Amour un jour, amour toujours

Chapitre 2 : Bienvenue à Chicage

870 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 29/12/2025 23:35

À peine sortie du taxi avec mon barda, je me demandais si c’était une bonne idée d’être venue ici en premier.


Je venais à peine de claquer la porte du taxi que celui-ci était déjà parti me laissant seule sur le trottoir.


Je me retournai alors vers ce bâtiment.

Un rez-de-chaussée, un étage et un sous-sol avec des fenêtres à barreaux.

Le bâtiment était assez imposant et large, construit en pierres de terre cuite. Seuls l’écriteau sur la porte d’entrée et les policiers devant le bâtiment m’indiquaient que c’était la bonne adresse.


Je soupirai profondément.

Cinq marches. Juste cinq.

Et pourtant, elles me semblaient infranchissables.


J’appréhendais un peu. Ma main se crispa sur la sangle de mon sac.

C’est alors que mon téléphone se mit à sonner.

Faith.


Ma meilleure amie, ma confidente, mais également ma camarade de guerre.


Faith était devenue très protectrice depuis ce qui s’était passé en Irak.

Notre dernière mission avait été catastrophique. Nous avions perdu l’un des nôtres. Mon meilleur ami depuis toujours,

Colin.


Mon cœur se serra brutalement. Je secouai la tête, chassant l’image, le bruit, l’odeur. Pas maintenant.

Le téléphone cessa de sonner.

Je la rappellerai plus tard.


Je montai enfin les marches et poussai la lourde porte noire.


Le hall était bondé. Trop de monde. Trop de bruit.

Mon regard balaya la pièce et s’arrêta sur une femme assise sur un banc, son enfant serré contre elle. Son regard était vide. Son corps portait des marques qu’aucun maquillage ne pouvait cacher.

Elle avait peur.

Peur de ce qui allait suivre.


Mon regard se posa ensuite sur la sergente d'accueil. Grande, cheveux blancs tirés en queue de chevale, lunettes. Une froideur implacable dans le regard.

Pas manqué, je l’entendis râler auprès de ses agents.


Je me lançai et m’avançai vers elle :

— Bonjour madame, pourrais-je voir le sergent Halstead ?

Cette dame, sergente Platt d’après son badge, me dévisagea de haut en bas puis regarda mon sac. Je compris alors que mon barda pouvait prêter à confusion.


Je sortis mes plaques d’identification militaire, glissées sous mon t-shirt.

— Désolée, madame. Je rentre d’Irak, je suis militaire et je n’ai pas encore eu le temps de déposer mes affaires.

Elle me regarda, un peu perplexe.

— Halstead n’est pas sergent ici, dit-elle sèchement.


Elle claqua des doigts en direction d’une belle jeune femme blonde en haut des escaliers menant à une grille un peu plus loin.

— Upton, tu peux dire à ton cher mari qu’une dame, militaire de surcroît, l’attend à l’accueil ?

La femme en question se retourna vers moi. Tout à fait le type de femme de Jay.

Marié ?

Je l’entendis dire quelque chose à la dame de l’accueil, puis ouvrir la grille à code et monter les escaliers.

Mon regard se perdit dans le vide, mon souffle coupé par cette annonce.

Il est marié.

Depuis quand ?

Avant de rejoindre l'unité ?


— Madame, vous allez bien ? me demanda le sergent Platt avec empathie


— Je… je… dis-lui simplement que Colin est mort au combat

Ma voix tremblait. Mes mains également.


J'attrape mon sac prête à fuir quand un homme rentra.


Treillis, arme à la main.


— Arme ! hurlai-je.

Je lâchai mon sac et me jetai sur lui.


Le choc fut violent. L’arme entre nous. Son souffle contre le mien. Mes muscles brûlaient.


Je pensais à Colin.

Une seconde d’inattention.


Il pivota l’arme vers ma hanche.

Vers les gens derrière moi.

Je me plaçai instinctivement devant.

Le coup partit.


La détonation résonna dans tout le hall.

Il fut aussi surpris que moi et recula. Aussitôt, des hommes se jetèrent sur lui et le plaquèrent au sol.


— Kiara ! entendis-je derrière moi.

Je me retournai et le vis.

Il était là, avec plusieurs personnes, avec elle.

Je réalisai seulement alors que l’accueil était bondé de policiers armés.


La douleur arriva après. Brûlante. Violente.

Je baissai les yeux. Du sang au niveau de mon ventre commençait a marquer mont T-shirt blanc.

Me regard se porta de nouveau sur lui

— Colin est mort… murmurai-je.


Puis plus fort, en sanglotant :

— Il est mort, Jay…

Mes jambes lâchèrent.

Mes sanglots étaient incessants, ma respiration saccadée et ma vue se brouillait.


Tout ce que j’avais retenu explosa. Les larmes. La colère. La culpabilité.


— Il est mort et tu n’étais pas là… dis-je entre deux sanglots.


Quand Jay et ses collègues constatèrent que j’étais blessée, ils accoururent.


— Appuie avec ça, Jay, dit l'un de ses collègues en lui tendant un vêtement

— Merci… Kiara, reste avec moi.

— L’ambulance est là dans cinq minutes dit une voix féminine.


Je marmonnais toujours des mots à voix basse :

— Tu nous as abandonnés… tu m’as… tu m’as abandonnée…

— Kiara, reste avec moi… reste avec moi… Que fout l’ambulance ?


La pièce tourna.

Le bruit s’éloigna.

Puis plus rien.

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