puisse venir à son secours comme il l’avait fait pour les trois verres précédents. Mais ce dernier était occupé à chanter à tue-tête au karaoké avec Maggey Byrde, que Maya avait invitée pour l’occasion. Sur le divan, la jeune Pearl dormait profondément, parfaitement indifférente aux fausses notes du détective et au vacarme qui régnait dans le cabinet.
Le verre rouge apparut sous son nez. Maya le tenait fermement, l’observant avec insistance jusqu’à ce qu’il se décide à boire. Rien que l’odeur lui souleva le cœur. Il avait déjà beaucoup trop bu. Bien plus qu’il n’en avait l’habitude. À vrai dire, il s’étonnait encore d’être capable de tenir debout. Il se maudit intérieurement d’avoir accepté de participer à ce jeu stupide. Il avait sérieusement surestimé ses capacités à lancer une simple petite balle blanche dans de grands verres rouges. Et maintenant, il allait devoir en payer les conséquences.
— Allez, Edgey ! se plaignit Larry. On n’a pas toute la nuit !
Dégoûté par la simple odeur de l’alcool et sentant un reflux lui remonter dans la gorge, Miles porta aussitôt une main à sa bouche avant de se diriger précipitamment vers la porte du cabinet.
— E-Excusez-moi… Je dois prendre l’air.
D’un pas rapide, il franchit la porte. Maya, Phoenix et Larry échangèrent un regard. La jeune femme bâilla longuement avant de hausser les épaules.
— Bon, je crois qu’il est temps de mettre fin à la fête, de toute façon, dit-elle. Je suis plutôt fatiguée, et Pearl et moi devons prendre le premier train pour rentrer au village.
Inquiet pour Miles, Phoenix ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil vers la porte, avant de reporter son regard vers Maya. Après une brève hésitation, il fouilla dans ses poches et en sortit son trousseau de clés. Il en détacha une et la tendit à son amie.
— Tu peux dormir ici avec Pearls, sans problème. Tu laisseras la clé dans la boîte aux lettres.
Maya comprit aussitôt le message derrière ses paroles et acquiesça. Phoenix, légèrement déséquilibré, quitta à son tour la pièce. Il descendit l’escalier avec précaution, prenant garde à ne pas trébucher. Lorsqu’il poussa enfin la porte de sortie, l’air frais de la nuit lui emplit les poumons et lui fit du bien. Il aperçut alors Miles, appuyé contre un lampadaire, les bras croisés contre sa poitrine pour tenter de conserver le peu de chaleur qui lui restait. Phoenix s’approcha de lui et retira sa veste bleue. Il la lui tendit. Miles baissa les yeux vers le vêtement avant de relever le regard vers son ami.
— Tu sembles avoir froid. Prends-la, moi, je meurs de chaud ! lui dit Phoenix avec son sourire lumineux.
Miles secoua doucement la tête et leva une main pour refuser.
— Ça va aller, merci.
Devant son refus, Phoenix haussa les épaules avant de s’approcher davantage du procureur. Si près que leurs épaules finirent par se toucher. Miles tourna vivement la tête vers la fenêtre du cabinet, soudain inquiet à l’idée qu’on puisse les épier. Il fut également surpris par la chaleur qui émanait du corps de Phoenix. Il ne mentait pas lorsqu’il disait mourir de chaud.
— Ça fait du bien, un peu de calme.
— J’ai mal au cœur… souffla Miles.
— Tu as beaucoup bu, articula Phoenix.
— Et toi aussi, Miles désigna d’un geste vague la cravate enroulée autour du crâne de son ami.
Phoenix leva les yeux vers son couvre-chef improvisé et laissa échapper un petit rire. Il inspira ensuite profondément, les joues rougies par l’alcool et les yeux vitreux.
— Ça fait du bien, de l’air frais.
Miles reporta son regard droit devant lui, ne sachant pas quoi répondre. Ils n’avaient toujours pas parlé de leur… situation. Phoenix, lui, en profita pour se rapprocher encore un peu, pressant davantage son corps contre le sien. Le procureur jeta de nouveau un coup d’œil à la fenêtre, mais personne ne s’y trouvait.
— Tu pars quand ? demanda Phoenix d’une voix faible.
Miles se figea, autant à cause de la question que de cette proximité soudaine. Il déglutit, les lèvres pincées en une fine ligne. Phoenix attendit patiemment sa réponse, puis pencha légèrement la tête pour chercher son regard.
— J’ai... commença Miles en rassemblant son courage. J’ai acheté mon billet d’avion.
Un pincement douloureux serra le cœur de Phoenix.
— Oh… il marqua une pause, tentant de dissimuler sa déception. Donc… tu pars quand ? demanda-t-il à nouveau.
Miles croisa son regard. La tristesse qui s’y lisait faisait écho à la sienne.
— Le quatorze octobre. Le matin.
Phoenix hocha lentement la tête, visiblement affecté par la nouvelle. Il partirait plus tôt qu’il ne l’avait imaginé. Dans un geste presque désespéré, il attrapa la main de Miles qui se cachait dans ses bras croisés. Le procureur se figea au contact de cette main brûlante contre la sienne.
— J’aimerais qu’on en discute, murmura Phoenix.
Une teinte rosée gagna les joues de Miles, contrastant avec sa peau pâle. Ses doigts tremblèrent légèrement avant de se refermer autour de ceux de Phoenix. Un sentiment de soulagement enveloppa aussitôt ce dernier.
— Je vais appeler un taxi, dit l’homme en bleu.
13 octobre, 2h23
Résidence Wright
Deux silhouettes avançaient côte à côte, chancelantes et légèrement désorientées. L’appartement était plongé dans l’obscurité, mais la pleine lune, haute dans le ciel, laissait entrer sa lumière pâle par la fenêtre de la chambre à coucher. Elle dessinait des formes sur les murs et faisait briller faiblement le bois du plancher. Le petit rire maladroit de Phoenix résonnait doucement, se mêlant au bruit irrégulier de leurs pas.
Accroché à son épaule gauche, Miles tentait de marcher droit, la tête penchée vers le sol pour garder l’équilibre. Les deux hommes, encore ivres de leur soirée, cherchaient tant bien que mal un endroit où s’effondrer. Les tibias de Miles heurtèrent soudainement la base du lit et il perdit l’équilibre, s’écrasant sur le ventre contre le matelas. Phoenix le suivit de près, retenant son corps avec ses mains, les bras tendus de chaque côté du lit pour ne pas tomber à son tour.
Il éclata de rire en voyant le procureur se retourner lentement, encore étourdi par l’alcool, avant de se hisser un peu plus haut sur le lit. L’avocat s’approcha à quatre pattes, le rejoignant sans cesser de sourire. Miles laissa échapper un soupir de soulagement. Monter l’escalier menant à l’appartement de son hôte avait déjà été une épreuve en soi, alors pouvoir se coucher lui faisait du bien.
Après un court instant, il ouvrit lentement ses yeux en amande. Au-dessus de lui, Phoenix le regardait avec une tendresse presque troublante. Miles resta figé, observant les traits de son visage. Il n’avait pas souvent l’occasion de le voir d’aussi près. Ses pensées se mirent à dériver tandis qu’il le détaillait en silence.
Il remarqua les pommettes rougies de Phoenix, sans savoir si c’était la gêne ou simplement un effet de l’alcool consommé durant la soirée. Ses cheveux sombres étaient en bataille, quelques mèches courtes tombant sur son front. Ses grands yeux étaient posés sur lui avec insistance, mais Miles était incapable d’en distinguer la couleur exacte : gris, noir, bleu foncé ? La lumière était trop faible pour le dire.
Phoenix, toujours penché au-dessus de lui, s’empara de la main gauche du procureur et la leva doucement au-dessus de sa tête. Il glissa ses doigts derrière ceux de Miles, son pouce venant se poser dans le creux de sa paume avant de la caresser lentement. Ce simple geste, ce massage de main, lui procura un bien fou, et un nouveau soupir de soulagement s’échappa de sa poitrine. Lorsqu’il expira plus fort, son haleine chargée d’alcool atteignit les narines de Phoenix, qui laissa échapper un léger rire.
— Tu y es allé un peu fort, ce soir, pas vrai ? demanda-t-il doucement.
Miles le regarda en silence, puis un sourire tendre se dessina sur ses lèvres.
— Ce n’est clairement pas dans mes habitudes, marqua-t-il une pause. Mais… c’était une bonne occasion de fêter. N’est-ce pas, Wright ?
L’avocat sourit de nouveau et approcha son visage du sien. Surpris, Miles écarquilla légèrement les yeux et se crispa malgré lui. Phoenix s’arrêta à quelques centimètres de ses lèvres, assez près pour que Miles sente sa chaleur et son haleine d'alcool.
— S’il te plaît, Miles, chuchota-t-il. Appelle-moi Phoenix.
Le procureur avala sa salive et, sans préavis, l’avocat plongea son visage dans le creux de son cou. Sa respiration le chatouilla et, par réflexe, Miles serra ses deux mains, dont celle que Phoenix tenait déjà. Il prit ce geste comme une invitation et, d’un mouvement sûr, l’avocat glissa ses doigts entre les siens, refermant fermement sa main dans la sienne. Il mit sa bouche à la base de son cou dénudé dont la cravate blanche était lousse. Il se mit à faire une forte succion à cet endroit. Inquiet par ce qui était entrain de se passer, Miles s'alarma.
— Wr-Wright, qu’est-ce que tu… Ngh !
Phoenix retira brusquement sa bouche de son cou, et un fin filament de salive relia un instant ses lèvres à la peau désormais marquée d’un cercle rougeâtre. Il rompit ce lien d’un geste lent, passant sa langue sur sa lèvre inférieure, puis plongea son regard dans celui de Miles, encore troublé.
— Ne t’en fais pas, Miles. Ta cravate cachera cette marque, de toute façon.
— Pourquoi as-tu fait ça ? demanda-t-il, la voix légèrement tendue, presque irritée.
— Je voulais… te laisser un souvenir.
Ses yeux s’assombrirent et il baissa le regard. Miles comprit aussitôt ce qu’il voulait dire. Après tout, il l’avait prévenu qu'il repartirait bientôt en Europe pour approfondir ses connaissances concernant les lois et la façon de procéder à l'étranger. (Un souvenir…) pensa Miles, le cœur serré.
Un silence lourd s’installa, alors que la lumière lunaire se glissait lentement sur les draps. Finalement, le procureur retira doucement sa main de l’emprise de Phoenix et la porta à sa chemise, défaisant machinalement un bouton. Intrigué, l’avocat au costume azur observa chacun de ses gestes, son regard ne quittant pas Miles une seule seconde. Lentement, celui aux mèches argentées déboutonna sa chemise à moitié et entrouva cette dernière. Les joues rouges, gêné mais aussi excité par la situation, il invita d'un regard timide Phoenix à continuer ce qu'il faisait.
— Wright— Je veux dire... Phoenix. Laisse-moi d'autres souvenirs... Partout sur mon corps...
Le défenseur écarquilla les yeux. Une grande excitation monta en lui. Il avait cette sensation de feu dans son ventre. Sa chaleur corporelle ayant augmentée d'un coup, il commença à avoir chaud et à transpirer tranquillement. Sa respiration se fit de plus en plus rapide car lui aussi était nerveux. Son pouls cardiaque s'accéléra d'un coup et il ressentait chaque battement qui faisait trembler son être.
Il rapprocha son corps du sien. Sa jambe droite étant entre les siennes. En se rapprochant, sa cuisse fit un contact à son entrejambe. Miles se crispa légèrement à cette sensation et Phoenix réalisa vite que ce qu'il venait de toucher accidentellement était la preuve de l'excitation et du désir de son amant. Heureux de cette constatation, il jeta sa bouche au centre de sa clavicule et glissa l'une de ses mains libres dans sa chemise pour mieux toucher son corps. À ces contacts, Miles gémit de plaisir et empoigna fermement la chevelure de Phoenix.
Phoenix continue son chemin en traçant le corps de Miles avec sa langue. D'une main, il jouait avec l'un des mamelons de l'homme sous lui et son autre naviguait chaque muscle qui se crispait aux moindres contacts. La respiration de Miles s'accéléra et il donna des coups de bassin impatients à Phoenix qui comprit le message. Il remonta son visage au même niveau que le sien, leurs lèvres séparées par quelques centimètres à peine.
— Tu as bu beaucoup... lui fit remarquer Phoenix. Es-tu sûr que c'est ce que tu veux.
En guise de réponse, Miles attrapa Phoenix par la nuque et força sa bouche contre la sienne. Sans hésiter, Phoenix retira ses couches de vêtements sans jamais quitter la bouche de Miles. Leurs langues s'engagèrent dans un tango torride, marqué par le goût de la bière et du vin rouge. Impatient, Miles s'attaqua au pantalon de Phoenix, salivant à l'idée de le goûter de nouveau. Rapidement, les vêtements tombèrent et les mains continuèrent la découverte du corps d'autrui. Assis sur Miles, Phoenix l'aida à libérer son sexe du dernier obstacle. Miles le toucha aussitôt, arrachant un cri de plaisir à Phoenix. Sa main se mouilla du liquide pré-éjaculatoire.
— P-Phoenix... murmura-t-il, je te veux.
Il le renversa vers l'arrière et déposa ses lèvres sur son gland, prêt à le prendre dans sa bouche.
— Fuck, Miles ! s'excita Phoenix. Te voir affamé comme ça m'excite trop !
Miles passa sa langue le long de la verge en alternant entre la base et le gland. Phoenix se mordit la lèvre inférieure. Miles finit par la prendre dans sa bouche et descendre lentement jusqu'à la base. Un grand soupir s'échappa des poumons de celui qui recevait. C'était plus fort que lui, il ne pouvait pas s'empêcher d'agripper les cheveux argentés et guider son amant dans un rythme qui lui plaisait encore plus. La salive coula aux coins de la bouche du procureur qui massait les testicules de Phoenix, en même temps. Ce dernier sentit ses yeux crochirent à toute cette stimulation.
— A-Attends, Miles ! il le poussa doucement avec ses mains.
Il leva ses yeux vers lui. Phoenix faillit fondre en voyant son regard désespéré pour plus. Que pour lui. Il lui causait cet effet.
— Ensemble, lui dit-il simplement.
Miles arqua un sourcil. Phoenix le redressa. Maintenant assis l'un en face de l'autre, Phoenix ouvrit le pantalon de Miles pour le libérer lui aussi. Miles soupira de soulagement et Phoenix pris son sexe dans sa main et commença à le masturber.
— P-Phoenix...
Phoenix prit l'une des mains d'Edgeworth et la guida sur son propre sexe, l'invitant à le copier. Les deux se masturbèrent mutuellement. Leurs souffles se mélangèrent et ils touchèrent le corps de l'autre avec leur main libre. Ils suivirent le rythme de l'autre, accélérant de plus en plus en synchronisation. Phoenix sentit son sang affluer si haut qu'il faillit s'évanouir. Ils déposèrent sur chacun des baisers brûlants.
— Si tu savais, lui dit Phoenix en caressant son dos, comment il n'y a rien d'autre au monde que je désire plus qu'être avec toi.
Miles, le regard rempli de désir, le regarda droit dans les yeux. Phoenix eut l'impression d'être dévoré par ce simple regard.
— Phoenix Wright, il enfonça avidement sa main dans ses cheveux, possessif de l'homme devant lui.
Miles haletait et gémissait de plus en plus. Saoul du plaisir que lui procurait la main de Phoenix. Et Phoenix gravait tous ces sons dans sa tête pour les réécouter plus tard.
— Dis-le, souffla Phoenix.
Les respirations devinrent irrgulières, signe de l'approche de l'orgasme.
— Phoenix, je—
— Ah, Miles !
Ils s'embrassèrent en même temps d'éjaculer dans la main de l'autre. Ils jouirent ensemble, respirant dans la bouche de l'autre.
— Je t'aime, gémit Miles à ses lèvres et Phoenix sentit les larmes lui monter aux yeux à cette déclaration.
Ils déposèrent leur front l'un contre l'autre, prenant le temps de se calmer et de retrouver un rythme cardiaque normal. Essouflés, ils se regardèrent et rirent. Miles cacha son visage avec une main mais Phoenix la retira aussitôt pour l'observer.
— Tu es magnifique, lui souffla-t-il avec tendresse.
Miles le regarda, puis adoucit les traits de son visage.
— Ce n'est que l'alcool, pas vrai ? blagua-t-il.
— Que l'alcool ! confirma Phoenix en jouant le jeu.
Ils s'embrassèrent de nouveau et se dirigèrent ensemble vers la douche. Ils se nettoyèrent ensemble, s'aidant à frotter au savon les zones plus difficiles à atteindre seul. Phoenix en profita pour le mordre à quelques reprises aux épaules, une douleur plutôt plaisante qui faisait siffler l'autre. Le corps de Miles était marquée par de nombreux suçons et il décida d'approcher sa bouche du cou de Phoenix et de faire une grosse succion. Surpris, Phoenix l'observa et toucha là où il avait mis sa bouche.
— Un souvenir, lui dit Miles, les cheveux trempés devant ses yeux.
Il le trouvait sublime; nu, mouillé, marqué par sa bouche... Phoenix était au sommet du bonheur. Après leur douche, ils glissèrent sous la couverture et se mirent en face à face pour se regarder. Phoenix lui caressa la joue et s'approcha pour l'embrasser doucement.
— Je t'aime aussi.