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Deviation / Policier / Amitié

19 Chapitre 19

Catégorie: G , 914 mots
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  • Je suis désolé de devoir le dire Lucie mais ta fille me chie constamment dans les roues.
  • Fred arrêtes de l'appeler comme ça, s'il te plaît.
  • Non ça m'aide. Me rappeler à quel point tu l'aimes me permet de retenir mes envies de lui péter les genoux.
  • Ils sont jeunes. Ben a peut-être besoin d'une confidente, quelqu'un qui saura l'écouter sans le juger. Et puis je ne te comprends pas. Que tu lui en ais voulu pour Amandine Zuyker d'accord. Que son départ en Afrique t'ait laissé avec un vide, ok. Mais là, il revient sur Marseille et fait ami-ami avec ta lieutenante, que peux-tu demander de plus ?
  • Rien justement. Grand Dieu rien de plus. Je trouve qu'ils font déjà un peu trop ami-ami.
  • Arrêtes avec ça !
  • Tu l'as dit toi-même, ils sont jeunes …
  • C'est une obsession chez toi. D'abord tu la soupçonnais de vouloir coucher avec moi, maintenant Ben. Tu as un problème Fred.


Il allait répondre quelque chose qui dépassait les bornes. Ils s'en rendirent compte tous les deux. Lucie lui tendit la bouteille de whisky pour qu'il se serve un verre mais au lieu de ça il la prit directement au goulot et vida ce qu'il en restait, soit presque un quart de la bouteille, plus ce qu'il avait pris avant.


  • Donnes-moi tes clés de voiture, ordonna Lucie.


Fred obéit sans faire d'histoire et elle lui apporta un oreiller. Elle aurait pu lui dire de faire comme chez lui mais il ne faisait jamais autrement alors elle débarrassa leurs verres pendant qu'il installait son édredon à la tête du canapé. Lucie partit se coucher et Fred s’allongea dans le sofa. Il s'endormit comme une pierre et n'entendit pas Alice rentrer alors même qu'elle franchit la porte à peine une demi-heure après leur extinction des feux.


Le lendemain il ne fut pas non plus le premier à se lever et avant d'ouvrir l’œil il écouta les voix qui lui arrivaient de la cuisine. Il entendit Lucie parler avec Alice et soudain c'est Ben qui répondait. Fred aurait bien voulu bondir du canapé mais ni ses jambes, ni l'alcool qu'il avait ingurgité la veille ne le lui permettait. Il s'extirpa donc du canapé en essayant de grogner le moins fort possible.


Ils étaient tous les trois à prendre leur petit déjeuner autour de la table. Ils discutaient, ils souriaient. En s'approchant, Fred avait l'impression d'être un voyeur observant la vie d'une famille normale et saine. Pourtant c'était bel et bien son fils, sa commandante et sa lieutenante qui formaient ce groupe hétéroclite.


Quand il entra dans la cuisine Ben vint l'embrasser et les femmes le saluèrent chaleureusement. Il n'aimait pas voir Alice et Ben ensemble mais ce matin-là l'ambiance était si différente qu'il se laissa bercer. Tout avait un air de normalité insensée. Peut-être fut-il le seul à se faire l'illusion d'un repas familial. Toujours est-il que cela le garda calme alors même qu'il bouillait encore en pensant à Alice. Mais tout cela serait pour plus tard.


  • Comment était le film ? , demanda-t-il à son fils.
  • Pas mal sur le début mais la fin était toute pourrie, répondit celui-ci.
  • Et vous avez fait quoi après ?


Alice avait bien compris qu'elle était exclue de cette conversation et s'abstint de répondre. Ben, lui, soupira en voyant se dessiner à l'horizon la vraie question de son père.


  • On est allé dîner dans une petite pizzeria absolument pas romantique avec pleins de gens autour puis on s'est baladé en gardant toujours au moins un mètre de distance entre nous deux. Cette nuit j'ai dormi ici dans le lit d'Alice qui elle-même est allée se coucher avec Lucie. Ça te va comme réponse ?


Évidement Ben s'était énervé et n'avait attendu aucun retour de son père pour quitter la table. Alice se leva pour le rejoindre mais Fred ouvrit la bouche pour la stopper.


  • Non tais-toi. Nous deux on réglera ça plus tard. Désolé Lucie.


Et elle partit à la suite de Ben. Ne restèrent plus autour de la table que les deux parents. Lucie avait fermé les yeux et respirait profondément. Fred serrait et desserrait les poings en soufflant comme un bœuf. La commandante finit par se lever et avec des gestes exagérément lents et minutieux elle débarrassa la table, laissant simplement à Fred ses affaires, puis partit s'habiller.


Fred se retrouva seul devant les vestiges de ce qui fut, quelques minutes auparavant, un petit déjeuner tranquille. Il était bien conscient d'avoir merdé encore une fois mais n'y pouvait rien, c'était sa nature. Les deux jeunes n'y arrangeaient rien. Ben était bien trop comme lui et Alice son opposé total. Comparé à cette dernière, Lucie était un clone.


Fred savait que quelque chose bloquait entre lui et Alice. Ils étaient de bons équipiers, se faisaient une confiance totale mais le capitaine n'aurait pas pu mettre de nom à leur relation. Collègues ? Amis ? Peut-être était-ce dû au fait qu'ils étaient diamétralement opposés et donc qu'ils pouvaient tout à la fois être les meilleurs amis du monde et les collègues les plus froids et distants entre eux, et presque des ennemis parfois. Pour l'instant Fred se serait volontiers rangé dans la dernière catégorie.  


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