The Rescue's Hope par

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Side Story / Drame / Romance

18 Chapitre 18

Catégorie: T , 2718 mots
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–  Tu vas payer pour la mort de mon frère.

Ses deux ennemis en position d’attaque, Tsunata n’hésita plus : elle dégaina sa lame de jais et dit d’un ton provocateur :

–  Allons bon, de quoi tu parles, Amon ?

–  Ne fais pas l’ignorante, Tsunata : toi et moi, on sait très bien que c’est ce sabre qui t’a aidé à assassiner Reizo de sang-froid ; j’arrive encore à y sentir l’odeur de son reiatsu.

Elle les toisa à tour de rôle.

–  Koremasa et lui ont gravement manqué au règlement des gardiens de l’espace inter-dimensionnel : les intrus doivent être éliminés dans les plus brefs délais. Je me demande où tu étais, toi et ton chien de garde, lorsque ton frère s’amusait avec le menu fretin et qu’il a fallu agir en conséquence.

Wolf, piqué au vif, ne jura plus de rien, mais Amon l’empêcha de bondir sur la blonde. Elle le défia du regard, ce à quoi il répondit par un sourire teinté de sa cruauté.

–  N’aurais-tu pas toi aussi manqué à cette règle qui semble t’être si chère, Tsunata ?

Sa figure resta impassible mais, dans son for intérieur, la jeune femme défaillit sous le poids de cette accusation justifiée.

–  Sauver le « menu fretin » du châtiment réservé aux visiteurs indésirables est également un affront à notre code, n’est-ce pas ?

L’aura d’Amon se répandit dans un large périmètre, et Tsunata blêmit. Ses forces la quittèrent si soudainement qu’elle dut planter son kurojû dans le sable du Hueco Mundo pour s’en servir d’appui, l’empêchant de s’écraser au sol sous son propre poids. Elle redressa sur eux un visage crispé par la haine, sa sueur dégoulinant le long de sa peau porcelaine.

–  Tu pensais que nous n’étions pas au courant ? Notre Seigneur lui-même sait que tu héberges actuellement, avec Tetsu Ribon, les six intrus que votre escouade était sensée éliminer. Depuis le jour de ton arrivée dans nos rangs, je n’ai cessé d’attendre ce moment, Tsunata : l’instant de ta chute ! Toi et ton acolyte, vous me répugnez du plus profond de mon être !

Dépourvue de toute énergie, Tsunata, haletante et paralysée, observa impuissante le pied couvert de métal de Wolf se diriger vers son estomac ; son kurojû lui permettait le couvrir les extrémités de son corps d’un alliage infaillible, lui conférant des attraits canins et une force au combat rapproché redoutable.

La plainte douloureuse de Tsunata résonna dans le Hueco Mundo. Elle retomba brutalement contre les genoux, prise au dépourvu par une quinte de toux. Une grande quantité de sang passa la barrière de ses lèvres sous son regard écarquillé. Le rire glaçant d’Amon la fit frissonner, jamais elle ne s’était sentie si proche de la mort, pas même la fois où Tetsu et elle avaient été trouvés inconscients à l’entrée de leur monde. Elle foudroya du regard l’aîné des Nagl, le faisant définitivement sortir de ses gonds.

La vision de Tsunata devint floue, les paysages ensablés dansaient autour d’elle, les silhouettes de ses adversaires n’étaient à présent plus que des tâches difformes blanches et noires, ponctuées par les couleurs atypiques de leurs cheveux. Malgré toute la force de caractère qui la caractérisait, forcée de constater que respirer était devenu un exercice bien trop compliqué pour son corps épuisé, elle se résolut à mourir.

En dépit de sa volonté, ses dernières pensées se tournèrent vers la cause de sa mort, le Shinigami pour qui elle avait trahi l’Armée Noire ; elle revoyait les différentes expressions qui s’étaient dessinées sur son visage depuis leur rencontre musclée, ainsi que le son de sa voix et des paroles qu’il avait tenu. Tsunata ne ressentait aucune rancune à son égard, et alors que le reiatsu de ses bourreaux l’oppressait, elle se demandait si lui et ses amis avaient dit vrai, si Tetsu et elle venaient en réalité de la Soul Society, et qu’ils y étaient respectés. Si tel était le cas, alors sa condition de Shinigami et celle de Kurotama seraient diamétralement opposées : depuis leur arrivée dans l’Armée Noire, son allié et elle n’avaient jamais été traités à leur juste valeur. Ils devaient leur assignation au sein de la garde inter-dimensionnelle au Maître, cet homme mystérieux qui, contrairement aux autres âmes noires, n’avait pas douté un seul instant de leur force et de leur dévotion ; c’était cette même confiance aveugle qui avait conduit leurs semblables à la haine et la rancœur. Toutefois, Tsunata n’avait jamais baissé les bras devant leurs traitements : elle ne tarissait pas d’efforts pour leur prouver à quel point ils avaient tort, pour se défaire de leurs préjugés en se hissant par le mérite aux rangs les plus délicats de la garde de l’Ordre ; elle repoussait toujours ses limites pour leur montrer qu’en dépit de son apparence, elle pouvait être un soldat tout aussi redoutable que les Kurotama de sang.

Il avait suffi de l’arrivée de ce jeune homme pour remettre en doute toutes ses convictions, tous les principes auxquels elle s’était accrochée depuis son amnésie ; en un regard, Shûhei Hisagi était parvenu à lui faire commettre l’acte qu’elle méprisait le plus : la trahison. Elle s’était convaincue que sa seule motivation était de connaître sa véritable identité, à elle comme à Tetsu, mais à présent, face à son destin, elle comprit que quelque chose d’autre l’avait poussée à désobéir aux ordres du Maître, quelque chose qui lui échappait jusque-là.

Amon sortit son kurojû : un sabre dont la particularité était de faire fondre la chair des êtres spirituels comme du beurre au soleil. Tsunata se résolut à disparaître, regrettant amèrement son comportement à l’égard du Shinigami, et priant pour que Tetsu trouve le moyen de s’en sortir à leurs côtés.

Alors que son futur exécuteur s’approchait d’elle d’un pas certain, Tsunata ne cessa pas de les toiser, lui et Wolf, d’un regard débordant de haine. Le Kurotama s’élança vers elle ; la jeune femme sentit les battements de son cœur condamné accélérer douloureusement. Lorsqu’il bondit sur elle, elle préféra fermer les yeux, et attendre sa fin dans l’ignorance.

Mais celle-ci n’arriva pas : d’abord, elle reconnut le son provoqué par un katana que l’on extirpe de son fourreau ; ensuite, ce fut celui d’un choc métallique. Tsunata écarquilla les yeux, et sentit ce que jamais auparavant elle n’avait ressenti : une aura rassurante et réconfortante. Eberluée par ce vif retournement de situation, elle dirigea son regard sur ce qui faisait barrage au sombre dessein de ses adversaires. Son corps s’engourdit en découvrant les chevilles d’un homme couvertes de obi blancs et de waraji. Ses yeux caressèrent la silhouette du soldat du Seireitei jusqu’aux détails de sa chevelure ébène.

–  Tiens, comme c’est étonnant : un Shinigami qui vole au secours de cette traîtresse de Tsunata ! ricana Amon. Je vais me faire un plaisir de te régler ton compte, à toi aussi !

–  J’aimerai bien voir ça.

Tsunata ne fut sûre de rien, mais elle crut que le zanpakutô du ténébreux s’était scindé en deux à la mention d’une formule qu’elle n’avait pu entendre distinctement. Son acuité visuelle au plus mal, seuls les bruits de lames qui s’entrechoquent parvinrent à ses oreilles fatiguées. Son corps endolori et épuisé ressentait parfaitement les puissantes énergies qui se dégageaient de ce combat, avant qu’un bras ne passe sous son ventre et l’éloigne à toute vitesse de l’endroit où son destin avait failli connaître sa conclusion. Elle se laissa emporter par la chaleur de son sauveur et perdit connaissance.

***

–  Trente-et-unième technique de destruction : boulet rouge.

Une odeur de brûlé lui chatouilla les narines, et une terrible douleur lui tirailla les entrailles. Tsunata se réveilla difficilement, les yeux papillonnants. Il lui fallut attendre que la Terre cesse de tourner autour d’elle et que les détails du décor arrêtent de s’agiter en tous sens pour qu’elle comprenne que l’on venait d’allumer un feu de camp près d’elle, et que le bruit qui lui agressait les tympans n’était en réalité que le vent qui s’engouffrait au loin, à l’entrée de la grotte où elle avait été emmenée.

–  Tu es enfin réveillée.

La jeune femme considéra son interlocuteur soudainement, et remarqua par-delà la danse envoûtante des flammes les traits sérieux du visage de Shûhei Hisagi. Elle tenta de se redresser, mais les vestiges de sa défaite contre Amon et Wolf la rappelèrent à l’ordre dans un grognement douloureux, lui faisant retrouver le sol plus rapidement qu’elle ne l’aurait voulu. L’expression du ténébreux se changea en une inquiétude palpable tandis qu’il accourait près d’elle pour lui venir en aide.

–  Vas-y doucement ! gronda-t-il en la relevant. Je te rappelle que tu viens de frôler la mort !

Il l’accompagna contre la paroi rocheuse la plus proche et l’y adossa, puis s’agenouilla face à elle. Tsunata, haletante, l’interrogea du regard, plus pâle que jamais.

–  Ça va aller ? s’enquit Shûhei.

Elle s’accorda un instant pour reprendre son souffle.

–  Où… Où sommes-nous ?

Shûhei parcourut les alentours de son regard argenté.

–  Dans une grotte, à environ deux kilomètres de là où ces enfoirés t’ont prise en embuscade. C’est comme ça que vous vous montrez votre reconnaissance, chez les Kurotama ?

Contre toute attente, un léger rire franchit la barrière des lèvres de Tsunata, avant qu’elle souffle péniblement :

–  La ferme.

Il la détailla, les joues rosées, alors que la blonde sentit les siennes la brûler. D’un ton adouci, elle demanda :

–  Pourquoi es-tu venu m’aider ? Après tout ce que je t’ai fait, j’aurai mérité que tu me laisses mourir.

Le ténébreux baissa la tête, l’air songeur.

–  Un jour, dit-il, je t’ai fait la promesse de ne jamais t’abandonner, de toujours rester à tes côtés. Tu ne t’en souviens pas, mais j’ai déjà failli une fois à cette promesse, et je ne compte pas le faire une seconde fois.

–  Tu as fait cette promesse à ton amie, pas à moi.

Shûhei la regarda subitement : ses yeux, fixés sur ses genoux, soulignait la moue peinée qui contrastait avec l’attitude insensible qu’elle revêtait quelques heures auparavant. D’une voix aussi triste que son visage, elle murmura :

–  J’ai vu ton regard, tout à l’heure : je ne suis pas la Tsunata que tu connais.

Les lèvres de Shûhei se tirèrent dans un doux sourire, et il ne se priva pas de remettre une mèche blonde de la jeune femme derrière son oreille, comme il en avait l’habitude depuis leur rencontre ; Tsunata, elle, peu accommodée à ce genre d’attentions, le considéra de son air le plus hébété.

–  Qui d’autre que ma Tsunata aurait pu remarquer ce détail ?

La jeune femme écarquilla les yeux et tenta de camoufler son embarras en baissant le visage le plus bas possible.

–  Tu te fais des idées, je ne suis pas comme elle.

Ses mots résonnèrent dans son esprit ; elle le regarda droit dans les yeux et s’enquit :

–  D’ailleurs, comment est-elle ?

Shûhei s’assit en tailleur devant elle. Il saisit son menton pensivement et dirigea ses yeux argentés vers le plafond de la grotte.

–  Par où commencer… réfléchit-il à voix haute. Ah, oui : c’est une véritable tête de mule. De ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi borné qu’elle ! Quand elle a une idée en tête, même le Commandant est incapable de la raisonner. Elle est désespérante.

Tsunata gloussa, et apparemment aussi surprise que le Vice-Capitaine par sa réaction, elle plaqua ses mains sur sa bouche.

–  Je suis désolée, je ne sais pas ce qu’il m’a pris. D’habitude, ça ne m’arrive jamais.

Le brun découvrit d’un geste tendre les lèvres de la jeune femme et sourit d’un air entendu :

–  Elle est connue dans toute la Soul Society pour son sourire, qui équivaut à l’apparition du Soleil après un hiver sans fin. Son rire, quant à lui, est capable de changer une personne du tout au tout. Elle déborde d’énergie et se bat pour ses idéaux. Si l’harmonie entre les mondes est importante pour elle, elle est prête à tous les sacrifices pour venir en aide à ses amis. Même si elle a un sale caractère, elle est la personne la plus merveilleuse qu’il m’ait été donné de rencontrer.

Tsunata sourit tristement au ténébreux et le gratifia d’un regard plein de sympathie.

–  Chacune de tes paroles trahie les sentiments que tu nourris pour elle, Shinigami.

–  Non, enfin, ce n’est que la vérité : tout le monde pense ça d’elle !

La blonde éclata de rire devant la gêne de son sauveur.

–  Ne t’en fais pas, je ne le répèterai pas. (Puis, elle se calma.) Seulement, j’aurai aimé que quelqu’un dise d’aussi jolies choses à mon sujet.

Shûhei posa les mains sur ses genoux et se pencha vers elle, noyant leurs regards l’un dans l’autre.

–  C’est ce que je viens de faire.

Elle vira au rouge écarlate, le cœur battant la chamade. Pour se redonner contenance, elle détourna son attention du jeune homme et décréta d’un air faussement détaché en croisant les bras sous sa poitrine rebondie :

–  Bien, je vois que tu tiens beaucoup à me faire croire que je suis ta coéquipière, alors voici ce que je te propose : une fois la tempête calmée, toi et moi irons rejoindre les autres, et je vous ramènerai au Garganta. Tu as jusqu’à notre arrivée là-bas pour me convaincre que je suis bel et bien l’une des vôtres. Si tu y parviens, je vous suivrai et rejoindrai la Soul Society ; sinon, je resterai ici et tu devras m’oublier.

–  Que fais-tu de Tetsuribon ?

–  Si tu dis vrai, il ne devrait pas y avoir de problème : après tout, un zanpakutô ne peut pas abandonner son propriétaire, je me trompe ?

Shûhei cligna des yeux, hébété par sa perspicacité. La jeune femme lui sourit avec contenance et lui tendit la main.

–  Alors, Shinigami : marché conclu ?

Il n’attendit pas plus longtemps et scella leur accord.

–  Marché conclu.




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