Shinigamis et Shinas, la nouvelle histoire
Quand Piko Wamura vit les empreintes dans la terre humide, il sut immédiatement qu’il était sur la piste d’un Yokai. Il laissait sur le sol une signature unique.
De toute sa vie, il n’avait capturé qu’un seul Yokai en compagnie d’autres Shinigamis et Shinas, et il gardait sur la joue un souvenir impérissable de ce combat. Ne risquait-il pas de perdre trop de temps à chasser celui-là ?
Mais cela faisait trois jours qu’il parcourait la forêt, et c’était la première piste qu’il trouvait. Il pouvait s’estimer heureux. Il ne pouvait pas se permettre d’abandonner cette piste. Il n’avait aucune garantie d’en trouver d’autres. Il devait capturer ce Yokai.
Il se remit en route. Il fallait être vigilant.
Il marcha lentement, s’arrêtant régulièrement pour inspecter le sol et regarder les rochers tout autour de lui, plongés dans l’ombre. Il scrutait l’horizon obscur, écoutait attentivement les bruits du soir et tenait fermement son Zanpakutô.
Si le Yokai apparaissait, il ne fallait surtout pas le rater.
Roka était seul au centre des archives de la Soul Society. Il était resté un long moment debout devant une petite table, à admirer cette salle incroyable, tout en bois sombre, qui était gardée en permanence par deux Shinigamis.
Sous ce haut plafond, il y avait des milliers d’archives, peut-être des dizaines de milliers, dressés les unes à côté des autres le long de la paroi.
Mais ce qui intéressait Roka, aujourd’hui, c’était les archives d’il y a douze ans que le commandant Yamamoto lui avait montré.
Il s’installa confortablement sur une petite chaise et posa le volume devant lui. Il passa ses doigt sur le cuir de la reliure.
Bientôt il arriva au chapitre qui traitait le meurtre de ses parents. Ses yeux se posèrent sur le texte. Et soudain il fut saisi par une impression étrange.
Il fronça les sourcils. Il lui semblait qu’il avait déjà vu ce texte et plus spécialement les symboles d’une langue étrangère en dessous. Mais il ne connaissait pas cette langue. Pourtant, il était presque sûr de reconnaître les symboles. Oui. Il en était certain, à présent. Il avait vu ces symboles. Et il se souvenait où.
Sur la cape de King of the Underworld. Brodé en doré. Oui, il les avait vues quand il parlait à King of the Underworld. Il ne pouvait pas se tromper.
Il se leva brusquement. Comment était-ce possible ? Comment avait-il pu voir ses symboles avant même de les avoir vues sur ce livre ? Qu’est-ce que cela signifiait ? Il fallait qu’il aille trouver le commandant Yamamoto. Qu’il lui explique !
Il referma rapidement le livre et s’apprêta à partir, mais au même instant un jeune homme aux yeux bleus et aux cheveux blonds peigné pour couvrir son œil gauche entra dans la bibliothèque. Il portait l’uniforme des Shinigamis ainsi que son brassard de lieutenant de la troisième division. Que faisait-il ici ? Il lui adressa poliment un salut de la tête, mais l’homme avançait droit vers lui. C’était lui qu’il venait voir.
-Bonjour, dit le Shinigami.
-Bonjour, répondit Roka, méfiant.
-Vous êtes le prince Roka, n’est-ce pas ?
-Oui.
-Le commandant m’a demandé de vous rejoindre ici.
-Vraiment ?
-Oui. Il m’a dit que vous auriez peut-être besoin d’aide pour déchiffrer un manuscrit...
Roka ne put retenir une moue incrédule. Le commandant Yamamoto avait en effet promis que des personnes de la Soul Society pourraient l’aider, s’il le voulait. Mais il avait pensé qu’il parlait de nombreux Shinigamis de bas niveau. Pas d’un lieutenant ! et encore moins d’un Shinigami si jeune ! Aurait-il la connaissance suffisante pour l’aider ?
-Comment vous appelez-vous ? demanda le Shinas.
-Lieutenant Izuru Kira de la troisième division.
-Le commandant Yamamoto vous a dit de quel manuscrit il s’agissait ? demanda-t-il au Shinigami en serrant contre lui le volume.
-Bien sûr. C’est pour ça qu’il m’a envoyé ici, prince Roka.
-Lieutenant Kira, dit Roka. Voudriez-vous bien me traduire ces symboles ?
-Mais bien sûr, prince Roka, je suis venu pour ça !
Le prince Shinas ouvrit le manuscrit devant lui, détachant délicatement les fermoirs de cuir. Il tourna les pages une à une, tout doucement, jusqu’au chapitre traitant la mort de ses parents. Puis il tourna le volume vers Kira.
Le Shinigami passa sa langue sur ses lèvres, inspira profondément, et commença à déchiffrer les symboles.
Hamano Eiji entra prudemment dans la tente de Gaku Koike.
Il n’avait plus la même aisance qu’autrefois, ni la même liberté quand il s’adressait à son supérieur.
Depuis l’affaire d’Oryonne, leur relation avait changé. Même s’il ne devait plus être question de cette affaire, même si Hamano s’était forcé à redonner confiance à ses hommes en leur assurant que Koike savait ce qu’il faisait, il n’avait plus, lui, confiance en Gaku. Et il s’en voulait de n’avoir pas le courage de partir.
Il avait toutefois du mal à oublier la femme de Jinzô qu’ils avaient fini par tuer, dans la petite ville d’Oryonne, sous prétexte qu’elle refusait de parler. Il voyait encore son visage ensanglanté, et le dernier regard accusateur qu’elle leur avait adressé. Il ne pourrait jamais oublier ce regard ! La détresse et la colère. Justes. Profondes. Qu’il avait ressenties lui aussi.
-Maître, dit-il en saluant Koike. Nous venons malheureusement d’avoir la confirmation que nous redoutions. Le prince Roka et ses trois acolytes se trouvent bien dans la Soul Society.
Gaku Koike poussa un long soupir. Assis sur une chaise de fortune, il avait un plan du Seireitei sous les yeux. Il s’était attendu à cette nouvelle, et était déjà en train de réfléchir à une stratégie. Quand ils avaient retrouvé la trace des jeunes gens et qu’ils les avaient pistés jusqu’à la porte magique, Gaku Koike s’était douté qu’ils trouveraient refuge chez les Shinigamis.
-Nous devons attaquer les divisions le plus rapidement possible !
-Pardon ? s’exclama Hamano, incrédule.
-Nous devons nous préparer pour attaquer les divisions de la Soul Society.
-Mais, nous ne sommes pas aussi nombreux, et...
-Nous pouvons compter sur les démons et Yokai au service d’Arata. Nous attaquerons par surprise, Hamano. Et de toute façon je ne veux pas une grande bataille. Nous n’avons pas besoin de défaire l’ennemi, seulement de pénétrer dans la Soul Society pour capturer ce prince Roka.
Hamano n’en croyait pas ses oreilles. A présent, il en était sûr, Koike était devenu fou.
-Nous ne pouvons attaquer sans avoir au moins prévenu Arata Bando.
Koike sortit soudain de ses gonds. Il se leva brusquement et se précipita vers Hamano, qui n’osa même pas se défendre. L’ancien capitaine Shinigami le saisit par le cou et le poussa en arrière, hors de la tente, contre un arbre.
-Hamano ! Je vous avais déjà demandé de ne plus jamais me contredire ! hurla Koike, la voix pleine de fureur.
Les hommes tout autour s’immobilisèrent et regardèrent la scène, interloqués. Koike était en train d’étrangler Hamano, sous leurs yeux !
-Notre mission ici est de la plus haute importance ! grogna Gaku, les yeux emplis de sang. Je ne peux plus accepter ce genre de comportement, Hamano ! Vous comprenez ?
Eiji, le visage pourpre, était sur le point d’étouffer. Il hocha péniblement la tête, coincé contre l’arbre.
Koike le relâcha d’un seul coup. Hamano tomba à genou en toussant et en se tenant la gorge.
-Eiji Hamano, je vous relève de vos fonctions !
Gaku Koike se tourna vers les hommes. Il posa sur eux un regard circulaire. Pas un seul ne bougeait. Koike n’était pas un capitaine permissif, mais ils ne l’avaient jamais vu s’énerver à ce point.
-Ayumu, reprit-il d’un ton calme, comme s’il ne s’était rien passé. Vous voilà donc mon bras droit.
Le jeune Shinigami, embarrassé, s’inclina devant Koike.
-Escortez Hamano jusqu’à notre QG. Ensuite, je veux que vous réunissiez là-bas tous les démons et Yokai prêts à se battre. Demain soir, au plus tard, nous attaquerons la Soul Society.
-A vos ordres.
-Je ne peux vous mettre en danger plus longtemps, commandant Yamamoto, j’ai décidé de partir à l’instant même.
Le prince Roka avait demandé au vice-capitaine de la première division une entrevue avec le capitaine Commandant et, comme à son habitude, le vieil home l’avait reçu dans l’heure, malgré les nombreuses affaires qu’il avait à gérer en ces temps de crise. Il était d’une disponibilité sans égale, et de jour en jour Roka découvrait les qualités profondes de cet homme peu ordinaire. Il avait presque oublié son malaise des premiers jours. Ou, en tout cas, il arrivait à se faire une raison. Non, il n’était pas à sa place, mais il avait des choses à effectuer ici.
Il en avait donc profité pour discuter un peu chaque jour avec Kira Izuru, et pour rendre visite de temps en temps à Rukia Kuchiki qu’il connaissait par le passé.
Mais à présent les choses se compliquaient. King of the Underworld l’avait mis en garde, des attaques allaient avoir lieu. Ce n’était plus seulement qu’il ne se sentait pas à sa place, mais il se trouvait à nouveau dans la terrible situation des semaines précédentes. Il devenait un danger pour les autres. Pour des gens qui l’avaient aidé, recueilli, protégé. Et il refusait d’assumer cela une nouvelle fois.
-Prince Roka, répondit le commandant Yamamoto, la Grande Prêtresse est censée revenir cette nuit après avoir été chercher du soutiens parmi les Shinas qui ont fui le massacre d’Erèbe. Vous devriez au moins l’attendre. Je vous assure que vous ne nous mettez pas en danger.
-Non, Commandant Yamamoto, c’est trop dangereux. Je ne peux mettre en péril votre monde tout entier juste pour me protéger... Ce n’est pas ma vie seule que je risque, c’est celle de vos Shinigamis, la votre, que sais-je ?
-Prince Roka, allez-vous m’obliger à dire à la Grande Prêtresse que vous avez fui quelques heures avant qu’elle ne revienne ? Voulez-vous donc que je lui apporte cette nouvelle qui, j’en suis convaincue l’attristera ?
Le jeune homme soupira.
-Commandant, dit-il, soit. Mais je partirai à l’instant même où j’aurai pu la revoir. Je ne veux risquer plus longtemps de vous porter malheur.
Roka fut réveillé au milieu de la nuit par un grand vacarme et des bruits de fracas qui résonnaient dans la cour principale.
Refusant toujours, entêté, sa chambre, il avait pris l’habitude de dormir au-dessus d’une garnison d’où il pouvait voir le ciel. Il se précipita vers le bord du bâtiment, derrière une large poutre pour observer la cour.
Il reconnut aussitôt les hommes qui venaient d’entrer en force dans la Soul Society. Ils portaient cet uniforme de shinobi noir.
Il frappa la poutre de son poing, comme pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. Car c’était pire qu’un cauchemar. Mais pourtant, c’était bien vrai.
Soudain, des Shinigamis parurent à leur tour dans la cour, à la lueur de la lune. Et la bataille commença. Le bruit des épées s’éleva dans la nuit. Les premiers soldats tombèrent, sous son regard incrédule. Roka jura.
Il se leva d’un bond. Il ne pouvait assister à cette bataille sans intervenir ! C’était lui qu’on venait chercher ! Il n’avait qu’à se rendre ! Il n’allait pas laisser mourir ces hommes à cause de lui. Encore une fois !
Il courut vers la petite échelle de l’autre côté du bâtiment et se laissa glisser pour descendre. Un bruit, derrière lui. Quelqu’un venait d’entrer.
Il vit volte-face et se mit en garde, prêt à se battre. Mais ce n’était pas un ennemi. Malgré l’obscurité, il reconnut l’albinos. C’était Taro.
-Roka ! Suis-moi, il y a une sortie derrière l’atelier.
-Mais pourquoi ?
-Tu dois fuir !
-Non ! protesta Roka. Je ne peux pas les laisser faire ça. Je dois me rendre. Ou me battre !
-Non ! Si tu restes, tu compromets le commandant, Roka. Il ne doivent pas te trouver ici.
-Mais ils vont massacrer tout le monde !
-Non. C’est toi qu’ils cherchent.
Roka donna un coup de pied dans un seau devant lui. Il était furieux. Mais Taro avait raison.
Où était sa grand-mère ? Il ne pouvait partir sans l’avoir vue.
-Je ne peux pas partir ! s’exclama-t-il. La Grande Prêtresse ! Elle doit arriver cette nuit. Si je pars, il va lui arriver quelque chose !
-Non, Roka, Nambo et Joben la protégerai ! Tu peux compter sur eux.
Roka fronça les sourcils. Il devait faire confiance à Nambo et Joben. De toute façon, il n’avait pas le choix.
-Les voilà !
Taro se précipita sur Roka et le poussa vers l’échelle qui montait à l’étage. Le jeune homme aperçut, à travers les portes du bâtiment, des soldats qui arrivaient vers eux. Il grimpa les barreaux de l’échelle aussi vite que possible, bascula sur le plancher puis tendit la main à Taro pour l’aider à le rejoindre.
-Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? marmonna Roka.
La porte du bâtiment s’ouvrit à nouveau, juste en dessous d’eux, mais beaucoup plus violemment. Les deux jeunes hommes se couchèrent à terre. S’ils ne faisaient pas attention, on risquait de les voir d’en bas. Ils entendirent le bruit de pas qui s’approchaient de l’échelle.
-Le toit, chuchota Taro en indiquant la trappe à l’autre bout du bâtiment.
Roka hocha la tête. C’était dangereux, mais ils n’avaient pas d’autre solution. Il ne perdit pas un seul instant, roula sur le côté et rampa vers le mur opposé du bâtiment.
Ils avancèrent le plus rapidement possible, en essayant de ne pas faire de bruit, poussant sur leurs coudes au milieu du bois. Quand ils arrivèrent devant la trappe, ils entendirent un homme qui commençait à monter à l’échelle. Il n’y avait plus de temps à perdre.
Taro passa le premier. Il grimpa sur un bout de bois et poussa la trappe qui menait sur le toit. Il se hissa à l’extérieur, passa une jambe, puis l’autre, et se glissa sur le toit.
Roka monta à son tour sur le bout de bois. L’ennemi arrivait en haut de l’échelle. Dans un petit rayon de lumière, le prince des Shinas vit sa main se poser sur le plancher. Il allait être là d’un instant à l’autre. Roka espérait que l’obscurité de la nuit suffirait à le cacher s’il n’avait pas passé la trappe à temps.
Sans plus tarder, il attrapa la main de Taro et monta sur le toit. Il referma la trappe derrière lui délicatement, pour ne pas faire de bruit.
-Par là ! chuchota Taro. On va descendre du côté de l’atelier. Et si on arrive à passer, je pourrai te montrer la petite sortie dérobée qu’un Shinigami m’a montré. Viens !
Ils avancèrent sur le toit, le dos plaqué contre l’enceinte du bâtiment. Dans la cour, en contrebas, de nouveaux soldats arrivaient, mais les combats avaient apparemment cessé.
Ils arrivèrent bientôt au bord du toit. Ils se penchèrent par-dessus les gouttières, et découvrirent avec horreur que des ennemis étaient déjà postés devant l’atelier.
-On ne va jamais pouvoir descendre par ici !
-Il n’y a pas d’autre issue, Roka.
Un ennemi dans la cour leva soudain la tête, comme s’il les avait entendus. Les deux garçons se couchèrent sur le toit. Et ils attendirent, immobiles.
Rukia sursauta en arrivant au coin d’une rue. Un homme s’était précipité sur elle et la tenait contre le mur de la petite ruelle. Elle essaya de hurler, mais l’homme avait mis sa main sur sa bouche pour l’en empêcher.
-C’est moi, Kuchiki, chuchota-t-il.
Et elle le reconnut. C’était un soldat Shinigami de la première division.
Voyant qu’elle l’avait reconnu, le Shinigami enleva sa main de la bouche de Rukia.
-Que se passe-t-il ? s’exclama la jeune femme, qui avait vu les soldats à l’entrée et qui apercevait à présent les nombreux Shinigamis postés devant les portes.
-Ne faites pas de bruit et suivez-moi.
-Mais que se passe-t-il ?
-Shhh ! marmonna le Shinigami en attrapant Rukia par le bras.
Rukia secoua la tête. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Ou plutôt, elle refusait de comprendre. Car il ne pouvait s’agir que d’une chose : ses ennemis ne pouvaient être ici que pour une seule raison. Le prince Roka.
Il ne fallait pas qu’elle reste ici, dans la rue ! il fallait qu’elle découvre ce qu’il s’était passé.
-Allons-y.
Rukia resta un long moment le dos collé à la porte. Son cœur battait à tout rompre. Le sang cognait contre ses tempes. Et dans l’obscurité, elle avait les yeux grands ouverts. Elle se posait mille questions. Le prince Roka, l’aider tout simplement. La famille Kuchiki et la famille royale d’Erèbe était liée dans le passé. Et le prince Roka gardait de bon contact avec la famille Kuchiki malgré l’assassinat de ses parents. Elle n’avait jamais rencontré une personne avec une telle force et une telle faiblesse à la fois !
L’aider à suivre la voix qui l’appelait.
Oui. Elle devait retrouver le prince Roka.
Soudain, la porte s’ouvrit derrière elle. Rukia faillit tomber à la renverse et fut rattrapée par l’homme qui avait ouvert. Un homme vêtu d’un shinobi.
-Lâhcez-moi ! protesta-t-elle.
-Allons, on va là-haut, dans la grande salle, comme tout le monde !
Il la tenait fermement par le bras, la serrant si fort qu’il lui faisait mal. Rukia se plaignit mais il ne l’écoutait pas. Il semblait trouver cela amusant de la voir se débattre ainsi pour échapper à sa poigne. Il la bouscula un peu et la força à marcher devant lui.
-Allez ! grogna-t-il, ma belle ! pas d’histoire où ça va mal finir !
Et il lui envoya une grande claque sur les fesses.
Rukia se retourna, furieuse. Elle n’en revenait pas. Ce fou ne savait pas à qui il avait affaire !
-Ne me regarde pas comme ça ! Demi-tour et en route ! ordonna-t-il en la poussant à nouveau devant lui.
Rukia, hors d’elle, comprit qu’il ne servait à rien de résister. Les mâchoires serrées, les poings crispés, elle avança en traînant les pieds, se laissant guider par les coups que le soldat lui donnait dans le dos. Il lui fit monter les marches et rejoindre une file de Shinigamis désarmés qui, comme elle, entrèrent dans la plus grande pièce de la première division.
La jeune femme pénétra dans la grande pièce, regarda autour d’elle et aperçut enfin le commandant Yamamoto, à l’autre bout de la salle, entourée des principaux capitaines. Il y avait son frère Byakuya. Sans hésiter, Rukia se précipita vers lui.
Le capitaine de la sixième division la vit arriver, s’avança près d’elle.
-Rukia ! Tu es saine et sauve !
-Où est le prince Roka, mon frère ? répliqua la jeune femme sans attendre.
Byakuya Kuchiki jeta un coup d’oeil alentour.
-Mettons-nous un peu à l’écart, dit-il en entraînant sa sœur avec lui. Je ne sais pas, Rukia. Je ne sais pas où il est. Mais une chose est sûre, ils ne l’ont pas trouvé puisqu’ils le cherchent encore. Il était là cette nuit, pourtant.
-Rukia Kuchiki !
La jeune femme se retourna. Taro, le bras droit du prince Roka.
-Taro ! s’exclama Rukia en lui tendant la main.
Le jeune homme avait le visage ensanglanté et se tenait le bras gauche.
-Que t’est-il arrivé ?
Le Shinas, à bout de souffle, s’assit en grognant sur la chaise que lui tendait un Shinigami.
-Ils m’ont pris pour le prince Roka ! Ces imbéciles ont finalement compris que ce n’était pas moi, puisque je n’avais pas les yeux émeraude... Mais maintenant, je risque bien d’avoir des cicatrices, avec les coups qu’il m’ont donnés !
-Pourquoi vous ont-ils frappé ? demanda le capitaine Kuchiki.
Le Shinas pouffa, malgré ses nombreuses blessures.
-Pour me punir de leur avoir dit que j’étais Roka...
-Tu leur as dit ça ? s’exclama Rukia, perplexe.
-Eh bien oui ! Pour faire gagner du temps au prince Roka.
-Tu l’as vu ?
-Evidemment ! Je l’ai aidé à s’enfuir, ça ne se voit pas ?
-Et où est-il maintenant ?
-Eh bien, loin d’ici, sûrement ! J’ai détourné leur attention pendant qu’il sortait par la petite porte du bâtiment... Il doit être hors des divisions, maintenant.
-Espérons-le, glissa Byakuya Kuchiki.
-Nous devons aller l’aider ! s’exclama Rukia.
-Non ! Il m’a dit que nous devions rester ici...
-C’est hors de question !
Le Shinas leva les yeux au ciel.
-Mais vous n’êtes pas possibles, tous les deux ! Vous chercher à vous faire tuer, ou quoi ? Nous restons ici, comme il nous l’a demandé, un point c’est tout !
Rukia poussa un soupir. Il était inutile de discuter. Elle prit un mouchoir dans sa poche et essaya de soigner le Shinas. Pour le moment, elle ne pouvait rien faire de mieux.