Code Alpha 2.0: Rainy Days

Chapitre 0 : Prologue: Le temps des monstres

1094 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 06/07/2019 00:53

???


Quand il était petit, Antoine avait peur des monstres sous son lit. Personne ne venait le voir pour le rassurer. Il était seul, avec les bruits étranges de la nuit. Ses parents étaient morts. Il l'avaient abandonnés. Pourquoi ? Est-ce que... Est-ce que c'était parce qu'ils ne l'aimaient pas ? Sa tante en tout cas, le détestait. Il ne savait pas pourquoi... Il devait bien y avoir une raison à cette haine. Peut-être qu'il était responsable du départ de ses parents.


Il pleuvait ce jour là. Cela faisait une semaine que les nuages recrachaient leur fureur sur la ville, inondant les caniveaux. Était-ce là les prémices d'un nouveau déluge ? Un autre liquide s'était peu à peu mélangé avec l'eau omniprésente dans les rues. Celui était beaucoup plus sombre. Il avait une odeur pestilentiel, presque répugnante. Surtout, il était rouge vif.

Il pleuvait aussi dans le cœur des gens. Car ce jour là, le monde allait changer et prendre une tournure différente. Plus rien n'allait plus jamais être comme avant. Personne ne s'en rendait encore compte, mais comme lié par un inconscient collectif, tout le monde ressenti une profonde mélancolie.


Il pleuvait enfin sur les joues du jeune homme qui n'en était plus un. Pas des larmes de tristesse, non, des larmes de soulagement. Il s'en était sorti. Il était vivant. L'adolescent éclata alors d'un rire sinistre qui résonna dans l'immensité vide de l'usine. Antoine resta bien une dizaine de minutes immobile et hilare, face à ce super-calculateur qui avait causé tant de souffrances.

« J'ai gagné... » dit-il finalement avec un sourire.


Lui, le petit intello du fond de la classe qui était la risée de tous. Il leur avait prouvé, à tous, qu'il n'avait besoin de personne. Que plus qu'un génie, il était quelqu'un de tout simplement exceptionnel. Bien sûr, il avait eu des doutes. Bien sûr, il avait eu des moments de faiblesse. La mort de Melvin avait été un premier coup à encaisser. A ce moment là, il avait eu l'impression de perdre l'une des deux dernières choses qui le rattachait encore à l'humanité. Il perdit la deuxième juste après, lors de sa confrontation avec la chose qui prétendait être sa sœur. Pire encore, le destin lui même avait semblé s'acharner sur lui. Ses adversaires avaient toujours un coup d'avance sur lui, semblait toujours prédire ses mouvements. Il avait eu l'impression qu'une force supérieure souhaitait le voir perdre.

Et pourtant... Alors qu'il était plus bas que terre, il était revenu sur le champs de bataille avec la vivacité d'un phénix. Désormais insensible, intransigeant, dur comme de l'acier, il avait tué tous ses ennemis un par un, dont certains de ses propres mains. Mais... il en restait un à abattre. Celui qui était au cœur de la tornade.

« Hannibal ! J'ai remporté ton petit jeu ! Montre-toi désormais !

Une lumière pâle éclaira l'écran de l'ordinateur central. C'était son Adversaire qui se manifestait. Celui que ses parents n'avaient pas réussi à vaincre et qui s'était caché dans l'obscurité jusque là. Depuis quand observait-il les moindres faits et gestes d'Antoine ? Le jeu avait commencé bien avant cette rentrée de septembre...

H : Me voici Antoine. Effectivement, tu es le vainqueur.

- Est-ce que tu as peur ? Demanda le blondinet à l'écran.

Autrefois, c'était Antoine qui avait peur. Peur des autres, peur de lui-même. Maintenant, il rayonnait. Maintenant, il triomphait.

H : Non.

- Tu devrais.

Oui, tout le monde devrait le craindre. D'ailleurs, tout le monde allait apprendre à le craindre... Plus jamais quelqu'un ne le regarderait avec mépris. 

H : Si je t'ai proposé ce défi, c'était pour une raison bien particulière.

Antoine éclata de rire à nouveau. Il reprit un air sérieux en quelques instants et déclara d'une voix glaciale :

- Peu m'importe.

H : Pardon ?

C'était jouissif de prendre par surprise ce "H" qui d'habitude en savait tant. Le blondinet prenait littéralement son pied. 

- J'ai dit que cela m'importait peu. Je m'en fous de savoir pourquoi tout ça. Je n'ai eu besoin de personne pour en arriver là. Je n'ai pas besoin de tes révélations pour aller plus loin. D'ailleurs, je n'ai pas besoin de toi non plus !

Et il tapota sur son clavier à une vitesse folle, aussi folle que le ton de sa voix, aussi folle que la lueur qui brillait désormais dans ses yeux.

H : Que fais-tu ?

- J'ai adapté le virus que j'avais créer pour XANA ! Je vais te tuer ! Tu m'entends ?! Je vais te tuer ! TE TUER !

Hannibal n'eut pas le temps de réagir. Le virus était déjà lancé. Antoine était seul à présent, face à un écran qui ne lui répondrait plus. De toute façon, il avait toujours été seul. Et maintenant, il le serait pour toujours.

- Personne ne peut s'opposer à moi... » comprit-il finalement en contemplant l'écran désormais éteint. 

Et il avait raison.


Tout ce que le petit Antoine voulait, c'était qu'on l'aime. Alors à force de recevoir de la haine de la part des autres, il commença à l'amasser et à s'en faire une armure. Une véritable cuirasse de colère. Et à force de craindre les monstres, il décida d'en devenir un. Bien sûr, les début furent difficiles. N'est pas un monstre qui veut. Mais Antoine était déterminé. Il avait toujours su qu'il était promis à de grandes choses et il avait raison ! Il était destiné à devenir la créature la plus terrifiante qui n'avait jamais été et à ce moment là, tout le monde retiendrait son souffle. Tout le monde comprendrait qu'il aurait fallu aller voir le petit Antoine, regarder sous son lit et le cajoler.

Dès lors commencera une nouvelle ère.

Dès lors commencera le Temps des Monstres.


De toutes les conclusions que j'avais pu atteindre jusqu'à présent, celle là était décidément la pire. Alors que je regardai Antoine rire dans le noir, je réfléchissais à mes erreurs. Pourquoi est-ce que ça n'avait pas marché ? L'effet papillon était si dur à contrôler... Qu'avais-je fais pour provoquer cette fin ? J'avais l'impression que quoi que je fasse, l'issue en devenait de plus en plus sombre, de plus en plus terrifiante. Pourtant je ne perdais pas espoir. 


«Je te sauverai Antoine. Je te sauverai des Monstres. Je te sauverai de toi-même. » murmurai-je dans le noir. 


Et c'était reparti pour un tour... 


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