Aventures : La Fanfiction - Saison 2

Chapitre 19 : De l'électricité dans l'air

1473 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 13/01/2026 13:16

Épisode 19 : De l'électricité dans l'air

Par Myfanwi


Grunlek, Bob, Shin et Viktor regardèrent, impuissants, Théo jeter au loin la vieille prêtresse des Murmures dans ce qu'il croyait être un éclair de génie. Guerriers, prêtres, mages commençaient à activer leurs pouvoirs tout autour d'eux, dans un élan de panique. Il faut dire qu'ils ne s'attendaient pas spécialement à être attaqués de l'intérieur, qui plus est par l'une des personnes ayant organisé ce rassemblement d'ordres dans la ville de Mirages.


Le guerrier ne tarda pas à entendre la voix de Balthazar rugir dans sa tête.


— MAIS T'ES COMPLÈTEMENT CON ! Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?!


— T'inquiètes pas, j'ai une stratégie ! Je vais tendre mon épée vers eux et les menacer de leur balancer de la foudre. Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?


— Tu veux vraiment une réponse ? Je te jure que je vais te balancer une boule de feu dans la tronche dans les dix secondes à venir et…


— Quoi ? C'est ça ta stratégie ?! cria Shin, paniqué.


— Mais c'est de la tromperie !


— Je vais le tuer, continua Balthazar. Je vous jure que je vais le tuer.


En se retournant, Théo vit au loin le mage trépigner sur place, le visage rouge de colère, le regard braqué sur lui.


— Gros malin, tu sais que ce sont des mages en face de toi, pas vrai ? lâcha Balthazar, désespéré. Ils DÉTECTENT la magie, ils savent que tu mens !


— Non, ils ne le savent pas, grogna le paladin, de moins en moins sûr de lui. Bon… Sinon, je leur propose de se battre avec nous et on en reste là ?


— Dit-il après avoir tué l'un des membres les plus importants des églises du Cratère, le nargua Grunlek.


— Elle n'est pas morte !


— Ouais, ouais, c'est du déjà vu…


— Tu sais quoi, fais ce que tu veux, conclut Balthazar. Si tu te fais encore buter, il faudra pas venir chouiner, on t'a prévenu !


La connexion mentale se ferma rageusement, ce qui surprit quelque peu le paladin, désormais livré à lui-même. C'est qu'il avait compté sur l'arrivée de ses amis pour le sortir de ce pétrin à la base. Il réfléchit un moment, profitant de la pagaille générale pour trouver une nouvelle stratégie. Il finit par se redresser fièrement, conscient que ses compagnons, désespérés, l'observaient au loin. Il put même lire un « J'ai peur, maman » sur les lèvres de Grunlek. Il reprit vaillamment la parole.


— Bon. Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? On peut continuer à se battre comme des crétins décérébrés et ça profitera à la guilde des intendants. Ou alors nous pouvons agir et nous battre tous ensemble. C'est ça que nous devons faire ! Et puis… Et puis je suis indispensable, la guilde des intendants me cherche ! Et, de ce fait, je suis l'un des seuls à pouvoir vous aider. Et je serai ravi de le faire. Battez-vous avec moi.


Il releva les yeux vers le groupe de mages et de guerriers, armes toujours sorties. Absolument aucun d'entre eux n'avait l'air convaincu. Même Viktor le jugeait du regard, fatigué.


— … S'il vous plaît ? tenta-t-il pitoyablement.


Il n'eut pas le temps d'en dire plus. La prêtresse de l'église de la Terre leva les mains. Le paladin se sentit soulevé du sol alors que le sol semblait se colmater autour de ses jambes. Alors qu'il pensait réussir à s'en défaire, une salve d'énergie le frappa à la poitrine et traversa entièrement son corps, le faisant hurler de douleur.


Viktor et Arcana se jetèrent un regard, s'ordonnant mutuellement d'agir. La guerrière attrapa son épée, cherchant une ouverture dans le groupe de prêtres pour frapper dans le dos. Le magister s'attaqua lui à la prêtresse de la Terre, entourant son cou de son bras musclé et serrant de toutes ses forces pour tenter de lui faire perdre connaissance. Elle tenta de se débattre, il n'eut pas le choix et lui asséna un violent coup de bâton qui la fit voler sur quelques mètres. Un prêtre des murmures profita du fait que personne ne regardait pour lancer une attaque sonore sur Théo, se relevant faiblement. Du sang coula du nez et des oreilles du paladin qui se tint la tête en hurlant pendant de longues secondes, avant de s'affaisser lourdement sur lui-même, inconscient.


Un peu plus loin, Balthazar, Shin et Grunlek s'étaient tournés comme un seul homme vers le bruit strident qu'avait produit l'attaque du prêtre des Murmures. Le hurlement de Théo les avait inquiétés, mais ce fut davantage l'arrêt brutal de ce cri qui les effraya. Leur champ de vision obstrué ne leur donnait qu'une faible image de la scène, ils ignoraient ce qu'ils pouvaient faire pour aider leur ami.


— On ne peut pas le laisser ! cria Grunlek pour couvrir le vacarme alentour. Et si on se rendait ? Nous sommes coincés !


— Après avoir fui, on va se rendre maintenant ? s'agaça le demi-élémentaire. Viktor est avec lui, il s'en occupera, on ne peut pas l'attendre !


— Et qui te dit qu'ils vont accepter notre reddition ? poursuivit le mage. Ils veulent surtout nous tuer. On vient de provoquer quelque chose qu'on ne peut pas arrêter. Foutu pour foutu, moi j'dis… On les bute tous.


— Ceux-là n'ont pas encore réalisé en tout cas, lâcha Grunlek en montrant les gardes sur l'autre rive.


Un peu perdus, les trois gardes en face d'eux hésitaient à intervenir. Ils avaient vu la foudre tomber, puis un déluge de sorts. Sans ordres, ils ne savaient pas ce qu'ils pouvaient bien faire, ne croyant que difficilement à une attaque de l'intérieur. Les aventuriers étaient un peu dans le même état, rongés entre l'envie de venir en aide à Théo et Viktor et le besoin urgent de fuir cet endroit. Balthazar se reprit le premier.


— Grunlek ! Monte sur le cheval !


Malheureusement, Brasier n'était pas de cet avis. Effrayé par les sorts, il se cabra, essayant de propulser son propriétaire au sol. Il voulait fuir, hors de question de courir en direction des sorts. Balthazar s'accrocha et finit par le guider maladroitement vers la rivière, de force. Grunlek tenta d'approcher pour grimper sur le cheval, mais Brasier, effrayé par ce mouvement hors de son champ de vision paniqua et envoya son sabot dans le visage du nain, qui tomba lourdement sur les fesses.


— Ah ah ! cria Balthazar. Ça, c'était pour le puits de magie ! Maintenant, on est quittes !


Shin, désabusé, regardait cette scène de loin. La situation était désespérée. Il se voyait déjà dans une jolie tombe avec des fleurs multicolores déposées par chacun des enfants qu'il avait pondu dans cette vie ou dans une autre. Pris d'un élan de zèle, Shin gonfla la poitrine, l'apollon du groupe prit une voix grave et virile. Ses amis étaient en échec. Cette fois, son heure était venue.


— Je suis votre dernier espoir. Je vais sauter vers Théo et sauver le monde.


Il s'abaissa, se mettant en position de saut… Et effectua un faux mouvement, s'écrasant au sol dans un « boum ! » pitoyable. On repassera pour l'héroïsme… Amers, les aventuriers venaient d'être neutralisés. Et sans l'aide de personne. Eux qui voulaient montrer l'exemple et encourager les églises à rejoindre leur cause… Il y a des jours où ça ne veut pas.


— Moi, j'dis, on rejoint les rangs ennemis, lâcha Balthazar, fatigué. En deux jours, ils sont morts d'une manière ou d'une autre par notre faute. C'est une super technique d'infiltration !


Il toussa légèrement.


— Bon. Maintenant, ça suffit !


Il donna un grand coup de pied dans le flanc du cheval qui se calma instantanément, surpris. Sans problème, il se dirigea vers la scène de l'affrontement. Il n'avait plus qu'une mission : récupérer Théo, Viktor et dégager d'ici avant que la fin du monde ne se produise. Derrière lui, Grunlek vint aider Shin à se relever et ils prirent la direction contraire, plaçant leurs espoirs en Balthazar. Dans sa fuite, le demi-élémentaire généra une épaisse brume autour d'eux, pour garantir leur tranquillité.


Bob arriva rapidement au-dessus du corps de Théo. Le paladin était couché sur le dos, les yeux grands ouverts, mais totalement noirs. Une énergie destructrice, maléfique, s'en dégageait. Il souriait, crispé, alors que, sous lui, des chaînes énergétiques commençaient à se former. Le guerrier se releva soudainement, faisant reculer vivement le mage. Il respirait fortement. Mais il n'avait plus rien d'humain.


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