Batman - Rouge Gotham

Chapitre 3 : 2e PISTE

Par RuzaRiku

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2e PISTE

— Vous avez une petite mine, Oz…

— Tout va bien, Kate. Être maire me demande simplement plus de travail.

— Voulez-vous que je vous soulage ? demande-t-elle en po­sant ses mains sur les épaules d’Oz.

— Ce n’est pas vraiment l’endroit propice.

— Il n’y a pas de mauvais endroit pour se soulager, chéri.

Elle commence à le masser.

— Faites vite, Kate. J’ai un rendez-vous dans dix minutes.

Elle intensifie ses gestes, son souffle dans son cou, collant son corps contre le sien.


Au même moment, dans la pièce de stockage de l’Iceberg Lounge. Une chaise trône au milieu de la salle, vidée pour l’oc­casion. Sur elle est attaché un homme en camisole, les pieds li­gotés. Les gouttes de sueur humidifient le torchon pla­qué sur sa bouche, l’étouffant. Autour de lui, un colosse en smoking noir, chauve, une batte à la main, tourne en rond sous la lumière bla­farde d’une petite ampoule.

— Tu croyais t’en prendre à Naid sans représailles ? Tu pen­sais t’en sortir parce que t’as réussi à fuir Batman ?

Un gémissement étouffé s’échappe de sous le tissu. L’homme à la batte ricane.

— Tu me fais pitié… J’ai un rendez-vous dans dix minutes, alors je vais expédier ça. Mais avant, une petite devinette : quelle est la différence entre Batman et moi ?

Le prisonnier ne peut répondre. Il s’agite, tremble, tente en vain de se débattre, suffoquant.

— C’est que lui ne tue pas… alors que moi, si.

D’un geste sec, il abat sa batte sur le crâne de sa victime, écla­tant chair et os dans une explosion sanglante. Le mur se tâche d’une longue traînée rouge. Impassible, il essuie délicatement son arme avec un chiffon, puis la dépose contre la porte. En sortant, il ordonne à son collègue de nettoyer la pièce.

Huit minutes plus tard, sa limousine s’arrête devant le Go­tham City Hall. Il en sort et aperçoit Oswald l’attendant sur les marches, les bras ouverts et le sourire éclatant.

— Ah ! Te voilà, Harlan !

— Bonsoir, Monsieur Cobblepot, dit-il, sourire aux lèvres, tendant les bras pour l’enlacer.

Cobblepot jette un coup d’œil autour de lui pour s’assurer que personne ne les observe. Une fois rassuré, ils entrent tous deux dans le GCH et montent jus­qu’au bureau du Pingouin. Ce dernier ouvre la porte et invite Fisk à rentrer.

— Asseyez-vous Harlan, propose-t-il, en prenant place.

Il s’exécute.

— Alors, qu’avez-vous à me proposer ? demande Oswald.

— J’ai récemment passé en revue vos territoires à Gotham, et il est clair que vous êtes en train de vous imposer. Entre l’Iceberg Lounge, les anciens repaires de Black Mask et tous les parcs qui vous appartiennent… vous êtes sur la bonne voie. Sans oublier que vous êtes désormais le maire de cette magni­fique ville.

— Merci. C’est flatteur.

— D’ailleurs, votre statut de maire va grandement jouer en votre faveur. On pourrait presque dire que Gotham vous appar­tient.

— N’allez pas trop dans la flatterie, Harlan. Il faut savoir s’arrêter.

— Je suis sincère.

— Pourtant, je ne suis qu’un maire avec quelques territoires. Je préférerais être riche. Riche au point de faire de l’ombre à des hommes comme Harvey… ou Bruce.

— Harvey n’est plus un souci. Il a disparu avec sa demeure. Quant à Bruce, il sera difficile de ternir son image. Il est l’homme parfait aux yeux du peuple.

— Inutile de forcer. Dent est déjà hors-jeu. Et ce n’est pas le sujet. Parlons des nouveaux territoires à prendre.

— Il y a le Quartier Rouge, sinon.

— Le Crimson Mile ? Tu veux vraiment qu’on s’attire les ennuis de Falcone ? s’écrie-t-il, mêlant colère et incompréhen­sion.

— Vous craignez Falcone, avec vos hommes et les flics de votre côté ?

— Ce n’est pas de la peur. C’est du bon sens. Pourquoi pro­voquer un conflit quand tout se passe bien ?

— Parce que votre statut vous permet de l’écraser, Cobble­pot !

— J’ai bien peur que ça ne suffise pas, Harlan.

— Vous voulez rester sur vos acquis, alors ?

Cobblepot se tait, tourne dans la pièce, indécis. Harlan perd pa­tience. L’attente est trop longue.

— Je suis venu pour rien, on dirait.

Fisk se lève, tend la main à Oswald.

— Je suis d’accord, affirme ce dernier en la serrant.

— Parfait. Si vous êtes de la partie, alors parlons affaires.

Ils se rassoient pour entamer une discussion sérieuse.

— Le Quartier Rouge vous irait à merveille. Entre les néons, les clubs, les cabarets, les bars à strip-tease et les motels, tout invite à la fête. Le seul problème, c’est que le quartier est dans un état déplorable. Les rues sont sales, les lumières grillées et les balcons sont rouillés.

— Aucun souci, on pourra le rénover. Je pousserai une loi pour le régulariser.

— C’est une excellente idée. On part là-dessus, alors ?

— Vous m’avez convaincu.

Le Pingouin serre la main d’Harlan.

— Je vous souhaite une bonne soirée, Monsieur Cobblepot, dit Fisk en quittant le bureau.

Oswald reste encore un moment dans son bureau, pensif. Pendant ce temps, Harlan sort du GCH et remonte dans sa li­mousine.

— Conduisez-moi chez moi, dit-il à son chauffeur.

Mais ce dernier n’est pas celui qu’il pense. Il est masqué.

— Je ne vais pas vous conduire chez vous, Harlan, dit-il d’un ton mesquin.

Il se jette sur lui, pistolet à la main, le pointant contre sa joue. Harlan, terrifié, hurle toute son âme. Mais la rue est dé­serte. Le masqué presse encore plus fort l’arme contre sa vic­time.

— Laisse-moi tranquille ! S’il te plaît, mec ! hurle Harlan, en sueur, les larmes coulant sur ses joues.

— Tu sais que j’ai tendance à aller jusqu’au bout, non ?

— Pourquoi moi, putain ?!

— Parce que ! hurle-t-il en appuyant sur la détente.

La tête d’Harlan explose. Du sang éclabousse à l’intérieur de la limousine. Des morceaux de chair recouvrent leurs vê­tements. Le meurtrier caresse la joue arrachée avec son arme, puis l’en­fonce dans le crâne de sa victime. L’arme dégoulinante de sang lui sert à écrire un mot sur la vitre donnant sur le GCH. Il com­mence par un “T”, trempe à nouveau son arme, poursuit par un “R”, et ainsi de suite jusqu’à former : “Trahison”.

— Tu as trahi Gotham, murmure-t-il, avant de poser l’arme sur Fisk et de disparaître dans l’ombre.


Quelques minutes plus tard, Oswald éteint les lumières de son bureau. Il est tard, il est temps pour lui de rentrer. Il ferme son bureau et quitte le Gotham City Hall. En sortant, il aperçoit la limousine dans laquelle Harlan était censé partir. Méfiant, il s’ap­proche du véhicule. En s’approchant de la vitre, il lit le mot “Trahi­son”, écrit en lettres sanglantes. Cobblepot est sous le choc. Il ouvre la portière, et le corps d’Harlan tombe à ses pieds. Le sang a déjà commencé à sécher, et l’odeur est insou­tenable. L’arme du crime est tombée au sol.

Le Pingouin sort immédiatement son téléphone et appelle la GCPD. Il leur ordonne de traiter ce crime en priorité. Puis, il compose un autre numéro : celui d’une associée fi­dèle.

— Vous m’avez compris, Vale ? Je veux des pistes ! Je veux qu’on m’attrape cet enfoiré ! hurle-t-il en pleine rue. Trop de mes proches sont morts ces derniers temps ! Il est temps que ça cesse. Et pour vous aussi… je n’aimerais pas qu’il vous arrive quelque chose.

— C’est compris, Monsieur Cobblepot. Je m’en occupe im­médiatement.

— Merci. Plus vite on le trouvera, plus mes hommes pour­ront s’occuper de ce fils de pute.

Il raccroche, puis rejoint son véhicule, garé non loin du GCH.


Gordon hisse le projecteur et l’allume pour appeler Batman. Ce dernier surgit rapidement sur le toit.

— Voilà à peine quelques jours qu’Oswald est maire, et déjà des problèmes surgissent…

— Quel genre de problèmes ?

— Un de ses proches a été retrouvé mort devant le Gotham City Hall. J’ai besoin de vous pour avancer dans l’enquête.

— Très bien.


La police, ainsi que Batman arrivent sur les lieux. Gordon s’approche du cadavre et inspecte le corps.

— L’arme à côté est couverte de sang. C’est sûrement celle qui a servi à lui coller une balle dans la joue.

— De toute évidence, répond Batman.

— Le trou est énorme. Ce malade a sûrement enfoncé son flingue dans sa joue, après avoir tiré.

— Effectivement.

— Et ce mot, là, écrit sur la vitre ?

Batman s’approche.

— “Trahison”.

— Une idée de ce que ça signifie ?

— Il va falloir qu’on prenne le temps d’y réfléchir. Prenez vos photos et on dégage.

— Pas de souci.

Gordon se tourne vers son collègue.

— Reeves ! Passe-moi l’appareil photo, s’il te plaît.

— Oui, commissaire. Tenez ! répond Matt.


Après avoir pris les clichés de la scène de crime, James Gor­don et le Chevalier Noir se retrouvent au commissariat, dans une salle d’interrogatoire. Sur la table sont étalées les photos de toutes les scènes de crime liées à Bleed.

— Alors, qu’en pensez-vous, Batman ?

— En regardant toutes ces photos, un lien évident ressort : le sang. Il l’utilise pour laisser des messages.

— Vous pensez que ces messages sont connectés entre eux ?

— C’est possible. Surtout si on détermine à qui ils sont adressés.

— Prenons celle-là, dit Gordon, en pointant une image. Cla­risse Drummond, retrouvée égorgée dans son studio télé. Pour­quoi avoir écrit “Mensonges” sur le grand écran ?

— Peut-être que cette Clarisse lui a fait du tort personnelle­ment ? Ou que le crime précédent a été médiatisé de manière mensongère.

— Vous parlez de lui ? Markus Rheel, chef des archives ju­diciaires, retrouvé pendu, la tête à l’envers.

— Affirmatif.

— Mais comment en être certain ?

— Je l’ignore encore. Continuons avec les autres messages.

Gordon montre une autre image.

— Le meurtre de notre collègue Myles Grogan. Retrouvé les poignets ouverts dans sa baignoire. Et sur le mur était ins­crit : “Lâcheté”.

— Est-ce qu’il a pu couvrir un crime ? Fermer les yeux sur quelque chose ?

— Aucune info là-dessus. Il a toujours été droit dans ses bottes aux dernières nouvelles. C’était un flic irréprochable.

Gordon reste pensif. Batman garde son calme habituel, mais ses doigts tremblent légèrement.

— Et ce crime-là. Ezra Flannigan, psychiatre affiliée au maire. D’abord étranglée avec une ceinture, puis tuée d’une balle dans la tête, chez elle. Sur le sol : “Tu as raison”.

— Il peut s’adresser à elle… Comme à tout le monde.

— Mais pourquoi lui donner raison ?

— Il faudra analyser toutes ses implications profession­nelles. De près comme de loin.

— On s’en occupera, dit Gordon, en prenant une autre pho­to. Et celui-ci ? Le prêcheur Maynard Black. Crucifié dans son église, les yeux crevés. Sur son dos, inscrit : “Blasphème”.

— Peut-être une cérémonie truquée. Une fausse foi. Ça pourrait expliquer pourquoi Bleed s’en est pris à lui. On ignore encore les motivations précises, mais ça se tient.

— Intéressant. Il faudra étudier toutes les personnes récem­ment décédées.

Le commissaire montre une autre scène.

— Jordan Kirk. Agent de sécurité privé d’Oswald Cobblepot Abattu d’une balle dans chaque main. Sur le mur : “Exécu­teur”.

— C’est là que je pense que Bleed cible Cobblepot.

— Il a peut-être une revanche personnelle à prendre.

— Jordan a pu abattre un proche de Bleed. D’où cette appel­lation : “Exécuteur”.

— On va devoir parler à Cobblepot. Mais cela va s’avérer compliqué. Tu connais le personnage.

— Je saurai le faire parler.

Gordon esquisse un sourire.

— Merci, Batman, Passons à ce dernier. Eliott Marsden. Médecin légiste, empoisonné, disséqué puis exposé dans sa propre morgue. Horrible.

— “N’efface pas la vérité”, lit Batman sur la photo. Je com­mence à voir un fil rouge.

— Dites-moi.

— L’agent de Cobblepot : l’exécuteur ayant abattu quel­qu’un. Le lâche, Capitaine Myles Grogan, ayant couvert le crime. Marsden, le médecin légiste, ayant falsifié l’autopsie. Le prêcheur a fait une fausse cérémonie. Et pour finir, Clarisse Drummond a médiatisé de fausses informations.

— Et ce message-là ? “Tu mérites la même mort que tu lui as donnée”. C’était sur Lester Boone, chef des milices. Vous pensez que c’est lui le véritable “Exécuteur” ? Et que Jordan n’était qu’un complice ?

— C’est plus logique oui.

— Et Bleed en veut à Cobblepot. C’est pourquoi il a tué Harlan Fisk devant le GCH avec ce mot : “Trahison”.

— Exactement. Je vais faire parler Oswald.

Soudain, Matt Reeves entre en trombe.

— Commissaire ! On a trouvé quelque chose sur le meurtre de Fisk !

— Je vous écoute.

— L’arme utilisée est modifiée. Elle comporte un silencieux provenant d’un ancien stock appartenant à Sionis.

— Black Mask ? demande Batman.

— Oui, c’est ça.

— Merci, Reeves. Mettez l’arme dans la salle des pièces à conviction.

— Bien, commissaire !

Reeves s’éclipse.

— Vous pensez que Black Mask est en cavale ? demande Gordon.

— C’est possible. Ou alors il connaît Bleed. J’ai croisé des hommes à lui s’en prenant à un employé de l’Iceberg Lounge, l’autre soir. Mais Bleed ne reproduit pas les méthodes de Ro­man. Il ne fabrique pas de masque à ses victimes. Et il frappe dans des lieux pu­blics. Ce serait un changement de style pour passer inaperçu ?

— Ne prenons aucun risque. Allons à Blackgate. On en aura le cœur net.


*


Tous deux se rendent au pénitencier de Blackgate, situé sur une île isolée au large de Gotham — une véritable forteresse impénétrable — noyée dans une brume épaisse. Les murs de béton armé sont humides, striés de mousse noire. Les projec­teurs balaient la cour, traquant le moindre mouvement. Des grilles électrifiées encerclent le périmètre, surveillées par de hauts miradors. Blackgate n’est pas une prison… C’est un tom­beau.

À l’entrée, Gordon s’adresse à un agent de sécurité.

— Commissaire Gordon, dit-il en montrant son badge. J’ai un laissez-passer.

— Je vérifie.

Après un rapide échange radio, l’agent revient.

— Votre collègue aussi est autorisé à entrer ?

— Oui. J’ai besoin de lui.

— Très bien. Vous pouvez passer.


À l’intérieur, l’atmosphère est encore plus lugubre. Les cou­loirs sont étroits, sales. L’éclairage est froid. Les cellules, mi­nuscules et cubiques, sentent la sueur, le sang et la moisissure. Un enfer semblable à l’asile d’Arkham.

Après une courte marche, Gordon, Batman et un agent qui les escorte arrivent devant la cellule de Roman Sionis. L’agent ouvre la porte. L’intérieur est plongé dans l’obscurité. Pas un rayon de lumière. Difficile de dire si quel­qu’un s’y trouve. Bat­man s’avance, mais Gordon l’interpelle.

— Batman !

Il se tourne.

— Pas de violence. Pas ici.

— Je sais me tenir, commissaire.

Dans la cellule, une odeur de sueur règne. Une présence est palpable.

— Qu’est-ce qui t’amène, Batman ? dit une voix rauque.

— Donc tu es bien là.

— Bien sûr. Pourquoi serais-je en fuite ?

— On avait des raisons de le croire. Tu as deux minutes ?

— Je ne refuse pas une petite conversa­tion entre masqués.

— Tu commandes encore tes hommes, je me trompe ?

— En prison ? Comment penses-tu que je puisse m’y prendre ?

— Grâce à un autre gars dans ton genre.

— Je ne fais équipe avec personne.

— Alors tu ne connais pas Bleed ?

— Jamais entendu parler. Mais s’il vous donne autant de fil à retordre que moi, permettez-moi de rire un peu.

Batman se tourne vers Gordon.

— On se tire.

Il sort de la cellule. L’agent referme la porte. Roman ricane dans l’obscurité. Jim soupire, et le justicier disparaît déjà dans les couloirs.


*


Plus tard dans la soirée, Trina Vale travaille depuis chez elle, traitant les affaires de Cobblepot. Elle est assise à son bureau, le té­léphone posé dessus, en haut-parleur.

— Vous n’aurez aucun mal à traiter le sujet Arnold ?

— Évidemment que non, Monsieur.

— Annulez-moi son procès et classez-le sans suite, Vale.

— Mais son procès a lieu dans deux jours. L’annuler éveille­rait certaines consciences.

— Qu’est-ce que j’en ai à foutre. Faites votre boulot, ou je ne vous paie pas.

— D’accord.

— Et pour ce qui est de Bleed, vous avez d’autres informa­tions ?

— Je ne sais pas où il se terre. Je vais entamer les re­cherches.

— Non, Vale. Sur ce coup, ce n’est pas à vous de faire ça. Je vais en­voyer mes hommes. Si je vous perds, je perds l’un de mes meilleurs éléments.

— Merci…

— Je vous souhaite une bonne soirée.

L’appel terminé, Trina enregistre le fichier sur lequel elle travaillait dans une clé USB. Elle s’apprête à éteindre son ordi­nateur quand quelqu’un l’attrape violemment par le visage et la projette contre la fenêtre. Le verre éclate, jonche le sol. Le choc lui ouvre le crâne. Elle s’effondre, dos contre le mur, le sang ruisselant sur son visage. Un homme masqué s’approche lente­ment d’elle, ramasse un morceau de verre brisé, puis caresse sa joue ensanglan­tée avec.

— Tu continues de couvrir ses atrocités, Trina Vale.

— Qui êtes-vous, putain ?!

— Je suis Bleed, dit-il en plantant le morceau de verre dans son ventre.

Elle hurle, de douleur et de terreur. Mais le masqué ne sup­porte pas ses cris : il l’assomme d’une série de coups de poings. Elle s’évanouit. À l’aide d’un éclat de verre, il trace sur son front une phrase, lettre après lettre : “Chaque crime vaut mille blessures”.

Il admire son œuvre. Mais quelque chose attire son regard : l’ordinateur portable, encore allumé. Il s’approche, lit quelques lignes… et découvre toutes les preuves qu’il cherchait. Les crimes du Pingouin, listés noir sur blanc. Il saisit l’ordinateur, encore ouvert, afin de ne pas l’éteindre, ainsi que le chargeur. Puis il s’en va, laissant Trina, le crâne ouvert, le ventre la­céré, le visage mutilé.


*


Deux jours plus tard…


Sous une pluie fine, les proches d’Harvey sont réunis autour de sa tombe. Parmi eux : Bruce Wayne, Alfred Pennyworth… et quelques membres de sa fa­mille. La tristesse se lit sur tous les visages. Bruce, les yeux rougis, est soutenu par Alfred. Lorsque vient son tour de poser la main sur le cercueil, un autre homme s’avance. Os­wald Cobblepot. Il dépose sa main sur la pierre tombale puis fait demi-tour. Bruce l’intercepte.

— Excusez-moi, Oswald. Que faites-vous ici ?

Cobblepot se retourne, presque surpris.

— Quelle question… Je viens rendre hommage à Dent. Vous savez, c’était un rival. Sans lui, je n’aurais jamais eu l’ambition de devenir maire, Monsieur Wayne.

— Évidemment… pardonnez ma maladresse, Monsieur Cobblepot.

— Aucun souci. D’ailleurs, j’aimerais vous inviter à ma grande fête, demain soir. Je sais que ce n’est ni le lieu ni le mo­ment, mais je pense que cela vous ferait du bien. N’est-ce pas ?

— J’accepte, alors, dit Bruce, lui serrant la main.

Après ce geste cordial, Oswald s’en va.

Alfred conduit Bruce jusqu’au manoir. Sur le chemin, il pose une question :

— Vous comptez vraiment aller à cette fête ?

— Je suis un homme de parole. Et cela me rapproche de lui. Je pourrais lui parler, dans un contexte plus détendu.

— Vous pensez donc que Bleed en a après lui ?

— Il ne fait aucun doute. Trop d’indices s’accumulent.

— Alors soit. J’espère que vous passerez une bonne soi­rée… Je vous préparerai votre plus beau costume.

— Merci, Alfred.




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