Cœur givré

Chapitre 29 : L'effet Lucy

Par annshirleyservant

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Bonjour à tous ! Aujourd'hui, chapitre un peu particulier. Je vous préviens, on est sur un chapitre très "fan-service", crée pour détendre l'atmosphère entre deux arcs intenses et sombres. Il y a aussi des allusions 18 +, même si ce n'est pas clairement dit.C'est parti alors !Et nous souhaitons un joyeux anniversaire à notre cher Sanemi qui va prendre pour son grade ici


Les jours qui suivirent clarifièrent peu à peu le rôle de Lucy.

Démon… oui.

Mais aussi alliée.

Et peut-être, bientôt, un atout essentiel.

Elle accompagnait désormais un Hashira lors de certaines missions, comme un soutien supplémentaire — une présence silencieuse, rapide, difficile à repérer et surtout, capable de soigner là où aucune fleur de glycine n’existait.

Pour faciliter ces déplacements, Shinobu et Mitsuri s’étaient immédiatement portées volontaires pour lui préparer une tenue adaptée.

Volontaires… ou surexcitées comme deux enfants dans un magasin de tissus.

Difficile à dire.

Ce soir-là, les Hashira étaient tous réunis autour de leur repas habituel, discutant entre deux bouchées. Une ambiance tranquille flottait dans la pièce, rythmée par le bruit des bols et les commentaires parfois absurdes de Tengen.

Pendant ce temps, dans une salle attenante, Lucy terminait son essayage sous le regard brillant de Shinobu et les yeux pétillants de Mitsuri.

Les deux femmes étaient ravies.

Euphoriques.

Déterminées à ce que leur Lucy soit parfaite.

Quand tout fut ajusté, noué, coiffé, arrangé au millimètre près, Lucy inspira doucement et franchit la porte.

Elle apparut lentement.

Shinobu d’un côté.

Mitsuri de l’autre.

Comme deux fières artistes présentant leur chef-d’œuvre.

Lucy portait un kimono traditionnel aux nuances de bleu, de turquoise et de blanc.

De délicats motifs de cristaux de glace parcouraient le tissu comme un givre silencieux.

Ses cheveux, soigneusement brossés, retombaient en cascade sur ses épaules ; seule une légère mise en forme leur donnait une allure élégante.

Dans sa main, sa fidèle ombrelle blanche, protectrice contre le soleil, complétait l’ensemble.

Avec sa peau trop pâle, son aura silencieuse et ses yeux étranges mais magnifiques, elle ressemblait à un esprit des montagnes.

Un yokai glacé.

Une apparition belle et mystérieuse à la fois.

Et Tengen fut le premier à exploser.

Il la regarda de haut en bas.

Puis fit un claquement de langue… admiratif.

Il leva une main théâtrale vers le plafond :

— OHHH LA LA ! Quelle entrée flamboyante !

Puis, se tournant vers les autres Hashira :

— Vous voyez ça ?! On dirait une Yuki-Onna sortie d’une légende ! Féminine, élégante, mystérieuse et résolument éblouissante !

Il fit un geste dramatique.

— Une vraie apparition de neige ! C’est… flamboyant !

Shinobu sourit dans sa manche, ravie du compliment.

Mitsuri tapa joyeusement dans ses mains, les yeux brillants.

Alors les réactions fusèrent, toutes différentes :

Kyojuro se redressa, yeux écarquillés, sourire immense.

— SPLENDIDE !

— MAGNIFIQUE !

— ÉPOUSTOUFLANT !

Chaque mot résonnait comme un tambour.

— Tu brilles d’une beauté pure comme l’hiver !!

Obanai la fixa longuement.

Puis murmura, presque contrarié :

— Hmph… trop voyante.

Kaburamaru, lové autour de son cou, siffla comme pour contredire son maître.

Obanai répliqua sèchement au serpent :

— Oui, oui, elle est jolie, j’ai compris.

Sanemi grogna en avalant une bouchée de riz.

— Tch…

— Pourquoi elle a l’air de sortir d’un festival de printemps ?

Mais ses yeux trahissaient une vraie surprise.

— … C’est trop joli pour un démon, ça.

Giyu fit ce qu’il fait toujours :

Rien.

Pas un mot.

Juste un regard long et sérieux.

Puis il hocha très lentement la tête.

— … Ça te va bien.

Ce qui, venant de lui, équivalait à un roman.

Une larme roula déjà sur la joue de Gyomei

— … Une beauté pure…

— … telle une fleur gelée par le destin…

Tengen frappa dans ses mains, éclatant d’un rire tonitruant :

— Quelle prestance ! Quelle grâce ! Quel style !

Puis, aux autres :

— JE DÉCLARE OFFICIELLEMENT LUCY :

LA DÉMONE LA PLUS FLAMBOYANTE !

La pièce entière vibrait d’énergie.

Et Lucy, au milieu de tout ça, ne savait plus où se mettre.

Ses joues glacées s’étaient teintées d’une couleur pâle… presque rosée.

Elle se décala légèrement, cherchant instinctivement un visage en particulier parmi les Hashira.

Et elle le trouva.

Muichiro ne bougeait plus.

Absolument plus.

Son bol de soupe, encore fumant, restait suspendu dans sa main comme s’il avait oublié l’existence même de la gravité.

Ses yeux, d’ordinaire si doux et brumeux, s’étaient écarquillés à leur maximum.

Toute trace de neutralité avait disparu.

Plus de calme.

Plus de distance.

Juste…

elle.

Il la dévorait du regard, incapable de cligner des yeux.

Comme s’il craignait que le moindre battement de paupière la fasse disparaître.

Son souffle s’était bloqué dans sa gorge.

Ses doigts tremblaient légèrement le long du tissu de son uniforme — un frémissement minuscule, mais révélateur.

Une seule pensée traversait son esprit :

Elle est magnifique.

Lucy pouffa doucement en voyant son expression figée, adorable, presque choquante venant de lui.

Alors elle tendit la main vers lui, doucement, hésitante…

Muichiro réagit comme si une corde invisible l’avait tiré en avant.

En une fraction de seconde, il fut sur ses pieds.

Et dans l’instant suivant…

il avait saisi sa main.

Pas doucement, pas avec retenue.

Mais avec une urgence presque féline.

Il l’attira contre lui — pas brutalement, mais d’un geste si instinctif, si naturel qu’aucun Hashira ne put l’interpréter autrement :

Elle est à moi. Je suis à elle.

Son bras glissa autour de sa taille, la ramenant contre son torse.

Il enfouit son visage dans le creux de son cou, inspirant profondément comme si la respirer était devenu vital.

Son corps entier était tendu, vibrant d’une émotion brute qu’il ne savait pas nommer.

Un léger grondement sourd — un son involontaire, presque animal — s’échappa de sa poitrine lorsqu’il sentit son parfum.

Possessif.

Protecteur.

Amoureux.

Lucy répondit aussitôt à son étreinte, ses bras s’enroulant autour de lui avec tendresse.

Autour d’eux, tout explosa.

— OHHHH !!! Kyaaaa !! ILS SONT TROP MIGNONS !! hurla Mitsuri, littéralement en train de fondre.

— Heh ! C’est quoi cette scène flamboyante ?! siffla Tengen en riant.

— … je savais que ça arriverait, souffla Shinobu, ravie.

— … hm. fit simplement Giyu, ce qui signifiait : c’est très sérieux.

Obanai cacha son visage derrière sa main, comme pour masquer une réaction qu’il n’assumerait jamais.

Gyomei pleurait déjà.

— Tch… ils pouvaient pas faire ça ailleurs ? marmonna Sanemi en détournant les yeux.

Il croisa les bras, l’air blasé.

— Vous vous êtes déjà échangé un baiser, ou vous comptez attendre l’année prochaine ?

Toute la salle s’étouffa.

Mitsuri cria.

Giyu cessa de respirer.

Shinobu ferma les yeux pour garder son calme.

Mais Lucy, prise d’un élan d’espièglerie qu’elle ne s’était jamais autorisé avant, glisse ses mains contre le visage de Muichiro.

Elle le force doucement à la regarder droit dans les yeux.

— Pas seulement… murmure-t-elle avec un sourire à peine voilé.

La réaction est immédiate.

Le visage de Muichiro — d’ordinaire si stoïque, si calme, si impossible à perturber — vire au rouge vif en une fraction de seconde.

Ses yeux s’écarquillent, son souffle se coupe, et son bras autour de sa taille se resserre instinctivement, presque possessif.

Comme si le simple souvenir de ce qu’elle évoque lui donnait envie de l’emmener loin, très loin d’ici.

Tengen éclate d’un rire tonitruant, secouant les épaules comme s’il venait d’assister à la meilleure scène de sa vie.

— OHHH-HO-HO ! J’ADORE !! Vous êtes déchaînés, vous deux !

Kyojuro, lui, ouvre grand les yeux, réellement perdu.

— Attendez… qu’est-ce qu’elle veut dire par là ? J’ai raté quelque chose ?

Il incline légèrement la tête, suivant du regard Muichiro… puis Lucy… puis les deux ensemble.

Et soudain — révélation.

Son visage prend exactement la même teinte rouge que celui de Muichiro.

— Oooh.

Il se redresse d’un coup, tousse dans son poing, terriblement gêné.

— Je… je crois que je viens de comprendre.

À côté, Sanemi éclate d’un gémissement dramatique, exaspéré :

— JE NE VEUX PAS SAVOIR !

S’il vous plaît, épargnez-moi ça !

Il se cache presque derrière son bol, comme si leur simple existence l’agressait.

Obanai lâche un “tch” outré, Mitsuri pousse un cri aigüe de joie, et même Giyu détourne subtilement la tête — subtilement — comme si l’atmosphère devenait trop chaude pour lui.

Lucy sent un autre frisson d’espièglerie grimper en elle.

Une idée, terriblement mauvaise.

Donc merveilleuse.

Elle voulait voir combien de Hashira elle pouvait faire rougir d’un seul geste.

Elle pivote lentement la tête vers Sanemi.

— Hé, Sanemi.

Le Hashira du Vent se fige sur place, comme un animal qui entend un prédateur.

Il la fixe, déjà pâle puis rouge, puis pâle encore.

— Tch… quoi ? marmonne-t-il, méfiant comme un chat prêt à cracher.

Lucy porte alors son index à ses lèvres…

…le retire dans un petit “pop” net.

Un geste innocent.

Sauf que non.

Sanemi explose instantanément.

Ses joues deviennent rouges — rouges — rivalisant sans honte avec le haori de Kyojuro.

Il ouvre la bouche, lève un doigt, essaye de trouver des mots.

Rien ne vient.

Il s’étrangle tout seul.

— Toi— !! …Tu— !

Il gesticule comme si l’air lui manquait.

MAIS QU’EST-CE QUI TE PREND ?! FAIS PAS ÇA COMME ÇA, SANS PREVENIR !!

Il s’essuie le visage avec toute la main, comme s’il voulait effacer une image traumatisante de son esprit.

Obanai, jusque-là stoïque, devient aussi rouge que les autres.

Il détourne la tête si vite qu’on dirait qu’il s’est pris un coup.

— M-mince… bégaie-t-il.

Mitsuri, elle, porte une main tremblante à sa bouche, les yeux brillants.

— Oh… wow, Lucy !!

Même Gyomei, pourtant impassible, laisse filer un soupir gêné —

et ses joues, oui, ses joues prennent une teinte rosée.

Pendant ce temps, Tengen est littéralement en PLS au sol,

plié de rire, des hoquets qui secouent toute sa carrure.

— HAHA— HAHAHA— JE VAIS M’ÉTOUFFER— !!

C’est— c’est trop— !!

Kyojuro essuie ses larmes rire, la voix brisée :

— C’est… HA !

C’est si direct ! SI FRANC !

J’ADORE TON AUDACE, LUCY !!

Shinobu cache son visage derrière sa manche.

Mais on voit son épaule trembler.

Elle rit.

Vraiment.

Et Muichiro disparaît.

Directement dans l’épaule de Lucy.

Il s’y enfouit à moitié, mortifié, rouge jusqu’aux oreilles, essayant de devenir invisible.

Mais ses bras autour d’elle ne lâchent pas.

Et très, très discrètement…

un minuscule sourire fier étire le coin de ses lèvres.

Parce que sa Lucy vient de mettre à genoux TOUS les Hashira.

Lucy éclate d’un rire doux, clair, presque musical.

Elle savoure le chaos comme une petite victoire personnelle.

Kyojuro, lui, halète encore, penché en avant,

rire tonitruant secoué par de véritables larmes qu’il essuie du revers de son poing.

— HAHAHA— Par les Dieux… Je… je n’en peux plus !

Je crois que c’est la première fois que je vois Sanemi faire cette tête !

Sanemi, justement, est à deux doigts d’exploser.

Rouge.

Puis blanc.

Puis rouge à nouveau.

Il a l’air d’un volcan prêt à imploser sur place.

— JE— TCH— JE VOUS DÉTESTE T—

Il ne termine pas.

Il renverse son bol sans faire exprès et jure comme si c’était la faute du bol.

Tengen est affalé au sol dans une posture spectaculaire,

une main sur le cœur, l’autre levée vers le ciel comme s’il priait les dieux…

mais pour prolonger ce moment de pur divertissement.

— C’EST— HAHA— TROP—

Oh, que c’est beau… que c’est flamboyant…

Je veux revoir ça tous les jours !

Il frappe du poing au sol, hilare.

Obanai, lui, ne montre plus son visage.

Il est recroquevillé, les mains sur le visage,

et ses oreilles…

ÉCARLATES.

Kaburamaru glisse le long de son épaule, pousse un sifflement… qui ressemble presque à un soupir blasé.

Sssssss…

(Le serpent semble dire "par pitié, reprends-toi".)

Gyomei se racle la gorge avec une maladresse touchante,

ses épaules massives frissonnant d’une gêne qu’on ne lui voit jamais.

— Hm… pardonnez…

Il croise les bras en prière, murmurant une invocation très sérieuse

Lucy éclate de rire encore plus fort.

Elle regarde autour d’elle — les Hashira, l’élite guerrière du pays —

tous terrassés non pas par un démon…

mais par une idée malicieuse.

Et au milieu de ce tumulte…

Giyu.

Impassible.

Droit.

Bras croisés.

Regard fixé sur Lucy avec l’air d’un homme qui évalue la trajectoire d’un projectile.

Il ne dit rien au début.

Rien du tout.

Puis, lentement… sans aucune émotion apparente… il incline la tête.

Très légèrement.

— …Pourquoi as-tu fait ça ?

Sa voix est plate.

Mais la pièce s’arrête de respirer.

Lucy se tourne vers lui, confuse :

— Fait… quoi ?

Giyu cligne des yeux. Une fois.

Puis il désigne Sanemi du menton — un Sanemi rouge écarlate, la veine sur la tempe prête à exploser —

puis Tengen, effondré par terre,

puis Obanai toujours caché dans ses mains,

puis Kyojuro qui rit encore.

— Ça.

Un silence monumental tombe.

Sanemi hurle immédiatement :

— C’EST PAS MA FAUTE, ESPÈCE DE SAUMON DÉPRESSIF !!!

Giyu répond du tac au tac, sans hausser la voix :

— Je n’ai jamais dit le contraire.

Sanemi devient violet.

Tengen éclate d’un rire encore plus fort.

Kyojuro tombe presque en arrière.

Obanai marmonne un

— …il est insupportable…

entre ses doigts.

Lucy, elle, manque d’étouffer de rire.

Et Giyu, impassible, conclut simplement —

comme si c’était une question administrative :

— … Evite de traumatiser les Hashira pendant les repas.

Puis il se rassoit.

Calmement.

Comme si rien ne s’était passé.




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