Victime par

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Deviation / Policier / Romance

25 Marché

Catégorie: T , 3877 mots
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Je me réveillai paisiblement le lendemain, plus heureuse que jamais. Je clignai lentement des yeux tout en me remémorant les événements de la veille. J'avais encore du mal à les réaliser. Je m'étirai doucement avant de me retourner et de rencontrer le dos de Ryuzaki. Je me collai à lui, sourire aux lèvres. Encore endormi, je pouvais ressentir chacune de ses respirations à travers son dos. Rien ne pouvait briser ce magnifique moment. C'était ce que je croyais, jusqu'à ce qu'une sonnerie de téléphone commença à réveiller Ryuzaki. Il grogna dans son sommeil avant de se redresser et de se frotter la tête. De ses deux doigts, il attrapa son portable.


-Allô ? répondit-il à son interlocuteur. Oui c'est bien Ryuzaki à l'appareil. Que s'est-il passé ? Quoi ? Emi n'est pas rentrée hier soir ? Tu dis qu'elle a disparu ? Non, tu te trompes en réalité elle est..


Il tourna sa tête vers moi. Mettant ma main devant ma bouche, j'essayai de ne pas pouffer de rire. Ryuzaki me tira la langue avant de dire à la personne à l'appareil que j'étais avec lui. La situation devint encore plus gênante lorsqu'elle lui demanda pourquoi il était avec moi et où est ce que nous étions. Ryuzaki décida de couper court à la conversation, rétorquant qu'il s'expliquerait plus tard. Lorsqu'il raccrocha, il me lança un regard plein de sous-entendus. Je levai les mains devant moi en les agitant et en rigolant. C'était toujours amusant de voir à quel point Ryuzaki ne savait pas s'y prendre.


-D'ailleurs, qui c'était ? demandais-je curieuse.


-Naomi.


-Naomi.. ? répétais-je à voix basse. Et elle t'appelle souvent comme ça ?


Remarquant mon changement de ton, c'était au tour de Ryuzaki de se moquer. Piquée au vif, je gonflai mes joues tout en croisant les bras. Il se rapprocha alors de moi pour les dégonfler avec ses deux doigts. J'avais beau essayer de paraître sérieuse, je finis par rigoler à mon tour. Nos visages étaient près. Inévitablement, nous arrêtions de ricaner pour nous fixer. Qui allait lâcher le ou la première ? C'était certainement la question à laquelle nous pensions. Puis, simultanément, nous nous embrassions. Nous étions à un stade où la compétition n'avait plus sa place. Nous étions tout simplement amoureux et c'était beaucoup mieux ainsi.


Quelques minutes plus tard, Ryuzaki se leva pour aller prendre sa douche. Pendant son absence, je me laissai tomber sur le canapé. Le regard vide, je fixai le plafond. La conversation téléphonique de Ryuzaki m'avait rapidement rappelé la mienne d'hier soir. J'étais restée pétrifier en entendant le son de sa voix. Kiyomi. Je ne m'attendais pas à recevoir un appel de sa part. Cet appel n'avait pas duré très longtemps puisque Kiyomi n'était pas passée par quatre chemins. J'avais su faire le bon choix en la laissant repartir et Kira était prêt à me redonner une chance. Cependant, si je voulais un jour les revoir, je devais accomplir une tâche pour eux. Voler le Death Note à la police et le leur ramener.


-À quoi est ce que tu penses ? me demanda Ryuzaki en sortant de la salle de bains.


-Je me demandais combien de temps j'allais devoir encore rester avec la police, mentis-je.


Me rejoignant sur le canapé, Ryuzaki m'affirma que rester enfermée avec eux était toujours mieux que de grouiller en prison. Il avait totalement raison. Je n'avais juste pas eu assez de temps pour trouver une réponse plus intelligente. Je pouvais m'estimer heureuse de pouvoir bénéficier de sorties. La police ne me voyait plus comme leur suspect principal et aucune preuve n'avait été retenue contre moi. Toutes ces choses étaient grâce à Ryuzaki. Je ne me le répétais pas assez souvent. Ayant soudainement l'envie de l'embrasser, je lui sautai au cou. Ryuzaki était la personne que j'aimais le plus au monde et pourtant, j'allais devoir le trahir.


De retour aux appartements de la police, je marchai derrière Ryuzaki jusqu'à l'intérieur. Hier soir, je n'était pas rentrée. Cette nouvelle avait peut être fais plus de bruit que je ne l'avais prévu. Sans surprise, un homme me menotta immédiatement les poignets en rentrant. Je levai directement les yeux au ciel en voyant Naomi débouler dans le hall. Elle avait l'air énervée de nous voir ensemble. Peut être que c'était une sorte d'intuition féminine qui lui faisait penser que je n'étais pas toute blanche. Elle avait certainement raison, avec ce que je m'apprêtais à faire.


-L ! cria t-elle. Vous êtes fou ! Elle aurait pu en profiter pour vous tuer !


-Mais comme vous le voyez je suis toujours vivant, répondit-il calmement.


Les autres agents demandèrent immédiatement des explications à Ryuzaki. Il leur raconta alors qu'il avait profité d'être seul avec moi pour me soutirer davantage d'informations. J'essayai une nouvelle fois du mieux que je pouvais de ne pas rigoler. Visiblement, ce n'était pas le cas d'une certaine autre personne qui pouffa complètement de rire. Je tournai la tête pour apercevoir au milieu de la foule Yuka. Elle me tira la langue en montrant son œil avec son doigt. Elle avait déjà deviné. Je me demandais soudainement ce qui allait être le plus difficile. Voler le Death Note ou supporter les questions de Yuka ?


Au final, je passai le reste de la journée dans ma cellule. Pendant le dîner, Yuka n'arrêta pas m'interroger sur ma soirée avec Ryuzaki. Cependant, grâce à son indiscrétion permanente, les agents avaient décidé de désactiver nos micros. C'était plutôt une bonne nouvelle puisque si je voulais voler ce Death Note, je devais compter sur l'aide de Yuka. Je craignais simplement sa réaction. J'avais une bonne raison de le faire. Si je voulais arrêter Kira et mettre fin à toute cette histoire, je devais lui obéir. Et puis, tant que Light ne connaissait pas le véritable nom de Ryuzaki, je n'avais pas à m'inquiéter.


-Yuka, l'interpellais-je en chuchotant, il va falloir que tu m'aides à faire quelque chose.


Toute ouïe et surtout très excitée, elle se rapprocha de moi. Par le passé, j'avais déjà eu l'occasion de voir l'emplacement du Death Note. Il était dans une pièce très sécurisée et pour y entrer, il fallait une carte que seuls les agents les plus importants possédaient. J'avais bien évidemment pensé à voler celle de Ryuzaki cette nuit mais il lui aurait fallu quelques secondes pour le remarquer. J'expliquai alors mon plan à Yuka. Je n'avais pas beaucoup de solutions alors voilà ce que je proposais.


-Nous allons demander la permission d'aller aux toilettes à la fin du repas. Je suis pratiquement sûre qu'ils ne nous laisseront pas aller toutes les deux. Alors quand tu seras seule avec l'agent, tu essayeras de lui voler sa carte.


-Et que permet d'ouvrir cette carte ?


Son excitation s'estompa lorsque je lui révélai la vérité. La carte ouvrait la pièce qui renfermait le Death Note. Je ne pouvais pas lui dire que je comptais m'échapper pour le livrer à Kira alors je la suppliai simplement de ne pas m'en demander plus. Elle hésita tout de même avant de finalement accepter. Yuka était une vraie petite fouine. J'étais persuadée qu'elle n'allait avoir aucun mal à voler cette carte. Lorsque je demandai à l'un des agents de nous laisser aller aux toilettes, ma prévision se réalisa. Yuka se dirigea vers la sortie accompagnée d'une femme. Je n'avais plus qu'à prier mentalement pour que tout se déroule comme prévu.


À son retour, la brune m'adressa un regard qui en disait long sur la situation. Elle avait réussi. Je me levai à mon tour, attrapant discrètement la carte dans la main de ma complice. La faisant glisser dans ma manche, je suivis la même femme jusqu'aux toilettes. À l'intérieur de la cabine, je cherchai une solution pour me débarrasser d'elle. J'y avais longuement réfléchi pendant l'absence de Yuka mais je n'avais rien trouvé. C'était plus que problématique. J'étais loin d'être une professionnelle en matière de poing alors je ne pouvais pas me permettre de m'engager dans un combat.


-Tu en mets du temps, grogna la femme.


J'avais beau me retourner le cerveau, je ne trouvais rien. Avant de sortir de la cabine, j'attrapai du papier pour l'enrouler autour de mes mains. Je m'excusai auprès de la femme de l'attente. Elle vérifia rapidement que je n'avais rien laissé dans les toilettes avant de me demander de la suivre jusqu'à la sortie. Quelque chose. Quelque chose avec quoi je pourrais la mettre hors d'état de nuire quelques minutes. Paniquée, mon regard glissa sur la poubelle près des lavabos. Je n'avais plus le choix. Grâce au papier autour de mes mains, je ne laisserai aucune empreinte. D'un élan de détermination, j'attrapai la poubelle puis frappa la femme avec. Sa tête claqua contre le mur et d'un instant à l'autre, elle s'effondra au sol. Je me dépêchai de déplacer son corps jusqu'aux escaliers à quelques mètres. J'avais aperçu des tâches de sang sur le carrelage mais je ne voulais pas y penser. Elle était toujours vivante. Elle allait bien.


Je me précipitai vers l'ascenseur pour atterrir au bon étage. J'espérais vraiment ne croiser personne. Bientôt, la femme qui était avec moi sera découverte et mon absence se fera remarquer. Arrivée devant la bonne salle, je vérifia d'abord les alentours. Personne. Je me dirigeai vers la porte pour faire glisser la carte à travers une machine qui quelques secondes plus tard s'illumina en vert. Voyant la porte s'ouvrir, mon cœur s'accéléra. Qu'est ce que j'étais censé faire après avoir récupéré le cahier ? M'enfuir et abandonner Yuka ? Cette pensée m'était insupportable. Je devais cependant prendre mon courage à deux mains et me battre moi aussi. Lorsque je relevai la tête vers le centre de la salle. J'aperçus une vitre en forme de carré. Je n'avais pas besoin de me rapprocher pour comprendre qu'en réalité, elle était complétement vide.


Ce n'était pas possible. Je n'avais pas menti à Yuka pour rien. Je n'avais pas blessé cette femme pour rien. Je n'avais pas fait ce chemin pour rien. Où était le Death Note ? Est ce que quelqu'un avait prévu ce que je m'apprêtais à faire et l'avait déplacé ? Une alerte me ramena soudainement à la réalité. Une sirène rouge au plafond illumina tout l'étage. Sans réfléchir, je courus vers les escaliers. J'avais failli me faire remarquer au retour mais heureusement pour moi, la police s'était rapidement regroupée au même étage. Une fois à la cafétéria, je me glissai discrètement à ma place. Les agents étaient beaucoup trop paniqués pour m'avoir remarqué.


-Que s'est-il passé ? demanda Ryuzaki en rentrant dans la salle.


-L'agent XX a été retrouvé inconsciente dans les escaliers du 2ème étage et la salle du Death Note a été ouverte ! s'empressa de lui répondre Halle.


Je baissai la tête, essayant de ne pas me retourner vers Ryuzaki. Pourtant je le sentais, son regard pesant sur mon dos. J'arrêtai complètement de respirer, mes muscles étaient tous tendus. Il me fixa quelques secondes de plus avant de sortir de la salle. Yuka me lança quant à elle un regard noir. Je n'avais pas besoin de réfléchir à deux fois pour comprendre qu'elle était déçue. Assommer un agent n'était pas prévu dans le plan je le savais mais je n'avais pas eu d'autres choix. Sur le moment, je m'en voulais terriblement. J'avais mit ma vie, celle de Yuka et celle de cet agent en danger pour au final ne rien trouver. Je n'arrivais pas à cacher ma déception. Plus important encore, comment allais-je annoncer cette nouvelle à Kiyomi ?


Tard le soir, j'allumai mon téléphone pour envoyer un message à Kiyomi. Ma mission était un échec. Mes doigts tremblèrent en tapotant sur les touches. Je patientai pendant des minutes qui m'étaient semblable à des heures. L'attente était interminable. Quand enfin, l'écran de mon téléphone s'alluma à nouveau. Mon cœur s'accéléra subitement puis mon doigt appuya finalement sur le message.


"Alors c'est terminé"


Je laissai mon téléphone tomber au sol. Envahie par la déception, je remontai mes jambes pour enfuir mon visage à l'intérieur. J'avais tout perdu et n'avais rien gagné. L'agent que j'avais assommé avait été emmenée à l'hôpital. Ses blessures étaient plutôt graves mais elle avait survécu. Lorsqu'elle se réveillera, elle se souviendra de tout. Elle leur racontera que j'étais la personne qui avait tenté de l'éliminer et qui avait voulu entrer dans la salle du Death Note. La situation ne pouvait pas être pire. J'avais vraiment essayé de faire de mieux. Qu'allais-je raconter à Ryuzaki à présent ? Notre relation était à son apothéose. J'avais peur de tout détruire. Sur ces pensées, j'essayai du mieux que je pouvais de m'endormir.


Le lendemain, je n'avais vraiment pas la tête dans mon assiette. Yuka s'était plainte plusieurs fois de mon manque de réaction. Je ne parlais pas beaucoup et je ne la regardais même pas lorsqu'elle m'appelait. J'étais ailleurs. J'avais peur de voir quelqu'un entrer dans la pièce pour annoncer que cette femme avait repris connaissance. D'après les informations que j'avais entendu, des membres spécialisés de la police étaient venus examiner la scène d'agression. Ils n'avaient rien trouvé, mise à part que le voleur avait certainement traîné l'agent jusqu'aux escaliers. Grâce à la forme sur le crâne de la femme, ils avaient aussi deviné que sa tête avait cogné un mur. Mais pour l'instant, aucun suspect.


Un homme rappliqua en fin de journée pour m'amener dans un interrogatoire. J'étais censé être la dernière personne à avoir vu la victime. Encore une fois, je devais créer le parfait mensonge. J'étais aux toilettes quand la femme avait soudainement remarqué quelque chose d'étrange. Quelqu'un de suspect était entrain de la suivre. Pour des raisons de sécurité, elle m'avait demandé de rejoindre la salle de déjeuner. Seulement, avec la grandeur de ces appartements, je n'avais pas tout de suite retrouvé mon chemin. C'était pour cette raison que j'étais arrivée en retard. La carte que Yuka avait volé, je l'avais discrètement jeté sous la table de son propriétaire pour faire croire qu'il l'avait fais tomber. Je n'avais pas beaucoup d'imagination mais au moins, ils n'avaient aucun preuve contre moi.


Il faisait de nouveau nuit. Depuis ma table, je pouvais même apercevoir la lune à travers la fenêtre. Yuka me répéta pour la énième fois que j'étais ennuyante depuis hier et que je n'écoutais pas du tout ce qu'elle me disait. Ce n'était pas faux. Comme pour attirer mon attention, elle prononça le prénom de Ryuzaki. Stupide comme j'étais, je pensais réellement que Ryuzaki m'avait appelé. Puis je rencontrai le regard amusé de Yuka. Davantage énervée, je la dévisageai.


-Tu ne veux toujours pas m'expliquer ? me demanda t-elle soudainement gentiment.


-T'expliquer quoi ?


-Pourquoi j'ai volé cette carte ? Qu'est-il arrivé à cette femme ? Est ce que tu as quelque chose à voir dans cette histoire ?


Je n'avais pas envie de lui répondre parce que j'étais de mauvaise humeur mais surtout parce que je ne voulais pas l'inquiéter. Je n'avais pas spécialement envie de lui mentir non plus. Yuka ne le méritait pas. Quelle serait sa réaction en apprenant que j'essayais de retourner aux côtés de Kira ? Elle ne comprendrait certainement pas, je ne pouvais pas lui dire la vérité. Pour échapper à la conversation, je tournai la tête. Puis soudainement, mes yeux aperçurent une ombre passer. Est ce que je venais de rêver ? Une silhouette, grande et noire. J'attrapai cette occasion pour m'échapper des griffes de Yuka. Je me levai pour sortir du réfectoire. Au fond du couloir, encore la même ombre. Je me dirigeai discrètement dans sa direction. Je tombai alors nez à nez avec elle. Se tordant dans tous les sens, elle essayait de longer les murs pour se cacher des agents. Je lâchai immédiatement un rictus.


-Ryuk, l'interpellais-je souriante, qu'est ce que tu fiches ?


Il sursauta avant de se retourner lentement vers moi. Gêné, il agita sa main pour me saluer. Il paraissait mal à l'aise, comme nerveux de me parler. Depuis combien de temps Ryuk et moi ne nous étions pas vus ? Je me rappelai soudainement à quel point nous avions pu par le passé être proche. Ryuk était mon ami et jusqu'à présent je n'avais jamais remis sa parole en doute. Je lui faisais confiance. Mais que faisait-il dans ce bâtiment ? De quoi se cachait-il ? Ces questions me rappelèrent rapidement que Ryuk était maintenant avec Light. Par conséquent, je devais me méfier de lui.


-Je ne dois pas me faire voir, chuchota t-il en rampant le plafond, tu vas me faire démasquer si tu continues de me parler.


-Mais enfin Ryuk, toutes les personnes qui pouvaient te voir sont mortes..


-L est toujours vivant, rétorqua t-il.


-Ryuzaki n'est pas ici.


J'étais contente de pouvoir le revoir et lui reparler mais lui avait l'air de vouloir m'éviter. Curieuse, je lui demandai la raison de sa venue. Comme pour éviter la question, il se gratta la joue tout en faisait mine qu'il ne s'en rappelait plus. J'insistai une nouvelle fois en mettant en avant à quel point nous avions pu partager nos secrets auparavant. Ryuk soupira avant de finalement tout me raconter. Light avait été furieux en apprenant que j'avais échoué. Pour vérifier que je ne mentais pas, il avait envoyé Ryuk chercher le Death Note. Je relevai alors la tête vers le shinigami, attendant le résultat fatidique.


-J'ai parcouru chaque centimètre de ce bâtiment, souffla Ryuk en tombant par terre, et je ne l'ai pas trouvé.


J'essayai de ne pas sourire mais c'était plutôt une bonne nouvelle. Light allait savoir que j'avais réellement essayé de les aider et que le Death Note restait introuvable. Je m'agenouillai auprès de Ryuk qui était toujours étalé au sol. Je devais saisir cette occasion pour me racheter et plaider ma cause. J'étais persuadée que Ryuk prendrait la peine de m'écouter et d'expliquer mon histoire à Light. Je n'avais simplement plus qu'à trouver les bons mots.


-Écoute Ryuk, murmurais-je tristement, j'ai vraiment essayé de trouver le Death Note moi aussi. J'ai volé la carte d'un agent et je l'ai ensuite blessé pour me débarrasser de sa surveillance. Cependant, comme tu le sais, ça n'a pas marché. Le cahier n'était pas là où il était censé être. La femme que j'ai blessé est à l'hôpital. D'ici peu, elle se réveillera et tout le monde saura que j'ai voulu voler le Death Note. Explique-le à Light, peut être que ça pourra le convaincre..


Faisant les yeux doux à Ryuk, il se gratta à nouveau la joue. Il soupira quelques secondes plus tard, acceptant gentiment de répéter mes paroles à Light. À ma plus grande surprise, il s'engagea même à faire de son mieux. Je l'avais remarqué depuis tout à l'heure mais Ryuk évitait mon regard ou plutôt évitait de regarder près de moi. Ce n'était qu'une supposition mais, ne voyait-il pas justement que mon espérance de vie avait sacrément chuté ? Il savait que j'étais en danger et moi je savais à quel point Ryuk tenait à notre amitié. Il allait essayer de m'aider à sa façon, comme il le faisait toujours.


-Je vais retourner aux côtés de Light maintenant, m'indiqua Ryuk.


-D'accord, alors à la prochaine Ryuk.


-Oui, au revoir Emi.


-Ryuk ?


-Oui ?


-Je suis contente d'avoir pu te revoir, souris-je.


-Oui, bégaya Ryuk, moi aussi.


Il déploya alors ses ailes pour s'envoler par la fenêtre. Lorsque je me retournai pour avancer, je tombai nez à nez avec Yuka. D'un air suspicieux, elle me demanda avec qui je parlais. Ne voulant absolument pas lui parler de Ryuk, je lui racontai que je priai pour pouvoir un jour m'échapper de la police. Elle haussa les épaules avant de lever les yeux au ciel. Elle ne m'avait définitivement pas cru. Je n'étais de toute façon pas prête à lui révéler tout ce que je savais. Je ne remettais pas en cause sa confiance. Je pensais juste que Yuka n'avait pas le mental qu'il fallait pour me comprendre. Et puis, elle n'était pas encore prête pour ce monde sans pitié. Mais qui c'est, peut être qu'un jour, Yuka deviendra l'une de mes plus grande alliée.


Les jours suivants se déroulèrent d'une lenteur extrême. Je n'avais pu voir Ryuzaki que très rarement. Son changement de comportement était plus que flagrant. Cependant, il faisait beaucoup d'efforts pour venir me voir. Je lui avais demandé de ne pas se méfier si je faisais quelque chose d'étrange. J'espérais réellement qu'il allait tenir cette promesse. Concernant la femme que j'avais blessé, des mécaniciens installèrent une télévision dans le réfectoire qui filmait sa chambre en permanence. Les agents voulaient entendre ses aveux à son réveil mais aussi la surveiller d'une potentielle menace. Je fixais tous les jours cette télé dans l'espoir de ne jamais revoir cette femme se réveiller. Je ne souhaitais pas sa mort. Je voulais simplement qu'elle perde la parole, à tout jamais. Puis un soir, sans que personne ne s'y attende, elle reprit connaissance.


-Regardez ! Regardez !


Les agents de police s'entassèrent devant la télévision tandis que moi j'observai l'écran de ma place. C'était la fin. Elle s'était réveillée. Après quelques tests, les médecins confirmèrent qu'elle n'avait aucun problème de mémoire ni de traumatisme. Je baissai la tête, ne voulant voir tous ces visages se retourner vers moi et me pointer du doigt. Un agent lui posa alors la question fatidique. Que lui était-il arrivé ? Elle se gratta plusieurs fois la gorge pour préparer son discours. J'essayai vraiment de ne pas écouter.


-J'ai accompagné la suspect Emi jusqu'aux toilettes quand..


Des toussotements, des respirations saccadées puis un cri. Je relevai immédiatement la tête. Se tenant fermement la poitrine, elle essaya de regagner son souffle. Son visage était entrain de se décomposer. Les médecins autour d'elle commencèrent à paniquer et demandèrent à la police de sortir. Mais il était trop tard, la femme s'écroula subitement sur son lit d'hôpital. Elle était morte.

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