Uruwashii no Inoshishi par

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Préquelle / Shipp

1 Rencontre

Catégorie: G
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Note : Dans le roman visuel originel, Botan est un mâle, mais dans l’animé, c’est une femelle. J’ai donc omis de préciser son sexe, afin de ne pas écrire de bêtises. ;)

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Je hais cette ville.

 

Kyou pensait ainsi, chaque matin, lorsqu’elle allait au lycée. Impossible de ne pas penser ça.

La pauvre petite cité tombait en ruines. Quelques travaux de remise à neuf étaient tentés, quelques fois. Mais ils étaient soit vite abandonnés, soit vite terminés. Et puis, quoiqu’ils essayent de faire, la ville ne changera jamais.

Entre le rural et l’urbain, la forêt se mêlait aux boutiques. Le lycée était au cœur de la ville. Mais la nature le rattrapait des fois.

 

« Onee-chan ! Attends-moi ! »

 

Ryou, la petite sœur jumelle de Kyou, lui courait après. Kyou s’arrêta pour  l’attendre, et poussa un soupir.

 

« Tu pouvais te dépêcher, aussi !

- Mais, Onee-chan ! Je t’avais demandé de m’attendre ! »

 

Kyou râla encore. Ce n’était pas son jour de bonne humeur, aujourd’hui.

 

« Je t’avais pourtant dit de préparer ton bento hier soir, ou bien de te lever plus tôt ! »

 

Ryou se tut. Sa sœur n’allait pas se laisser faire. Elle était comme ça. Impulsive et intelligente. Même si des fois, ça pouvait lui nuire…

Les jumelles firent le chemin à pied. Kyou avait un scooter, mais c’était interdit dans le lycée d’en avoir un. Allez comprendre pourquoi…

 

« Bon, encore une matinée de cours ennuyants…

- Ne dis pas ça, Onee-san ! Tu es la déléguée de ta classe, tu dois donner l’exemple !

- Mouais… »

 

Kyou secoua sa tête pour remettre ses cheveux dans le bon sens. Le vent se levait, et les jetait sur son visage.

Sa sœur n’avait pas le même problème. Elle avait les cheveux courts, et les yeux bleus, tandis que Kyou avait une longue chevelure qui lui descendait en bas du dos, et un regard violet, comme leurs cheveux. Mais elle n’avait pas le temps de penser à tout ça. Elles venaient d’arriver au lycée.

C’était l’hiver. Les nuages gris menaçaient de faire tomber de la neige, et le soleil se cachait.

Tous les étudiants avaient de gros manteaux, tandis que les filles avaient d’énormes écharpes, et de hautes chaussettes, pour compenser leurs jupes courtes. Kyou s’était d’ailleurs toujours demandé si c’était propre au Japon, d’avoir des jupes courtes en uniformes. Mais elle n’avait jamais trouvé la réponse.

La cloche retentit, et ce fut une longue matinée, de leçons d’algèbre, et de grammaire. Kyou préférait le déjeuner. Elle retrouvait ses amies, dont Madoka et Akiko. Elles se connaissaient depuis leur tendre enfance, et étaient très proches. Grâce à elles, Kyou passait de bonnes journées.

Mais après le repas, constitué de bentos préparés par les élèves, ou autres pâtisseries achetées, Kyou devait retourner dans sa classe aussi ennuyeuse qu’un rat mort.

 

« Quelqu’un peut me dire ce qui s’est passé en 1941, dans l’archipel d’Hawaï ? Fujibayashi ? »

 

Kyou regardait par la fenêtre lorsque le professeur lui avait posé cette question. Qu’est-ce qu’elle en savait ? Rien. Elle bredouilla :

 

« Je ne sais pas, Kansu-san… »

 

Celui-ci fronça les sourcils, et grommela :

 

« Vous feriez mieux de lire vos cours, plutôt que de vous entraîner au sport, ma chère. Ce sera une heure de colle, de 17 à 18 heures. »

 

Kyou le laissa parler, sans répondre. Si elle rétorquait, elle empirerait son cas. Autant ne rien faire, alors…

Les heures passèrent lentement. Vraiment très lentement.

 

Ce qu’il peut me gaver, lui ! J’en ai rien à faire de l’anglais !

 

La cloche retentit. Dix-sept heures. L’heure de sa retenue.

Elle rangea ses affaires, et se dirigea vers la salle d’histoire, où Kansu-san l’attendait, tranquillement, avec son livre d’histoire.

 

« Bien. Tu vas me faire un devoir sur la seconde guerre mondiale. »

 

Kyou gémit. Elle n’avait absolument rien travaillé dessus. Et ce n’était pas ce qui la tentait le mieux ! Mais elle dût se résoudre à faire ce devoir, bien que ça ne soit pas son sujet préféré.

Elle mit beaucoup de temps à se mettre dans le bain du travail, mais elle réussit tout de même à occuper toute l’heure, et même à dépasser le temps.

 

« Bien. Je pense que tu peux t’en aller. »

 

Elle souffla un rapide “Au revoir, sensei”.

Exténuée, elle affronta le vent glacial d’hiver, à la tombée de la nuit. Elle maudissait son prof de lui avoir donné une heure de colle. Elle rageait contre ce devoir qui allait sûrement compter dans sa moyenne. Elle grognait après sa mauvaise humeur.

Sa colère était si grande qu’elle frappa dans un buisson avec une pierre.

Un petit couinement l’avertit qu’un animal se trouvait justement sur la trajectoire de la pierre.

 

« Puhiii… »

 

Qu’est-ce que c’est ?

 

Kyou s’approcha, frigorifiée, de l’arbuste, et regarda entre les feuilles. Une petite chose marron lui sauta aux yeux.

Elle tendit les mains dans la neige qui ensevelissait la plante, et attrapa quelque chose de doux et de moelleux. Elle le ressortit de sa cachette, et l’examina.

 

On dirait… Un animal.. Mais qu’est-ce que c’est ?

 

Ne voyant pas l’espèce de cette créature, elle retira son manteau, et enveloppa la petite chose dedans. Elle saisit son sac de cours, et se précipita chez elle.

Sa sœur lui ouvrit la porte, et fut étonnée de voir son onee-san sans son manteau. Celle-ci jeta des coups d’œil dans toute l’entrée, et se rua dans sa chambre.

Sur son lit couvert d’un édredon bleu, elle déposa doucement le paquet. La chose tremblait. Elle poussait de petits couinements.

 

« Puhi… »

 

Incapable de déterminer quoique ce soit, Kyou fit couler un bain. Elle y entra la première, puis fit baigner petit à petit l’animal. Celui-ci se réchauffait lentement, mais sûrement. Elle ignorait depuis quand il était dans le froid et la neige, mais juste assez pour qu’il soit bien malade.

 

« Bon, qu’est-ce que tu es, toi… ? »

 

La petite chose ouvrit les yeux, et leva son museau.

Kyou se mit à rire. On aurait dit un cochon !

 

« Puhi ! »

 

Il poussa un cri de terreur, et s’échappa des mains de Kyou, avant de tomber dans l’eau chaude. Il pataugea pour sortir, et tomba sur le carrelage, les yeux grands ouverts, et le cœur battant la chamade. Kyou se mit à rire. Il semblerait qu’il n’aime pas l’eau chaude.

 

« Tu es un urinko, toi. Un bébé sanglier. »

 

L’urinko répondit par deux “Puhi” joyeux, et lui sourit. Il avait oublié la mésaventure du bain.

 

« Mais tu es un mâle, ou une femelle ?

- Puhi ! »

 

Kyou se trouvait bien avancée. Il ne restait plus qu’à faire des recherches.

Elle sortit de l’eau chaude, et se mit en pyjama d’hiver. Elle sécha rapidement ses longs cheveux violets, et attacha un petit ruban sur une mèche du côté gauche. Le plus drôle dans l’histoire, c’est que son animal n’allait sûrement pas la confondre avec Ryou. Elle avait aussi un ruban, mais du côté droit. Kyou sourit, puis dirigea le sèche-cheveux vers le petit sanglier terrorisé.

 

Après une longue lutte, celui-ci fut sec. Kyou le réconforta, et descendit voir sa sœur.

 

« Onee-san ! Qu’est-ce que c’est ?!

- Un urinko.  Mignon, n’est-ce pas ?

- Que vont dire otôsan et okâsan ? s’inquiéta Ryou.

- On va bien voir ! »

 

Elle fit un clin d’œil à sa jumelle, et alla voir ses parents. Elle leur expliqua rapidement ce qui s’était passé.

Sa mère hocha la tête, et son père resta plongé dans son journal.

 

« On veut bien que tu le gardes. Mais tu t’en occuperas. »

 

Kyou sourit, et répondit, enjouée :

 

« Je vous le promets ! »

 

Elle regarda le petit animal, et celui-ci lui sourit en retour.

 

« On va bien s’entendre, Botan ! »

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