TOXIQUE
(Scénario de Batman)
Ø Pamela Lillian Isley : blonde aux traits fatigués. Réservée. Le genre passe-partout. Attire la sympathie par pitié, lorsqu’elle n’est pas invisible. Entre 30 et 40 ans.
Ø Professeur William Parse : 50 ans, barbe mal rasée, beau, conscience de son charme, orgueilleux, antipathique, corpulence normale.
Ø Oscar Maroni : type méditerranéen. Cheveux bruns, yeux foncés, teint halé. Entre 40 et 50 ans. Taille moyenne, plutôt musclé, toujours en costume ajusté de qualité.
Ø Bruce Wayne : beau, brun, grand, musclé, costume ou tenue élégante. 40 ans. Sûr de lui, sans être prétentieux.
Ø Alfred Pennyworth : 60 ans, ridé, cheveux grisonnants, svelte, droit, toujours en costume de majordome, distingué.
Ø Harvey Dent : beau, grand, musclé, blond ou châtain clair. 40 ans. Sûr de lui et fier. Séducteur, notamment via un sourire éclatant.
Ø Commissaire Jim Gordon : 50 ans, taille moyenne, corpulence normale, moustache mal taillée, cheveux négligés, costume sale, vieilles chaussures usées. Air naïf et détache. Esprit vif et regard intelligent.
Ø Le Maire, Wilson Klass : 50 ans, sec, taille moyenne, cheveux noirs, austère, strict, antipathique, rasé de près, coupe courte.
Ø Harvey Bullock : grand, bedonnant, épaules carrées, dégarni, visage large, négligé dans les tenues souvent sales ou mal accordées et mal boutonnées. Voix grave, ton rapidement agressif. Bourru.
Ø Poison Ivy : femme fatale, sûre d’elle, sexy, blonde, démarche assurée, voix suave.
Ø Oswald Chesterfield Cobblepot, alias le Pingouin: petit, laid, difforme aussi bien dans le visage que dans l’allure, bossu, vouté, boîte quand il se déplace, toujours en costume 3 pièces avec de belles matières. Voix nasillarde.
Ø Guillermo Barrera, alias Brutal: grand, athlétique, coupe militaire, regard inquiètant. Voix grave.
Ouverture sur la brume qui se dissipe peu à peu. Gotham au crépuscule apparaît. Zoom progressif sur une immense serre.
Bureau en désordre. Des documents traînent un peu partout, mal éclairé, mobilier vétuste, de nombreuses plantes dont certaines qui débordent de leurs pots. Pamela porte des lunettes, chignon négligé, blouse de laborantine. Elle a des dossiers dans les bras et en range d’autres dans son étagère. Etiquettes sur les rayons, différentes catégories de recherches sont affichées « addictologie », « phyllo-clonage », « croissance ». Elle est distraite et écoute une conversation provenant de la pièce voisine, deux voix masculines. Le discours n’est pas audible.
Bureau ordonné, net, propre, grande fenêtre, éclairage agréable, mobilier de luxe. Pr Parse est assis, dos à la fenêtre, Oscar Maroni est assis devant lui. Dans les attitudes, Maroni a clairement le dessus sur Parse qui s’efface et ne fait pas sûr de lui, inquiet.
Maroni
Votre délai est écoulé depuis deux semaines. Je pense avoir été suffisamment gentil et patient.
Maroni se lève
Parse (en se levant brusquement et rattrapant Maroni par le bras)
Non je vous en prie !
Maroni regarde sévèrement Parse et dégage son bras.
Parse
Une semaine ! Accordez-moi encore une semaine.
Maroni
Qu’est-ce que cela changera ? Je croyais que vous n’aviez plus les fonds ? Et il est hors de question que j’investisse quoi que ce soit davantage dans le vide !
Parse
Je vous promets de vous fournir un prototype à la fin de la semaine prochaine.
Maroni
Trois jours. Si lundi je n’ai rien, je brûle cet endroit et vous avec Parse.
Parse est livide, il fixe Maroni qui s’en va.
Maroni (tournant le dos à Parse et continuant d’avancer)
Bon week-end professeur !
Maroni sort de la pièce, il croise Pamela dans l’encadrement de la porte, la bouscule et ne la regarde pas.
Parse se laisse tomber en arrière. Fesses appuyées sur le bureau. Il est dépité et se frotte le visage. Pamela entre et tend un petit carton à Parse.
Pamela (voix douce et timide)
C’était dans le courrier de ce matin…
Parse prend le carton, lit dans sa tête et lève les yeux vers Pamela. Il fronce les sourcils.
Parse (agacé)
Que veux-tu que ça me fasse ?
Pamela (voix douce et posée)
Ce serait l’occasion de trouver un financement légal… Même avec un prototype, Maroni ne nous suivra peut-être plus. Autant jouer la sécurité et trouver un autre investisseur.
Parse (en regardant Pamela de haut en bas et levant un sourcil)
J’espère que t’es capable d’être plus présentable que ça.
Zoom sur le carton « Gala Wayne Innovations : où toutes les idées pour votre ville seront écoutées ! »
Bruce prend son petit-déjeuner. Le journal posé devant lui, il lit en mangeant. Alfred arrive et lui sert un café.
Alfred
Les nouvelles de ce matin sont-elles bonnes Monsieur Bruce ?
Bruce
Des toxicomanes arrêtés alors qu’ils dévalisaient une pharmacie, une femme sauvée lors de sa tentative de suicide et les plans d’une attaque terroriste déjoués.
Alfred
J’imagine que Monsieur a eu un sommeil plutôt agité cette nuit.
Bruce
Gotham ne dort jamais Alfred.
Bruce boit une gorgée de café.
Bruce
Il y a aussi une déclaration du maire. Apparemment, la ville embauche du personnel supplémentaire pour lutter contre le crime.
Alfred
Peut-être serait-ce l’occasion idéale pour Monsieur de lever le pied…
Le portable posé sur la table sonne. Bruce décroche.
Bruce (air d’abord suspicieux, puis large sourire)
Harvey ! Comment vas-tu mon ami ? Oui, oui. Mais ce sera avec plaisir ! A tout à l’heure alors !
Alfred
Monsieur Dent serait-il de retour en ville ?
Bruce (enjoué)
Je ne peux rien vous cacher Alfred ! Je le retrouve à 10h30 pour une séance de sport ! De quoi nous rappeler nos bons souvenirs de notre vie étudiante !
Alfred
L’endroit idéal pour réveiller vos instincts de compétiteurs.
Bruce (un air malicieux)
Allons Alfred ! Harv’ et moi, nous sommes comme des frères. On aime se stimuler l’un l’autre, voilà tout. Promis, je ne l’écraserai pas ! Je n’afficherai pas ostensiblement ma supériorité, je sais être gentleman. D’autant plus qu’il aurait une bonne nouvelle à m’annoncer, ce ne serait pas correct de le vexer maintenant.
Maire debout derrière son bureau, le commissaire Gordon est assis face à lui sur une des deux chaises positionnées devant le bureau. L’endroit est luxueux et très lumineux.
Le maire (jetant un document devant Gordon)
Encore un dépôt de plainte contre ce Batman !
Gordon
Si je peux me permettre, Monsieur le maire, cette femme cherche certainement à faire le buzz, ou à gagner de l’argent grâce à un procès. Batman l’a sauvée, l’attaquer en justice s’apparente à de l’opportunisme ridicule.
Le maire (criant énervé)
C’est vous qui êtes ridicule Gordon ! Vous et vos troupes d’incapables ! Et ces terroristes ? Batman les a fait avouer avec des techniques tellement peu orthodoxes que cela a créé un vice de procédure ! Nous ne pouvons même pas les traîner en justice !
Le maire pose les mains sur son bureau. Il baisse le volume de sa voix, tout en restant très énervé.
Le maire
Vous êtes la honte de la police Gordon. Vous préférez vous reposer sur les interventions d’un citoyen masqué, plutôt que de faire ce pour quoi vous êtes payé.
Gordon (calmement)
Batman nous aide beaucoup certes, mais nous ne baissons pas notre vigilance pour autant. Nos statistiques sont excellentes. Malheureusement, au niveau de la justice, les jugements tardent. Gotham manque cruellement de personnel…
Le maire (coupant la parole et s’asseyant)
Justement, vous n’aurez bientôt plus d’excuses. Le tribunal vient d’engager une jeune recrue prometteuse. Avec un tel CV, je doute que ce nouveau roi du barreau soit tendre envers vous et vos collaborations douteuses ailées.
Bruce et Harvey sont chacun sur une machine différente, côte à côte. Tenues de sport, tous les deux montrent leurs musculatures. Ils transpirent raisonnablement. Bruce utile le Butterfly et Harvey court sur un tapis.
Bruce
Pour une bonne nouvelle ! Je suis heureux de te savoir de retour parmi nous ! Tu ne devrais pas t’ennuyer ici !
Harvey
Tu ne crois pas si bien dire, mon frère ! Gotham croule sous les dossiers et votre héros masqué n’arrange pas la situation !
Bruce (en arrêtant de soulever les poids)
Que veux-tu dire ?
Harvey
Votre chauve-souris locale accumule les erreurs, les criminels l’ont bien compris. Ils plaidant tous pour vices de forme. Gotham a besoin d’une meilleure logistique. Une justice plus droite et mieux organisée. Il est temps de remettre de l’ordre dans tout cela ! C’est pour ça que j’ai choisi de revenir. Le challenge. Ne le dis pas à ma mère, elle est trop heureuse de penser que je reviens pour elle.
Harvey saute et place ses pieds sur les côtés du tapis. Il fait un clin d’œil à Bruce.
Bruce (en souriant)
Mon ami, ta présence ici est une bénédiction. Viens au manoir ce soir, j’organise un gala où tout le gratin de Gotham sera présent. Ce sera l’occasion parfaite pour toi de te faire connaître. Tu pourras développer tes ambitions bienfaitrices.
Harvey
Excellente idée ! Tu m’épargnes le supplice du feuilleton maternel !
Parse conduit. Il est impatient, tapote le volant et le tableau de bord avec ses doigts. Il regarde avec un sourire intéressé les femmes qui marchent sur le trottoir. Il mâche un chewing-gum bruyamment. Le soleil couchant se reflète dans ses lunettes de soleil. Il se gare et attend. Il regarde à gauche et à droite. La portière s’ouvre passager. Parse trésaille et regarde à sa droite. Pamela s’assoit. Il est étonné. Pamela n’est pas à l’aise, elle a les cheveux attachés simplement mais proprement, un maquillage léger, une robe simple mais élégante qui met en valeur ses formes féminines. Parse lève les sourcils et n’en croit pas ses yeux.
Parse
Eh bien ! Ça valait le coup d’attendre 7 ans ! Si j’avais su durant toutes ces années que vous étiez capable de présenter aussi bien, je vous aurais invitée à des galas plus tôt ! On aurait certainement plus de pognon aujourd’hui !
Parse démarre, il rit, il est fier de sa blague. Pamela est gênée, elle regarde par la fenêtre, fuyant le regard de Parse. Il continue de s’acharner sur son chewing-gum. Plan large de la rue avec voiture qui roule vite.
Bruce est en smoking, Alfred est derrière lui. Ils sont postés en haut des escaliers massifs en marbre. Ils regardent les invités entrer tout en se parlant.
Alfred (pas trop fort)
Je n’ai jamais compris pourquoi vous vous infligiez ce genre d’évènements.
Bruce (discret)
Je dois soigner ma couverture Alfred. Le fait est que je suis l’homme d’affaire le plus important de cette ville, et que les notables du coin apprécient ces… Festivités.
Alfred
Je connais et salue votre endurance, Monsieur Bruce, mais je me demande jusqu’à quand vous pourrez tenir ainsi.
Bruce
Justement Alfred, peut-être que cette soirée sonnera un tournant. Une partie de mes activités va, peut-être, pouvoir être revue à la baisse.
Alfred
Je m’en réjouis Monsieur. Et si ralentir le rythme pouvait vous permettre d’avoir une vie plus adaptée à celle d’un jeune homme de votre âge, j’en serais le premier ravi.
Bruce ouvre la bouche pour répondre mais il est interloqué par l’arrivée de Parse et Pamela. Il sourit en suivant du regard Pamela. Puis il se tourne vers Alfred.
Bruce (dans un sourire charmé et charmeur)
Il est temps pour moi de me mêler à mes invités.
Bruce descend les escaliers. Il s’avance et se dirige vers Parse et Pamela. Parse le remarque, il bouscule Pamela pour lui passer devant et être le premier interlocuteur de Bruce.
Parse (en tendant sa main droite)
Professeur William Parse. C’est un honneur pour moi de vous rencontrer, Monsieur Wayne.
Bruce lui serre la main respectueusement, mais avec poigne. Parse en grimace. Bruce lâche la main de Parse.
Bruce
J’ai lu vos travaux Professeur. La présence en ce manoir d’un cerveau aussi brillant que le vôtre est une chance pour nous tous. Mais (en décalant Parse de la main), je sais que derrière chaque grand homme il y a forcément une femme. Je m’estime chanceux et honoré de vous recevoir, Madame ? (en s’adressant à Pamela et lui tendant la main).
Parse est vexé, il pince ses lèvres. Pamela rougit et prend délicatement la main de Bruce.
Pamela (ton très doux et timide, regardant ses pieds)
Professeure Pamela Isley.
Bruce sourit. Parse grimace. Bruce tourne la tête en entendant un rire masculin, il voit le maire entrer avec Harvey Dent.
Bruce
Professeure, je ne vous oublierai pas. Je ferai tout pour revenir vers vous plus tard. J’ai entendu parler de vos travaux élaborés sous la serre, vos découvertes sur la génétique me fascinent. Malheureusement, pour l’heure, le devoir mondain m’appelle.
Bruce fait un baise-main à Pamela et va rejoindre le maire et Dent, sans regarder Parse. Parse est agacé et le dévisage. Puis il regarde Pamela. Pamela est perturbée. Arrivé à quelques pas du maire et de Dent, Bruce lève les bras.
Bruce (fortement)
Attention Monsieur le maire ! Harvey est tellement bon avocat qu’il serait capable de faire passer aux aveux l’innocent le plus pur !
Le maire (en riant et serrant la main de Bruce)
Monsieur Wayne, sachez que je considère cela comme une miraculeuse aubaine. Savoir que la plus grosse fortune de Gotham est amie avec le meilleur avocat du pays ! Tout simplement délicieux !
Harvey
Un ami vous dites ? Un ami ne me laisserait pas mourir de soif (clin d’œil à Bruce).
Le maire
Venez avec moi Dent, je vous accompagne au bar ! Je ne vous ai pas encore tout dit quant à la décadence de notre police
Harvey suit le maire mais se retourne en regardant Bruce d’un air de le supplier de venir le sauver. Le maire ne voit pas cela, il est concentré sur son discours. Bruce sourit et fait un petit signe de main à Harvey. Harvey capitule et regarde de nouveau le maire, en hochant la tête. Bruce rit.
Commissaire Gordon (derrière Bruce, hors champ, ton calme et posé)
Le pire dans tout ça, c’est que s’il se représente, je voterai une nouvelle fois pour lui…
Bruce se retourne et voit Gordon, ils se serrent la main.
Bruce
Le maire est dur avec la police, mais il a raison sur un point : l’arrivée d’un avocat incorruptible et professionnel comme Dent est une excellente chose pour Gotham.
Commissaire Gordon
J’aimerais partager votre optimisme Monsieur Wayne.
Un serveur passe. Gordon et Bruce prennent chacun un verre et trinquent. Gordon regarde la salle.
Commissaire Gordon
Si mon métier peut avoir de nombreuses facettes sombres, je préfère être flic qu’à votre place. Ces mondanités…
Bruce (ton faible soufflé, presque inaudible)
A chaque profession son lot de contraintes, commissaire…
Harvey monte à l’arrière d’une voiture noire rutilante. Il salue Bruce et Alfred. Alfred fait un signe de tête. Bruce fait un signe de main à la voiture qui s’en va. C’est le dernier véhicule à partir de la cour.
Alfred
Monsieur compte-t-il gagner sa chambre ? Ou un autre costume est-il prévu ce soir ?
Bruce
J’ai porté assez longtemps un masque pour ce soir, Alfred. Le repos sera mérité.
Pamela suit Parse dans la serre. Elle a froid, elle se tient les bras.
Pamela
Tu es sûr que cela ne pouvait pas attendre demain matin ?
Parse (hors champ)
Je sais que tu aimes venir ici t’occuper de tes chères amies vertes tous les jours, mais pour ma part, demain, c’est dimanche ! Je ne compte pas venir travailler !
Pamela arrive dans une pièce sur deux niveaux. Au Niveau supérieur se trouvent trois paillasses, dont une mal rangée avec une multitude de documents entassés. Le deuxième niveau est cloisonné par du verre, une serre dans la serre. Pamela s’approche de la paillasse chargée du premier niveau. Parse feuillette les documents.
Pamela
Prendre ton week-end ? Tu es incroyablement serein, pour un homme menacé par l’ultimatum d’un mafieux.
Parse
Je suis serein car j’ai ceci ! (il montre une feuille avec des calculs)
Pamela (étonnée, tentant de prendre le document)
Mes travaux sur l’emprise ! Je me demandais où ils étaient passés !
Parse (levant le document pour éviter que Pamela ne les prennent)
Tout à fait ma belle ! Combien de fois t’ai-je demandé de ranger tes affaires ? Tout à l’heure, avant de partir pour ce gala, je suis tombé dessus. Depuis quand as-tu trouvé la solution à tous nos problèmes !
Pamela
« Nos problèmes » ? Ce n’est pas moi qui me suis endettée en achetant une villa au-dessus de mes moyens !
Parse (ton sérieux, légèrement énervé, hautain)
D’après ce que j’ai vu de ton quartier, tu ferais mieux de prendre exemple sur moi ! D’autant plus que, bientôt, tu seras riche ! Ta formule va faire notre gloire !
Pamela
Non ! (elle lève le bras brusquement et prend la feuille de calculs) Ces résultats sont mauvais et contre-productifs. Je les pensais utiles pour ma thèse sur la reproduction génétique des plantes, mais ils ne sont pas pertinents. Je me suis trompée. Et de toute façon, quel est le rapport entre ça et tes problèmes avec Maroni ?
Parse
Ce n’est pas parce que ces travaux ne sont pas en adéquation avec tes attentes, qu’ils ne sont pas intéressants pour d’autres recherches…
Pamela regarde Parse, elle est suspicieuse. Elle recule mais Parse se rapproche d’elle. Il est pressant. Pamela recule. Elle tremble, elle a peur. Parse occupe tout l’espace en écartant les bras et étant sûr de lui, triomphant. Il a le dessus physiquement.
Parse
La drogue composable grâce à tes travaux sera une pure merveille.
Pamela
Je suis une scientifique, je veux faire avancer la science, pas m’en servir à des fins lucratives ! J’ai des convictions, moi ! Sauver la planète, l’égalité homme-femme, aider les plus démunis !
Parse explose de rire.
Parse
Mais tout est lucratif ! Rentabiliser ton investissement dans la protection des écosystèmes, développer des bourses pour des associations pour faire rayonner ton nom, vendre des médicaments ! Merde ! Pamela pour une fois, sois ambitieuse ! Courageuse !
Pamela
Ce n’est pas du courage, c’est de l’inconscience ! Tu vas mettre en danger d’honnêtes citoyens ! La police te tombera dessus et tu finiras en prison !
Parse
Que ton esprit est restreint ! Tu ne te rends donc pas compte de l’or que tu as entre tes mains ? (il pointe le document du doigt) Je te propose de pouvoir tester grandeur nature tes hypothèses ! Une bénédiction pour tout bon scientifique passionné !
Pamela (inquiète, voix soufflée)
Tu as déjà pris ta décision. Tu as juste besoin de mon accord pour utiliser mes résultats.
Parse arrête d’avancer sur elle et fait une moue dubitative.
Parse
Pas vraiment. Le fait est que ce document me suffit. Tu travailles pour moi ici, en mon nom. Je peux m’approprier librement tout ce que tu produis.
Pamela est au bord du premier niveau. Parse se rapproche et lui caresse une mèche de cheveux pas attachée au reste. Pamela tremble de peur.
Parse
Je te préviens par politesse. Je dirais que je tente de t’associer, par respect pour ton ancienneté ici. Et puis, avec cette tenue, je ne pouvais pas me résoudre à te ramener chez toi directement après le gala. Vois-tu, je n’aime pas gâcher…
Pamela regarde le papier qu’elle tient toujours. Parse joue encore avec les cheveux de Pamela. Elle le pousse violemment. Il trébuche et tombe au sol. Elle se retourne vers une paillasse et prend un flacon.
Pamela
Tu as raison. Il est temps que je sois courageuse.
Parse (depuis le sol, inquiet)
Qu’est-ce que tu fous ?
Pamela vide le contenu du flacon sur le document. Elle prend à toute vitesse un briquet posé à côté sur la paillasse. Elle met le feu au document. Le papier brûle.
Pamela (en même temps qu’elle agit)
Tu n’utiliseras plus mes résultats en ton nom !
Parse se relève le plus vite qu’il peut.
Parse (se jetant sur Pamela)
Non !
Pamela poussée lâche le document en feu. Parse prend le document et le secoue. Il se brûle la main, il hurle de douleur et laisse le papier tomber à côtés de dossiers entreposés. Parse regarde Pamela avec haine. Il se jette sur elle, il la relève et la plaque face contre la paillasse voisine. Elle est dos à lui.
Parse
Petite conne ! Ces recherches, tu vas me les refaire ! Mais pour l’heure, autant ne pas finir la soirée totalement perdant !
Parse attouche Pamela qui se débat et crie. Parse plus puissant. Alors qu’il essaye d’ouvrir sa braguette, Pamela en profite pour se retourner, elle le gifle, le repousse, il la pousse à son tour, elle tombe en loupant les deux marches de la différence de palier. Elle brise la vitre de la petite serre. Elle est couchée dans des débris de verre. Elle tente de se relever, ses mains s’appuient sur des coupelles, seringues, pipettes brisées. En même temps, le feu prend au niveau des paillasses. Parse lève les bras vers le ciel.
Parse (ton ironique)
Pam, Pam, Pam, combien de fois t’ai-je demandé de mieux ranger ce putain de labo ?
Au contact de l’air, dans la petite serre brisée, de grosses fleurs bulbes éclosent, laissant échapper une légère fumée. Parse voit la fumée, il se retourne et voit le feu.
Parse (soufflé)
Oh non…
La fumée libérée par les plantes entre en contact avec le feu. Le feu se répand en hauteur tel un jet. Parse prend feu instantanément. Il hurle avant de tomber, calciné. Grâce au dénivelé et au fait qu’elle soit à terre, Pamela n’est pas touchée par les flammes. La fumée des plantes s’est résorbée mais le feu grandit et se propage sur le niveau supérieur. Pamela est blessée, elle a diverses entailles sur les bras et jambes, elle ne parvient pas à se relever. Elle est sur des pots de plantes brisés, elle écrase des plantes, en plus des débris de verres et porcelaine des outils. Vision de Pamela qui se floute en regardant Parse au sol.
Bruce assoupi sur un fauteuil devant la cheminée, le feu faible. Alarme retentit, Bruce se réveille, il se lève et quitte la pièce en courant.
Bruce en costume de Batman saute dans la Batmobile et la démarre. Alfred arrive, il regarde la Batmobile partir, il tourne la tête et voit une alarme sur l’écran de l’ordinateur central géant « incendie serre de Gotham »
Alfred (dans un soupir)
Certains costumes sont plus addictifs que d’autres…
Batman est en haut du toit voisin de la serre. Il regarde le feu et écoute les pompiers grâce à son amplificateur sonore.
Pompier 1
On ne pourra pas entrer par là non plus ! Il faut d’abord maîtriser le feu, c’est trop dangereux, la bâtisse pourrait s’écrouler.
Pompier 2
Ok ! De toute façon, à cette heure, il n’y avait personne dans le bâtiment, normalement !
Batman saute, plane et s’enroule dans sa cape pour entrer dans les restes de la serre en feu.
Batman avance dans la serre en se protégeant le visage de la chaleur et évitant les débris qui tombent. Il voit le corps inanimé de Parse. Il entend tousser, il se retourne et voit Pamela en contrebas. Le corps de Pamela a été miraculeusement protégé des flammes. Batman va vers la jeune femme et la porte. Sa robe est déchirée, sa peau est noircie. Elle est dans un état de semi-conscience.
Batman sort des flammes avec Pamela dans les bras. Les pompiers le regardent impressionnés.
Batman
Cette femme était à l’abri des flammes, mais elle a forcément inhalé de la fumée, elle a besoin de soins et vite !
Des pompiers arrivent avec une civière, Batman dépose délicatement Pamela sur la civière et la regarde partir avec les pompiers.
Pompier
Y en a d’autres ?
Batman
Personne de vivant…
Lieutenant Bullock (hors champ)
Vous semblez bien renseigné sur cet incendie la chauve-souris ! Vous êtes arrivé très rapidement sur les lieux…
Batman se retourne et voit Bullock. Les pompiers continuent de s’activer en arrière champ, brouhaha continu en fond sonore.
Batman
Bonsoir lieutenant. Je ne vais pas déranger vos investigations, bon courage à vous (dit aux pompiers).
Batman s’envole. Les pompiers sont admiratifs. Lieutenant grimace.
Lieutenant Bullock
Envoyez une équipe dès que possible à l’intérieur, je n’ai aucune confiance en cet oiseau-là.
Alfred ouvre le rideau.
Alfred
Bonjour Monsieur Bruce. J’espère que votre nuit s’est bien terminée.
Alfred se retourne, le lit de Bruce est vide. Alfred souffle.
Alfred
Apparemment non.
Alfred apporte un café à Bruce. Bruce a encore le costume de Batman mais il a retiré le masque. Il travaille sur l’ordinateur. L’écran géant affiche plusieurs images : la serre en flammes, la serre actuellement avec feu maîtrisé, les images vidéo de surveillance de la ville dans la rue de la serre défilent, les visages de Parse et de Pamela en mode photo d’identité.
Alfred
Tombé du lit Monsieur ?
Bruce
J’ai été médiocre Alfred ! J’ai profité de ma soirée, j’ai bu quelques verres et résultat ? Je n’ai pas été capable de sauver ce professeur !
Alfred
Allons Monsieur Bruce, vous ne pouvez pas sauver tout le monde. Et rien ne vous prouve que quelques secondes supplémentaires vous auraient été suffisantes pour sauver cet homme. Vous savez, des accidents arrivent partout, tous les jours. L’imprévisible existe, même pour Batman…
Bruce
Justement Alfred, cet incendie aurait peut-être pu être prévisible.
Bruce montre l’écran à Alfred avec un mouvement de tête. Il actionne la vidéo d’une caméra de surveillance. Image de jour de la rue montrant Oscar Maroni sortir de la serre.
Bruce
Pourquoi le fils Maroni serait-il venu là la veille ? On connaît tous sa tendance à la pyromanie, déclencher un incendie dans cette serre pourrait être de son fait… Il faut que je parle à Pamela !
Alfred (en regardant les nouvelles photos supplémentaires de Pamela, dont celles de la vieille au manoir)
Votre métier est parfois terriblement pénible.
Bruce regarde Alfred en souriant gêné et faisant un signe de tête de gauche à droite, dépité. Téléphone sonne, visage d’Harvey sur l’écran, Bruce répond.
Bruce
Oui. OK. Je te rejoins tout de suite.
Bruce se lève et quitte la pièce. Alfred le regarde partir par les escaliers menant au manoir.
Bruce (hors champ)
Je pars courir avec Harvey au parc. Passez acheter des fleurs avant de me retrouver !
Alfred (murmuré soufflé)
J’espère qu’il pensera de lui-même à se changer…
Pamela se réveille doucement dans une chambre ensoleillée. Elle est allongée sur un lit, elle se redresse. Elle a les cheveux détachés, son maquillage est partiellement effacé. Elle fait fatiguée. On toque à la porte, la porte s’ouvre, une docteure en blouse entre.
Docteure
Bonjour… Pamela, c’est bien ça ?
Pamela acquiesce, elle est sonnée, déphasée, regarde autour d’elle.
Docteure
Vous avez eu un ange gardien ailé et masqué hier soir. Il est arrivé à temps pour vous sauver. Vous vous en sortez miraculeusement bien. Pas de brûlures et pas de signe d’intoxication ! Vous pouvez rester encore un peu aujourd’hui, si vous le désirez, mais en soi, je n’ai rien pour vous retenir.
Pamela (faiblement)
Je dois rentrer, je dois arroser mes plantes…
Docteure (en s’avançant du lit, mine grave)
Quelqu’un de confiance peut-il venir vous chercher ?
Pamela regarde la docteure. Elle est intriguée par cette question.
Docteure (ton doux et protecteur)
Je… J’ai constaté des lésions sexuelles sur votre corps lors de l’auscultation. Etes-vous en sécurité chez vous ?
Pamela adopte une attitude de méfiance. Elle regarde méchamment la docteure.
Pamela (sèchement)
Je vis seule, merci.
La docteure est étonnée par cette attitude. Elle entame sa sortie de la pièce.
Docteure
Bien, je n’insiste pas… Si toutefois vous auriez besoin de moi, vous savez où me trouver.
Docteure (tenant la poignée et se retournant)
Votre téléphone est là, nous l’avions retrouvé dans votre doublure de robe. Les infirmières vous ont trouvée quelques vêtements (elle montre du doigt une chaise avec des affaires). Ils vous seront surement un peu larges, mais nous avons été contraints de jeter la robe dans laquelle vous étiez arrivée. Bonne journée à vous.
Plan sur chaise avec habits. Pamela se regarde, elle est en blouse d’hôpital.
Bruce et Harvey font un footing. Bruce est devant, il s’arrête pour attendre Harvey. Harvey arrive, s’arrête et reprend son souffle.
Harvey (entre deux souffles)
Bruce, mon ami, tu as sacrément progressé en endurance !
Bruce
Tu ne croyais tout de même pas que j’arrêterais l’entraînement, en me morfondant sur mon canapé tous les jours après ton départ !
Harvey peine à rire avec son souffle. Téléphone d’Harvey vibre, il le retire de son étui spécial pour la course et regarde l’écran. Harvey crispe son visage.
Bruce
Un problème ?
Harvey (sans regarder Bruce, sur téléphone)
Tu as entendu parler de l’incendie de la serre de Gotham cette nuit ?
Bruce
Vaguement oui. C’est terrible pour ce professeur qui y a péri.
Harvey
Ouais ben figures-toi que cet homme était une sacrée enflure ! La police est allée enquêter chez lui ce matin, ce mec roulait pour Maroni.
Bruce
Oh ! Si j’avais su, je ne l’aurais pas invité hier soir.
Harvey lit toujours des messages sur son téléphone. Bruce se rapproche.
Bruce (en minaudant)
Et sa collègue, la professeure Isley, est-elle aussi liée à la pègre ?
Harvey (levant les yeux du téléphone et marquant la négation avec sa tête)
Non. La belle nie tout en bloc, mais elle reconnaît avoir déjà vu Maroni passer dans le bureau de Parse. Pas de quoi l’embêter plus, c’est dommage, ça ne m’aurait pas déplu de l’interroger… Enfin bref, viens on y retourne ! (il range son portable) Je dois être au tribunal dans trente minutes !
Harvey part en courant, Bruce le suit.
Alfred est au volant, la voiture est à l’arrêt. Un gros bouquet de roses est posé sur le siège passager avant. Bruce entre à l’arrière et s’attache.
Alfred
Alors, cette course Monsieur ?
Bruce
Terrible Alfred, même en me contrôlant, il m’était difficile de ne pas le ridiculiser.
Alfred
Victime de votre réussite Monsieur !
Alfred démarre. Bruce sourit satisfait.
Alfred
A propos de victime, allons-nous à l’hôpital, ou directement au domicile de mademoiselle Isley ? (dit en montrant les fleurs par un signe de tête)
Bruce
Changement de programme Alfred. Si je suis meilleur à la course, Harvey est plus rapide pour enquêter de manière légale et transparente. Nous rentrons au manoir.
Alfred
Oh… Quel dommage… Voulez-vous que je lui dépose les fleurs en passant ?
Bruce
Non Alfred, ces fleurs sont à vous, je vous les offre !
Alfred (chuchoté)
Si j’avais su, j’aurais pris des tulipes. Je n’aime pas spécialement les fleurs avec épines.
Pamela marche dans la rue. Elle porte les habits fournis par l’hôpital (sweat large à capuche et jean noir), ses talons de la soirée de la veille sont un peu noircis et abîmés, démarche pas assurée. Cheveux attachés avec queue de cheval. Elle ne regarde pas les gens autour d’elle.
Brides de dialogues de Parse en fond de manière étouffée. Vision de Pamela. Fleurs qui explosent, sa chute dans la serre sur les fleurs et plantes, les pots cassés, fumée, ses mains blessées par les débris, respiration haletante en premier fond sonore, trouble total de la vue.
Pamela marche dans la rue, son pas change peu à peu, plus assuré, plus chaloupé. Les passants la regardent, hommes comme femmes. Elle sent ces regards et sourit. Elle s’arrête devant une boutique proposant un « relooking ». Dans la vitrine une robe sexy en dentelle noire avec des fleurs. Elle regarde son reflet, comme si elle portait cette robe. Elle se détache les cheveux, regarde d’une manière sexy son reflet, sourit. Elle entre dans la boutique.
Pamela entre chez elle, toujours habillée avec vêtements hôpital. Sacs en papier dans les bras. Appartement mal rangé, des fleurs, plantes et pots partout. Appartement petit : cuisine, salon, entrée et salle à manger visibles en un plan. Des documents non rangés entassés sur table. Pamela jette ses sacs sur canapé, pousse les documents de la table qui tombent tous lourdement au sol. Avec coupes et accélérations : elle va chercher une mallette qu’elle pose sur la table et qu’elle ouvre, elle prend une seringue, prélève de son sang et l’analyse via un microscope de poche qu’elle relie à un ordinateur portable. Elle lit les résultats dans sa tête, rire nerveux, puis rire franc de jubilation.
Pamela est en serviette, sort de douche, elle va dans le salon, elle choisit une robe noire qu’elle sort d’un sac en papier. Elle se retourne et se regarde dans le miroir, la robe placée devant sa serviette. Coupe. Pamela assise à sa coiffeuse, elle prend une bague qu’elle ouvre, trempe dans un pot, referme et enfile. Pamela se maquille, prend avec son index une substance mauve qu’elle prélève d’une coupelle et s’en met sur les lèvres, elle s’embrasse de loin et rit aux éclats. Musique rythmée sur scène.
Bruce fait des recherches sur Parse. Alfred arrive avec un plateau repas. Bruce l’entend arriver mais ne se retourne pas. Alfred pose le plateau à côté du tableau de commandes de l’ordinateur géant.
Bruce
Harvey a vu juste : Parse était lié aux affaires Maroni. Enfin, celles du fils Maroni.
Alfred
Et quid de notre belle amie ?
Alfred montre une photo de Pamela qui est sur l’écran. Bruce zoome et la regarde tendrement. Sur l’image, Pamela fait triste et fragile, photo prise lors du gala Wayne.
Bruce
Apparemment, Pamela était une étudiante timide et discrète, excessivement brillante dont Parse a su déceler le potentiel. D’après mes recherches, il est plus que probable qu’il se soit attribué le mérite de certaines de ses recherches.
Alfred
Oh… Et pourquoi ne pas partager un repas avec cette jeune femme ? Un restaurant peut-être ? L’occasion de mener l’enquête sur le terrain, sans masque…
Bruce (dans un sourire)
Alfred, j’admire votre pugnacité mais, encore une fois, je préfère laisser Dent travailler avec les témoins et victimes. Il semblerait plus judicieux pour le bien commun que Batman n’opère plus qu’en sous-marin.
Alfred
Batman oui, mais Bruce Wayne ? N’a-t-il pas le droit de se soucier de la vie d’une citoyenne dont les talents pourraient s’avérer utiles pour la ville ?
Bruce ne répond pas, il regarde la photo de Pamela. Une alarme retentit, le Batsignal apparaît sur l’écran.
Le commissaire Gordon attend debout devant le projecteur allumé du Batsignal. Batman arrive.
Gordon
D’après certains de mes hommes, il faudrait que je profite de ce signal pour vous tendre un piège et vous arrêter pour l’incendie de la serre.
Batman
Le lieutenant Bullock a certainement de nombreuses qualités, mais son esprit d’analyse n’est pas à louer ! Quel est votre avis sur la question ?
Gordon
Que ce soit sur la valeur de mes hommes ou sur votre implication dans le crime, mon avis importe peu Batman… Une vague de méfiance s’installe en ville, vous devriez faire attention à vous. Bullock a ses défauts, mais le fait est que certains éléments du dossier ne jouent pas en votre faveur.
Batman
Même si Parse était une crapule, sachez que je regrette de ne pas avoir pu le sauver.
Gordon
Ne culpabilisez pas pour lui. Paix à l’âme de Parse, mais sa mort n’est pas le détail le plus préoccupant de cette affaire.
Gordon se met plus proche du bord du toit et regarde la ville. Batman s’avance tout en restant en retrait, il est interloqué par la dernière phrase de Gordon.
Gordon
Oh ? vous êtes encore là ? J’en déduis que mon avis sur cet incendie vous intéresse. Le problème n’est pas que vous n’ayez pas réussi à le sauver lui, le problème, c’est que vous ayez pu la sauver elle.
Batman regarde Gordon, étonné. Gordon fouille dans son imperméable et en sort une feuille qu’il tend à Batman.
Gordon
D’après les résultats d’analyses fournis par l’hôpital, le Professeure Isley a absorbé suffisamment de toxines pour éradiquer l’intégralité d’une armée.
Batman prend le document et le regarde. Gordon regarde de nouveau Gotham.
Batman (ton sceptique)
Ces résultats sont impossibles, ces analyses doivent être faussées…
Gordon
Peut-être, en attendant, cette femme risque d’avoir d’autres déconvenues prochainement. J’ignore si elle est en lien avec Oscar Maroni, ou si Oscar Maroni est à l’origine de cet incendie. Toutefois, je doute que mademoiselle Isley puisse rester en vie sans avoir une visite du fils du baron de la pègre.
Plan uniquement sur Gordon.
Gordon
Vous savez Batman, je…
Gordon se retourne, Batman a disparu. Gordon souffle.
Oscar Maroni est assis au bureau de son père. Les pieds croisés sur le bureau. Décoration riche et luxueuse. Cadre de Maroni père derrière le bureau. Oscar fume le cigare. On frappe à la porte hors champ.
Maroni
Faites-la entrer.
Pamela entre dans la pièce. Elle a littéralement changé d’attitude. Elle est devenue Ivy. Elle est habillée en noir fluide sexy, touches fleuries. Démarche assurée et envoutante. Maroni la regarde, il est subjugué. Il se lève, lui fait signe de s’assoir. Ivy s’assoit de manière à mettre ses jambes en valeur, Maroni se rassoit, encore sous le choc.
Ivy (ton suave)
Bonsoir Oscar. Merci d’avoir accepté de me recevoir.
Maroni (bégayant)
Mais, mais, c’est, c’est un plaisir pour moi.
Ivy (ton suave)
Je connais les accords qui existaient entre vous et mon défunt collègue. Je suis venue vous faire savoir que j’accepterais avec plaisir de prendre sa place à vos côtés.
Maroni (bégayant)
Mais, je, bien sûr, volontiers, moi aussi je veux bien vous avoir à mes côtés.
Ivy
Parfait. J’ai ceci pour vous.
Ivy sort une boîte de son décolleté, elle se lève, avance langoureusement sur le bureau, tend l’objet à Maroni qui le prend, puis elle se rassoit. Maroni est envouté.
Ivy
Il s’agit d’un produit révolutionnaire, mieux que tout ce que vous auriez pu espérer.
Maroni (un peu plus assuré mais encore perturbé)
Ecoutez, je… Le problème c’est que l’ambiance est un peu tendue en ce moment dans Gotham. Mon père m’a demandé de gérer ses affaires en son absence, mais je ne tiens pas à commettre d’impairs. Batman était déjà envahissant, mais ce Dent est très dangereux pour la pègre.
Ivy se lève, contourne le bureau, s’assoit sur l’angle du bureau, Maroni est hypnotisé. Ivy sourit. Elle caresse le visage d’Oscar Maroni.
Ivy
Je me charge de Dent, occupez-vous de Batman et votre papa sera fier de vous.
Maroni avale sa salive bruyamment. Ivy sourit et s’approche de l’oreille de Maroni en caressant l’arrière de son crâne sensuellement.
Ivy (en susurrant)
Livraison à 2h10 devant la décharge de Gotham.
Ivy se recule, lâche Maroni, se lève, regagne la porte.
Ivy (en se retournant)
Batman est puissant, mais il est seul, il ne peut pas être partout en même temps (clin d’œil).
Ivy sort du bureau. Maroni remet son col en place et regarde la boîte donnée par Ivy, il l’ouvre. Elle contient un petit cachet rond et blanc.
Une alarme résonne dans la ville. Nuit noire mais claire avec éclairage public actif. Cinq bandits s’enfuient, les bras chargés. Ils sortent d’une bijouterie de luxe. Bandits gagnent une camionnette. Fourgon démarre mais Batmobile arrive, les percute. Course-poursuite entre les deux véhicules. Batmobile arrive à faire dévier fourgonnette de sa trajectoire, camionnette se renverse. Batman sort de la Batmobile et va vers le fourgon. Deux bandits sortent, ils se battent contre Batman. Un autre bandit tente de fuir, un quatrième sort du véhicule. Batman le neutralise et il envoie un Bat sur le fuyard qui tombe évanoui. Batman sort de force le dernier bandit qui conduisait, l’homme est blessé. Batman tiens l’homme part la gorge et l’appuie sur le fourgon.
Bandit
Pitié mec, ne me fais rien. Tiens le butin est là, prends ce que tu veux !
Batman
Je vous reconnais, vous êtes des hommes de Maroni. Pourquoi s’intéresse-t-il à une simple bijouterie ?
Bandit
J’en sais rien moi !
Batman relève le bandit en lui cognant le crâne sur le camion.
Bandit
J’te jure que j’en sais rien ! C’est Oscar qui dirige la boîte en ce moment, c’est lui qui nous a demandé de faire ça, nous on lui obéit comme si c’était Salvatore !
Batman serre davantage sa main sur la gorge du bandit.
Bandit (difficultés à parler)
Il veut peut-être offrir des bijoux à sa nouvelle nana !
Batman serre encore plus, le bandit suffoque.
Bandit (vraiment difficilement)
Si je t’assure, elle est venue traiter avec lui, une bombe !
Batman (en relâchant un peu sa main)
Qui est-ce ?
Bandit (soulagé)
Aucune idée, une putain de fille qui excite autant qu’elle fout la trouille ! Le fils Maroni est hypnotisé par elle.
Batman
Son nom !
Bandit
J’sais plus moi ! Elle est grande blonde, bien maquillée !
Batman resserre la main.
Bandit
Ivy !
Batman lâche complètement le bandit. Le bandit atterrit les pieds au sol, il se masse le cou.
Bandit (en massant son cou)
Ivy, elle se fait appeler Ivy.
Les sirènes de police se rapprochent, Batman donne un coup de poing dans le ventre du bandit qui s’écroule au sol en gémissant.
Les cinq bandits sont ligotés devant le fourgon renversé. Policiers sortent de leurs voitures. Lieutenant Bullock se rapproche d’eux.
Bullock
Messieurs, des problèmes avec des nuisibles nocturnes ? Je compatis.
Un bandit (en souriant)
Bientôt ce ne sera plus lui votre plus gros problème.
Bullock
Et toi, j’espère que t’as un bon avocat ! Dent te fera moins de cadeau que ce traître de Batman !
Bureau immense tout en verre, lumineux. Sobre, peu de mobilier, Bruce regarde la vue. Un écran de télévision est allumé et tourne dans la pièce, ce sont les informations. Frappements à la porte.
Bruce (sortant de ses pensées mais préoccupé)
Entrez.
Lucius Fox entre, il a des documents en mains. Bruce regarde toujours la fenêtre mais peut voir Fox en périphérie.
Lucius
Bonjour Monsieur Wayne.
Bruce
Bonjour Monsieur Fox. Avez-vous eu le temps d’éplucher les suggestions de nos concitoyens ?
Lucius
Tout à fait Monsieur. Nombreux sont les invités reçus au manoir Wayne à avoir proposé des projets pour la ville. Certains sont novateurs, mais beaucoup sont relativement égocentrés et intéressés, lorsque l’on regarde qui les suggère.
Bruce
Il me semble que les professeurs Parse et Isley ont soumis un dossier, des recherches sur des sevrages anti-drogue, je crois avoir vu.
Lucius
Exact. Cette idée mérite des approfondissements. Non pas que cela soit irréalisable ou utopiste, mais ce n’est pas suffisamment complet pour que la Wayne Entreprise se lance dans un financement.
Bruce
Le professeur Parse n’étant plus de ce monde. Je demanderai des précisions à la professeure Isley.
Lucius
Justement, il se trouve que la professeure Isley nous a contactés.
Bruce qui fixait toujours la fenêtre se tourne et regarde Lucius.
Lucius
La professeure nous demande si nous accepterions de contribuer à la reconstruction de la serre de Gotham. L’assurance contractée ne pouvant pas l’aider suffisamment.
Bruce
Nous acceptons. Si Wayne Entreprise ne finance pas la recherche de cette ville, alors je ne vois pas quelle serait son utilité pour les citoyens.
Télévision, une journaliste (en fond sonore)
Inquiétudes à Gotham : presque une vingtaine d’hommes hospitalisés aux urgences cette nuit et ce matin encore.
Bruce et Lucius regardent l’écran, interpellés par l’annonce.
Télévision, une journaliste
La police enquête toujours, mais il semblerait que les malades aient tous consommé une même drogue. Les services hospitaliers surnomment déjà cette nouvelle molécule le Toxique.
Télévision, un autre journaliste
Monsieur Dent, vous avez un message à faire passer à Batman je crois ?
Harvey Dent interviewé à la télévision
Ma question est simple : quelles sont vos priorités, Batman ? Maîtriser de vulgaires voleurs de bijoux alors que des vies sont en jeu de l’autre côté de la ville ?
Télévision, un journaliste
Soupçonnez-vous Batman d’avoir fait diversion cette nuit ?
Harvey Dent interviewé à la télévision
Je ne soupçonne personne, je suis du côté de la justice, un homme de preuves. Je constate juste que pendant que Batman s’acharnait sur cinq petites frappes au butin médiocre, le Toxique a été mis en circulation et a fait des victimes dès les deux premières heures de sa diffusion.
Télévision, les journalistes
Monsieur Dent ! Monsieur Dent !
Harvey Dent quitte les caméras.
Télévision, une journaliste
Pour l’instant, la police semble concentrer ses efforts sur l’Iceberg Lounge. Ce bar-discothèque-cabaret aurait été un lieu de diffusion du Toxique dans la nuit. Nous en saurons certainement plus dans la journée…
Bruce coupe la télévision. Lucius Fox prend le dossier le plus haut de la pile.
Lucius
Finalement, même incomplets, des travaux pour la lutte anti-drogue pourraient s’avérer opportuns…
Bruce regarde Lucius Fox. Bruce sort de son bureau, l’air agacé et soucieux. Plan suit Bruce.
Bruce (dit fort pour que Lucius entende de l’autre pièce)
Je vous fais confiance pour la sélection et l’accompagnement de ces projets Lucius, faites le nécessaire.
Arrière-plan, Lucius sort la tête du bureau, regarde Bruce partir puis regarde le dossier qu’il a en main. Bruce sort son téléphone portable de sa poche, le manipule puis le porte à son oreille. Plan suit Bruce qui progresse dans les couloirs, jusqu’à descendre dans le hall.
Bruce (au téléphone)
Harvey ! Tu es une star ! Je viens de voir ton interview coup de poing à la télévision ! Oui. Oui. Une grande nouvelle ? Encore ? Avec plaisir. Je peux être là dans trente minutes. A tout de suite !
Bruce entre dans le café, il repère Dent qui le salue de loin et lui fait signe de le rejoindre. Dent se lève. Bruce arrive à son niveau. Dent enlace Bruce.
Harvey
Ah mon ami ! Si tu savais comme je me sens bien !
Bruce
Je t’ai trouvé bien en forme au journal de ce matin ! Tu oses même provoquer le Batman !
Harvey
Gotham a besoin d’une justice équitable et rassurante. Le héros masqué de la nuit a peut-être fait son temps.
Bruce
Tu m’impressionnes Harvey ! Tu es là depuis moins d’une semaine et tes talents d’avocat sont acclamés par la plèbe et font trembler la pègre ! Gotham te sourit !
Harvey
Je t’avoue que mon égo est gonflé à bloc avec cette reconnaissance ! Je deviens aussi populaire et apprécié que Batman ! Enfin d’après un sondage paru ce matin.
Bruce
Et cela sans masque, bravo mon frère !
Harvey
Merci, mais ce n’est pas de ça dont je voulais te parler ! Cette joie est amplifiée par le fait que je ne la savoure pas seul. Bruce, mon ami, je suis amoureux !
Bruce
Wow ! Tu parles d’une nouvelle ! Le fougueux Harvey Dent, le briseur de cœurs a enfin cueilli la fleur rare ?
Harvey
Tu ne crois pas si bien dire ! C’est une botaniste ! Mais tu la connais ! Tiens regarde elle arrive !
Harvey montre du doigt derrière Bruce. Plan tourne et montre l’entrée du restaurant. Bruce se retourne et voit Pamela entrer. Elle est rayonnante, souriante, belle et a une démarche assurée. Elle regarde en direction des garçons en affichant un sourire lumineux. Bruce est subjugué, il sourit bêtement. Dent se lève, Bruce aussi. Pamela se colle à Dent qui passe sa main derrière elle et lui embrasse la joue.
Harvey
Bruce, Pamela. Pamela, Bruce.
Pamela
Voyons mon chéri, j’ai déjà eu l’honneur de rencontrer le grand Bruce Wayne.
Bruce
Et je me souviens parfaitement de notre rencontre professeure.
Bruce prend la main de Pamela et fait un baise-main. Pamela sourit. Dent est un peu agacé. Tous les trois s’assoient. Dent se décale d’une chaise de sorte que Pamela soit assise entre les deux.
Harvey
A ta soirée Bruce, le maire m’a tellement collé que je n’ai pas pu parler avec d’autres invités, mais j’avais, bien évidemment repéré cette sublime créature ! C’est seulement hier soir que nous nous sommes réellement rencontrés. Pamela est passée au tribunal pour demander le soutien de la ville pour la reconstruction de la serre. Par chance, j’étais là et je fus littéralement envouté. On est en symbiose, j’ai l’impression que ça fait des années que l’on se connaît !
Pamela écoute et ponctue le discours de sourires gênés, tout en fixant Bruce. Bruce sourit poliment et ne quitte pas Pamela des yeux.
Bruce
Le coup de foudre, en quelque sorte …
Harvey
C’est ça ! Un vrai coup de foudre ! Cela ne fait même pas vingt-quatre heures, pourtant, je sais que Pamela est la femme de ma vie !
Harvey embrasse la joue de Pamela qui incline la tête vers lui de sorte à lui faire un câlin. Bruce racle sa gorge.
Bruce
Pour votre serre, j’ai décidé moi-même de contribuer à sa reconstruction.
Pamela (portant les mains à sa poitrine)
Merci Monsieur Wayne !
Bruce
Bruce, appelez-moi Bruce.
Bruce et Pamela se sourient. Dent met son bras derrière l’épaule de Pamela et la rapproche de lui.
Harvey
Pour ma part, j’ai organisé une soirée caritative !
Pamela ouvre son sac à main, en sort un carton, embrasse le carton et le tend à Bruce.
Pamela
Toutes les âmes charitables sont les bienvenues.
Bruce prend le carton mécaniquement, sans le regarder, il est subjugué par Pamela.
Bruce
Je suis ravi de voir que vous vous portez aussi bien. Vous êtes une miraculée Pamela.
Harvey
Elle a eu une chance incroyable de survivre à cet incendie ! Même s’il m’arrive de critiquer Batman, je lui suis infiniment reconnaissant, sans lui, je n’aurais jamais pu rencontrer Pamela.
Bruce
Et le monde pleurerait un éminent cerveau.
Pamela regarde Bruce, elle apprécie qu’il la traite comme une scientifique digne de ce nom. Bruce sourit, embarrassé, il a du mal à soutenir le regard envoutant de Pamela.
Bruce
Je crois qu’aujourd’hui, plus que jamais, notre ville a besoin d’une scientifique telle que vous. Sachez Pamela que si vous désirez toujours poursuivre vos recherches sur la lutte anti-drogue, la Wayne Enterprise vous soutiendra.
Pamela est étonnée, Dent est agacé.
Harvey (ton sérieux, presque directif)
Supprimer les dealers reste le meilleur moyen.
Bruce (en regardant Dent)
Pour l’instant, il semblerait que les barons de la drogue préfèrent supprimer les consommateurs, si on en croit l’actualité.
Pamela
Espérons que ces pauvres gens seront vite rétablis.
Bruce
Je l’espère aussi, mais tout le monde n’a pas un aussi bon métabolisme que vous très chère (clin d’œil).
Pamela sourit, elle est gênée. Harvey regarde son téléphone.
Harvey
Chérie tu as vu l’heure ! Nous devons y aller.
Dent se lève en pressant Pamela. Pamela se lève, Bruce se lève aussi. Dent jette un billet sur la table pour payer son café.
Harvey
Je te rappelle Bruce !
Dent se dirige vers la sortie en premier. Pamela est légèrement en retrait. Elle regarde d’un air malicieux Bruce. Elle s’approche de lui et lui embrasse sensuellement la joue.
Pamela
J’espère vous voir à notre soirée, Bruce.
Pamela rejoint Dent à l’extérieur. Bruce les regarde partir.
La ruelle est sombre, mal éclairée. Des citoyens dans un état second passent dans la rue. Du brouhaha résonne. Le Pingouin ouvre la fenêtre de son bureau et fume son cigare.
Pingouin
Je t’attendais plus tôt.
Le Pingouin tourne la tête et regarde le balcon voisin sur lequel est posté Batman, caché dans l’obscurité.
Batman
Dis-moi tout ce que tu sais sur le Toxique.
Pingouin
Au risque de te décevoir, je ne l’ai pas encore essayé ! Mais c’est puissant, paraît-il. Hallucinations, comportements étranges, une recherche de soumission, un lâché prise total, parfait pour toi ! Tu en veux ? Je pensais que les seconds de Maroni avaient tous été approvisionnés.
Batman fonce sur le Pingouin, tous les deux tombent dans le bureau du Pingouin. Batman est au-dessus du Pingouin et le tient fermement au niveau des épaules par le costume.
Pingouin
Ça va détend-toi. C’était de l’humour ! Tu devrais essayer, ça fait du bien aux nerveux !
Batman relâche le Pingouin et se lève.
Batman
C’est donc bien le fils Maroni qui est derrière tout ça.
Pingouin (en se relevant péniblement)
Oscar ? Si moi je suis un pingouin, lui, c’est bien le roi des pigeons ! C’est un raté ! Tu crois vraiment que l’idée de faire diversion avec un cambriolage de bijouterie pendant la distribution de drogue était son idée ?
Batman
Ivy…
.
Pingouin (époussetant son costume)
Ouh, je vois que Monsieur a du goût ! La belle plante dirige les ficelles, Maroni n’est qu’un pion.
Batman
Que cherche-t-elle ? Argent ? Reconnaissance ?
Pingouin
Non, ça ne l’intéresse pas tout ça. Elle est bien plus insaisissable, ce qui en fait une adversaire redoutable. Elle est dangereuse.
Batman
Suffisamment pour que tu te mettes à table aussi facilement ?
Pingouin
Tu croyais que tu en avais fini avec les tarés ? Gotham les attire ! Ils pullulent ici. Des milliers de citoyens fous en puissance qui n’attendent qu’un petit élément déclencheur pour péter les plombs !
Batman
Et toi dans tout ça ? Tu es l’honnête propriétaire d’un club banché qui agit dans la légalité la plus totale ?
Pingouin
Business mon ami, simplement et purement du business. Cette nana me terrifie. Salvatore Maroni n’est pas là pour surveiller son rejeton. Dent gagne en pouvoir. Et toi ? Tu perds de ta superbe. Autant être dans tous les camps à la fois pour le moment.
Batman
Où est Ivy ?
Pingouin
Doucement Roméo ! La belle est faussement facile. Personne ne sait où elle se cache. Et tu sais quoi ? Même si elle est agréable à regarder, moins je la vois, mieux je me porte !
Batman va vers la fenêtre, prêt à partir.
Pingouin
Alors quoi ? C’est tout ? Pas de violence ? Pas de menottes ?
Batman (sans même regarder Pingouin)
La police te soupçonne, inutile de les court-circuiter. Et puis, tu m’en as dit bien assez.
Batman disparaît.
Pingouin
Il n’y a pas de quoi.
Trois hommes parlent. Batman les observe depuis le haut, caché sur des conteneurs. Deux camionnettes arrivent.
Homme de main
Nouvel arrivage de ce soir, les adresses de livraison sont sur le siège passager. Le patron veut que ce soit fini avant 2h.
Batman saute. Un homme se retourne pensant avoir entendu du bruit, Batman le maîtrise. Batman ouvre la camionnette et voit des caisses de Toxique, il en ouvre une et prend un sachet contenant quelques pastilles.
Homme de main (hors champ crié)
Batman !
Bagarre entre Batman et une dizaine d’hommes. Batman les bat tous.
Maroni (hors champ)
Ça suffit.
Batman se retourne et voit Oscar Maroni qui le vise avec une arme automatique.
Batman
Tu es plus courageux que ton père, il n’a jamais tenté de duel avec moi. Ou peut-être es-tu simplement plus inconscient, fou, ou trop arrogant.
Maroni
Mon père délègue tout. Moi, je suis un homme d’action.
Batman envoie un Bat sur Maroni qui perd son arme. Batman saute sur Maroni, les deux hommes se battent mais Batman le maîtrise très facilement.
Batman
Salvatore n’est peut-être pas dans l’action, mais il est doté de bon sens.
Batman allume son émetteur.
Batman
Police de Gotham ?
Un jeune garçon agite un journal.
Vendeur de journaux
Dernières nouvelles ! Oscar Maroni arrêté. Batman est-il un véritable allié de la justice ou a-t-il éliminé son rival du crime ?
Ivy avec une mini-jupe, un grand imperméable, des bottines, des collants fleuris, des lunettes de soleil. Elle marche dans la rue et achète un journal au garçon qui la regarde, subjugué. Elle le regarde par-dessus ses lunettes et lui fait un clin d’œil. Elle s’en va en lisant le journal. Elle rit.
Ivy (dit faiblement sur un ton coquin)
Amateurs.
Ivy avance et jette le journal dans la première poubelle en passant.
Un taxi se gare devant la grille. La porte passager arrière s’ouvre, Ivy de dos en sort. Elle est face à la grille de l’asile. « Arkham » est écrit au-dessus d’elle sur l’arche.
Un chariot poussé par Ivy avance. Elle a un pas sensuel, déhanché, talons hauts, robe courte blanche moulante, collants fleuris. Le chariot crisse et le bruit de ses talons résonne. Elle arrive au niveau de deux gardiens qui sont derrière un local en verre. Ils la regardent, estomaqués. Un vigile ouvre une petite fenêtre coulissante du bocal.
Gardien (dans un rire gras)
Bonsoir beauté.
Plan sur Ivy de face, sa robe est très décolletée, boutonnée tout le long par des boutons pressions en tension. Elle a une étiquette avec écrit « infirmière » sur la poitrine, un bandeau fleuri dans les cheveux.
Ivy (prenant un seringue)
C’est l’heure de la piqûre ! (dit en se trémoussant)
Gardien (à l’autre gardien)
On n’est pas du bon côté des barreaux mon vieux ! (rire gras)
Ivy sourit poliment à la blague et repose sa seringue. Un gardien disparaît du sas de verre. Bruits de clefs, la porte devant Ivy s’ouvre. Ivy entre, le gardien la dévore des yeux de haut en bas. Elle le fixe de manière coquine.
Gardien
T’es nouvelle ici ?
L’autre gardien les rejoint dans le couloir.
Gardien
N’hésite pas à venir nous voir quand tu auras fini ton tour. On s’ennuie un peu, c’est trop calme par ici la nuit…
Ivy sourit et dans un mouvement rapide et délicat, elle pose sa main gauche sur la joue de l’un et sa main droite sur la main droite de l’autre. Les deux gardiens tombent rapidement au sol. Ivy se mord les lèvres de satisfaction, elle tourne ses bagues. Les pointes empoisonnées ne sont plus orientées face aux paumes.
Ivy
Dans ce cas, vous serez bien au calme pour votre sieste.
Ivy avance dans le couloir, elle a abandonné son chariot. Elle ne regarde pas les détenus mais ces derniers sont nombreux à l’interpeller, siffler, faire des bruits d’animaux (hommes comme femmes). Elle s’arrête devant une cellule. La porte est fermée, une lucarne donne sur l’intérieur. Ivy avance et toque.
Ivy
Salut mon cactus.
Dans la cellule la lumière est inquiétante, sombre, beaucoup d’ombres. La cellule est vétuste, peu équipée. Brutal est assis sur le lit. Costume de prisonnier. Il lève les yeux et regarde Ivy. Il se lève, va vers la porte.
Brutal
T’es pas une infirmière classique.
Ivy
Ta perspicacité t’honore. Tu veux sortir d’ici ?
Brutal (sourit)
C’est quoi ton prix ?
Ivy (murmurant sensuellement)
Si je me souviens bien les unes de l’époque, tu as eu des déboires avec un chasseur aillé. Sois mon second et je te promets un duel contre la chauve-souris.
Brutal s’approche encore un peu plus de l’ouverture et sourit de manière inquiétante.
Brutal
Sors-moi de là, chérie. Je suis tout à toi.
Le Batsignal est allumé, Gordon attend à côté, un dossier à la main. Batman arrive.
Batman
Commissaire.
Gordon
Batman.
Batman
Que me vaut cet appel ? Je croyais que la police se méfiait de ma personne.
Gordon
Vous n’avez pas le vent en poupe, mais il m’a semblé judicieux de vous appeler pour vous prévenir qu’Arkham avait été attaquée.
Batman
Pourquoi n’y-a-t-il pas eu d’alarme ?
Gordon
Tous les gardiens ont été retrouvés vivants, mais empoisonnés et endormis. Les enregistrements des caméras de surveillance ont été effacés. C’est l’équipe relai qui a constaté les dégâts à sa prise de service.
Batman
Des évadés ?
Gordon
Un.
Gordon tend le dossier à Batman. Batman le prend et lit la couverture.
Gordon
Guillermo Barrera.
Batman
Brutal…
Gordon
La disparition de votre vieille connaissance n’augure rien de bon. Ce grand malade n’a pas été interné à vie pour rien !
Batman
Vous avez bien fait de m’appeler Gordon. Je m’occupe de ce psychopathe. Si vous retrouvez sa piste, dissuadez vos hommes de jouer aux héros, ils seront déjà morts avant même d’avoir pu croiser le regard de ce monstre.
Batman s’en va. Gordon le regarde partir.
Batman regarde l’écran géant. Une photo de Brutal est affichée. Alfred arrive, un pantalon de costume plié dans un main et un ceintre avec veste et chemise dans l’autre main.
Alfred
Voilà un visage qui ne m’avait pas manqué. Je me souviens encore des points de suture que j’avais dû vous faire, suite à votre dernière rencontre.
Batman
Cicatrices que je porte encore, malgré vos doigts experts. D’ailleurs, en parlant de cicatrices, je crois avoir trouvé les leurs.
Batman zoome sur des photos. Sur l’écran apparaissent les photos des deux gardiens de la zone spéciale d’Arkham. Gros plans sur la main et sur la joue.
Batman
Voilà par où le poison est entré…
Batman se retourne et regarde Alfred.
Batman
Qu’est-ce que c’est ? (en montrant ce qu’Alfred transporte)
Alfred
Votre costume, Monsieur.
Batman se regarde, il porte encore le costume de Batman qu’il n’a pas quitté de la journée.
Alfred
Votre autre costume. Bruce Wayne est invité à une soirée caritative.
Batman se retourne et voit le petit carton d’invitation de Pamela posé sur son clavier.
Batman
La soirée d’Harvey ! Quel jour sommes-nous ? Quelle heure est-il ?
Alfred
Nous sommes déjà demain, Monsieur. Vous êtes resté ici toute la journée, il est 17h30.
Batman
Que ferais-je sans vous Alfred ?
Soirée caritative pour sauver la serre de Gotham. Alfred et Bruce arrivent ensemble. Alfred est impassible.
Bruce (sur un ton taquin)
Ne souriez pas trop Alfred, même si je suis censé être un milliardaire philanthrope, je ne suis qu’un homme d’affaire qui ne se déplace jamais sans son chauffeur.
Alfred
Ce sera inutile de le préciser, je pense que personne ne peut me prendre pour votre garde-du-corps.
Bruce sourit. Plan sur la salle. Nombreux invités, tous élégamment vêtus. Bruce et Alfred son en costumes eux-mêmes. Musique en fond avec un petit orchestre présent. Harvey arrive.
Harvey
Bruce te voilà enfin ! Avec ce cher Alfred !
Harvey enlace Bruce puis il serre affectueusement la main d’Alfred.
Harvey
Vous arrivez juste à temps pour mon discours.
Harvey se tourne alors et interpelle la foule. La musique cesse.
Harvey
Mesdames et messieurs ! Merci à tous d’avoir répondu présents. Si je vous ai réunis ici ce soir, c’est pour aborder un sujet crucial pour notre ville. La pègre est à l’origine de l’incendie de notre serre. Cet espace vert était un centre de recherches avancées, dont nous avons grandement besoin aujourd’hui. En effet, ma chère et tendre compagne, l’extraordinaire professeure Pamela Isley, œuvre dans de nombreux domaines, y compris dans la lutte contre les addictions. Si vous tenez à aider votre ville, sauver vos proches, préserver votre hôpital et protéger vos enfants. Participez à la reconstruction de notre serre ! Non seulement vous contribuerez à une action écologique mais, en plus, vous aiderez notre système à lutter contre la pègre et ses dégâts !
La foule applaudit et encense le discours. Harvey est satisfait. Bruce et Alfred applaudissent également.
Bruce (chuchoté, se penchant vers Alfred)
Je ne lui connaissais pas cette fibre écologique…
Harvey savoure les applaudissements, puis il montre avec des mouvements de bras qu’il n’a pas terminé son discours.
Harvey
Mesdames et messieurs, ce n’est pas moi qu’il faut applaudir ! Merci d’applaudir celle sur qui reposera cette renaissance : la sublime professeure Pamela Isley !
Harvey montre le haut des escaliers de la salle. Bruce et Alfred regardent, comme tous les autres invités. Pamela apparaît en haut des escaliers. Elle est sublime dans une robe sexy noire mettant en valeur ses formes, très échancrée sur les jambes. La pièce est électrisée par son arrivée charnelle. Bruce ne la lâche pas du regard. Pamela salue et remercie du bout des lèvres les personnes qu’elle croise, elle affiche un air timide et souriant, très charmeuse. Pamela arrive au rez-de-chaussée et rejoint Harvey, la foule cesse les applaudissements peu à peu, la musique reprend. Pamela voit Bruce. Elle s’approche de lui.
Pamela
Ravie que vous ayez pu vous joindre à nous, Bruce.
Elle tend sa main, Bruce lui fait un baise-main. Harvey est sensiblement jaloux, il prend le bras de Pamela.
Harvey
Chérie viens, il faut absolument que je te présente un donateur potentiel !
Pamela suit le mouvement en maintenant Bruce du regard du coin de l’œil.
Alfred (en se rapprochant de l’oreille de Bruce)
Je savais que vous auriez dû lui offrir ces fleurs…
Coupe. Bruce mange des petits-fours. Les musiciens interprètent une valse. Pamela arrive et pose sa main sur le bras de Bruce. Il se retourne et la regarde séduit.
Pamela
Cela me semblerait logique que le plus grand donateur m’accorde une danse.
Bruce
Je ne peux rien vous refuser, Pamela.
Pamela prend le bras de Bruce. Ils arrivent au centre de la pièce. Tous les deux se lancent dans une danse. Ambiance très sensuelle entre les deux qui ne se quittent pas du regard. Pamela approche ses lèvres de l’oreille de Bruce.
Pamela
Encore merci pour tout ce que vous faites.
Pamela regarde Bruce en restant très proche de son visage. Bruce est gêné, il n’ose pas la regarder.
Bruce
Je n’ai aucun mérite à placer mon argent judicieusement.
Pamela se remet proche de l’oreille de Bruce.
Pamela
Vous êtes le seul à m’apprécier réellement à ma juste valeur de scientifique, merci.
Pamela se replace face à Bruce, il lui sourit. Fin de la musique. Les différents couples de danseurs se séparent ou quittent l’espace dédié. Bruce et Pamela se délient délicatement, toujours en se fixant. Harvey rejoint Bruce et Pamela, il regarde Bruce sévèrement, jaloux.
Bruce (embarrassé)
Pamela, Harvey, il est temps pour moi de vous quitter. Je vous souhaite une excellente fin de soirée. J’espère que les dons seront au rendez-vous.
Bruce quitte la salle avec Alfred qui était resté proche de la porte d’entrée. Harvey le regarde partir, regard haineux. Pamela prend le menton d’Harvey et rapproche son visage pour lui embrasser la joue, Harvey ne décolère pas pour autant.
Alfred conduit, Bruce est pensif, il regarde par la fenêtre. Visage peu visible, que lorsque la voiture roule sous un lampadaire.
Alfred
Les déceptions amoureuses sont les échecs les plus douloureux.
Bruce ne regarde pas Alfred. Alfred est triste pour Bruce.
Echos des précédents dialogues en mode « dans la tête de Bruce »
Des milliers de citoyens fous en puissance qui n’attendent qu’un petit élément déclencheur pour péter les plombs. (voix de Pingouin)
Ivy, elle se fait appeler Ivy. (voix du bandit)
Je suis amoureux ! (voix d’Harvey)
Merci pour tout ce que vous faites. (voix de Pamela)
Le problème, c’est que vous ayez pu la sauver elle. (voix de Gordon, plus fort que les phrases précédentes)
Pamela couchée nue sur le lit, sur le ventre, naissance des fesses visible. Dent est nu aussi, sexe caché sous le drap. Dent se tient sur le flan et caresse délicatement le dos de Pamela, il se penche vers elle, il lui embrasse l’épaule, la mordille. Pamela esquisse un sourire malicieux.
Harvey
Je suis littéralement fou de toi ma belle, tu le sais ? Je serais prêt à tout pour toi.
Plan sur le visage de Pamela. Elle sourit, air malicieux toujours.
Pamela
Vraiment tout, mon lotus ?
Bruce est assis sur le bureau. Plusieurs livres sont placés sur le meuble. Livres avec tranches ou couvertures visibles « vaudou », « plantes vénéneuses », « techniques de manipulation ». Alfred entre dans la pièce.
Alfred
Désolé de vous déranger Monsieur Bruce, mais je pense que vous devriez voir ça.
Alfred tend son téléphone portable à Bruce.
Journaliste, sur écran du téléphone (vidéo)
… La relaxation d’Oscar Maroni. Nous savons juste que c’est l’avocat Harvey Dent qui a fait parvenir un dossier à charge contre Batman, ce matin, au tribunal. Ce dossier changerait radicalement l’affaire. En effet, Batman aurait mené seul son enquête et les preuves retenues contre Maroni seraient insuffisantes. De quoi nourrir les rumeurs sur les actions intéressées du Batman.
Le regard de Bruce se décompose, Alfred est inquiet.
Lieutenant Bullock interviewé
Moi j’pense qu’il a raison, le Dent ! Après tout, Batman aurait très bien pu tout manigancer pour voir son concurrent dans les affaires se faire arrêter ! Et si c’était Batman qui vendait le Toxique ?
Oscar Maroni interviewé
Je suis victime d’une odieuse machination. Je suis heureux de constater que la justice de Gotham est intègre et traite tous les citoyens de la même manière, qu’ils soient masqués ou non.
Journaliste, dans le téléphone
En parallèle de tout cela, nous rappelons que les urgences ne désemplissent pas et que le Toxique est toujours suspecté d’être à l’origine de cette crise sanitaire.
Bruce coupe la vidéo. Il le redonne à Alfred. Bruce prend le livre intitulé « poisons et autres substances dangereuses naturelles » et quitte la pièce.
Bruce (en quittant la pièce)
Mieux vaut une déception amoureuse qui vous brise le cœur, qu’un amour qui vous anéantit le cerveau !
Maroni fouille dans son placard et en sort trois coupes. Ivy est assise sur le coin du bureau. Brutal est debout devant la porte d’entrée. Maroni est heureux, il prend la bouteille de champagne posée sur le bureau et la sabre. Il sert une coupe qu’il tend à Ivy. Ivy prend la coupe. Maroni propose une coupe à Brutal qui ne lui répond pas, il hausse les épaules et la garde pour lui.
Maroni
Franchement beauté, une femme qui a la justice de son côté n’a pas besoin de garde-du-corps ! (en montrant Brutal avec sa coupe)
Ivy sourit, boit cul-sec son champagne, pose la coupe sur le bureau, se lève et tapote la joue de Maroni.
Ivy
Prêt pour la phase deux ?
Maroni a un mouvement de recul, devient hésitant et va s’assoir derrière son bureau sur la chaise. Il prend un air sérieux, solennel.
Maroni
Ecoute… Je viens de passer à côté de la prison… J’ai eu beaucoup de chance sur ce coup-là… Mon père va bientôt rentrer, je préfère me calmer. Je ne veux pas faire n’importe quoi avant le retour du patriarche. Ce sont ses affaires et son argent.
Ivy reste d’abord de marbre avant d’adresser un sourire forcé à Maroni.
Ivy
Très bien, je comprends.
Ivy envoie un baiser à Maroni et sort de la pièce. Maroni fixe la porte et Brutal qui reste debout à côté de la porte ouverte. Brutal est sans expression.
Maroni
Sans rancune mon gars ?
Brutal
Et toi, il est où ton garde-du-corps ?
Brutal sourit de manière effrayante et sort du bureau. Maroni est inquiet, il prend la bouteille de champagne et boit à la bouteille.
Une voiture et une moto sont garées. Ivy monte dans la voiture. Brutal ferme la portière. Elle baisse la vitre, Brutal est debout à côté de la voiture.
Ivy
Donne-moi une lame.
Brutal sort un poignard d’une poche intérieure de sa veste en cuir et la donne à Ivy. Ivy prend la lame dans sa main, la serre et la badigeonne de son sang. Elle redonne l’arme à Brutal, de sorte à ce qu’il attrape le manche.
Ivy
Occupe-toi de Maroni. Si Batman intervient, utilise ce poignard, ne vise rien de vital, son heure n’est pas encore venue. Mais elle viendra, je te le promets.
La vitre se ferme, la voiture part. Brutal se dirige vers sa moto.
Maroni est sur la terrasse, verre à la main. La musique vient de l’intérieur de la maison éclairée, brouhaha, beaucoup de personnes font la fête à l’intérieur.
Maroni (à un homme de main sans le regarder)
Ah Carlos ! J’ai réussi là où mon père a toujours échoué : j’ai déjoué la police et descendu Batman au rang de vermine.
Batman (hors champ)
Mais contrairement à ton père, tu t’attribues les lauriers des autres.
Maroni se retourne et voit Batman lâcher le fameux Carlos qu’il laisse évanoui au sol. Batman avance pour se mettre à côté de Maroni.
Maroni
Tu n’effraies plus personne Bat. Gotham entre dans une nouvelle ère. Désormais, soit tu as l’intelligence de te retirer du jeu, soit tu persistes et restes suffisamment longtemps pour te faire arrêter et juger.
Batman
Je crains que tes options ne soient pas plus reluisantes. Ou tu continues à te faire manipuler telle une marionnette, ou tu t’émancipes et tu meurs.
Maroni
J’ai été blanchi, je ne risque plus rien. Quant à toi, tu ne prendras pas le risque de m’abattre.
Batman
Je ne parlais ni de la police, ni de moi.
Maroni fronce les sourcils, il réfléchit, il est inquiet. La musique dans la maison se coupe, Maroni et Batman se tournent en même temps pour regarder l’intérieur. Un couteau est lancé, Batman se jette sur Maroni pour le mettre à terre et qu’il évite d’être blessé. Personne n’est touché. Une seconde lame touche Batman à l’épaule. Batman se met sur le côté, il a mal, il a la respiration haletante et reste à genoux au sol. Il se couche sur le côté et tient son épaule. Brutal arrive, Maroni recule. Maroni est assis sur les fesses, il recule et se retrouve acculé contre la rambade.
Maroni
Attend ! On peut s’arranger ! Je plaisantais tout à l’heure ! Bien sûr que je veux encore travailler avec vous !
Brutal se met accroupi et fixe Maroni.
Brutal
Madame est catégorique : vivant, tu ne lui sers plus à rien. Mort, tu peux t’avérer utile.
Brutal plante une lame dans le ventre de Maroni et la tourne. Maroni gémit de douleur en se tenant l’abdomen. Brutal retire la lame, puis se relève. Brutal regarde Batman et sourit. Batman peine à garder les yeux ouverts et soutenir la tête pour regarder Brutal.
Brutal
Quant à toi, il semblerait que tu sois encore intéressant vivant. (il se met accroupi, au niveau de Batman) Mais le moment venu, je m’occuperai de toi, et sans artifices.
Brutal retire la lame que Batman a dans l’épaule, Batman étouffe un cri de douleur. Brutal s’en va en repassant par la maison. Batman s’écroule en arrière champ.
Batman ouvre les yeux. Des sirènes de police se rapprochent. Des voitures arrivent, des portières claquent, des hommes parlent et s’agitent. Maroni git à côté lui mais il est toujours en vie. Batman se glisse et saisit Maroni, beaucoup de sang sur Maroni et autour de lui.
Batman (difficilement)
Où est Ivy ?
Maroni sourit, du sang sort de sa bouche, il suffoque.
Maroni (très faiblement et entrecoupé)
Tu ne peux rien contre elle. Je me suis fait avoir, tout le monde se fait avoir. Elle est bien trop forte. Tu es déjà mort.
Tête de Maroni tombe sur le côté. Batman le lâche et le laisse tomber au sol. Les voix des policiers se rapprochent. Batman se lève, s’appuie contre la rambarde et se laisse tomber de l’autre côté. Gordon arrive et voit Batman partir. Bullock arrive et se précipite sur Maroni.
Bullock
Comme les autres. C’est une véritable boucherie ici.
Gordon
Prévenez les secours. Avec un peu de chance, certains peuvent être encore sauvés.
Bullock rentre dans l’hacienda. Gordon avance et se met près de la rambarde.
Gordon (à l’attention de Batman mais dit dans le vide, faiblement)
J’espère que vous savez ce que vous faites…
Batmobile arrive à la Batcave, Batman sort, il titube, Alfred arrive à son secours.
Bruce se réveille. Alfred est à côté de lui, sur une chaise.
Alfred
Heureux de vous revoir parmi nous Monsieur.
Bruce se redresse, il grimace, il met la main sur son épaule. Il a le torse nu. Cicatrice recousue avec auréole bleutée étonnamment large. Alfred s’approche pour accompagner son mouvement.
Alfred
Attention Monsieur Bruce, la rémission n’est peut-être pas encore complète.
Bruce
Que m’est-il arrivé ?
Alfred
Vous êtes rentré vers 3h du matin. La Batmobile était en pilote automatique et vous a conduit ici. Vous êtes sorti à peine conscient. Je vous ai aidé à gagner votre lit.
Bruce est assis, Alfred se recule. Bruce est pensif.
Bruce
Maroni !
Alfred
Oui, d’après le GPS de la Batmobile, j’avais compris que vous aviez dû assister à l’assassinat de cette fripouille.
Bruce
Brutal. Brutal était là et…
Bruce se touche l’épaule et grimace encore.
Alfred
Il m’avait bien semblé reconnaître sa signature. Mais je n’avais pas souvenir que ses armes soient empoisonnées.
Bruce
Empoisonnées ?
Alfred
Vu votre état, je me suis permis de réaliser un prélèvement sanguin. Vous avez reçu une sacrée dose de diverses toxines, toutes issues de plantes vénéneuses.
Bruce
Alfred, je crois que nous avons d’autres échantillons à passer aux cribles, même si je pense en connaître par avance les résultats…
Bruce est assis devant son écran d’ordinateur et roule de droite à gauche avec son siège à roulettes. Alfred se tient debout derrière et suit activement les recherches. Bruce manipule un comprimé de Toxique mais aussi le carton d’invitation embrassé par Pamela. Sur l’écran, des résultats apparaissent.
Bruce
Les mêmes toxines dosées différemment apparaissent dans le Toxique et mon sang. De quoi plonger dans un état second les victimes. Apparemment, quand les substances sont bien proportionnées, les sujets deviennent plus dociles, influençables, en proie à de la manipulation psychique et suggestions mentales.
Alfred
Et ça ?
Bruce
L’analyse du rouge-à-lèvres de Pamela… Il contient, lui-aussi, des toxines similaires.
Alfred
Vous voulez donc dire que …
Bruce
Pamela est Ivy.
Alfred
Finalement, vous avez bien fait de m’offrir ces fleurs.
Sur l’écran de l’ordinateur, Bullock apparaît, interviewé. Bruce fronce les yeux et agrandit l’image et met le son.
Bullock à l’écran
L’enquête suit son cours. Pour l’instant, toutes les options sont sur la table, y compris que Batman ait liquidé Maroni et toute son équipe.
Bruce coupe l’image.
Bruce (soufflé, presque chuchoté)
Brutal travaille avec Ivy, c’est évident. Elle doit le manipuler et jouer avec lui, il n’est qu’un pion… Gordon n’a pas ébruité son évasion d’Arkham.
Alfred
Est-ce une bonne chose ?
Bruce
Pour la sécurité de la population : peut-être. Pour Batman : non.
Pingouin chantonne en retirant sa chemise. Il est difforme et laid.
Ivy
Bonsoir.
Pingouin se retourne et voit Ivy dans l’encadrement de sa fenêtre.
Pingouin (en cachant son torse avec ses bras comme il le peut)
Madame, votre visite m’honore, mais sachez que je ne suis pas un homme facile !
Ivy
As-tu trouvé ce que je t’avais demandé ?
Pingouin, en essayant encore de cacher son ventre, va vers sa veste de smoking qui est sur un ceintre et en sort des papiers pliés n’importe comment et sales. Ivy s’avance et prend les documents en fronçant les yeux et contractant le nez de dégout.
Ivy
Mon immunité a du bon, mais je n’ai pas perdu l’usage de mes sens pour autant…
Pingouin est gêné, il sourit maladroitement, ses dents sont sales, cassées, jaunes. Brutal ouvre la porte.
Pingouin
Désolé chérie, les partouzes c’est pas mon truc.
Ivy se dirige vers la porte.
Pingouin
Que vas-tu en faire ? (en désignant le document d’une main et se cachant de l’autre)
Ivy se retourne, envoie un baiser à Pingouin et part. Brutal regarde Pingouin avec un air de dégoût et suit Ivy. Pingouin s’avance dans l’encadrement de sa porte de chambre et voit Ivy enjamber les corps ensanglantés des gardes-du-corps, tandis que Brutal les piétine comme s’il n’y avait rien au sol. Pingouin a peur.
Ivy et Brutal sortent du bâtiment. Une voiture les attend. Ivy se retourne, place sa main sur le torse de Brutal et le caresse.
Ivy (murmuré sensuellement)
Je n’ai aucune confiance en lui, laisse des hommes ici. Donne-leur ceci.
Ivy appuie un étui sur le sexe de Brutal qui trésaille et prend l’objet. Puis Ivy se retourne, claque des doigts, un homme lui ouvre la portière, elle entre, le même homme ferme la portière. La voiture part. Brutal voit la voiture partir. Il siffle, des hommes de main viennent vers lui.
Maire assis, Dent assis face à lui, ses jambes sont en mouvement incessant. Gordon entre.
Gordon
Je vous prie de m’excuser pour le retard.
Dent (très agacé)
S’il n’y avait que ça à excuser !
Gordon
Je vous demande pardon ?
Harvey se met debout et s’approche de Gordon qu’il menace avec son index.
Dent
Votre laxisme et la lenteur de vos équipes sont à l’origine du massacre de l’hacienda Maroni !
Gordon
Si Maroni était allé en prison, tout cela ne se serait pas produit !
Dent
Si vous ne vous reposiez pas autant sur une brute criminelle masquée, Maroni serait derrière les barreaux !
Maire
Messieurs, du calme je vous prie.
Le maire fait signe à Gordon et Dent de s’assoir. Gordon obéit mais Dent reste debout, il trépigne encore.
Maire
Les citoyens affluent aux urgences depuis des jours. Nous manquons de places pour recevoir le nombre de malades. Les médecins, tout comme les pompiers sont saturés d’appels.
Dent (agacé)
Et alors ? Encore des toxicos qui ont abusé du Toxique !
Maire
Non, pas cette fois. Pas depuis hier soir. Les victimes sont essentiellement des hommes aux âges variés, même des enfants et ados sont touchés. Ils se plaignent de nausées, démangeaisons, maux de tête et fatigue excessive. D’après les bilans sanguins, il semblerait que ces individus aient tous été drogués oui, mais par une molécule différente de celle du Toxique. Tous les malades certifient ne pas avoir consommé de Toxique. Qu’ils mentent ou pas, je m’en moque, en attendant, ils affluent dans nos services. Beaucoup sont dans un état très grave.
Gordon
Quelle est votre consigne ?
Maire
Travailler ensemble et dans la discrétion. Je ne veux pas de vagues. Si nous avons affaire à une pandémie, une panique de la population aggraverait la situation. Tant que l’origine du mal ne sera pas clairement identifiée, nous n’aurons aucune aide nationale.
Dent avance seul dans ce couloir.
Bruce (hors champ)
Harvey !
Dent se retourne et voit Bruce, il se force à sourire.
Bruce
Je suis allé à ton bureau, on m’a dit que je te trouverais ici, je dois te parler.
Dent
Pas maintenant Bruce, je suis occupé.
Dent fait mine de partir mais Bruce le retient par le bras.
Bruce
C’est au sujet de Pamela.
Dent regarde méchamment Bruce.
Dent
Ne t’en fais pas, j’ai bien compris qu’elle te plaisait, mais c’est moi qu’elle a choisi ! Il faut que tu t’y fasses !
Dent part mais Bruce tient encore son bras fermement. Des personnes passent dans le couloir et les regardent.
Bruce (dit tout bas)
Elle est dangereuse ! Tu devrais prendre tes distances.
Dent explose de rire.
Dent
Dans le rôle de l’amoureux éconduit, tu es ridicule !
Dent dégage son bras et part. Bruce le regarde partir, impuissant.
Bruce entre dans la voiture, Alfred est au volant.
Alfred
Comment Monsieur Dent a-t-il réagi ?
Bruce
Mal. Mais au-delà de ça, il me semblait différent, préoccupé. L’ambiance dans la mairie était électrique.
La voiture passe devant l’hôpital. Bruce et Alfred voient beaucoup de gens attendre leur tour devant les urgences, certains vomissent. Une équipe de journalistes se trouve devant les urgences.
Bruce
La radio locale, s’il vous plaît Alfred !
Alfred
Bien sûr, Monsieur.
Alfred allume la radio en appuyant sur un bouton du tableau de bord.
Radio
… Oui en effet les habitants sont inquiets, d’autant plus que le maire ne cesse de répéter que tout va bien, alors que nous comptons actuellement cinquante-trois nouvelles hospitalisations depuis cette nuit. Les médecins, pompiers et secours ne savent plus où donner de la tête, leurs propres services ne sont pas épargnés, ils sont en sous-effectifs. Les malades nient avoir consommés de la drogue, nous ignorons tout de cette pathologie foudroyante.
Gordon est à son bureau, la fenêtre est ouverte. Batman entre, Gordon sursaute.
Gordon
Je sais bien que vous n’êtes pas en odeur de sainteté dans ces locaux et que vous aimez l’originalité, mais il existe des portes. En plus, comme vous l’avez sûrement remarqué, le commissariat est en sous-effectif.
Batman
De nombreux malades, je présume ?
Gordon
Les plus en forme sont cloués au lit, les autres sont à l’hôpital… La presse ne le sait pas encore, mais il y a eu six décès cet après-midi. L’information ne va pas tarder à s’ébruiter.
Batman
Pourquoi Gotham ne reçoit-elle pas de soutiens nationaux ?
Gordon (se levant, énervé, poings serrés sur bureau)
Parce qu’on ne sait pas de quoi les gens meurent ! Y avait un gamin de 14 ans ! Le pays craint que Gotham ne soit le foyer infectieux d’une dangereuse pandémie ! Venir nous aider serait s’exposer au virus ! Gotham va être isolée du reste du pays pour freiner le mal…
Gordon se calme et se rassoit, il a les larmes aux yeux, il se frotte la tête dans ses mains.
Batman
Les ponts vont être levés…
Gordon lève les yeux et regarde Batman.
Gordon (plus calmement)
Le couvre-feu devrait bientôt retentir. Les ponts suivront. Gotham va être mise en quarantaine, dès ce soir. Je n’ai pas assez d’hommes pour contenir les foules qui seront légitimement en panique…
Batman regarde le bureau de Gordon et voit une photo de Pingouin.
Batman (en pointant la photo du doigt)
Que vient-il faire dans tout cela ?
Gordon baisse les yeux et voit la photo.
Gordon
Il a été vu en train de prendre des photos des égouts de la ville. Nous l’avons interrogé, mais à part le faire plonger pour nostalgie nauséabonde de ses origines, nous n’avons rien contre lui.
La sirène de quarantaine retentit. Batman regarde Gordon.
Batman (avant de sauter par la fenêtre)
Prenez soin de vous commissaire. Gotham a, plus que jamais, besoin de vous.
La foule est en panique. Des hommes, des femmes et des enfants sont dehors et crient ou pleurent. Les sirènes de police tournent en continu, des voitures klaxonnent. Des citoyens allument des fusées éclairantes, des pétards sont jetés. Un enfant se retrouve seul, il pleure, il se retourne et un camion lui fonce dessus. Batman arrive, attrape de justesse l’enfant et le ramène sur le trottoir, ses parents arrivent. Batman aide d’autres personnes à se relever, des citoyens sont blessés. Batman intercepte une moto qui fait du forcing dans la population. Coups de feu résonnent, Batman s’envole en envoyant son lance-grappin sur un toit.
Batman survole Gotham en sautant de toits en toits, avec sa cape qu’il utilise comme des ailes pour planer entre deux bâtiments. La population est toujours dans les rues et en panique. Batman arrive dans une rue avec incendie. Un homme pointe son arme sur la foule, dont la police, le commissaire Gordon est là.
Forcené
Je refuse de crever ici !
Batman atterrit derrière l’homme, il le maîtrise. Gordon vient en courant avec des menottes. Gordon attrape les poignets du forcené et l’attache. Gordon a un genou à terre, il maintient le forcené. Batman est debout, Gordon le regarde.
Gordon
Tant pis si on me reproche de déléguer à un inconnu masqué, mais occupez-vous de trouver l’origine de tout ce merdier, mes hommes et moi gèreront la foule !
Batman regarde Gordon, il acquiesce et s’envole en lançant son lance-grappin.
Batman est dans la Batmobile. Il appuie sur des boutons, tout en conduisant.
Alfred (au téléphone)
Monsieur Bruce ? Est-ce que vous allez bien ?
Batman
La ville est mise en quarantaine. Restez au manoir Alfred.
Alfred
Dommage, mes plans festifs tombent à l’eau. Je cherchais à vous joindre car Brutal est de sortie, lui. Il a été aperçu à l’Iceberg Lounge ce soir.
Batman
Parfait. Je passe aux quais déposer la Batmobile et je vais rendre visite au Pingouin.
Alfred
Cela décrassera la Batmoto de rouler un peu, vous avez raison. Soyez prudent monsieur.
Batman
Vous aussi Alfred.
Batman avance sa main pour raccrocher mais il se ravise.
Batman
Oh et Alfred !
Alfred
Oui monsieur ?
Batman
C’est peut-être une intuition stupide de ma part, mais évitez de consommer de l’eau de la ville !
Calme, Batman est debout dans l’obscurité, face à la porte. Des gens dans un état second entrent et sortent. Le vigile est malade, pâle, il tient debout difficilement. Batman profite du fait que le vigile vomisse pour se faufiler à l’intérieur.
Lumières intermittentes et agressives en flashs, néons bleus. Des décorations tombent du plafond, des rubans sur lesquels se reflètent les lumières et faussent la vision. Onirisme. Personne ne remarque Batman. Tout le monde est hilare, saoul, drogué. On s’amuse, danse. Batman se faufile. Il arrive au pied des escaliers. En haut des marches, une porte s’ouvre, Ivy sort, elle avance, descend les marches, elle avance dans la foule. Tout le monde la regarde, hypnotisé et se pousse devant elle pour lui créer un passage. Elle attrape un ruban qui pend du plafond, se hisse et tournoie au-dessus d’une foule conquise. Public en mode zombies. Elle rit. Redescend au sol et sort. Brutal la suit. Batman monte les escaliers jusqu’au bureau de Pingouin.
Batman entre et ferme la porte derrière lui. Batman regarde la pièce, il est sur la défensive, puis abandonne sa garde. Pingouin est assis à son bureau.
Pingouin
Tu ne risques rien, j’ai des soucis avec mon personnel en ce moment.
Batman
Oui, j’ai constaté que ton vigile aurait bien besoin d’un arrêt maladie.
Pingouin
Si ce n’était que ça… Les autres sont à la morgue, alors finir à l’hôpital, ce n’est pas si pire !
Batman
Voilà ce qui arrive quand on fréquente les mauvaises personnes.
Pingouin se lève et s’avance vers Batman.
Pingouin
Personne ne peut rien contre cette femme, alors autant être de son côté. Tu ferais mieux de faire pareil, tu es déjà suspecté d’être un voyou, tu n’es plus à ça près !
Batman
Pourquoi ce regain subit pour les égouts ?
Pingouin sourit, lève les bras sur les côtés.
Pingouin
Tu n’as toujours pas compris ? Tu ne peux rien contre elle !
Batman s’agace et porte Pingouin par le col.
Pingouin
C’est trop tard Batman ! La machine est déjà en marche !
Batman
Qu’a-t-elle fait ?
Pingouin
Elle s’est d’abord occupée des quartiers malfamés et elle élargira encore et encore son aura ! Bientôt on devra tous…
Il ne finit pas sa phrase et porte sa main derrière la nuque. Pingouin trésaille, Batman l’aide en le retenant de s’écrouler au sol. Pingouin perd connaissance. Batman sent puis voit une fléchette dans la nuque de Pingouin, il la retire. Prudemment, Batman se poste sur le côté de la fenêtre et observe l’extérieur.
Batman saute de la fenêtre et atterrit dans la rue. Une bagarre s’engage. Batman lutte contre une dizaine de sbires d’Ivy. Il parvient à tous les maîtriser. Batman se penche sur un sbire, prend un Bat, coupe légèrement l’homme à la joue, puis range le Bat dans sa poche. Batman appelle la Batmoto qui arrive en pilote automatique à lui. Elle arrive vite, elle était garée près de là. Batman monte sur le véhicule.
Au volant de la Batmoto, Batman arrive dans une rue. Une moto lui fonce dessus, il parvient à l’éviter, c’est Brutal. Course-poursuite entre les deux hommes qui se lancent des projectiles (lames pour Brutal et Bats pour Batman). Les deux motos slaloment entre les voitures à l’arrêt garées n’importe où et quelques citoyens encore présents esseulés. Batman parvient à faire en sorte que Brutal ait un accident. Batman stoppe sa Batmoto. Il se retourne et regarde Brutal. Il profite de la confusion pour envoyer un émetteur discret sur Brutal (via un outil de la Batmoto). Plan sur l’émetteur qui se fixe sur la jambe de Brutal. Plan sur Batman qui attend, il fixe Brutal. Brutal se relève. Il pousse sa moto qui lui bloquait la jambe. Brutal retire son casque, il crie de rage, regarde en direction de Batman. Il disparaît dans la foule. Batman le perd de vue.
Batman allume son écran tactile. Il sort le Bat imprégné de sang et le pose sur une petite plateforme d’analyse. Le résultat s’affiche sur le tableau de bord « présence de Toxique et de dopants divers ».
Batman (faiblement)
Elle drogue ses sbires pour qu’ils soient à sa merci et plus performants…
Une alerte s’allume sur l’écran, Batman clique dessus, c’est un message d’Alfred « Harvey Dent hospitalisé ». Batman tape du poing d’énervement. Batman se ressaisit, il appuie sur les touches de l’écran.
Batman
A nous deux, Brutal, où te caches-tu ?
Carte de Gotham apparaît sur l’écran.
Batman arrive devant la serre, il gare sa Batmoto. Il avance dans les ruines du laboratoire. Certaines parties tiennent encore, Batman entre dans le bâtiment. Il remarque une porte dérobée au sol. Batman la soulève et descend.
Batman avance dans le couloir du laboratoire secret. L’espace est restreint, bas de plafond. Il se dirige vers un tableau parsemé d’écriture à la craie. Des mots sont entourés comme « testostérone » ou « Toxique ».
Batman
Ce poison s’amplifie au contact de la testostérone !
Batman regarde les plans posés sur le bureau, il saisit des papiers sales, il les sent.
Batman
Pingouin…
Batman lit. Il voit des plans de canalisations, des cartes où certaines zones sont coloriées.
Batman
C’est bien l’eau qui est empoisonnée ! Pingouin disait vrai, seuls les quartiers malfamés sont concernés.
Photos de la station d’épuration.
Batman
Ces quartiers n’étaient que des tests ! Ivy va diffuser son poison à grande échelle ! Toute la ville sera impactée !
Batman court et sort du laboratoire.
Batman allume l’émetteur de son poignet. Il avance d’un pas décidé dans les cendres.
Batman
Alfred ?
Batman est coupé car il entend un sifflement et évite de justesse une lame envoyée par Brutal.
Brutal
Quel plaisir de se retrouver enfin ! Après tant d’années !
Batman
Tu aurais mieux fait de rester en cellule ! Cette fois-ci, je n’aurai aucune pitié !
Les deux hommes se battent, Batman est touché à plusieurs reprises. Batman est souvent en position de faiblesse. Brutal rit et se moque, son rire résonne. Batman est au sol, il se sert d’un poignard que Brutal lui a planté dans la cuisse pour prendre l’arme et la planter dans le cœur de Brutal. Brutal tombe sur les genoux, puis face contre terre. Batman part en boitant et chevauche sa moto, il porte son poignet à sa bouche pour activer sa radio.
Batman
Commissaire Gordon ? Brutal est maîtrisé. L’eau de Gotham est infectée, c’est de là que provient l’épidémie. Rejoignez-moi dès que possible à la station d’épuration.
Batman démarre, la moto file dans la nuit.
Batman arrive devant la station d’épuration, il arrête sa moto. Il ouvre le siège de la Batmoto et en sort un objet pas identifiable. Il observe les alentours. Les grilles sont fermées, il escalade athlétiquement et facilement. Pas un bruit. Les turbines sont à l’arrêt. Les lumières extérieures sont allumées. Batman enfile son masque à gaz qu’il avait sorti de sa moto. Batman pousse la porte d’entrée qui était entrouverte. Batman avance lentement dans la station. De la fumée dans l’atmosphère. Au sol, les corps morts de quelques gardiens et ouvriers, pas de marques de blessures. Morts les yeux ouverts, beaucoup se tiennent la gorge. La plupart des corps sont proches de la porte d’entrée.
Ivy (de loin, hors champ)
Hou, monsieur sort couvert. J’aime les hommes prévoyants !
Ivy rit fort, cela résonne.
Batman (voix étouffée par le masque)
C’est fini Pamela. Brutal ne viendra pas t’aider, tu es seule et démasquée. Je te laisse le choix : tu te laisses faire et cela se fera en douceur, tu te débats et ta fin sera incertaine.
Ivy rit de nouveau.
Ivy (de loin, hors champ)
Véritable gentleman ! Mais tu présumes de tes forces mon joli. C’est toi qui ferais mieux de t’agenouiller !
Porte qui claque. Batman continue d’avancer, il se trouve face à une porte, il entre.
Batman entre dans la salle des cuves. Pas de bruit, les cuves et le traitement des eaux sont à l’arrêt. De la fumée encore plus épaisse dans cette salle. Batman navigue surtout grâce à sa vision infrarouge. Bruits de talons. Plans sur Batman alternent avec plans sur Ivy qui marche. Plans d’abord sur les jambes des deux puis plans montent jusqu’à avoir les personnages en entier tour à tour et de dos. Opposition entre leurs tenues : Batman suréquipé, Ivy en robe échancrée et sans masque. Batman entend un bruit, il se retourne et lance un Bat, Ivy rit. Batman s’immobilise et se concentre, il peine à voir quelque chose, même en infrarouge. Ivy n’apparaît pas dans son masque.
Ivy
J’ai dit : à genoux !
Bruit de fouet. Batman est attrapé à la cheville par le fouet vert et visqueux qui ressemble à une liane. Il tombe au sol. Noir.
Batman est ligoté avec des lianes sur une chaise de métal. Il reprend lentement ses esprits. Sa chaise est placée devant la console des machines et une grande vitre qui donne sur les cuves, à 45° (Batman face à la porte de la salle pas face à la vitre donnant sur les cuves). Batman n’a plus son masque à gaz. Il tourne la tête et voit son masque à gaz au sol à côté de la chaise. Ivy marche (bruits de talons), elle est hors champ derrière lui, Batman tourne un maximum la tête sur le côté, Ivy lui caresse le dos, la tête (en insistant sur les oreilles du masque) et les épaules. Elle a les mains manucurées.
Ivy
Ne t’inquiète pas, ici, tu peux respirer en toute sécurité, fais-moi confiance.
Batman
J’avais confiance en Pamela.
Ivy rit et se met sensuellement à califourchon sur Batman.
Ivy
Oh chéri, cela me touche, vraiment !
Batman
Qu’est-ce qui t’es arrivée ? Avec ton talent tu aurais pu…
Ivy (en coupant la parole)
J’aurais pu voir le mérite de mes travaux être attribué à un autre ! Demain, cette ville sera à ma merci et mon aura sera diffusée dans le pays tout entier !
Batman
J’en ai enfermé des moins mégalomaniaques que toi…
Pamela
Non ! Pas mégalo ! C’est juste que j’ai vécu trop longtemps dans l’ombre des hommes, il est temps pour moi d’inverser la tendance !
Batman
En tuant des innocents ? Des gamins ?
Ivy (ton indifférent)
Bof, chaque combat a son lot de victimes collatérales. Et puis, ils n’étaient que des mâles dominants agresseurs potentiels.
Batman est sidéré et ne sait pas quoi répondre. Ivy approche sa bouche de l’oreille de Batman.
Ivy (en susurrant)
Mais toi, tu pourrais rester en vie. Il paraît que la place de garde-du-corps est disponible.
Ivy lèche Batman, Batman tourne la tête de l’autre côté. Ivy rit et le reprend fermement face à elle en serrant sa tête dans ses mains. Elle l’embrasse de force, il la repousse, elle se relève.
Ivy
Tant pis !
Ivy s’avance près de la console des commandes, Batman essaye de défaire ses liens, Ivy continue sereinement sans se soucier de lui.
Ivy
Dans environ trois minutes, un dérivé du Toxique sera relâché dans la totalité des eaux de Gotham. Les hommes seront tous malades, certains vont mourir. Les chanceux survivants deviendront de gentils sbires dociles ! Et ça, c’est sans compter les femmes sur qui le poison sera opérant ! Toi qui parlais de mon talent, j’aurai bientôt de la main d’œuvre et de nombreux cobayes volontaires.
Batman (se débattant, ton énervé)
Tu es complètement folle !
Ivy
La folie est gage d’une science sans limites ! Bye mon chéri ! (en envoyant un baiser) Je t’aimais bien. Je n’ai plus qu’à espérer que mes chouchous Dent et Wayne s’en sortent, je risque de m’ennuyer sinon…
Ivy sort de la pièce. Batman saute avec sa chaise jusqu’à une armoire vitrée. Il donne des coups de têtes dans la porte, la vitre se brise. Il se laisse tomber au sol, réussit à saisir un débris de verre et coupe la liane. Batman se relève, il ne peut pas arrêter la machine avec les boutons de la console. Il regarde la salle avec les cuves, il prend son masque à gaz au sol et sort de la pièce.
Batman saute (la salle des commandes étant en hauteur par rapport à la salle des cuves). Au-dessus des cuves, une bombe en forme de fleur géante commence à s’ouvrir. Par transparence, Batman voit que des produits liquides se mélangent dans la bombe. Il court vers les commandes manuelles des cuves. Sur la première il trouve comment la fermer et actionne la bâche hermétique. Il va vers la deuxième et appuie sur les boutons.
Ivy
Imbécile ! Qu’est-ce que tu fais !
Avec les fumées, Batman voit difficilement, mais il parvient à actionner le bon bouton, la bâche se place in extremis. La fleur explose et laisse se déverser des centaines de litres d’un liquide vert épais dans la pièce, Batman se protège avec sa cape.
Ivy
Non !
Une fois le liquide tout vidé, les fumées s’épaississent, impossible pour Batman de voir. En infrarouge il ne voit toujours pas Ivy. Ivy parvient à toucher Batman avec son fouet, Batman lance toujours à côté d’elle ses projectiles et tape dans le vide. Batman regarde rapidement dans tous les sens.
Ivy (sur un ton ironique et enjoué)
Ne fais pas ton étonné ! Si tu es une chauve-souris, j’ai bien le droit d’avoir quelques caractéristiques végétales, comme une faible chaleur corporelle !
Ivy rit. Batman s’immobilise et se concentre. Les bruits de pas d’Ivy dans le liquide deviennent audibles pour l’équipement de Batman qui peut les amplifier. Batman arrive à localiser Ivy. Il attrape le fouet lorsqu’elle le lance, il tire dessus et approche Ivy vers lui. Batman neutralise Ivy en l’attrapant par derrière et en l’endormant en serrant son cou avec son propre fouet.
Batman
Je suis désolé, Pamela. Moi aussi, je t’aimais bien.
Batman sort avec Ivy dans les bras. Il porte toujours son masque à gaz. Les sirènes de police résonnent. Des portières de voitures claquent. Batman pose délicatement Ivy au sol, dans de l’herbe et les pâquerettes. Il retire son masque à gaz. Il regarde Ivy. Il lui caresse le visage. Batman se lève, Gordon est face à lui.
Batman
Il faudra purger les eaux de la ville. Ne laissez entrer que du personnel bien équipé et protégé pour nettoyer tout ça.
Gordon (en montrant Ivy)
Et elle ?
Batman regarde Ivy, il marque une pause puis regarde Gordon.
Batman
Avant de la juger et de l’enfermer, proposez à des chercheurs d’analyser son sang, elle peut peut-être être utile pour soigner les malades. Et envoyez aussi une équipe dans son laboratoire secret, sous l’ancienne serre, cela pourrait être instructif.
Batman part. La grille est ouverte, il sort. Plan de dos, cape au vent.
Bruce est au chevet de Dent. Un bip continu émane de la machine reliée à Dent montrant ses constances vitales. Bruce a les traits tirés, il est fatigué. Une infirmière entre, sourit à Bruce qui lui sourit en retour. Infirmière s’approche de Dent.
Infirmière
Son état est stabilisé, grâce au traitement que les médecins ont trouvé la semaine dernière, c’est un miracle.
Bruce sourit en coin.
Infirmière
Vous ne l’avez pas veillé vainement Monsieur Wayne, vous devriez bientôt pouvoir assister à son réveil.
Bruce (en se levant)
Alors il est temps pour moi de partir.
Infirmière (bégayant, incompréhension)
Mais, mais, je ne comprends pas, vous…
Bruce (l’interrompant)
Avant qu’il ne tombe malade, nous n’étions pas en très bons termes. Je pense qu’il préfèrera vous voir vous à son réveil, plutôt que moi.
Infirmière rougit et sourit, elle est gênée. Bruce est vers la porte, tourne le dos, saisit la poignée et sort. Il referme la porte derrière lui.
Gordon travaille à son bureau. Lumière jaune aveuglante au-dessus du bureau, le reste est dans l’obscurité. Fenêtre ouverte. Le vent souffle. Gordon garde les yeux rivés sur ses dossiers.
Gordon
A votre place, je ne traînerais pas trop dans le coin : le lieutenant Bullock est de retour et il est plus en forme que jamais ! J’ai même cru comprendre qu’il ne se concentrait que sur un unique cas : le vôtre.
Gordon lève la tête, Batman avance et devient un visible.
Batman
Si un jour il lui prend l’envie de s’attaquer à un véritable ennemi, dites-lui que Salvatore Maroni est rentré secrètement cette nuit. Nul doute que celui-ci fera tout pour venger la mort de son fils chéri.
Gordon
Vous savez ce que j’apprécie particulièrement dans cette ville ? On ne s’ennuie jamais ! Pas vrai ?
Gordon lève les yeux mais Batman a disparu.
Petit-déjeuner servi, Bruce est assis en bout de table en robe de chambre, Alfred lui sert un café. Bruce lit le journal, il sourit en coin timidement, les yeux tristes, plan sur un article concernant Pamela et son jugement, le mot « Arkham » est lisible.
Alfred
Je ne désespère pas sur le fait que, sur cette Terre, il existe une créature saine d’esprit pour vous.
Bruce (en souriant, ton taquin)
Mon cher Alfred, je vais finir par me vexer ! Voulez-vous que je cherche une épouse pour pouvoir enfin m’émanciper de vous ?
Alfred (en débarrassant la table)
Je sais pertinemment que vous ne pouvez pas vous passer de moi.
Alfred se dirige vers la porte de la salle à manger.
Bruce
Alors c’est pour vous et non pour une femme que je vais ralentir la cadence.
Alfred (en quittant la pièce)
Monsieur Bruce, il est mauvais de faire des promesses que l’on ne peut tenir !
Plan sur Bruce qui sourit.
Pingouin est avec Salvatore Maroni. Des hommes armés les entourent. Des sacs bien remplis sont aux pieds de Pingouin. Des sirènes de police résonnent, les voitures de police encerclent Maroni et Pingouin. Bullock sort d’une voiture et vise les deux hommes, tout comme plusieurs autres policiers. Pingouin lève les mains en suppliant, Maroni lève les yeux au ciel, agacé par Pingouin. Coupe. De loin, la scène d’arrestation en arrière-plan. Premier plan sur une voiture. Gordon s’approche de la voiture, la vitre arrière se baisse et laisse voir Dent. Gordon tend un dossier à Dent.
Dent (soucieux)
Pas de vice de procédure cette fois ?
Gordon
Garanti sans vice de procédure. Simple arrestation de deux dealers pris en flagrant délit, sur dénonciation d’un honnête citoyen anonyme.
Dent (en soufflant et regardant le dossier)
« Citoyen anonyme » …
La vitre se ferme, la voiture démarre. Plan s’élargit, Batman apparaît sur les toits, de dos, dans l’ombre, cape au vent.
Une épaule premier plan gauche de l’écran. Directeur asile assis en face.
Directeur
J’entends votre demande. Je connais son dossier et je sais à quel point ses travaux sur la mutation génétique et le clonage sont importants, mais il faudra vous contenter de ses écrits. Elle a tué trop de gens, je ne peux décemment pas appuyer une demande d’allègement de la peine.
L’homme se lève hors champ. Plan sur Ivy via la fenêtre, elle est dehors dans l’herbe. Plan sur l’homme qui apparaît en entier.
Lex Luthor
Peut-être pourrais-je, au moins, bénéficier d’une entrevue avec la professeure ? (Sourire malin)