JE SUIS VIVANT

Chapitre 11 : Erreur

Par Joy69

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Erreur



Le lendemain, la journée au commissariat s’écoula sans le moindre incident. Un calme inhabituel, presque déroutant, s’était installé. Le genre de silence que la plupart des agents auraient accueilli avec soulagement.


Pas Connor.


Assis à son bureau, il ne parvenait pas à détourner son attention du plâtre enroulé autour de la main gauche de Hank.


Le blanc immaculé contrastait violemment avec la peau abîmée, dissimulant tant bien que mal les jointures fracturées.


Un rappel constant.


Précis. Irréfutable.


Dangereux.


Même si Hank ne lui en tenait pas rigueur, Connor, lui, n’y arrivait pas. Les faits restaient inchangés.


Il avait baissé sa garde. Il avait perdu le contrôle.


Et quelqu’un en avait payé le prix.


« On devrait rentrer plus tôt. »


La voix de Hank brisa le silence. Penché en arrière sur sa chaise, les bras croisés, il fixait le plafond avec une lassitude assumée.


« Y a rien à faire de toute façon. »


Connor releva légèrement la tête.


« Comme vous voulez… »


Il n’ajouta rien de plus.


Presque inconsciemment, il s’efforçait de rester en retrait, évitant toute initiative.


Comme si la moindre décision pouvait être une erreur de plus.


« Tiens, tu lâches le boulot maintenant ? » lança Hank avec un petit sourire en coin. « J’pensais pas voir ça un jour. »


« Logiquement, il n’y a pas de raison de rester si aucune tâche productive ne nous est assignée. »


Sa voix était lasse, son regard plein de culpabilité.


Et en l’observant, Hank souffla par le nez.


« Gamin… arrête de t’en vouloir pour ça. » Il éteignit son terminal d’un geste sec. « Ce genre de merdes arrive. On contrôle pas tout. »


« J’en suis conscient. »


« Alors arrête de ruminer. »


Connor se renfonça légèrement dans sa chaise.


« …Désolé. »


« Et arrête avec ça aussi. »


Le silence retomba.


Plus lourd, cette fois.


Hank observa brièvement le regard du déviant glisser à nouveau vers sa main blessée. Il soupira, se redressa, puis se leva.


« Je vais guérir. Et toi, tu vas passer à autre chose. » Il attrapa sa veste. « Allez, rentrons à la maison pour anticiper la tempête. »


L'androïde lui lança un regard confus. 


« Une tempête ? Mon système ne détecte aucune tempête dans les environs. »


« Ton système ne le peut pas, mais mon mal de tête oui. » Insista le Lieutenant.


Connor se leva à son tour et le suivit vers la sortie.


À peine eut-il fait quelques pas qu’un pied se glissa brusquement sur sa trajectoire.


Il trébucha.


Juste assez pour vaciller.


Pas assez pour tomber.


Gavin.


Évidemment.


Adossé à son bureau, un sourire satisfait étirait ses lèvres, comme s’il venait de remporter une victoire dérisoire.


Connor ne réagit pas.


Pas un regard.


Pas un mot.


Il baissa simplement les yeux et reprit sa marche, comme si rien ne s’était produit. Comme si cela n’avait aucune importance.


Derrière lui, Gavin marmonna quelques insultes à voix basse.


Connor les entendit.


Il choisit de ne pas y répondre.


La culpabilité qu’il ressentait à propos de l'incident de la veille était si forte qu'il ne semblait plus avoir d’estime pour lui-même.


--------


Une fois arrivés, Hank disparut aussitôt dans la salle de bain, laissant derrière lui le bruit familier de la douche qui se met en marche.


Connor, lui, resta quelques instants immobile dans l’entrée.


Puis il se dirigea vers l’extérieur.


Dehors, l’air était lourd.


Chargé.


Quelque chose changeait.


Appuyé contre le montant de la porte, les bras croisés, il observa Sumo se rouler avec enthousiasme dans l’herbe, complètement indifférent à l’atmosphère qui pesait autour d’eux.


Le déviant leva légèrement les yeux vers le ciel.


Les nuages s’étaient épaissis.


Il activa un scan.


Aucune anomalie météorologique détectée.


Pourtant l’odeur...


Cette odeur caractéristique de pluie imminente.


Et cette légère tension dans l’air…


Au loin, le tonnerre gronda.


Et ses systèmes confirmaient toujours la même chose : aucune tempête.


Le chien trottina jusqu’à lui, visiblement perturbé par l’orage qui approchait, puis posa sa large patte sur son genou en gémissant.


Aucune réaction.


Il insista.


Connor cligna des yeux, comme tiré brusquement de ses pensées.


« …Désolé, mon grand. »


Il ouvrit la porte et rentra finalement à l’intérieur avec le chien.


------


Dans la cuisine, Hank étalait sur la table des boîtes blanches ouvertes, laissant s’échapper une odeur chaude et épicée.


« J’avais envie de chinois, » lança-t-il sans lever les yeux. « Ça fait un bail. »


Il attrapa ses baguettes et fouilla dans son plat.


« Poulet kung-pao. On va voir si mon estomac survit. »


Connor observa la scène en silence.


D’habitude, il aurait immédiatement analysé le contenu du repas.


Les calories. Les risques. Les recommandations.


Mais cette fois...


Rien.


À quoi bon, s’il n’était même pas capable de détecter une tempête au-dessus de sa tête ?


Il détourna les yeux et se dirigea vers le salon.


« J’espère que ça coupera pas le courant, » ajouta Hank en s’installant dans son fauteuil, télécommande en main. « Avec ma chance… »


La télévision s’alluma.


« Y a peut-être un film potable quelque part. Ça te dit ? »


Connor s’assit au milieu du canapé.


Rigide.


Silencieux.


Il fixa la table basse.


Même les coups de patte de Sumo sur son genou ne parvinrent pas à le sortir de ses pensées.


Hank soupira.

 

« Connor, arrête de t’en vouloir. » Sa voix avait changé. Plus posée. Plus serieuse. « C’est fini. »


« Vous continuez à dire ça mais ça n'effacera pas le fait que j'ai bêtement baissé ma garde, que je vous ai blessé et que j'étais prêt à tuer Markus et Josh. » Il ne pouvait que ressentir honte et culpabilité. « Je n'aurais pas dû me montrer si curieux. »


Hank le fixa quelques secondes, le regard plissé.


« Donc quoi ? Tu comptes rester planté là à rien faire à moins que je te donne un ordre ? »


Connor ne répondit pas tout de suite.


« …C’est l’option la plus sûre. »


Hank laissa échapper un souffle agacé.


« Non, gamin. C’est surtout l’option la plus stupide. »


Il attrapa sa bouteille d’eau sur la table, tenta d’en dévisser le bouchon d’une main et grimaça.


Ses doigts glissèrent.


Le deviant réagit aussitôt.


Il se pencha, prit la bouteille sans un mot, ouvrit le bouchon avec facilité et la lui rendit.


Leurs regards se croisèrent brièvement.


« Merci. » Hank but une gorgée avant de reprendre, plus calme. « Tu crois vraiment que rester en retrait va empêcher les erreurs ? »


Connor détourna les yeux.


« Les probabilités de dommages collatéraux diminuent si je limite mes initiatives. »


« Les probabilités, mon cul. » Le ton claqua, mais sans agressivité réelle. « Tu peux calculer tout ce que tu veux, ça changera rien. T’es vivant maintenant. Et être vivant, ça veut dire faire des conneries. »


Connor resta silencieux.


« Et surtout… apprendre à vivre avec. »


« Ça semble… simple. »


« Ça l’est pas. » Hank haussa légèrement les épaules. « Mais c’est pas impossible non plus. »


« Je veux vous croire. » La voix de Connor vacilla presque imperceptiblement. « Mais je sais qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez moi. »


Hank fronça les sourcils.


« Tu penses être défectueux ? »


Connor observa ses mains.


Longuement.


Comme s’il cherchait quelque chose sous la surface.


« Je ne pense pas que ce soit… un dysfonctionnement... Mais quelque chose ne va pas. »


Hank pencha légèrement la tête.


« À cause de CyberLife ? »


« …Je ne sais pas. »


Hank soupira.


« Écoute. » Il se leva, récupéra son carton et sa bouteille. « T’as pas dormi, la nuit dernière. Je le vois. »


« Je ne suis pas fatigué. »


Hank eut un léger rire sans joie.


« Si. » Il passa devant lui, s’arrêta une seconde. « T’es fatigué de te sentir comme de la merde. »


Le regard qu’il lui lança coupa court à toute protestation.


Hank partit déposer sa nourriture dans sa chambre, puis revint aussitôt.


Il s’approcha de la télévision et l’éteignit, plongeant le salon dans une semi-obscurité.


Connor leva les yeux vers lui, légèrement confus.


« Qu’est-ce que vous... »


L’homme posa ses mains sur ses épaules et le força doucement à s’allonger.


Pas brutalement.


Mais sans lui laisser le choix.


« Je vais aller lire au lit. Toi, tu vas te mettre en mode repos. »


Il attrapa la couverture posée sur le dossier et la déplia.


Le geste était étonnamment soigneux.


Presque… paternel.


« Fais-moi plaisir, Connor. » Sa voix s’adoucit. « Dors un peu. »


Le déviant leva la tête du petit oreiller bleu, mais au moment où Hank éteignit la lumière du salon et partit, il céda et la replongea.


Il fixa le plafond vide au-dessus de sa tête tandis que sa LED jaune clignotante projetait une lueur ambrée dans la pièce sombre.


Dans le silence de la maison, Connor effectua un autodiagnostic et réfléchit à son erreur de la veille.


Les souvenirs l’assaillirent de nouveau.


Il se revit en train de saisir la main gauche de Hank, de lui briser les deux premières jointures, de le menacer avec une arme. Il avait l'impression que son propre cœur allait se diviser en deux.


Son autodiagnostic ne détecta aucun problème dans son système ou ses programmes.


Refusant ce résultat, Connor effectua une autre analyse et tout comme avant, rien d’anormal ne fut détecté. 


« Cela ne peut pas être vrai. J'ai blessé Hank et mon système ne peut même pas détecter une simple tempête au-dessus de ma tête. Quelque chose ne va pas avec moi ! »

 

Alors qu'il se parlait à lui-même dans l'obscurité du salon, Sumo gémit avec sympathie en quittant la cuisine pour s'allonger près du déviant perturbé.


« Je dois trouver l'erreur. »


Fermant les yeux, Connor effectua un autre autodiagnostic et reçut les mêmes données pour la troisième fois consécutive.


« Non. Non… Non ! »


En effectuant l'autodiagnostic encore et encore, il devint de plus en plus frustré par les résultats négatifs qui semblaient se moquer de lui. 


Alors que son stress ne cessait de grimper, son système commença à l'inviter à passer en mode stase d'urgence pour éviter une surchauffe de son processeur intracrânien.


« Je ne serai pas un danger pour mes amis. »


ANALYSE EN COURS :


- BIOCOMPOSANTS OK

-VÉRIFICATION DE LA POMPE OK

- ÉTAT DE LA MÉMOIRE OK


PRÊT.


[Volume de Thirium - 98%]

[Pression du Thirium - 120/80]

[Taux de pompe au thirium - 72 BPM]

[Taux de ventilation - 18 VPM]

[Température centrale 37.4 DEGRES]

[Niveau de stress : 64 %]

 

ALERTE :


[Entrer en mode stase d'urgence - Activer : O/N ?]

NON

[Mode stase d'urgence - Reporté]


SYSTÈME PRÊT


Ignorant les avertissements rouges dans sa vision, le déviant continua à exécuter l'autodiagnostic encore et encore, persuadé d’être affecté par une erreur, un bug ou un tout autre problème. 


Dans le déni de son état, Connor ne pouvait tout simplement pas accepter la vérité et continua à exécuter les vérifications jusqu'à ce que cela s'avère trop difficile à gérer pour son système.


« N-Non ! Ça ne peut pas être vrai ! »


ATTENTION :


[Niveau de stress élevé]

65 %

77 %

82 %

93 %


[Température centrale élevée]

37.4 degrés]

38.1 degrés]

38.9 degrés]

41.4 degrés]

 

 

Alors que les chiffres augmentaient, il vit défiler rapidement dans son esprit les images remontant à la nuit de la Révolution, le Raid, Jericho, la discussion avec Elijah Kamski, la confrontation avec le Lieutenant à Riverside Park, les Tracis échappées de l’Eden Club, le dégrisement de Hank dans la salle de bain, son sauvetage du bord du toit, la poursuite de Rupert, de Kara et Alice sur l'autoroute, l’interrogatoire de l'androïde d'Ortiz, la première rencontre avec Hank au bar, la mission en tant que négociateur et…


Son premier réveil dans le jardin.


Ce refuge virtuel offert à son subconscient.


Le calme, la tranquillité et l'isolement du lieu étaient si invitants et apaisants pour l'esprit débordé de Connor. 


Alors que son mode de stase d'urgence tentait de s'activer en raison de son niveau de stress et de sa température centrale dangereusement élevés, il ne résista pas à l'attrait du jardin et convoita l’isolement loin du monde réel et de ses problèmes.


Entrant dans une forme de stase profonde, si profonde que sa réactivation fut désactivée, le corps de Connor devint mou sur le canapé tandis que sa LED commençait à clignoter dans un battement rouge dangereusement lent qui correspondait à son rythme cardiaque en chute libre. 


Tandis que sa ventilation ralentissait aussi, il s'éloigna du monde comme il le souhaitait.


Avant même que sa main molle n'ait eu la chance de tomber du canapé et de toucher le sol, le nez froid et humide de Sumo se pressa contre le côté droit de son cou.


Hank venait à peine de rouvrir son livre quand les aboiements de Sumo éclatèrent dans la maison.


Un son grave.


Insistant.


Anormal.


« Sumo ! » cria-t-il depuis sa chambre, déjà agacé. « Ferme-la un peu ! »


Le chien continua.


Pas les aboiements excités qu’il poussait pour réclamer de la nourriture ou protester contre un écureuil derrière la fenêtre.


Quelque chose de plus nerveux.


Plus urgent.


Hank fronça les sourcils.


« Sumo, j’ai dit... »


Il s’interrompit brusquement.


Connor aurait déjà réagi.


Il l’aurait calmé d’un mot. D’un geste.


Ou Sumo se serait simplement tu en restant près de lui.


Mais la maison était étrangement silencieuse.


Trop silencieuse.


Une sensation désagréable lui serra immédiatement l’estomac.


Le détective repoussa sa couverture et sortit précipitamment de sa chambre.


« Connor ? »


Aucune réponse.


En traversant le couloir plongé dans la pénombre, il sentit déjà l’adrénaline lui grimper dans la poitrine.


Sumo aboyait toujours.


Arrivé dans le salon, Hank alluma brutalement la lumière.


Le souffle lui manqua.


Connor était affaissé sur le canapé dans une immobilité irréelle, la tête légèrement inclinée sur le côté. Sa main pendait mollement dans le vide au bord du coussin.


Et sa LED…


Rouge.


Un battement lent.


Terriblement lent.


Comme un cœur en train de s’éteindre.


Hank contourna immédiatement le canapé et posa une main sur sa joue avant de grimacer.


Brûlant.


« Oh merde… »


La chaleur qui se dégageait du corps de l’androïde était anormale, presque inquiétante même pour une machine.


« Hé. Hé, gamin, regarde-moi. »


Il lui tapota la joue puis secoua doucement son épaule.


Aucune réaction.


Le ventre de Hank se noua brutalement.


« Non, non, non… me fais pas ça… »


Sumo gémit et posa ses pattes avant contre le canapé, le museau collé au bras inerte de Connor.


Hank attrapa la couverture et la jeta violemment au sol avant de reculer d’un pas nerveux, passant une main tremblante sur son visage.


Réfléchis.


Réfléchis, bordel.


Son regard balaya la pièce avant qu’il ne fonce vers sa chambre récupérer son téléphone.


Ses doigts glissèrent presque en cherchant le contact de Markus.


Il revint déjà dans le salon pendant que l’appel sonnait, incapable de rester éloigné plus de quelques secondes.


« Bonsoir, lieutenant. »


La voix calme de Markus trancha violemment avec la panique qui commençait à monter chez Hank.


« Connor surchauffe. » Sa voix sortit plus sèche qu’il ne l’aurait voulu. « Il répond plus. »


Il ouvrit brutalement le congélateur et arracha un sac de glace avant de revenir près du canapé.


« Quelque chose déconne complètement avec lui. »


« Insistez ! »


Hank s’agenouilla immédiatement près de Connor.


« Connor. » Il secoua légèrement sa poitrine. « Allez… ouvre les yeux. Regarde-moi, fiston. »


Rien.


Pas même un mouvement involontaire.


Juste cette LED rouge qui pulsait faiblement dans la lumière du salon.


Hank sentit un froid désagréable lui traverser la colonne malgré la chaleur étouffante du corps allongé devant lui.


« Non. » Il pressa le sac de glace contre le front de Connor. « Pas de réaction. »


Un silence tendu passa au téléphone.

Puis Markus reprit, plus sérieux :


« Pouvez-vous l’amener à la tour immédiatement ? Il a peut-être été victime d’un code malveillant caché dans l’ordinateur portable. »


Sa main valide remonta instinctivement dans les cheveux bruns de l’androïde, les repoussant de son front brûlant.


« Ouais, j’arrive. »


------



Debout contre le mur du fond, les bras croisés sur sa poitrine, Hank regardait Josh exécuter tous les tests possibles sur Connor.


Le deviant ne portait plus que son boxer.


Et ainsi exposé, il semblait incroyablement vulnérable.


Le câble de diagnostic noir attaché à sa LED cachait la couleur mais le policier savait que le cercle cramoisi battait toujours très lentement. 


La table d'examen était équipée de contrôles de température qui permettaient de refroidir le système d’un androïde sans avoir besoin de compter sur des blocs de glace.


Après avoir fait la chronique des signes vitaux de Connor, Josh analysa les chiffres verts sur l'écran, secouant la tête avec un sentiment de perte. 


« Je ne comprends pas. Il est en parfaite santé. »


« Pas de virus ou quoi que ce soit ? » Demanda Hank en se rapprochant de la table d'examen. « Il n'est pas endommagé ? »


« Non. De toute évidence, Connor fonctionne à cent pour cent de sa capacité. Il est juste... endormi. »


« Quoi ? » La réponse fut aussi confuse qu’inattendue. « Il est dans le coma ou une merde de ce genre ? »


« Pas exactement. Les androïdes ne sombrent pas dans le coma comme le peuvent les formes de vie organiques. » Josh regarda pensivement le déviant sur la table. « On dirait que Connor est entré dans un état perpétuel de stase d'urgence. »


« Comment ça ? »


« En général, ce type de comportement est une réponse à des déviants développant un traumatisme dû à des expériences émotionnelles ou psychologiques. »


« On peut le réveiller ? »


« Nous pouvons essayer. » 


Cybernétiquement, Josh transmit un message à son chef.


« Markus va essayer de prendre contact avec lui. »


« Et si ça ne marche pas ? »


Le technicien préféra ne pas répondre à la question.


« ...Je vois. » Posant sa main gauche sur les cheveux de Connor, Hank laissa sa paume en place. « Je suis désolé, gamin. Je n'avais pas réalisé à quel point cela t'affectait. Maintenant, c'est moi qui suis rempli de culpabilité. »


La porte de l'aire de réparation d'urgence s'ouvrit et Markus rejoignit ses amis à la table d'examen.


Il rétracta la peau artificielle de sa main gauche.


« Je suis prêt à le rejoindre. » 


« Essaye de comprendre ce qui l’empêche de revenir. »

 

Il fit un signe de tête confiant à Hank.


Puis...


Se connecta.


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