The Rescue's Hope par

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Side Story / Drame / Romance

16 Chapitre 16

Catégorie: T , 2178 mots
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La version Kurotama de Tsunata dévisagea Shûhei, à l’affût du moindre indice pouvant trahir ses réelles intentions ; cependant, elle ne trouva pas matière à se satisfaire.

– Je te répète qu’on ne sait même pas si vos amis sont encore en vie ou non, se braqua-t-elle.

– Je suis convaincu qu’ils le sont, insista le Vice-Capitaine. Je ressens encore leur pression spirituelle.

Elle lui tourna le dos, fit quelques pas, et lui jeta un regard de biais.

– En admettant que tu dises vrai, leur destin nous importe peu : Tetsu et moi ne gagnerions rien à leur venir en aide, d’autant plus qu’il s’agirait d’un acte de haute trahison, et que cela pourrait nous coûter bien plus que nos têtes.

Shûhei l’observait attentivement : elle ne ressemblait à celle qu’il vénérait que d’apparence, mais il arrivait à lire clairement dans le regard glacial qu’elle lui lançait. Partisane de l’Armée Noire ou non, la nature profonde de Tsunata ne changeait pas.

– Eux-aussi vous connaissent : ils pourront vous en apprendre davantage à votre sujet.

– Ta parole pourrait tout aussi bien nous suffire.

– Sauf que je ne parlerai que lorsque je serai sûr qu’ils sont tous sains et saufs.

Elle sortit son sabre de son fourreau et plaça sa lame sous la gorge du ténébreux.

– Je pourrais t’y obliger, menaça-t-elle.

Sans rompre leur lien visuel, Shûhei grogna :

– Tu ne le feras pas.

Elle s’approcha si près de son visage que son souffle caressa sa peau hâlée et souleva quelques-unes de ses mèches ébène.

– Qu’est-ce que tu en sais, Shinigami ?

– Je te l’ai déjà dit : je te connais.

Les sourcils toujours froncés à leur paroxysme, Tsunata recula, saisit sa cape, et rengaina son kurojû sous l’œil incrédule de Tetsu.

– Que comptes-tu faire, Tsunata ?

– Nous allons leur ramener leurs précieux amis, qu’ils soient en pièces détachées ou non.

– Quoi ? s’insurgea-t-il. Tu veux dire qu’une fois encore, tu vas céder à ses caprices ?

Elle ne prit pas la peine de lui répondre, et attrapa un second vêtement qu’elle jeta à Shûhei en le gratifiant d’un air absolument désagréable.

– Toi, tu viens avec moi ; le gamin, tu vas avec Tetsu. On ne peut pas vous garantir l’état dans lequel on va retrouver vos amis, mais croyez-moi lorsque je vous assure que si on prend tous ces risques pour rien, vous le regretterez sévèrement. Ai-je été suffisamment claire ?

Shûhei, un temps interdit, revêtit sa cape et la gratifia d’un regard reconnaissant. Il la rejoignit devant la porte. Tetsu, lui, ne semblait pas comprendre à quel jeu s’adonnait sa coéquipière : commettre un pareil affront à l’Ordre ne lui ressemblait guère, et trahir les siens pour venir en aide à des Shinigami relevait de l’hérésie. Cela n’avait rien d’une lubie passagère, elle devait avoir une idée fixe qui, bien que mystérieuse, valait la peine de se mettre en danger. Il décida donc de suivre son plan, et tendit à son tour une cape au petit brun qui accompagnait le Shinigami balafré ; il le vit s’empresser de l’enfiler, dans une expression qui ne traduisait ni crainte, ni mépris, mais un remerciement silencieux ponctué d’une lueur déterminée.

Tetsu se tourna une dernière fois vers Tsunata qui, pour sa part, s’apprêtait à faire face au désert argenté du Hueco Mundo.

– Tu es bien sûre de toi ?

Elle se tourna, et alors que sa large capuche camouflait toute la partie supérieure de son visage, les deux soldats du Gotei 13 virent se dessiner sur ses lèvres un faible sourire.

– Dans la vie, Tetsu, on n’est jamais sûr de rien.

Puis elle disparut dans un zeitsprung, talonnée de près par le shunpo de Shûhei. Tetsu soupira et se concentra sur Sotaro ; d’un mouvement de tête, il l’incita à lui emboîter le pas, et ils empruntèrent la direction opposée à celle de la blonde et du ténébreux.

***

Shûhei éprouvait le plus grand mal à suivre l’alter ego de sa coéquipière : contrairement aux fois où leur vélocité s’accordait, Tsunata le devançait, et de loin. Elle ne paraissait pas s’en préoccuper, mais elle finit par dire froidement :

– Tu es lent, Shinigami : à ce train, on ne retrouvera rien de tes amis.

Agacé par son indifférence, le Vice-Capitaine se hâta de la rejoindre en grognant. Il la considéra sérieusement, les sourcils froncés, et s’enquit :

– Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?

Seul le silence lui répondit. Il persista et tenta de lui soutirer suffisamment d’informations pour comprendre la situation.

– Depuis combien de temps êtes-vous ici, Tetsuribon et toi ?

Prête à perdre son sang-froid, Tsunata grommela une phrase, deux simples mots qui, contre toute attente, arrachèrent un sourire à Shûhei :

– La ferme.

Elle devait être là, quelque part, la véritable Tsunata, celle qu’il connaissait depuis une demi-année et avec qui il avait passé les instants les plus agréables de sa vie. Toutefois, seule la patience était en mesure de briser cette carapace de soldat sanguinaire, il en était convaincu.

***

– Merde !

Dans une autre parcelle du Hueco Mundo, à bout de souffle, Ichigo Kurosaki et Orihime Inoue luttaient toujours contre leurs adversaires ; le bouclier de la jeune femme leur avait permis d’échapper aux salves des Kurotama, et les Getsuga Tenshô du remplaçant les avaient tenus à distance.

– Vous n’avez plus de force, étrangers. Vous ne tiendrez plus bien longtemps.

– Tu veux parier ? répliqua Ichigo.

Même s’il fanfaronnait, il savait que son ennemi n’avait pas tort. Koremasa Räder, armé de son kurojû qui rappelait aux deux intrus l’arme favorite de leur ami Quincy, s’amusait à les faire courir dans tous les sens ; lorsqu’Ichigo et Orihime mettaient en œuvre tous leurs talents pour faire la différence, son coéquipier, Reizo Nagl, usait de son pouvoir particulier : celui de leur dérober leur reiatsu. Ainsi, plus d’une heure après leur arrivée dans le monde des Hollow, les deux amis haletaient, plaçant leurs dernières réserves pour se protéger l’un l’autre.

« Bon sang ! pensa Ichigo. Si on ne se dépêche pas de trouver une solution, je ne donne pas cher de notre peau. Il faut que je trouve le moyen de sortir Inoue de ce guêpier ! »

Reizo ricana avec un sarcasme écœurant du haut de sa falaise de calcaire. Ce qu’il pouvait agacer Ichigo ! S’il en avait eu les moyens, cela ne faisait pas l’ombre d’un doute qu’il lui aurait suffi d’un shunpo pour lui faire ravaler son sourire abjecte, souligné par ses cheveux bleu nuit décoiffés et son regard doré. Son sang bouillonnait en lui, mais le temps n’était pas à se perdre en éclats de voix inutiles : l’important était de protéger Orihime, puis de mettre la main sur le reste de l’expédition pour sauver cette blonde intrépide qu’un grand nombre de Shinigami avait eu le culot d’oublier.

Le grincement de ses dents suffit à faire comprendre son trouble à sa partenaire. Dans un effort surhumain, elle s’approcha de lui, titubant de fatigue, et posa ses mains sur les épaules contractées du jeune homme ; il se détendit, puis toisa avec détermination ceux qu’il rêvait de mettre en pièces avec l’aide de Zangetsu.

– Ensemble, Kurosaki-kun.

Il sourit discrètement, expression de douceur que seule Orihime était capable de produire sur les traits figés de son visage. Ils se tinrent tous deux en position de riposte, Ichigo mettant en garde son zanpakutô, Orihime plaçant ses mains sur ses fleurs de Shunshun.

Koremasa saisit trois flèches dans son dos et bondit de son perchoir ; il tendit sa corde au moment où les mains libres des deux humains se rejoignirent dans l’attente de leurs derniers instants.

C’est alors qu’un éclat scintillant perça l’obscurité des cieux, et qu’une pression spirituelle écrasante se répandit dans l’atmosphère. Le rictus victorieux du Kurotama se déforma dans une grimace de terreur, des sueurs froides dévalant les courbes de sa figure grisâtre, encadrée par ses longues mèches émeraude accentuant son regard mauve. Un battement de cils plus tard, une ombre apparue dans son dos et le pourfendit en deux de son katana noir, éclaboussant les deux humains du sang de Koremasa. Ne s’attardant pas sur les détails, leur sauveur, à peine visible en raison de sa vitesse, fit volte-face avec une telle puissance qu’elle en émit une violente onde de choc et se matérialisa devant le second soldat de l’Ordre.

– Toi ? s’étrangla Reizo.

La lame le trancha net, son buste glissant de la partie inférieure de son corps pour s’écraser sur le sable du Hueco Mundo. Abasourdis par ce retournement de situation sanglant, les deux amis aperçurent les mouvements amples d’une cape grise semblable à celle de leurs adversaires vaincus.

– Kurosaki-kun, est-ce que…

– Oui, Inoue, j’en ai bien peur.

La même question leur avait traversé l’esprit, et sa réponse était glaçante : pourquoi un Kurotama prendrait-il la peine de se débarrasser de ses semblables ? Pour pouvoir exécuter les intrus de ses propres mains, sans le moindre doute. De plus, s’il s’agissait d’une âme noire que leurs amis avaient dû affronter, sa présence ici signifiait leur mort, quelque part, dans le désert sans fin du Hueco Mundo. Ce Kurotama devait être assoiffé de sang, et leurs forces frôlaient le néant.

Une vague de désespoir submergea Ichigo et Orihime ; ils entrelacèrent leurs doigts, résolus à saluer la mort ensemble. Le jeune homme songea à se jeter devant son amie lors de l’arrivée du Kurotama, mais il sut que son sacrifice serait voué à l’échec : dans l’éventualité improbable qu’elle le laisse mourir devant elle sans rien faire pour prendre la fuite, l’ennemi n’aurait aucun mal à la rattraper et lui faire subir son terrible châtiment. Toutefois, Ichigo se résolut à tenter le tout pour le tout, se confortant dans l’idée qu’un miracle pourrait toujours épargner Orihime.

Alors que le Kurotama se tournait vers eux, une autre ombre se posta à leurs côtés. Le remplaçant s’étrangla en les voyant fondre synchroniquement sur eux : cette fois, tout était fini ; ni lui, ni sa précieuse Inoue ne pourrait en réchapper. L’instant d’après, une force extrême l’entraîna au loin, le forçant à lâcher la main de sa camarade, dans ce qui ressemblait singulièrement à un shunpo. Affolé, il tenta par tous les moyens de distinguer sa longue chevelure auburn, mais la vitesse à laquelle ils se déplaçaient brouillait tout ce qui les entourait. Il axa son regard enragé sur son kidnappeur, constatant que son identité se camouflait derrière cette cape grise qui le révulsait. Ses limites atteintes depuis bien trop longtemps, il se débattit avec hargne en crachant :

– Relâche-moi, espèce d’enfoiré !

Malheureusement, son état de faiblesse était tel que les coups qu’il essayait de porter au supposé Kurotama ressemblaient davantage à des caresses maladroites d’enfant en bas-âge qu’à de réels élans de rage.

– Inoue ! s’égosilla-t-il.

– La ferme, Kurosaki !

Ichigo tiqua. Il pensa d’abord être victime d’hallucinations, jusqu’à ce que l’autre dévoile le bas de son visage marqué par trois cicatrices peu communes.

– Hisagi ? balbutia-t-il, les yeux écarquillés.

Un faible sourire lui répondit, suscitant dans l’esprit fatigué du rouquin un tumulte de questions. Tandis qu’ils poursuivaient leur avancée, il avala sa salive pour reprendre contenance et demanda sérieusement :

– Où est Inoue ?

– Elle est en sécurité, fais-moi confiance.

Si Ichigo était persuadé d’un fait, c’était que le ténébreux avait retrouvé cette assurance qui l’exaspérait d’ordinaire, celle qu’il avait acquise en la présence de Tsunata Nara.




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