Ce chapitre de CHCH est une participation à un défi proposé par Camynus sur le site Nocteller : “Tout ce que j’aimerais te dire - Ecrivez une lettre à un personnage pour lui adresser tout ce que vous pensez lorsque vous l’évoquez - 1000 mots max”
Ma chère Kaori,
Je t'ai rencontrée la première fois alors que je n'étais qu’une gamine devant son poste de télé le mercredi matin. Tu officiais dans un dessin animé mal traduit et mal doublé que les Français ont maladroitement baptisé Nicky Larson et dans lequel tu t'appelais Laura Marconi. (Oui, oui, tu peux rire, va). A l'époque, je ne comprenais pas pourquoi tu te mettais tellement en colère contre Ryo (Nicky) et que tu l’applatissais si souvent comme une crêpe. Maintenant, plus de trente ans plus tard, c'est un peu plus clair ; et puis j'ai lu toutes vos aventures non censurées cette fois, j'ai grandi (vieilli), j'ai écrit sur vous deux et sur vos camarades, je vous ai observés, analysés, décortiqués afin de mieux vous comprendre et vous retranscrire au mieux. Tu es devenue, au fil du temps, une amie très proche pour qui j’ai beaucoup d’affection.
C'est pour cela que j'ose t'écrire ces quelques mots parce que, après tout ce temps passé à tes côtés, à te regarder, à t'écouter, je pense te connaître suffisamment pour te dire : ça suffit.
Oui, ça suffit. Tu as bien lu.
Non, ne déchire pas cette missive ! Lis-moi jusqu’au bout, s’il te plait ! Je sais bien que tu domines mal tes émotions, et encore moins ta colère (je ne suis pas en reste de ce côté-là) mais, crois-moi, je te dis cela avec toute la gentillesse et la bienveillance que tu mérites car il est temps que tu ouvres les yeux sur lui : Ryo.
Trois petites lettres de rien du tout pour un type qui prend une place incroyable dans ta vie, une place pas toujours agréable, pas toujours épanouissante, pas toujours réjouissante puisque tu doutes toujours de ses sentiments à ton égard. Ce qui est un peu normal : il est doué pour souffler le chaud et le froid, le gaillard.
Mais tu crois franchement que c'est le genre de mec qui va te prendre par la main, en mode amoureux transi aux yeux papillonnants, pour déblatérer sur ton éblouissante beauté, t'inviter pour une balade dans une roseraie au clair de lune et te déclamer des vers comme un gentil Roméo bien éduqué ?
Il a grandi dans la jungle, élevé en enfant soldat. On lui a répété pendant toute son enfance que les sentiments rendaient faible. Ensuite, on lui a bourré le crâne avec des principes de pro, de la déontologie sur les partenaires et les petites amies qu'on met en danger par sa simple présence. De quoi laisser quelques petits traumas, non ?
Attention, je n'essaie pas de le dédouaner ! Il est passé champion en muflerie et en indélicatesse.
Mais, moi, je le vois bien (et je ne suis pas la seule à le penser, crois-moi, mes copines sont tout à fait d'accord avec moi et me soutiennent dans ma démarche), il a tenté plusieurs fois de t'avouer ce qu'il ressent pour toi. Et, dans ces moments-là, toi, tu es vraiment douée pour ne rien voir. C’est à s”arracher les cheveux, parfois.
Donc, ça suffit.
Arrête de te comporter comme une ingénue ou une petite fille fleur bleue.
Arrête d’être passive et de rejeter toute la faute sur lui.
Arrête d’attendre la déclaration de ton prince charmant !
Ryo n'est pas un prince charmant, c'est un chevalier qui part au combat et qui a besoin de savoir que celle qu'il aime est en sécurité, qu'elle vit pleinement et qu'elle est heureuse. Seulement, il est persuadé qu'il n'est pas capable de la protéger, de lui assurer une belle vie ou de la rendre heureuse....
Tu cernes le problème, ma chère Kaori ?
Donc, à un moment, si tu veux que ça se débloque, il va falloir prendre ton courage à deux mains et faire le premier pas. Pas simple avec un lascar pareil, je te l'accorde (j'ai inventé quelques histoires qui pourraient éventuellement t'inspirer, autant que ça serve à quelque chose). Mais je sais que tu es assez inventive, courageuse et sincère pour trouver ta solution. C'est d'ailleurs ces qualités là qui expliquent qu'il reste auprès de toi et qu'il n'arrive pas à te repousser définitivement, comme il se l'était promis de le faire. Il a toujours souhaité que tu voles un jour de tes propres ailes. Il envisageait de te ramener un jour au monde normal, une fois la mort de ton frère vengée. Il n'a jamais pu s'y résoudre. C'était déjà un premier signe, non ? Ensuite, il y a eu le baiser sur ton front quand vous étiez sur le toit, la fois où il t’a affirmé que tu étais la seule personne dont il ait besoin, et puis la boucle d’oreille remise dans la poche de jean après votre rendez-vous incognito (bien sûr qu’il t’avait reconnue !) et plein de choses que tu ne pouvais pas voir.
Mais je peux t'assurer que, les fois où tu étais en danger, il était inquiet, et pas qu'un peu. Il a même commis des erreurs de débutant parce qu’il n’avait pas pris le temps de réfléchir, aveuglé par ses émotions. Je ne t’écrirai pas une liste exhaustive de ces occasions manquées ici car la place me manquerait. Si tu savais le nombre de gestes discrets ou cachés que tu as ignoré, combien de regards empreints de tendresse et de fierté à ton égard tu as loupé et toutes ses tentatives pour t’avouer ses sentiments que tu n’as pas entendues... Tu n'imagines même pas ! (On pourra en discuter une prochaine fois, si tu le souhaites.)
Je conclurai donc ici et ainsi : ne doute plus et fonce !
A bientôt j'espère,
Avec toute mon affection,
Angel
PS : Tiens-moi au courant !