Les Survivants - Saison 2
Épisode 7 : Cabin fever
Par Mastroyal
On ne pouvait pas vraiment dire que les choses s'amélioraient pour le groupe des Survivants (si tant est que le « mieux » existât encore dans ce monde zombifié). Jessica, William, Kumiko et leur compagnon canin Canigou se dirigeaient vers la grange qui se dessinait au loin, après avoir maîtrisé un mort-vivant qui, curieusement, se déplaçait bien plus vite qu'à la « normale ». Jessica, forte des informations fournies par William, décida de siffler Canigou pour le rappeler près d'elle, puis se tourna vers Kumiko et essaya, dans un élan de bonne volonté (ou de racisme déguisé), de converser en japonais (ou plutôt en « franponais »), ne connaissant pas un traître mot de cette langue. La jeune fille lui répondit dans sa langue maternelle (probablement en l'insultant) et, au final, la situation n'évoluait pas.
William, voyant que les deux femmes semblaient plus préoccupées par une pseudo-conversation que par les événements qui se passaient, décida de voler au secours de Nathanaëlle, sachant que Kumiko n'était pas vraiment en pleine possession de ses moyens. Toutefois, ses cinq sens en alerte (un exploit pour un scientifique), il remarqua que les morts derrière eux s'étaient remis en marche et s'avançaient lentement, mais sûrement, vers le quatuor pour se faire les dents. Il n'était donc plus question de traîner davantage.
Le groupe se remit alors en marche, entourant celui qui venait de se faire mordre, et décidant de lui parler pour l'aider à rester lucide, bien que les premières paroles de Jessica (« Et sinon, ça va ? Le froid est mordant aujourd'hui, non ? ») n'auraient pas été déplacées dans une animation de rue de bas étage. Pire, elle tenta de faire passer leur « hôte » devant eux, et il répondit en s'irritant aussitôt :
— C'est vous qui avez une arme à feu !
— Ben, je suis loin derrière... répondit calmement la dame. Le principe d'une arme à feu, c'est de pouvoir tirer à distance.
— Hors de question ! répliqua-t-il en se replaçant derrière.
Finalement, le chien (pratiquement anthropomorphique à ce stade) décida d'ouvrir la marche, suivi de près par Kumiko, qui continuait à boiter, puis par Jessica, Nathanaëlle et l'homme, William fermant la marche. Jessica, d'ailleurs, profita de sa position pour se lancer dans un bavardage qui aurait fait passer n'importe quelle écolière pour une amatrice, histoire de détourner l'attention de l'homme et de se préparer à lui voler sa faux.
Ils finirent par arriver devant la grange que leur a désignée feu Jensen. À leur gauche, au milieu d'un espace délimité par un enclos, une hache était plantée dans une souche (non sans rappeler une épée plantée dans un rocher au petit groupe, ou un simulateur de bûcheron moyen), entourée par quelques détritus et une caisse renversée. Au loin, ils entendirent les râles de troupeaux de zombies qui leur arrivaient par le Nord, et la brume commençait à s'épaissir autour d'eux. D'ici une heure ou deux, la nuit serait complètement tombée, et le froid les engourdissait de plus en plus. Peu importe ce qu'ils décideraient de faire, ils ne devraient en tout cas pas rester trop longtemps sur place, au risque de subir des dommages collatéraux.
Jessica, de par son esprit « tactique », parvint à discerner quel serait le moment idéal pour récupérer la faux de l'homme qui, normalement, serait trop occupé par l'ouverture des portes de la grange pour penser à quoi que ce soit d'autre. Elle remarqua également que la clôture qui entourait la hache plantée dans la souche faisait facilement entre deux et deux mètres et demi de hauteur, ce qui l'amena à penser qu'elle avait dû être érigée pendant cette sombre période apocalyptique (probablement la dernière de l'histoire de l'humanité).
Kumiko élimina d'un geste leste (pour une moribonde) un zombie qui avait tenté de lui faire des politesses, puis se dirigea vers la grange, suivie par Canigou, qui avait tenté, dans un premier temps, de creuser pour essayer de passer sous la palissade, mais avait renoncé en voyant la profondeur des fondations. Au passage, le chien, aidé par Jessica et la nipponne, s'occupa d'un second mort-vivant, puis le petit groupe finit par arriver aux portes de la grange. Ils aperçurent, non loin de là, une carcasse de voiture surmontée d'une plaque en bois arborant un symbole religieux, probablement chrétien. William, qui devait s'occuper de soutenir Nathanaëlle, gardait les sens en éveil, et parvint à lire un nom de famille (« Rivière ») sur la plaque en bois, ainsi que quelques mots malheureusement trop petits pour être déchiffrés.
Canigou franchit la porte de la grange en premier, poussant le battant entrebâillé avec la pointe de son museau, et, ensemble, ils pénétrèrent dans la grange qui dégageait une puissante odeur de renfermé et de moisi. Jessica essaya d'en profiter pour plaquer l'homme (qui s'appelait Adrian) au sol et de lui subtiliser sa faux. Cependant, ce n'est pas en le bousculant qu'elle parvint à ses fins, mais ce fut la maladresse de son adversaire qui perdit l'équilibre qui lui permit de se retrouver sur lui au sol.
— Mais qu'est-ce que vous faites ?! s'écria Adrian. Qu'est-ce qui vous prend ?! Vous êtes tarée ou quoi ?!
Jessica ne répondit pas, et tenta de lui mettre un coup de poing dans les dents, mais loupa sa cible d'un bon 20 centimètres (la honte pour une militaire).
William, n'étant pas plus intéressé par les sports de combat que la plupart de ses collègues, entraîna Nathanaëlle avec lui pour la soigner. Il contourna une carcasse de voiture (encore une), se dirigea vers un abreuvoir, et l'allongea sur le bord. Au passage, il remarqua une porte fermée sur la gauche qui devait plus que probablement conduire à une autre pièce de l'édifice.
Kumiko s'approcha lentement des deux « catcheurs » au sol, en essayant de comprendre ce qu'il se passait, son arme au clerc. Canigou, de son côté, tenta de sauter sur Adrian pour mettre fin au « duel » (un bien grand mot dans ce combat aussi intense qu'un duel entre un Magicarpe et un Chrysacier... Oh, wait!), mais ne parvint qu'à lui arracher une bretelle et à s'enfoncer lui-même dans la mêlée qui, au bout du compte, ne ressemblait plus à grand-chose.
Adrian, toujours aux prises avec Jessica et Canigou, décida de tenter le « tout pour le tout », et essaya d'arracher l'arme des mains de la militaire... Lorsqu'un coup de feu retentit ! L'homme commença à se vider lentement, mais sûrement, de son sang et, dans un dernier râle, demanda à Jessica pourquoi elle lui avait sauté dessus.
— Vous aviez été mordu, répondit-elle, et je voulais vous enlever votre faux, parce que j'avais peur de votre réaction si je vous le disais.
— Mais... C'est... Pas du tout... Ce que... balbutia-t-il, avant de finalement rendre son âme au Créateur (ou au Diable, tout dépend des actions de sa vie).
Évidemment, les zombies n'attendirent pas une invitation pour se joindre à la fête, et ils entendirent tambouriner à la porte d'entrée de la grange, le coup de feu ayant visiblement attiré leur attention (sans blague ?). William décida alors d'ouvrir l'autre porte qu'il avait précédemment remarquée, et déboucha dans une petite pièce humide. Une flaque d'eau s'étendait dans un coin, une sorte de moteur leur faisait face, tandis qu'un placard couvrait le mur à leur droite, et des poubelles dégageant une odeur pestilentielle s'amassaient à leurs pieds.
Le scientifique, faisant remarquer qu'ils se trouvaient précisément dans une grange, suggéra de monter à l'étage pour se mettre à l'abri, mais la militaire rétorqua que s'ils faisaient cela, ils seraient coincés si jamais leurs copains putréfiés décidaient d'investir le rez-de-chaussée. Là-dessus, elle rentra dans la pièce accompagnée de Canigou, et ils se mirent à fouiller le lieu à toute vitesse, espérant trouver quelque chose d'utile, en plus de la faux qu'ils venaient de récupérer sur Adrian.
Soudain, le chien releva la truffe, les oreilles dressées, tous les sens en alerte ! Quelqu'un ou quelque chose se planquait dans la vase et les herbes qui recouvraient le sol de la pièce. Jessica remarqua le chien, et lança :
— Attention ! D'après Canigou, il y a... Quelque chose de caché sous cette moisissure.
Saisie par le doute, elle s'empara de la faux et s'en servit pour sonder le lieu, donnant des petits à-coups pour voir ce qui pouvait se cacher dans ce tas d'immondices. Aussitôt, un serpent se leva, referma ses crochets sur le tranchant de la lame, puis voyant qu'il ne s'agissait que d'un vulgaire bout de métal, il relâcha sa prise et retourna se lover dans l'eau. À l'extérieur de la pièce, William, sentant que la horde de morts-vivants se resserrait autour de la grange, fit un signe de tête à Kumiko et ils décidèrent de suivre Jessica dans le cagibi, tandis que la militaire commençait à examiner le moteur.
Au final, le groupe finit par conclure que cet endroit devait servir de refuge à diverses personnes. D'après ce qu'ils voyaient, les gens venaient s'installer ici pour quelque temps, posaient leurs habitudes, puis repartaient. Ce qui signifiait sans nul doute possible qu'on pouvait dénicher du matériel ou de l'équipement bienvenu pour se ravitailler, avant d'éventuellement poursuivre son périple. Toutefois, il était bon de presser le mouvement, car autant que William et Kumiko pouvaient en juger... Leurs amis zombies n'allaient pas tarder à entrer leur dire bonjour.