Bioshock Infinite: The Ace and the Lamb par

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Univers Parallèle / Drame / Aventure

1 The Ace and the Lamb

Catégorie: T , 10533 mots
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(Atlas): "C'est quoi ça? Qu'est ce que c'est que ce charabia?! ....... Qu'est-ce qui est écrit, sale petit garce?! Qu'est-ce que ça dit?"

(Elizabeth): " Ça dit ... Je vous en prie."

(Atlas): "On tient la phrase d'activation. Maintenant, ce qu'il nous reste à faire, c'est monter cette aberration de la nature dans un avion, et Rapture est à nous...."

 

(Elizabeth): "Je vois toutes les portes....et tout ce que cache ces portes...et derrière l'une d'entre elles, étrangement....je le vois, lui..."

************

Jack était épuisé, autant physiquement et mentalement. Le visage creusé par la fatigue, les cheveux mouillés, les membres engourdis, les vêtements poussiéreux et de nombreuses traces de sang sec ou non. Il errait dans les couloirs sombres et troublants de Rapture, son regard dans le vague et tenant à la main la clé anglaise qui l'avait accompagner tout au long de son cauchemar à travers la ville sous-marine. Plus d'une fois, il avait failli craquer mais avait tenu bon malgré tout. Il s'appuya contre un mur, reprenant son souffle quelques secondes, mais il savait qu'il devrait se remettre rapidement en marche. Il se perdit un peu dans ses pensées. Depuis combien de temps était-il ici? Plusieurs jours? Plusieurs semaines? Des mois même? Il n'en savait rien. Cet endroit avait le don pour lui foutre les nerfs en pelote et lui faire perdre la notion du temps.

Assis contre un mur froid recouvert d'un papier peint sale et déchiré, il était pensif, un profond sentiment de solitude l'envahissant. Andrew Ryan et Jasmine Jolene, ses vrais parents qu'il n'avait jamais connus, étaient tous les deux morts, et Fontaine .... Cet ignoble bâtard qui se faisait appelé Atlas ..... Quand il est arrivé à Rapture, il s'était présenté comme un ami de Jack, voulant l'aider à rester en vie, mais en fin de compte, il se révéla être un manipulateur peu scrupuleux utilisant Jack pour ses propres intérêts. Jack serra les dents et ses mains, la colère et la tristesse se mêlant dans sa bouche. Il avait honte de ce qu'il était ... un monstre génétique, sans passé ni avenir, condamné à la solitude ... Car qui dans ce monde pourrait lui accorder ce qui lui avait été interdit: l'amour.

Une vive douleur à la main le fit grimacer et il vit sa main gauche recouverte d'une fine pellicule de givre. Un autre plasmide aléatoire. Avec l'aide du Dr. Brigid Tenenbaum, Jack avait pu échapper au contrôle mental de Fontaine et, avec le premier lot 192, avait échappé de peu à la mort. Sa poitrine le faisait encore souffrir et son cœur se remettait lentement de cette épreuve. Malheureusement, le lot était instable et orchestrait un effet secondaire plutôt handicapant. Jack n'avait plus aucun contrôle sur ses plasmides, qui apparaissaient et changeaient au hasard toutes les trente secondes. Un handicap pour combattre les Chrosomes encore très nombreux dans Rapture. Jack avait misé sur la discrétion et avait atteint la place Apollo. C'est là qu'il trouverait le deuxième échantillon du lot, dans le laboratoire de Yi Suchong.

Après avoir repris des forces, Jack trouva finalement l'entrée du laboratoire, après avoir soigneusement évité la lumière d'une caméra de sécurité qui, si elle l'avait vu, aurait alerté tous les Chrosomes des alentours. Jack poussa la porte en métal sur le côté, dans un grincement désagréable, et entra dans le laboratoire. Tout était en ruines, des trous dans les murs, des morceaux de plafond effondrés, des piles d'affaires et du vieux papier sale éparpillé partout. Une odeur de mort régnait dans les lieux, attaquant les narines de Jack. Arrivé dans une pièce, il déglutit. Sur un bureau en partie détruit, se trouvait le cadavre d'un homme asiatique en blouse blanche tachée de sang, le regard vide de toute vie et la foreuse brisée d'un protecteur le traversant, le clouant au bureau comme une planche de bois. C'était sûrement lui ..... Suchong. Jack s'approcha, gardant une bonne distance. Il ne ressentait qu'une profonde satisfaction de voir Suchong ainsi, après ce que Tenenbaum lui avait dit à son sujet.

À côté du scientifique décédé, il y avait un journal audio recouvert de sang séché mais opérationnel. Jack en avait trouvé plusieurs durant son périple et alluma celui-ci. L'enregistrement s'est déclenché et une voix, celle de Suchong, fut entendue.

(Suchong): "Test d’essai clinique. Plasmide protecteur lot 255. Dr. Suchong / client Ryan Industries. Quelle journée agacante. Je n'arrive pas à lier les protecteurs à ces petites morveuses. Le lien de protection ne se forme pas. ... "

La voix d'une petite soeur se fait alors entendre à l'arrière-plan.

(Petite soeur): "Papa Suchong!"

Suchong: "Raah, va t'en ... mais si je modifie la séquence génétique...."

(Petite soeur): "Papa Suchong!"

(Suchong): "Chut! ... pour pouvoir ..."

(Petite soeur): "Papa Suchong! Papa Suchong! Papa Suchong!"

(Suchong): "Va-t'en, espèce de petite peste!"

On entendit une violente claque dans l’enregistrement, suivie des pleurs de la petite soeur. Suchong venait de la frapper sans pitié. Jack était révolté intérieurement. Soudainement, l’enregistrement laissa entendre des pas lourds reconnaissables, des grognements de métal menaçants et le son d’une foreuse activée.

(Suchong): "... Quoi? ... Qu'est-ce que tu fais? N'approche pas ... Arrière!!! Aaaaaargh!"

L'enregistrement s'est arrêté au son de la perceuse qui déchiquetait la chair de Suchong et éclaboussait la salle de son sang.

Il n'avait eu que ce qu'il méritait, pensa Jack. Son attention fut ensuite attirée sur le bureau un peu plus loin au fond de la salle, où se trouvait un flacon métallique noir dans lequel flottait un liquide rouge épais. Le deuxième lot 192. Sans perdre un instant, Jack attrapa le flacon et en but le contenu. Le goût était toujours aussi horrible, mais l'effet fut immédiat. Il ressentit une liberté sans précédent en lui et reprit le contrôle de ses plasmides. Maintenant, il était sur un pied d'égalité avec Fontaine et il attendait enfin de le faire payer pour tout.

Mais alors que Jack était sur le point de quitter les lieux, un étrange pressentiment s'empara de lui, le poussant à se tourner vers une autre pièce. Un frisson le parcourut. Il avait entendu l'écho d'un son provenant des profondeurs de la pièce ..... Un gémissement très bas...

Il aurait pu choisir d'ignorer ce bruit, mais curieusement, il se sentit obligé d'aller voir. Toujours sur ses gardes, ne connaissant que trop bien les pièges de Rapture, Jack se tenait prêt, son plasmide électrique dans une main et son arme à feu dans l'autre. Pas à pas, il s'est approché et a fait irruption dans la pièce. Vide. Jack leva un sourcil, perplexe, regardant méticuleusement partout dans la pièce sombre et déserte. À sa gauche, une faille dans un mur révélait la plomberie. Un autre gémissement, très faible ..... ça venait de là. Toujours avec précaution, Jack se glissa dans la fente, suffisamment large pour lui permettre de passer, et émergea dans un immense couloir sombre où des piles de gravats et d’autres ruines s’empilaient. La seule source de lumière était celle de l'océan bleu qui se reflétait sur les murs d'une immense baie vitrée, donnant un aperçu des bâtiments de Rapture, ou du moins de ce qu'il en restait.

Mais ce qui attira l'attention de Jack, fut la silhouette fine d'une personne à moitié allongée, adossée au verre et dont l'ombre se reflétait contre un mur. Une personne. Était-ce ... Le gémissement entendu? Méfiant, Jack avança très lentement, son doigt sur la gâchette du pistolet, prêt à tirer au moindre mouvement subit. Lorsqu'il était proche, la personne n'a pas réagie. Les ténèbres étant importantes, Jack claqua des doigts, montrant de petites étincelles dansantes au bout de ses doigts, leur lumière orange révélant le visage de la personne allongée. C'était une jeune femme très belle aux longs cheveux noirs, et aux fines lèvres rouges. Elle portait une chemise blanche sale et usée, une jupe noire jusqu'aux genoux et des talons endommagés. Sur son cou se trouvait un petit médaillon rond portant le symbole d'un oiseau. Un grand filet de sang coulait sur son visage, apparaissant d'une blessure à la tête. Le coup avait été très violent.

"Mmmm ...." gémit à nouveau la fille, ses yeux fermés et bougeant à peine un doigt. Sa voix était plus que faible. Elle était encore en vie! Jack ne savait pas quoi faire ... Était-ce une personne normale ou un piège tendu par les Chrosomes? ..... Non ... Cette femme semblait très proche de la mort. Doucement, il posa une main sur son épaule.

(Jack): "Hé? .... Tu m'entends?"

La seule réponse obtenue fut un autre gémissement.

Jack aurait pu choisir de partir et de la laisser là, mais il n'était pas comme ça. Il a regardé dans sa poche et a trouvé sa dernière trousse de soins. Cela ne suffirait pas pour la guérir complètement, mais au moins il pourrait arrêter le saignement. S'agenouillant à côté de la femme, Jack n'étant pas médecin, ouvrit la trousse et commença à appliquer les quelques soins qu'il connaissait vaguement et qui lui avait permis de rester en vie jusque là après des blessures sérieuses.

Tout était devenu noir autour d'Elizabeth. Elle ne ressentait plus rien, pas même ses propres membres… Certaines images repassaient encore dans sa mémoire. Sa rencontre avec Booker dans la tour…. Leur périple à travers Columbia… Songbird…. ... Les Luteces ..... son arrivée à Rapture ... Atlas la frappant à la tête ..... Et ..... Sally, hurlant de peur, entourée par les hommes d'Atlas. "Maintenant, ton adam est à moi, petite!" retentit la voix menaçante d'Atlas.

Soudain, une sensation lui vint. En dépit de son incapacité à ouvrir les yeux, elle sentit vaguement ..... Oui ..... Une présence près d'elle ..... Et .... des bandages soigneusement enroulés autour de sa tête .....

Elizabeth gémit, ses yeux s'ouvrant à peine, sa vision troublée. Une ombre était agenouillée devant elle, occupée à mettre les bandages. Comment était-ce possible? Je suis toujours en vie, pensa-t-elle. L'ombre sembla remarquer les premiers signes de conscience et lui parla d'une voix réconfortante.

"Mademoiselle, vous m'entendez?"

Elizabeth ne comprit pas ce qui lui arrivait et dut presque utiliser une force surhumaine pour ouvrir les yeux un peu plus. Sa tête lui faisait terriblement mal et elle sentit le filet de sang qui coulait sur son visage.

(Elizabeth): "Quoi ....." dit-elle à peine, trop faible pour parler plus. L'étranger la tenait doucement par les épaules, la pressant de rester appuyée contre le mur.

(Jack): "Ne bouge pas trop ..... tu es salement blessée."

Elizabeth obéit, de toute façon que pourrait-elle faire dans son état? Sa vision revint peu à peu et la jeune femme se remit tout doucement. Ses membres étaient engourdis et sa tête résonnait. Les bandages avaient arrêté le saignement, mais ne traitaient en aucun cas la plaie. Elle a reconnu l'endroit. Cet endroit sinistre et froid où elle était persuadée d'être morte. Son regard tomba ensuite sur cet inconnu en pull, rangeant dans sa poche ce qui restait de sa trousse de soins. Ses vêtements décoiffés et ces traces de sang suggéraient que lui aussi avait vécu l'enfer dans cette maudite cité.

(Elizabeth): "Qui ... qui êtes vous?" chaque mot qu'elle prononçait était un test à surmonter. L'homme s'est tourné vers elle.

(Jack): "Peu importe. Reste tranquille, je te dis."

Il s'approcha d'elle, révélant mieux son visage. À première vue, il semblait être un parfait inconnu ... Mais au fil des secondes ... Le cœur d'Elizabeth bondit dans sa poitrine et ses yeux s'illuminèrent d'une lueur de surprise. Une larme coula même sur sa joue, se mêlant à son sang. Ce pull ..... ces cheveux ..... ce visage ....

(Elizabeth): "Oh mon dieu ...... C'est ..... c'est toi ....." elle soupira. Elle ne savait pas si elle rêvait ou depuis combien de temps, mais il était là devant elle. Jack n'a pas très bien compris cette réaction. C'est comme si elle avait vu le messie apparaître. D'autres larmes coulèrent sur les joues d'Elizabeth et un léger sourire apparut sur ses lèvres. Jack s'agenouilla à nouveau, perplexe.

(Jack): "Tu… Tu me connais?"

Elizabeth, en souriant, avec le peu de force dont elle disposait, vint toucher la joue de Jack, comme pour s'assurer de sa réelle présence physique. Jack sentit la douce main de la jeune femme contre sa peau.

(Elizabeth): "Je ... t'ai vu ...... dans l'avion ...... le crash ..... tu as sauvé Sally et les autres petites soeurs ..... Tu as mis fin au cauchemar de Rapture ..... "

Elle semblait presque dans un état second, presque délirante. Peut-être sa blessure. Jack ne comprit rien, se grattant l'arrière de la tête. Comment pouvait-elle savoir à propos de l'avion? Était-elle à bord aussi? Jack n'avait aucun souvenir de cette fille parmi les passagers.

Elizabeth voulait essayer de se lever, mais put à peine bouger lorsqu'elle tomba en avant, retenue de justesse par Jack. Avec son visage appuyé contre la poitrine du jeune homme, son corps contre le sien, ses bras la tenant par les épaules, Elizabeth respirait difficilement, hébétée.

(Jack): "Je t'ai dit de ne pas bouger!" dit-il en élevant la voix, plus inquiet que fâché contre elle. Le visage souffrant d'Elizabeth se leva.

(Elizabeth): "S .... Sally ..... je dois la sauver ....."

Sally. Un nom que Jack connaissait aussi. Il s'en souvenait. Une des premières petites sœurs qu'il avait sauvé. À son tour, il posa la main sur la joue d'Elizabeth avec un regard rassurant.

(Jack): "Rassure toi ... Sally est en sécurité avec les autres petites sœurs."

L'inquiétude d'Elizabeth s'estompa pour laisser place au soulagement, d'autres larmes de joie apparaissant. Elle soupira, un poids énorme lui tombant des épaules.

(Elizabeth): "Merci ..... Oh merci beaucoup ...."

Ses yeux roulèrent et elle tomba immobile dans les bras de Jack. Au début surpris, le jeune homme constata qu'elle s'était seulement évanouie. Elle avait perdu trop de sang et cette nouvelle semblait l'avoir choquée. Elle connaissait Sally. Était-ce sa mère?

Sans perdre un instant, Jack attrapa la petite radio accrochée à sa ceinture et l'alluma.

(Jack): "Docteur Brigid? ..... Docteur, répondez-moi, vite!"

La radio cracha un peu et la voix d'une femme à l'accent allemand se fit entendre.

(Tenenbaum): "Jack? Oh, merci mon dieu ..... J'étais tellement inquiète. J'essaie de te joindre depuis plus d'une heure, mais Fontaine est en train de brouiller les fréquences ... Où es-tu?"

(Jack): "À la clinique de Suchong. J'ai trouvé le lot 192. Mais pas seulement ..."

(Tenenbaum): "Comment ça?"

(Jack): "Une jeune femme. Elle est gravement blessée et prétend nous connaître, moi et Sally."

Il y eut un bref silence, comme si Brigid hésitait, puis finalement ...

(Tenenbaum): "D'accord. Ramène-la au refuge, mais vite. Le temps presse."

Jack hocha la tête et raccrocha la radio à sa ceinture, puis prit Elizabeth dans ses bras aussi délicatement que possible. Il sortit de la clinique, espérant ne jamais y revenir, tenant Elizabeth dans ses bras et se dirigeant vers la sortie la plus proche, toujours en garde contre une possible attaque de Chrosomes.

Alors qu'il marchait, Jack jeta un coup d'œil à Elizabeth, espérant qu'elle respirait toujours. Un doute l'envahit. Pour une raison obscure, il était persuadé de connaître cette femme, ou du moins d’avoir déjà senti sa présence. Elle n'était pourtant pas dans l'avion ..... Sauf si ... Une sorte de vision émergea dans l'esprit confus de Jack. Une vision, un souvenir, une impression, il n'en savait rien. Il se voyait dans l'avion, alors que tout allait mal tourner. Lui, prenant le revolver caché dans le soi-disant cadeau envoyé par ses parents imaginaires. Il braquait le pistolet, menaçant l'hôtesse, et a soudainement légèrement tourné la tête par dessus son épaule, comme s'il sentait une présence derrière lui ..... Était-ce… Elle? Mais dans ce cas, comment aurait-elle pu apparaître si vite, presque comme un fantôme? Jack ne trouva pas de réponse tangible au sentiment qu'il ressentait.

(Elizabeth) "Elizabeth ..." gémit-elle soudainement, son visage contre le torse de Jack et lui ouvrant un œil fatigué. "Mon nom est Elizabeth."

(Jack): "..... Jack ..." il lui sourit. Elle lui rendit ce sourire et se blottit contre lui. Jack continua de marcher mais soudain deux hommes apparurent au coin d'un couloir. Ils portaient des vêtements sales et étaient armés de tubes d'acier. Leurs visages étaient défigurés, leurs yeux en colère et leurs dents acérées. L'un d'eux portait un masque de lapin de carnaval à moitié cassé. Jack fronça les sourcils, ne ressentant plus aucune peur envers les Chrosomes. Il en avait tué tellement…

(Chrosome 1): "Regarde le joli petit oiseau qu’il tient dans ses bras."

(Chrosome 2): "Un joli petit oiseau tombé de sa cage ..... Comme c'est mignon ..." il fredonna de sa voix psychotique. Jack plaça doucement Elizabeth contre le mur à côté de lui et se plaça devant elle comme un bouclier, sa main se couvrant d'électricité et ses yeux sombres vers les deux illuminés.

(Jack): "Dégagez! Vous ne l'aurez pas!" il les a menacés. Les deux Chrosomes échangèrent un regard sadique, le premier léchant ses lèvres couverts d'immondes pustules.

(Chrosome 1): "Ah ouais? Dans ce cas, avant de manger le joli petit oiseau, je vais commencer par toi!!"

Sur ces mots, le premier Chrosome se jeta sur Jack, criant comme un dégénéré et prêt à le massacrer avec son arme. Jack serra les dents et jeta une poignée d'éclairs sur l'homme, qui tomba au sol, tremblant de convulsions violentes et hurlant de douleur. Jack a mis fin à ses souffrances en lui tirant une balle dans la tête. Elizabeth, appuyée contre le mur et luttant pour rester éveillée, regardait la scène. Elle avait peur pour Jack.

(Chrosome): "Espèce d'enfoiré de mes deux!"

Jack n'a pas eu le temps de réagir lorsque le deuxième homme s'est jeté sur lui. Jack a perdu son pistolet et était collé au mur, ses mains occupées à essayer de retirer celles du Chrosome qui lui serraient la gorge. Le visage de l'individu caché derrière son demi-masque s'approcha de Jack, ses yeux brillant d'une folie meurtrière clairement visible. Jack lui donna plusieurs coups, mais l'homme ne le lâcha pas.

(Chrosome) "Je vais ..."

Il n'a pas eu le temps de finir sa phrase, sa tempe explosant soudainement dans une gerbe de sang après un coup de feu, éclaboussant un peu le visage de Jack, et le Chrosome s'est effondré au sol. Jack a vu Elizabeth. Elle avait rampé, malgré l'épuisement, en direction du pistolet qui était tombé au sol et avait tiré, le canon de l'arme fumant toujours. Frottant sa gorge endolorie, Jack la rejoignit et la prit dans ses bras. Elle transpirait et respirait difficilement.

(Jack): "Merci." lui dit-il en souriant. Elle sourit aussi, mais soudainement, sa respiration devenait de plus en plus faible et sa vision s'effaçait progressivement. Jack montra un visage inquiet et sa voix était distante, comme un écho.

(Jack): "Elizabeth? ..... Elizabeth!"

Tout est devenu noir et le silence est revenu.

***********

Elizabeth était heureuse, libre. Le soleil lui réchauffait le visage alors qu'elle admirait les péniches qui naviguaient paisiblement sur la Seine. La majestueuse tour Eiffel semblait presque scintiller comme un joyau géant à la lumière du jour. Dans la rue voisine, des musiciens chantaient une ballade entraînante, faisant danser plusieurs personnes dans la joie et la bonne humeur. Elizabeth était assise à la table d'un petit restaurant, elle portait sa grande robe bleue et ses cheveux étaient courts. Elle sourit en voyant Sally, vêtue d'une jolie robe blanche, jouant avec un ballon rouge juste devant le restaurant.

(Sally) "Regarde maman, regarde moi." dit-elle joyeusement en dansant avec le ballon.

(Elizabeth): "C'est très bien, Sally." répondit Elizabeh en lui souriant.

"Bonjour mademoiselle", dit un homme richement vêtu, levant son chapeau alors qu'il passait devant elle et se dirigeait vers la rue en sifflotant. Le visage d'Elizabeth se figea d'une stupeur morbide ... Elle le reconnut ... Booker ..... C'était lui .....

Un vent glacial se leva soudainement et en deux secondes, le ciel bleu paisible se recouvrit de nuages ​​noirs menaçants masquant le soleil. Elizabeth se leva, un mauvais pressentiment la traversant, mais ...

(Elizabeth): "Sally ...... Sally? ...... Sally!"

Sally avait disparue, comme si elle n'avait jamais existé, et son ballon s'envolait lentement au gré du vent. Le paysage est devenu plus sombre et une pluie légère est tombée sur la ville, devenue macabre et vide de toute présence humaine. Elizabeth, effrayée, cria le nom de Sally avec désespoir. Les échos sinistres de rires d'enfants résonnèrent autour d'elle. Le vent a amené aux pieds d'Elizabeth un journal usé. Sur la page était écrit en grosses lettres noires: "Pile ou Face?". Sous les lettres, une photo en noir et blanc des jumeaux Lutèce, neutres, leurs yeux tournés vers Elizabeth, comme si la photo la regardait. Un éclair a explosé dans le ciel et les visages neutres des Luteces se sont transformés en un sourire terrifiant.

Effrayée, Elizabeth recula de quelques pas jusqu'à ce que son dos heurte quelque chose. Elle se retourna et fut paralysée par la terreur…. Atlas… Il se tenait devant elle, les bras croisés, son visage maussade la regardant avec un sourire mauvais.

(Elizabeth): "Non! Reste loin de moi!" dit-elle en tremblant et en reculant. Atlas décroisa les bras, s'avançant vers elle et la pointant du doigt. Ses yeux et l'intérieur de sa bouche ont commencé à briller d'une lumière inquiétante.

(Atlas): "Il ne pourra pas te sauver ...... Tu mourras, tout comme lui ...... Rapture est à moi!"

Sa voix avait doublée de puissance et semblait presque inhumaine. Elizabeth était prête à fuir, mais des pas lourds se firent entendre derrière elle, se rapprochant de plus en plus vite.

Un Protecteur furieux apparut juste derrière elle, son grondement métallique résonnant dans les airs et sa foreuse tournant à toute vitesse, prête à déchiqueter Elizabeth.

(Elizabeth) "Aaaaaaah!!" cria-t-elle, plaçant ses mains devant elle comme une défense médiocre et ferma les yeux, s'attendant à être frappée par le monstre.

Quand ses yeux se rouvrirent, elle était allongée sur un lit, dans une petite pièce faiblement éclairée, avec des murs en métal et une fenêtre donnant sur le fond marin. Le visage transpirant sous de grosses gouttes et respirant lourdement, Elizabeth s'assit sur le lit, complètement perdue. Quel horrible cauchemar… Ça semblait tellement réel… Elle se posa la main sur la tête, toujours bandée. Elle avait toujours mal, mais moins qu'avant.

"Elizabeth?"

Elle fut surprise au début, mais se rassura lorsqu'elle vit Jack venir vers elle, apparemment rassuré de la voir réveillée. Elle sourit, heureuse aussi de le voir et le serra doucement dans ses bras. Il fit de même.

(Jack): "Je suis rassuré de voir que tu vas bien."

(Tenenbaum): "Il a refusé de partir jusqu'à ce que tu sois réveillée."

Elizabeth jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de Jack et vit une femme plus âgée, avec des cheveux grisonnants coiffés en queue de cheval, le visage neutre et fumant une cigarette, assise devant un petit bureau.

(Elizabeth): "Vous êtes sûrement Brigid Tenenbaum, non?"

La vieille femme acquiesça. Elle écrasa le reste de sa cigarette dans un vieux cendrier et se leva de sa chaise.

(Tenenbaum): "Vous étiez sur le point de mourir, mais j'ai réussi à guérir votre blessure et j'ai cousu des points de suture. Vous êtes inconscient depuis des heures et Jack est resté longtemps à votre chevet."

Elizabeth sourit à Jack. Le jeune homme lui fit un signe de tête amical.

(Elizabeth): "Merci docteur, j'ai une dette envers vous."

Tenenbaum secoua la tête mollement, écartant l'idée de sa main.

(Tenenbaum): "Pas de ça avec moi, jeune fille. Tu ne me dois rien. Remercie plutôt Jack, car sans lui, tu serais probablement morte maintenant."

D'une certaine manière, elle avait raison et Elizabeth remercia encore une fois Jack, venant même déposer un petit baiser sur sa joue. Le jeune homme rougit, embarrassé, Elizabeth sourit et Tenenbaum roula des yeux. Avec l'aide de Jack, Elizabeth se leva avec difficulté, toujours un peu étourdie. Par une grande fenêtre, elle pouvait voir une autre pièce plus grande, qui ressemblait presque à une décharge, mais avec une rangée de lits. Une douzaine de petites filles, toutes vêtues de robes de chambre, jouaient innocemment avec des peluches et d'autres jouets. Les yeux d'Elizabeth s'illuminèrent. Les petites soeurs ... Elles étaient vivantes et guéries en plus ..... C'était un miracle. En voyant ces petites filles jouer et rire ensemble malgré les horreurs et les dangers qui les entouraient dans cette ville, Elizabeth sentit l’espoir renaître dans son cœur.

(Elizabeth): "Comment avez vous fait?" demanda-t-elle toujours en regardant les filles.

(Tenenbaum): "Avec un plasmide que j'ai créé moi-même dans le plus grand secret. Un plasmide capable d'annuler les effets néfastes des limaces de mer sur les filles pour les ramener à leur état normal. Jack les a sauvées et soignées."

Jack ne s'en vantait pas, mais souriait fièrement d'avoir pu apporter un peu de lumière dans l'obscurité de Rapture. Elizabeth le regarda, plus que reconnaissante. Il l'avait fait. Comme elle l'avait vu dans sa vision ... Il les avait sauvés.

(Elizabeth): "Merci, Jack." elle dit.

La porte de la chambre s'ouvrit et laissa entrer une petite fille aux cheveux blonds et vêtue d'une robe noire et rouge. Quand Élisabeth la vit, elle pleura de joie en tombant à genoux.

(Elizabeth): "Sally ....."

(Sally) "Maman!" la petite fille se précipita dans les bras d'Elizabeth et tous deux s'étreignirent tendrement. Au début surpris, Tenenbaum et Jack se regardèrent simultanément.

(Tenenbaum): "Vous .... vous êtes sa mère?" elle a demandé. Les larmes aux yeux, continuant à serrer Sally dans ses bras, Elizabeth répondit.

(Elizabeth): "Oui, en quelque sorte."

Tenenbaum resta neutre mais ne dit rien, et Jack sourit de les voir comme ça, les laissant profiter de ces retrouvailles. Les larmes aux yeux, Elizabeth ne lâchait pas Sally, presque comme si elle avait peur de la voir disparaître à nouveau.

(Elizabeth): "Pardonne-moi, Sally ..... je ne te quitterai plus jamais, je te le promets."

La petite fille lui sourit innocemment et l'embrassa sur la joue. Tenenbaum s'avança et posa sa main sur l'épaule de Sally.

(Tenenbaum): "Sally, tu devrais laisser la demoiselle se reposer maintenant. Retourne jouer avec les autres. Tu viendras la voir plus tard, d'accord?" elle lui parla d'une voix douce. Sally obéit et quitta la pièce. Elizabeth fut rassurée de constater qu'en dépit de son regard froid, Brigid se comportait comme une mère pour ces petites filles. Jack, adossé au mur, alluma une cigarette alors qu'Elizabeth retournait s'asseoir sur le lit.

(Elizabeth): "Qu'est-ce qui va se passer maintenant?"

(Jack): "Fontaine m'a provoqué. Il m'attend quelque part et je suis déterminé à répondre à son invitation." dit-il, son poing serré et son regard déterminé. Elizabeth fronça les sourcils.

(Elizabeth): "Je pensais que Frank Fontaine était mort."

Jack secoua la tête, laissant tomber quelques cendres à ses pieds.

(Jack): "Non, il s'est fait passer pour mort et est revenu sous un autre nom: Atlas."

À la mention de ce nom, Elizabeth ouvrit de grands yeux stupéfaits et ressentit même une vive douleur à la tête, comme si la blessure s’était aussi rappelée.

(Elizabeth): "Atlas ..... C'est ce connard qui m'a laissé pour morte." dit-elle avec une haine dans la voix alors qu'elle touchait sa tête. Jack s'approcha d'elle.

(Jack): "Eh bien, crois-moi, je vais lui faire regretter ce qu'il a fait."

(Tenenbaum): "Andrew Ryan est mort, tout comme Sander Cohen. Fontaine est maintenant la seule menace qui nous empêche de partir d'ici."

(Elizabeth): "Andrew Ryan est ... mort?" elle semblait surprise. Elle n'avait jamais rencontré Andrew mais lui avait parlé à travers un écran. Il lui avait semblé être tout-puissant, même en dépit de la révolution de Fontaine contre lui. Elle se souvint de ce qu'il lui avait dit. Qu'elle n'était rien, qu'Atlas allait la trahir et il avait raison. Il lui avait proposé une alternative: travailler pour lui. Parfois, Elizabeth se demande ce qui se serait passer si elle avait acceptée. Une partie d'elle lui a murmuré qu'elle aurait dû accepter le marché, mais l'autre était toujours méfiante. Trahir Atlas alors qu'il était toujours en possession de Sally aurait signé la condamnation à mort de la petite fille et Elizabeth n'aurait jamais pu le concevoir.

Jack acquiesça, l'air sombre et s'assied.

(Jack): "Il m'a forcé à le tuer, avec son propre club de golf."

Les images de la scène lui sont revenues. Andrew lui faisant face, l'air possédé, lui ordonnant de s'asseoir, de courir, de s'arrêter et de le tuer. "L'homme choisit. L'esclave obéit ... L'homme choisit. L'esclave obéit ....." La phrase de Ryan se répètait en boucle dans l'esprit torturé de Jack, comme un fantôme revenant le hanter.

(Elizabeth): "Comment?"

(Jack): "J'ai découvert qui j'étais vraiment ... Une création génétique, réalisée ici dans Rapture, et conditionnée pour obéir à une phrase simple à laquelle je ne pouvais pas résister ... Je vous prie."

Ce fut un véritable choc pour Elizabeth. Je vous prie. Une phrase qu'elle avait déjà vue et entendue. Elle comprit alors l'intérêt de Fontaine pour cette phrase. Cela agissait comme un contrôle mental sur l'esprit de Jack, le forçant à obéir. Comme un esclave.

(Jack): "Quant à ce type, Sander Cohen ... j'ai vu beaucoup de fous à Rapture, mais ce type battait tous les records ... Il m'a obligé à tuer ses vieux acolytes, un à un, pour en faire de l'art ..... Et quand il a finalement accepté de me donner accès à la bathysphère, j'ai choisi de le tuer parce que je ne pouvais pas laisser un homme aussi dangereux en vie."

Pour Elizabeth, c'était compréhensible. Elle avait été une disciple de Cohen et savait à quel point il était dangereux. En outre, Sander avait été en partie responsable de l'enlèvement des filles pour le compte de Fontaine. Elle n'avait aucun remords d'apprendre sa mort. Elle vit alors Jack qui fronçait les sourcils en la regardant, comme s'il venait d'avoir une révélation soudaine.

(Jack): "Maintenant que j'y pense ... Dans le repaire de Cohen ... j'ai vu une affiche sur un mur ... une affiche pour une chanson intitulée" Tu m'appartiens", chantée par le nouvel oiseau chanteur de Cohen ..... Elizabeth ...."

Elle soupira, ayant espéré que cet épisode de sa vie disparaîtrait à jamais dans les limbes, mais après tout, elle devait la vérité à Jack.

(Elizabeth): "J'ai déjà travaillé pour Sander afin de découvrir son rôle dans l'enlèvement des petites filles de Rapture. Je pensais que cela me permettrait de retrouver Sally ...... Ce serait trop long à expliquer, mais quand nous partirons de cet enfer, je te dirai tout, Jack, je te le promets."

Jack avait l'air confus, mais avait confiance en elle et hocha la tête. Pour Elizabeth, cependant, une autre question lui vint.

(Elizabeth): "Et comment as-tu échappé au contrôle de Fontaine?"

(Jack): "Grace au Dr Tenenbaum."

Elizabeth était rassurée. Elle se sentait mal pour Jack. Né pour être un esclave, utilisé pour devenir un instrument de destruction. Comme elle l’a été, enfermée dans sa tour à Columbia, utilisée par Comstock pour ses pouvoirs. Le destin d'Elizabeth était compatible avec celui de Jack, les deux ayant un point commun. Elle posa une main sur l'épaule de Jack, lui faisant comprendre qu'il n'était pas seul. Tenenbaum s'impatienta cependant.

(Tenenbaum): "Nous devons agir maintenant. Fontaine n'est pas loin. Je l'ai entendu proférer ses menaces par les haut-parleurs. Il a dit qu'après avoir tué Jack, il viendrait ici et tuerait les petites, une à une, devant moi."

Quel monstre! Elizabeth constata que Fontaine, ou Atlas, peu importe, était toujours le même, voire pire. Brigid semblait horrifiée à l'idée d'imaginer Fontaine en train de massacrer les petites filles, mais Jack la rassura.

(Jack): "Il ne les touchera pas tant que je serai là. Cette ordure m'a manipulé tout ce temps, mais c'est fini."

(Tenenbaum): "Fait comme nous avons dit. Tu trouveras les pièces d'armure de protecteur à l'endroit que je t'ai indiqué. Après ça, tu seras en mesure d'affronter Fontaine."

(Elizabeth): "Je viens avec toi, Jack."

Ils se retournèrent tous les deux pour voir la jeune femme se lever du lit mais restait très affaiblie par sa blessure. Tenenbaum l'a empêchée d'aller plus loin et la prit par les épaules, la forçant à s'allonger sur le lit.

(Tenenbaum): "C'est hors de question. Tu as perdue trop de sang, tu dois te reposer."

(Elizabeth): "Mais ..." elle était sur le point d'insister, mais la main de Jack prit la sienne. Le jeune homme la rassura.

(Jack): "Je reviendrai. Je te donne ma parole."

Elizabeth voulait absolument venir, mais s'il ne revenait pas, elle et Brigid seraient la dernière ligne de défense des petites filles. Il avait raison. Elizabeth resta allongée là, Jack embrassant son front et quittant la pièce, prenant son pistolet et guidée par une petite sœur, il disparut derrière une porte. Tenenbaum s'assied à son bureau, nerveuse, allumant une nouvelle cigarette et priant pour que Jack soit victorieux. Élizabeth a pensivement partagé cette prière avec elle. Malgré la peur et la nervosité, et sans savoir comment, mais elle finit par tomber finalement dans un sommeil léger sans rêves.

**********

(Tenenbaum): "Jack! .... Jack, réponds-moi!"

La voix paniquée de Brigid tira Elizabeth de sa torpeur. Elle ignorait combien d'heures elle avait dormi mais se redressa furtivement pour voir le médecin arpenter la pièce, une radio dans sa main et paraissant très inquiète. À la radio, des bruits forts ont été entendus ... des bruits de luttes et de tirs ... Sans attendre, Elizabeth se leva et courut vers Brigid.

(Elizabeth): "Qu'est-ce qui se passe?"

(Tenenbaum): "C'est Jack ..... il a engagé le combat contre Fontaine ..... mais ... ça va mal!"

Dans le crépitement de la radio, les cris de rage des deux hommes se font entendre, mais Jack gémit également de douleur et de fatigue. L'entendre dans cette posture était insupportable pour Elizabeth. Elle ne le laisserait pas mourir sans agir. Déterminée et portée par une nouvelle force, elle attrapa une autre radio et quitta la pièce sous les yeux ébahis de Brigid.

(Tenenbaum): "Mais ... qu'est-ce que tu fais?"

(Elizabeth): "Restez avec les filles, je vais chercher Jack!"

Brigid n'a pas eu le temps de réagir qu'Elizabeth a commencé à courir et a passé la sortie. Le docteur soupira lourdement et rassura les filles qui s'étaient réveillées à cause le bruit et semblaient inquiètes, y compris Sally.

Elizabeth ne réfléchissait plus. Elle courait aussi vite que possible dans les couloirs déserts de Rapture et, guidée par la voix de Tenenbaum, se dirigeait vers Jack et Fontaine. Sa tête bandée la pilonnait toujours un peu et elle dut s'arrêter plusieurs fois et s'appuyer contre un mur, les jambes tremblantes et prise de vertige. Elizabeth pensait qu'elle allait s'évanouir à chaque fois, mais elle était forte, motivée par sa volonté d'aider Jack. Serrant les dents, elle continua. Cachée derrière un mur un peu plus loin, elle vit un affrontement dans une sorte de petit salon en ruine. Un groupe de Chrosomes furieux s'attaquait à un protecteur solitaire. L'un des Chrosomes était allongé sur le sol, sans vie, coupé en deux. Le monstre métallique rugit de colère, sous les coups de ses assaillants. Il attrapa l'un des assaillants par le visage et lui fracassa violemment la tête contre un mur, le réduisant à une bouillie rouge et visqueuse. Elizabeth décida de partir sans qu'ils la remarquent.

Heureusement, Elizabeth n'a pas rencontré plus de Chrosomes ou de Protecteurs. Après plusieurs minutes de course, elle arriva finalement à un endroit ressemblant à un arsenal d'armes. À en juger par les armes manquantes, Jack était sûrement passé par là pour s'approvisionner en munitions avant de se rendre au combat. Plus loin, elle trouva l'ascenseur qui heureusement était redescendu. Sans perdre un instant, Elizabeth entra et appuya sur le bouton. L'ascenseur montait le long de la tour, laissant à Elizabeth le temps de se préparer. Tout allait être joué, tout ce pour quoi elle était ici. Son cœur battait dans sa poitrine. La peur de la mort se faisait sentir, pas pour elle mais pour Jack. Elle ne voulait pas le perdre.

L'ascenseur s'est arrêté et les portes se sont ouvertes. À peine Elizabeth était-elle sortie de l'ascenseur qu'elle failli tomber à terre à cause d'une explosion. Les dégâts monstrueux dans l'immense salle laissaient deviner la violence du combat. Sur le sol, se trouvaient plusieurs objets: une seringue de petite sœur remplie à ras-bord d'Adam, des centaines de douilles, une mitraillette et un fusil à pompe détruits et un grand casque de protecteur brisé en deux.

Les bruits de coups de feu et de bagarres se firent entendre dans la fumée et Elizabeth avança à l'aveuglette dans l'espoir de retrouver Jack au milieu de ce chaos. Et elle l'a vu.

Jack avait été renversé au sol, suffoquant, dans sa grosse armure de protecteur endommagée et un filet de sang coulant de sa tempe.

(Elizabeth): "JACK!"

Le jeune homme la regarda, surpris.

(Jack): "Elizabeth, qu'est ce que tu fais là? Sauve toi, maintenant!"

Des pas lourds et un rire monstrueux se firent entendre à proximité. Emergeant de la fumée, Fontaine avança, triomphant. Elizabeth était horrifiée par son apparence. Il n'avait plus rien d'humain. Mesurant plus de deux mètres, sa peau ressemblait à de la roche volcanique saturée de veinules brillantes et ses yeux brillaient de la même lumière qu'Elizabeth avait vue dans son cauchemar. Fontaine portait également quelques blessures sur son corps, mais semblait moins affaibli que Jack.

(Fontaine): "Tiens, tiens ..... Une revenante." il ricane en voyant Elizabeth.

(Elizabeth): "Je suis peut-être une revenante, mais regarde toi ..... Une abomination de la nature, c'est tout ce que tu es!"

(Fontaine): "Tes petites insultes ne m'atteignent même pas ..... L'Adam m'a rendu plus fort. Il a fait de moi un être parfait ... Je suis le dieu de Rapture!!"

Sa folie n'avait d'égale que sa monstruosité. La jeune femme fit un pas en arrière, désarmée, Fontaine s'approchant d'elle, mais Jack se jeta sur Fontaine comme un joueur de rugby, le renversant contre un récipient en métal. Une lutte féroce commença entre les deux, Jack souffrait beaucoup et avait du mal à retenir la force colossale de Fontaine.

(Jack): "Elizabeth, sauve-toi!"

Un coup violent renvoya Jack en arrière. Fontaine se remit sur ses pieds, plus furieux que jamais et hurlait comme un monstre, s'apprêtant à lancer une boule de feu sur Jack. Paniquée, Elizabeth chercha quelque chose qui ..... Oui ..... Elle attrapa le pistolet perdu par terre.

(Elizabeth): "Jack! Attrape!"

Elle l'a lancé de toutes ses forces. Le pistolet traversa la pièce et Jack le serra fermement dans ses bras avant de vider son dernier chargeur dans la poitrine de Fontaine. Surpris, le monstre recula devant les impacts venant casser sa peau de pierre, et haletant, tomba, un genou au sol. Jack se leva, épuisé et blessé, et ramassant la seringue de la petite soeur, vint la planter profondément dans la poitrine de Fontaine, qui commença à hurler de douleur alors que la seringue drainait toujours l'Adam de son corps.

Malheureusement, Fontaine a lutté et a frappé Jack, qui fut repoussé de plusieurs mètres. Horrifiée, Elizabeth rejoignit Jack pour s'assurer qu'il allait bien, tandis que Fontaine retirait la seringue de sa poitrine et l'écrasait dans sa main, la brisant en morceaux.

(Fontaine): "Espèce de pute! Cette fois, je ne vais pas te briser le crâne ... Je vais t'arracher la tête!"

Elizabeth ne prêtait pas attention à sa menace, trop préoccupée par Jack, qui était sonné et qui luttait pour se rétablir. Pensant n'avoir plus rien à perdre, Elizabeth resta à ses côtés, prête à mourir avec lui. Fontaine, hors de contrôle, commença à grogner en s'adressant à Jack.

(Fontaine): "Je vous ai crée! Je vous ai envoyé là haut! Je vous ai fait revenir pour vous montrer qui vous étiez, de quoi vous étiez capable! La vie que vous pensez avoir vécue, je l'ai imaginée et imprimée dans votre esprit. Si ce n'est pas ça une famille, que vous faut-il de mieux? Et maintenant...."

Il n'a pas eu le temps de finir sa phrase. Sous les regards stupéfaits de Jack et d'Elizabeth, les petites filles étaient sorties des bouches d'aération, armées de leurs seringues, et s'étaient jetées sur Fontaine, le poignardant à plusieurs reprises et en même temps. Très affaibli par les attaques de Jack et les précédents assauts, il ne pouvait plus se battre et hurlait de douleur. Il s'effondra peu à peu sur le sol, poignardé à mort par ces petites filles qu'il avait souvent considérées comme des proies faciles. C'est Sally qui fit le dernier geste, poignardant Fontaine au coeur et mettant fin à ses jours. Les yeux de Fontaine s'éteignirent, de même que son règne de terreur.

*********

C'était fini ...... Fontaine était mort, enfin ..... Elizabeth aida Jack à se lever et tous deux virent leurs mains se rejoindre, unis. Main dans la main, ils rejoignirent les filles qui avaient abandonné le cadavre de Fontaine pour rejoindre le couple en criant leur victoire sur le méchant. Ravi de voir les filles enfin libres, Jack et Elizabeth se regardèrent. Leurs yeux semblaient exprimer au même moment la même sensation ... La même hésitation ... Après un sourire rougissant, Elizabeth s'approcha en première et posa délicatement ses lèvres sur celles de Jack. Au début, surpris, Jack l'embrassa en retour et le couple partagea un doux et sincère baiser, entouré par les petites filles célébrant leur victoire et leur liberté retrouvée.

(Jack): "Nous sommes libres." dit-il après le baiser.

(Elizabeth): "Je pense que nous avons trouvés beaucoup plus que la liberté." répondit-elle en regardant les petites filles autour d'eux. Il était d'accord avec elle. Ils avaient trouvé quelque chose de tout aussi important ..... Une famille.

Sally s'approcha et Jack la prit dans ses bras, comme un père avec sa fille. Elizabeth les regardait en souriant. Elle qui était comme une mère pour Sally a vu dans Jack le père dont elle avait besoin. Alors que Jack prenait soin des filles, Elizabeth se recula un peu, puis sentit une présence familière derrière elle. Elle se retourna et vit Booker, ou du moins une vision de lui. Booker lui sourit avec un sourire affectueux et fit un signe d'adieu avant de disparaître. Elizabeth lui a rendu son adieu, une larme coulant sur sa joue.

(Jack) "Elizabeth, est-ce que ça va?"

Elle se tourna vers Jack, qui avait remarqué la larme sur sa joue. Elle l'essuya avec la main et sourit.

(Elizabeth): "Maintenant oui."

Une autre petite fille, Masha, très timide et aux cheveux bruns, se dirigea lentement vers Jack. Elle tenait quelque chose dans la main qu'il reconnut. Un objet plat et doré de forme rectangulaire. La clé de Rapture, qu'elle avait pris sur le cadavre de Fontaine. L'objet de toutes les convoitises, ce qui assurerait le contrôle et le pouvoir absolu sur toute la ville. Masha tendit la clé à Jack. Le jeune homme prit doucement la clé dans sa main, sous le regard d'Elizabeth. Jack la regarda un instant, sans dire un mot, l'objet du pouvoir dans sa main ... Il sourit, et sans regret, ni même un regard vers elle, fit apparaître des flammes dans sa main, réduisant la clé en un vulgaire tas de cendres. Elizabeth sourit. Il avait fait son choix et le bon. Masha aussi semblait rassurée. À la place de la clé, Jack prit doucement la main d'Elizabeth dans la sienne.

(Jack): "Il est temps de rentrer à la maison."

**********

Elizabeth et Jack, accompagnés de toutes les petites filles, arrivèrent dans l'un des hangars de Rapture, où Brigid Tenenbaum les attendait, qui pour la première fois sourit en les voyant. Derrière elle, une bathysphère était prête à partir pour les éloigner à jamais de cette ville maudite. Voyant qu'Elizabeth et Jack se tenaient la main, Tenenbaum comprit tout de suite et ne put que se réjouir pour eux. Tous prirent place dans la bathysphère et Tenenbaum mit la main sur le levier en métal. Jack et Elizabeth fixèrent simultanément la statue d’Andrew Ryan, située à une dizaine de mètres devant la bathysphère, qui, avec son air froid et vide, semblait les regarder.

(Tenenbaum): "Adieu, Rapture."

Elle a tiré le levier et la bathysphère a plongé dans l'eau en courant dans un tunnel sous-marin avant de sortir au milieu de la mer. Les petites filles vinrent se coller à la vitre du hublot en admirant l'eau de mer qui devenait de plus en plus claire à l'approche de la surface. Leurs yeux s'illuminèrent à la vue d'un groupe de baleines nageant paisiblement à une vingtaine de mètres devant elles. Loin en dessous d'eux, la ville de Rapture disparut progressivement dans les ténèbres de l'abîme, à la manière d'un mauvais cauchemar disparaissant à jamais dans les limbes.

La tête appuyée contre l'épaule de Jack, Elizabeth ferma les yeux, son corps enfin libéré de tout cela. Elle pensait qu'elle mourrait seule à Rapture, mais non ... Elle avait trouvée une nouvelle famille. Jack regarda pensivement les tatouages ​​en forme de chaîne sur ses poignets et sourit. Ayant été esclave toute sa vie, il était maintenant libre.

La bathysphère a finalement émergée de l'eau, devant les marches du phare. La lumière du soleil était aveuglante mais si belle, réchauffant les corps et les âmes de ceux qui avaient survécu au cauchemar de Rapture. La porte vitrée s'ouvrit et Jack sortit le premier, sentant l'air pur sur son visage pour la première fois depuis longtemps. Un par un, il aidait les petites filles à sortir de la cabane, puis Tenenbaum et Elizabeth, qu'il attira contre lui, ses bras autour de sa taille et plaça un autre baiser sur ses lèvres. Elizabeth n'essaya pas de le repousser et l'embrassa en retour, passant les bras autour de son cou. Après ce baiser, ils rejoignirent Tenenbaum et les filles en haut des marches et admirèrent ensemble la beauté de l'océan dont la surface brillait de mille feux sous le soleil.

Une nuit sans nuages ​​était tombée et les petites lumières de mille étoiles parcourant le ciel se reflétaient sur la surface d'encre de l'océan calme. Le petit groupe de survivants s'était installé à l'intérieur du phare, dans l'attente de l'arrivée des sauveteurs qui les emmèneraient loin d'ici. La statue d'Andrew Ryan était toujours là, brandissant fièrement cette immense bannière rouge "No gods or kings. Only man". Le regard vide de la statue dirigée vers Jack lui donna un frisson. Cette statue avait été la première chose qu'il avait vue lorsqu'il est entré dans le phare après la chute de l'avion et il ne pourrait jamais l'oublier.

Dans un coin, les petites filles s'étaient endormies, allongées sur de petites couvertures prises dans un sac que Tenenbaum avait emporté avec elle avant de quitter Rapture, ainsi que des provisions. Le médecin dormait aussi profondément aux côtés des filles. Sur ses joues étaient visibles les marques sèches de quelques larmes. Tenenbaum avait confessée ses péchés aux petites filles et leur avait demandé pardon. Les petites filles lui ont pardonnée, à son grand étonnement, mais aussi soulagement.

Jack n'arrivant pas à dormir, décida de prendre un peu d'air et sortit par la porte du phare. En sortant, il vit Elizabeth, les coudes posés sur la petite balustrade de pierre et admirant silencieusement les étoiles. Elle sourit lorsque le bras de Jack se mit doucement autour sa taille et il se plaça à côté d'elle, regardant aussi le ciel pensivement.

(Elizabeth): "Je pensais que tu serais épuisé après une telle journée."

(Jack): "Oui, mais curieusement, non." dit-il avec un sourire. Les deux se regardèrent sans mot dire, puis échangèrent un petit rire amusé, leurs fronts se touchant.

Afin de passer le temps, et après avoir également promis à Jack, Elizabeth a décidé de tout lui dire ... sur elle et son père, Booker Dewitt .... L'existence de Columbia ... Sa vie dans la tour ... ..Songbird et elle ..... Fink et Suchong ..... Les jumeaux Luteces et leur machine ..... L'arrivée à Rapture ..... Et surtout, les constantes et les variables. Elle lui a tout dit.

Pour Jack, ce fut un véritable choc. Il lui fallut plusieurs minutes pour se rendre compte. Il aurait pu penser à une blague, mais non, c'était beaucoup trop complexe pour en être une. Et il le vit dans les yeux d'Elizabeth. Elle était plus que sincère. Et pourquoi mentirait-elle sans raison? Soufflant un grand coup, Jack s'appuya contre la balustrade

(Jack): "Eh bien ... je pensais qu'après Rapture, plus rien ne pouvait me surprendre ... je me trompais complètement."

(Elizabeth) "Je sais ..." soupira-t-elle en s'approchant de lui.

(Jack): "Les constantes et les variables ...... Presque comme, pour ainsi dire, le deux faces d'une pièce de monnaie .... Comme nous deux..."

Elizabeth acquiesça silencieusement.

(Jack): "Mais, et ces failles que vous avez créées ..... cette mer de portes ..... Tu arrive toujours à les voir?"

Elizabeth regarda ses mains. Son doigt n'avait pas disparu, les visions et les voix s'étaient finalement arrêtées dans sa tête. Elle était maintenant libre de ses dettes et de ses péchés.

(Elizabeth): "Non, et je ne pense pas que je les reverrai un jour ... de toutes façons, c'est mieux ainsi, crois moi." dit-elle doucement en se tournant vers Jack et en le regardant avec amour. "Maintenant, je sais où je veux être."

Leurs lèvres se rapprochèrent et se retrouvèrent pour un autre baiser sous le clair de lune et les étoiles.

************

(Tenenbaum): "Elles t'ont offert la ville....et toi, tu as refusé....et qu'est ce que tu as fait à la place? Ce que tu as toujours fait....tu les as sauvés. Tu leur as donné la seule chose qu'on leur avait volé....une chance....une chance d'apprendre...de trouver l'amour.... de vivre.... et quel a été ta récompense? A aucun moment, tu ne l'as dit....mais je crois le savoir. Tu as gagné...une famille."

Un an avait passé. Jack et Elizabeth étaient restés ensemble et avaient repris une vie normale, oubliant progressivement les horreurs de Rapture sans se soucier du sort de la ville sous-marine cauchemardesque. Pour célébrer leur première année ensemble, Jack avait invité Elizabeth à un restaurant dans le centre-ville. Sally était restée à la maison, sous la garde de Tenenbaum.

Pour l'occasion, Jack portait un costume et une cravate, tandis qu'Elizabeth avait revêtue une longue robe bustier bleue et ses lèvres étaient rouges comme une rose. Une belle pleine lune illuminait la ville ce soir et le couple dînait de bonne humeur. Elizabeth a vécue ceci dans son cœur comme une troisième renaissance. Jack avait l'air timide devant elle, ce qui le rendait encore plus mignon. Sur le trottoir devant le restaurant, une jeune femme sans abri était assise et jouait de la guitare, espérant gagner quelques pièces d'argent. La chanson qu'elle a interprétée a attiré l'attention d'Elizabeth.

"Will the circle be unbroken

By and by, by and by?

Is a better home awaiting

In the sky, in the sky?...."

Cela ramena à Elizabeth des souvenirs assez tristes, mais aussi heureux. Elle et Booker, dans la cave de ce petit bar de Columbia. Lui, assis sur une chaise et jouant de la guitare, pensif, et elle, debout et chantant, rêvant d'une vie meilleure. Ces moments, elle voulait les garder. Elle dut s'empêcher de pleurer devant Jack.

(Jack): "Liz ...."

Sa voix était calme et sa main prit doucement la sienne. A voir son visage, il était très nerveux. Prenant une profonde inspiration, et devant tous les autres clients du restaurant, il s'agenouilla. Elizabeth rougit, sentant son cœur battre la chamade. De son autre main, Jack prit quelque chose dans sa poche et le tendit à la jeune femme. Une belle bague en argent.

(Jack): "Mlle Elizabeth ...... veux tu m'épouser?" il a demandé, son visage rougeoyant. Incapable de retenir ses larmes de joie, Elizabeth dut prendre quelques secondes pour se rendre compte, puis acquiesça avec un sourire.

(Elizabeth): "Oui .... Oui!"

Le visage de Jack s'éclaira. Le couple s'embrassa et s'embrassa encore avec amour, sous les applaudissements des autres personnes du restaurant, agréablement surpris. Une autre surprise attendait Elizabeth. Arrivant avec une Tenenbaum réservée mais heureux, Sally courut vers le couple, pleurant également de joie en entendant la demande en mariage de Jack. En voyant Sally, Elizabeth a continuée à verser ses larmes de bonheur, prenant sa fille adoptive dans ses bras pour une étreinte chaleureuse. Elizabeth se croyait presque dans un rêve. Elle pensait mourir seule dans les ténèbres de Rapture. Le destin avait peut-être décidé de lui donner enfin une fin heureuse. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait vraiment vivante et heureuse.

Plus loin, sur le trottoir opposé, cachés dans l'ombre, deux silhouettes observaient la scène. Jouant avec une pièce de monnaie, l'homme la fit tourner dans les airs avant de fermer la main dessus.

(Robert Lutece): "L'agneau et l'as sont rassemblés ....."

(Rosalind Lutece): "... pour le meilleur et pour le pire."

(Robert Lutece): "Les dettes ont été payées ..."

(Rosalind Lutece): ".... La boucle est donc bouclée."

Avec ces mots, les jumeaux Luteces disparurent dans l’obscurité sans laisser de traces, laissant Elizabeth et Jack à leur vie heureuse ensemble.

**********

1980 - Laboratoire, New-York


(Scientifique): "C'est bon? Vous filmez?"

L'homme en blouse blanche et au bas du visage caché derrière un masque a demandé à son collègue, debout derrière une caméra, et a hoché la tête en réponse. La pièce carrée de taille moyenne, avec ses murs blancs, était plongée dans la pénombre et au milieu de la pièce, une table éclairée par des lampes au plafond. Deux autres hommes rejoignirent ensuite le premier, rassemblés autour de cette table, où se trouvait une grande boîte en métal. Le premier scientifique parla ensuite à la caméra.

(Scientifique): "Dr. Jenkins, 1er octobre 1980. Dossier n°3. Il y a quelques mois, une de nos équipes de plongée a découvert au milieu de l'océan Atlantique les ruines de ce qui semblait être une ville gigantesque, après avoir entendu des signaux étranges provenant des bâtiments sur leur radar, mais aucune présence de vie n’a été détectée. Le gouvernement a envoyé une équipe d'experts là-bas et ils ont réussi à rapporter des objets de cette mystérieuse ville engloutie. Un de nos plongeurs a juré avoir vu des ombres en mouvement dans les bâtiments en ruine et a dit que cet endroit était surréaliste ... inquiétant, même."

La boîte était grande ouverte, révélant à la caméra les objets en question. Le scientifique prit le premier dans ses mains et le montra bien à l'écran.

Une seringue grasse et cassée, contenant quelques gouttes d’EVE.

(Scientifique): "Cela ressemble à une seringue. Nous avons analysé ce produit bleu à l'intérieur, mais nos machines sont incapables de définir cette substance. Les échantillons sont également trop endommagés, probablement à cause du sel de l'eau de mer."

Le deuxième objet présenté était un petit jouet en peluche humide et sale, représentant ce qui semblait être un homme en costume de plongée et portant une foreuse sur une main. Le troisième objet était un masque de carnaval, en forme de lapin et partiellement détruit. Le quatrième et dernier objet, plus volumineux, a attiré plus d’attention des scientifiques.

La peinture d'Elizabeth et Booker dansant, peinte par Sander Cohen. Heureusement, la peinture n'avait pas été trop endommagée par l'humidité et la moisissure. Le scientifique en chef s'approcha du tableau et le pointa du doigt.

(Scientifique): "Ce tableau représente un homme et une jeune femme qui dansent dans ce qui semblait être une sorte de fête. L’expression de la jeune femme la montre pensive, presque triste, mais il y a quelque chose de plus intriguant. Elle semble presque. .. hors du temps ... S'agissait-il des habitants de cette ville et que sont-ils devenus? "C'est la grande question: que sont devenus les habitants? ..... Je pense que, malheureusement, nous n'aurons jamais la réponse. Suite à cette étrange découverte, le gouvernement a décidé de ne rien révéler au public. Tous les fichiers et toutes les preuves relatifs à l'affaire "Rapture" seront classés comme confidentiels et protégés. La zone maritime dans laquelle se trouve la ville est interdite d'accès et sera surveillée en permanence par des bateaux de l'armée. Une nouvelle zone 51 en quelque sorte. Quoi qu’il en soit, nous ne saurons probablement jamais ce qui s’est passé dans cette ville, ni qui l’a créée, mais il ne fait aucun doute que cela restera l’un des plus grands mystères de notre histoire."

**********

Des années ont passé, des années durant lesquelles tout le monde a tout fait pour oublier la souffrance du cauchemar de Rapture.

Assise dans un couloir blanc, les mains croisées sur son petit sac à main, Elizabeth attendait sans rien dire, son visage neutre. Les cheveux grisonnants peignés en chignon et les rides qui parsemaient son visage témoignaient de ses années de vie, aux côtés de l'homme qu'elle aimait. À côté d'elle, assise sur une autre chaise, une jeune femme adulte vêtue d'un long manteau brun la tenait par la main.

(Sally) "Est-ce que ça va, maman?" elle lui a demandé, concernée. Elizabeth se força à lui sourire et lui tapota la main en guise de réponse. Une femme habillée en infirmière est venue à eux.

(Infirmière): "C'est bon. Vous pouvez aller le voir."

(Elizabeth): "Merci."

Accompagnée de Sally, elle entra dans une pièce indiquée par l'infirmière. Sur un lit recouvert de draps blancs, Jack était ici, portant également les marques de la vieillesse. Connecté à un respirateur et à une intraveineuse, Jack sourit en voyant les deux femmes entrer dans la pièce. Il tendit sa main tremblante et Elizabeth la prit doucement.

(Jack): "Elizabeth ...... Sally ......" sa voix était faible ..... agonisante.

(Elizabeth): "Bonjour mon amour." dit-elle avec un sourire partagé entre joie et tristesse et posa un petit baiser sur le front de son mari.

(Sally): "Bonjour papa." dit-elle en retenant les larmes qui menaçaient de couler. Jack le remarqua et invita sa fille à le serrer dans ses bras, ce qu'elle fit avec délicatesse.

(Jack): "La vie est ainsi faites, Sally ... Tu ne dois pas être triste, mais heureuse d'en avoir une."

(Sally): "C'est grâce à toi et à maman que j'ai une vie aujourd'hui." dit-elle, ne pouvant plus retenir ses larmes. Elizabeth, qui sentait aussi l'humidité couler dans ses yeux, vint la réconforter. Jack était triste aussi, mais aussi heureux d'avoir pu mener une vie heureuse, d'avoir put épouser Elizabeth et d'avoir élevé Sally comme sa propre fille. Il se souvint de la cérémonie de mariage. Lui, vêtu d'un costume noir chic, et Elizabeth, belle comme un ange dans sa robe blanche. Tous deux échangeant leurs voeux, leurs bagues devant l'autel et scellant leur mariage par un baiser, Elizabeth abandonna les noms de Dewitt et Comstock pour Wynand. Leur première danse, dans une musique lente et mélodique, ainsi que la nuit de leur lune de miel à Paris, qui a vu leur premier acte de véritable amour. Tenenbaum avait assistée à la cérémonie de mariage à l'invitation de Jack et Elizabeth. Le médecin étaitrestée bonne amie avec eux jusqu'à sa mort paisible, il y a plusieurs années maintenant. Leur vie avait été très simple mais heureuse, dans une petite ferme à la campagne ...

On frappa à la porte et l'infirmière entra.

(Infirmière): "Excusez-moi, mais d'autres personnes demandent à voir M. Jack Wynand."

Elle s'écarta, laissant entrer une douzaine d'autres jeunes femmes, tenant toutes dans leurs mains un bouquet de fleurs. Malgré l'âge qui les avait changés, Jack les reconnaissait toutes. Les femmes qu'il avait autrefois sauvées de Rapture quand elles étaient petites étaient venues accompagner les derniers moments de leur sauveur. Chacune d'entre elles avait trouvée un enseignement, un travail, l'amour…. Une vie. Cette fois, Jack versa une larme de joie. Elizabeth et Sally, assises à ses côtés, le tenaient par la main.

(Jack): "Je tiens à vous dire à tous un merci sincère ..... Je n'étais qu'un esclave, un monstre créé pour la destruction ...... Grâce à vous, je suis devenu humain."

Les larmes coulaient, et avec raison, pour tous.

(Elizabeth): "Tu as toujours été humain, Jack."

Il lui sourit. Sally et les autres jeunes femmes se sont approchées et toutes ont touché les mains de Jack avec les leurs. Elizabeth posa un autre baiser sur le front de Jack qui, souriant et apaisé, ferma ses yeux une dernière fois.


FIN

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