The Rescue's Hope par

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Side Story / Drame / Romance

17 Chapitre 17

Catégorie: T , 2136 mots
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Les grandes portes du sombre palais s’ouvrirent en grand, laissant la pièce se gagner d’une lumière sinistre. Gero, le valet du maître des lieux, s’arrêta dans leur embrasure, essoufflé.

–  Monseigneur ! fit-il.

–  Gero ! Qu’en est-il de nos invités ?

Il récupéra son souffle et répondit :

–  Les Shinigami ont réussi à entrer dans le Hueco Mundo ; l’élite de garde n’a rien pu y faire.

–  Que reste-t-il d’eux ?

Gero s’inclina vivement, la main droite dans le dos.

–  Rien, Monseigneur : Tetsu Ribon et Tsunata Nara ne leur ont laissé aucune chance.

Le Kurotama éclata d’un rire diabolique qui résonna dans les longs couloirs aux alentours ; il essuya une larme au coin de ses yeux rouge comme le sang et se reprit.

–  Apprends la nouvelle à Amon : je suis convaincu qu’il sera ravi d’apprendre que son jumeau a été expédié en Enfer par son ennemie jurée.

Gero tira sa révérence dans une dernière courbette et sortit. Arrivé dans l’angle d’un couloir éloigné, il s’adossa au mur et laissa passer un soupir entre ses lèvres : le plaisir malsain que son supérieur prenait à semer le trouble dans sa propre armée l’inquiétait, et bien qu’il en était question depuis les débuts de l’organisation, Gero pensait sincèrement que le vent tournerait un jour. Cependant, en bon et valeureux valet, il était déterminé à le laisser agir selon sa volonté, et partit trouver le Kurotama du nom d’Amon.

***

La tempête s’engouffra violemment dans le repère de Tetsu et Tsunata. Les quatre personnes déjà présentes se tournèrent au son du vacarme de la porte battante, et virent s’introduire deux ombres chargée à l’intérieur de l’abri. La dernière entrée referma derrière elle avec force et, d’un commun accord, ils posèrent à terre Ichigo et Orihime. Shûhei découvrit sa tête, accueilli par les regards soulagés de ses amis rescapés.

–  Tu as pris ton temps, gronda Tetsu.

–  Si ce Shinigami n’avait pas été là, j’aurai été beaucoup plus rapide.

Rangiku, Izuru, Orihime et Ichigo arquèrent un sourcil au son de la voix de la Kurotama qui, comme pour répondre à leurs suppositions, se débarrassa de sa cape grise et la jeta nonchalamment sur le porte-manteau. Tsunata sentit leurs regards insistants peser sur elle ; elle se tourna vers eux et les toisa, l’air assombri. Si son accoutrement d’âme noire fit rougir les deux hommes, les yeux noisette d’Orihime s’embuèrent d’émotion.

–  Tsuna-chan ! s’écria-t-elle.

–  Qu’est-ce que c’est que ces fringues ! s’enflamma Ichigo. T’as pas honte de te promener comme ça ?

La gifle qu’il reçut au milieu du cortex lui claqua la mâchoire dans un hoquet de surprise. Le remplaçant lança un regard noir à son bourreau en frottant ses cheveux cuivrés.

–  Boucle-la, idiot ! fit Rangiku. Elle est magnifique, et surtout, elle est en vie, alors laisse-la tranquille !

Izuru, lui, s’abstint de tout commentaire, trop préoccupé par la froideur qui émanait du seul œil vert visible de Tsunata ; à l’instant où elle s’était déshabillée et qu’il avait pu définir les contours de son visage, tous les souvenirs la concernant lui étaient revenus ; et depuis, les mêmes questions ne cessaient de le tarauder : pourquoi était-elle si différente ? que lui avaient-ils fait subir depuis son enlèvement ?

Loin de s’en soucier, Tsunata les considéra à tour de rôle avec tout le mépris que ces êtres lui inspiraient. Elle plongea son regard ténébreux dans celui de Shûhei.

–  Tes amis sont à présent sauvés, Shinigami ; c’est à ton tour de tenir parole, et de nous dire tout ce que tu sais à notre sujet.

Shûhei soupira. Il se résolut à l’exaucer, sous les regards attentifs de ses camarades.

–  Tu t’appelles Tsunata Nara. Tu es née un 8 avril, et tu as vingt ans. Ça va faire six mois qu’on fait équipe, toi et moi. Nous te connaissons tous, Tsunata, parce que tu es toi aussi une Shinigami, et que tu nous es très précieuse.

Le sourcil gauche de Tsunata se réhaussa, encadrant le sérieux de son regard. Tetsu, lui, restait de marbre, un peu en retrait, les bras croisés. C’est alors que la blonde éclata d’un rire froid. Si cette réaction interloqua les cinq amis de l’escouade de secours, elle irrita grandement le Vice-Capitaine de la Neuvième Division.

La Kurotama reprit contenance et poursuivit avec mépris :

–  Si je suis bel et bien une Shinigami, alors, qui est Tetsu ?

Shûhei hésita un long moment à lui répondre, persuadé qu’elle ne lui accorderait jamais de crédit.

–  C’est l’incarnation de ton zanpakutô, avoua-t-il.

–  Cesse de nous insulter, si tu tiens un tant soit peu à la vie, menaça le principal concerné.

Excédé, le brun tourna rageusement son regard argenté sur Tetsu.

–  Je n’ai pas peur de Tsunata ! éclata-t-il. Je sais qu’elle ne me fera jamais le moindre mal, je la connais mieux que quiconque dans cette pièce, comme probablement dans les trois dimensions réunies !

Tsunata dégaina sa lame onyx et la pointa sur sa gorge.

–  Décline ton identité ! perdit-elle patience. Qui es-tu vraiment ? Quel est ton but ?

Les cinq autres, qui faisaient jusque là preuve d’un calme notable, s’animèrent devant la violence inattendue avec laquelle elle traitait Shûhei, celui pour qui elle aurait donné corps et âme en temps normal sans la moindre hésitation.

–  Tsunata, arrête ! s’interposa Ichigo. Il dit la vérité !

–  Hisagi a raison : tu es une Shinigami ! appuya Izuru.

–  Vous êtes même le Capitaine de la Troisième Division ! ajouta Sotaro.

–  Et puis, regarde-toi : tu n’as rien d’une Kurotama ! fit remarquer Rangiku. Tes cheveux et tes yeux sont normaux, et ton teint est bien plus lumineux que le leur !

–  Et tu adores Shûhei-san ! Je t’en prie, arrête, Tsuna-chan !

La pression spirituelle de la blonde éclata, les forçant à prendre leurs distances.

–  Vous autres, mêlez-vous de ce qui vous regarde : c’est une affaire entre lui et moi.

Shûhei comprit que s’il ne faisait rien, il serait probablement mené à devoir croiser le fer avec elle, et la simple idée de devoir l’affronter le répugnait. Il sentit l’urgence émaner de la situation et laissa son cœur prendre les devants.

–  Tu ne te souviens de rien ? Tu ne te souviens même pas de la première fois où tu m’as emmené voir les étoiles ? De toutes les soirées qu’on a passées ensemble ? Toi et moi, on forme le duo le plus puissant du Seireitei, et tu sais pourquoi ? Parce que personne, personne n’a jamais eu de lien aussi fort que le nôtre !

Tsunata esquissa un violent coup de sabre ; Shûhei le para in-extremis avec Kazeshini, poussé par son instinct de survie. La Kurotama profita de cette lutte ardente entre leurs deux katanas pour s’approcher de son visage et lui souffler cruellement :

–  Je ne vois pas comment je pourrais un jour être proche d’un être tel que toi.

Toute trace de volonté mourut alors chez le Vice-Capitaine, sous les regards incrédules de leurs spectateurs impuissants. Il lâcha prise, laissant son adversaire le faire tomber à la renverse. Tsunata posa son pied sur le thorax de Shûhei et dirigea la pointe de sa lame vers sa gorge ; tout le monde lui hurlait d’arrêter, appelant dans des cris désespérés le Shinigami. L’intention de la Kurotama n’était pas de s’interrompre, mais lorsqu’elle rencontra le regard argenté de sa prochaine victime, la lueur déterminée qu’elle y perçut la priva de sa pulsion meurtrière. Surprise par sa propre réaction, elle se retira et rengaina son kurojû. Elle se détourna du brun en faisant claquer sa langue contre son palais.

–  Tu ne l’achèves pas ? demanda Tetsu.

Elle enfila sa longue cape grise et déclara avant de disparaître dans le tumulte du Hueco Mundo :

–  Je ne vois pas l’intérêt de faire couler le sang d’un faible.

Tetsu resta interdit, l’attention figée sur la porte bancale de leur repère ; il observa ensuite chacun des intrus, puis s’arrêta sur le regard sans vie de celui qui clamait les connaître mieux que quiconque, le ténébreux du nom de Shûhei Hisagi

***

–  Foutu Shinigami !

La météo s’était apaisée, si bien que Tsunata avançait maintenant sans lutter contre les éléments. Néanmoins, ce calme était en parfait contraste avec son état actuel. Cet ingrat de soldat de la Cour avait définitivement réussi à la faire sortir de ses gonds ! Plus d’une créature spirituelle avait déjà perdu la vie pour des raisons moins signifiantes que celle-ci : après tout ce qu’elle avait mis en jeu pour lui, il osait encore se moquer d’elle ? Il fallait bien l’avouer, elle avait pris un plaisir fou à se débarrasser de Koremasa Räder et de Reizo Nagl, mais son acte n’en restait pas moins une grave trahison envers l’Ordre ; si le Maître venait à l’apprendre, Tetsu et elle subiraient son châtiment le plus cruel.

Pourtant, elle n’avait pas hésité une seule seconde lorsque le jeune homme aux allures de punk avait sollicité son aide. Elle lui avait aussitôt fait confiance, lorsqu’il lui avait assuré qu’il pourrait la renseigner sur ses origines : après tout, ni elle, ni Tetsu n’avaient de souvenir de leur vie passée, avant ce fameux jour où les Kurotama les avaient retrouvés à moitié morts à l’entrée du Hueco Mundo.

Sur le plan physique, elle était parfaitement consciente de ne pas appartenir à la race de ses sauveurs, mais sa dévotion en faisait par moments un soldat bien meilleur que les âmes noires de sang. Toutefois, était-il possible qu’elle appartienne en réalité au camp adverse ?

Impossible ! Comment cet homme osait-il l’assimiler à de pareilles créatures avec un tel aplomb ? Elle gratifia Shûhei de divers noms d’oiseaux. Elle, une Shinigami ? Plutôt mourir ! Ces êtres la répugnaient du plus profond de son être : leur despotisme n’avait d’égal que leur égo surdimensionné.

Tsunata s’arrêta et poussa un triste soupir : le regard de cet homme la déstabilisait autant qu’il la hantait. Elle y avait ressenti toute sa sincérité, et pour cela, elle n’avait pas pu accomplir son geste. Elle reprit sa marche, sa haine substituée par un sentiment qu’elle ignorait jusque-là.

En proie à ses tourments, elle ne remarqua pas la matérialisation de deux personnes devant elle, et ne tiqua que lorsqu’une voix qu’elle reconnut l’interpela.

–  Tiens, tiens, tiens… Ce ne serait pas la grande Tsunata Nara ?

–  Qu’est-ce que c’est, sur ton visage ? On dirait de la tristesse. C’est amusant, venant de ta part.

La jeune femme revêtit son regard le plus transperçant et les considéra gravement.

–  Amon Nagl et Wolf Ôga, les identifia-t-elle. Que me vaut ce déshonneur ?

–  Allons, tu n’en as pas la plus petite idée ?

Les griffes d’acier au bout des phalanges de Wolf s’allongèrent, répandant leur matière jusqu’à la naissance de ses avant-bras ; Amon, quant à lui, s’imprégna d’une énergie glaçante.

–  Tu vas payer pour la mort de mon frère, annonça-t-il.




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