Divergente 4 - Résurgence

Chapitre 3 : Chapitre 3

Par Naraauteur21

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Le lendemain, il n’aura fallu à Tobias qu’un contact avec Christina, au bureau de reclassement où elle travaille, et à Johanna, pour obtenir de l’aide et un véhicule pour transporter ses quelques affaires. Le transfert est prévu pour le jour suivant.

Il a rendez-vous avec la directrice de l’orphelinat, Donna. A son arrivée dans le bâtiment, celle-ci, tout sourire, l’accueille avec grand cœur.

Elle guide son invité vers la salle de repos, qui contient une table, quelques chaises, et une bouilloire commune. Partout, des dessins colorés égayent des pans de murs entiers. D’autres sont ornés des ouvrages d’adultes : peintures, tentures, des créations qui, à elles seules, transpirent l’espoir et la renaissance de la ville.

Donna présente à Tobias une tasse et verse l’eau sur le café. Immédiatement, un parfum chaud et odorant se répand dans la pièce.

Tranquillement, l’ex-Audacieux hume la fumée parfumée qui s’élève gracieusement de sa tasse. Le café a été réintroduit depuis quelques mois dans le quotidien à Chicago, l’autarcie ayant fait long feu, même si elle reste encore le principal moyen de subsistance. Mais un grand nombre de citoyens ne l’ont pas encore dégusté, le changement se glisse avec discrétion dans les foyers concentrés sur leur liberté retrouvée et sur les recompositions de groupes familiaux disloqués par le système aboli des factions.

Puis fixant à nouveau la directrice, il ajoute avec un petit sourire navré :

Tobias lui sourit modestement.

Tous deux échangent quelques minutes sur les règles de sécurité dans le bâtiment, les codes d’accès et le quotidien. Puis le jeune homme prend congé et repart, sans être sûr le moins du monde d’avoir fait le bon choix, ni de pouvoir l’assumer. Mais si Tris lui avait appris quelque chose dont il devait se souvenir, et s’inspirer chaque jour, c’est de ne jamais abandonner, et que même si on partait de très loin, on pouvait faire des miracles avec de la persévérance, de la bienveillance et… de l’audace.

Le lendemain soir, Christina a recruté un collègue, et Johanna envoyé un de ses anciens co-factionnaires Fraternel au volant de son véhicule. Tous se rendent au domicile de Tobias sur la rive droite du fleuve. En quelques minutes, ses maigres affaires – vêtements, un peu de matériel professionnel, et son précieux bibelot en verre bleu, sa cascade –  sont chargées.

Evelyn serre son fils dans ses bras. Tobias, les mains sur la taille de sa mère, accepte l’étreinte, dépose une bise sur sa joue et lui dit en souriant :

Le jeune homme lui sourit. Il n’a jamais réussi à vraiment accepter ces déclarations d’amour maternel. La première personne, dont il ait le souvenir qui lui ait exprimé cet amour, c’est Tris. Ces mots sont devenus, et restés, sa propriété, son privilège. Comme il s’y était engagé, il a mis de côté les anciennes rancœurs contre sa mère, et ce qui les avait séparés. Accepter son retour, sa proximité, c’était déjà un grand pas pour lui. Il y a des plaies qui refusent de guérir.

Il saisit les deux derniers sacs de vêtements prêts à partir, et sort de l’appartement, avec plus de soulagement qu’il ne l’aurait cru. Une marche de plus vient d’être gravie vers sa réparation : cette fois, il n’est pas abandonné, c’est lui qui part, sans haine, sans violence, et sans regrets.

Dans l’orphelinat, ses quelques caisses chargées sur un diable, Tobias guide ses amis vers son nouvel appartement. Il ouvre la porte et il sent immédiatement l’effluve embaumé du café. Il sourit, Donna est venue déposer du café chaud pour l’accueillir.

En deux pas, l’athlétique jeune homme l’a agrippée, jetée sur son épaule. La jeune femme hurle de rire, en lui martelant le dos des poings. En une puissante détente du jeune homme, la jolie brune est projetée sur le grand lit comme il aurait soufflé sur un fétu de paille. Le souffle coupé, Christina rit à s’étouffer.

Elle a vraiment le don de le faire sortir de ses gonds.

Christina éclate de rire, Tobias ne peut garder son sérieux. Dans un sens, il est reconnaissant à la pétillante ancienne Audacieuse, c’est un boute-en-train, un exemple à suivre. Après tout, elle aussi a souffert et affronté le deuil.

Deux allers-retours plus tard, le matériel informatique fourni par Johanna est posé sur une longue console placée sous les fenêtres.

Le petit groupe, joyeux et bruyant, retraverse le bâtiment sous l’œil étonné de quelques personnes âgées peu habituées à ce tintamarre. Quelques enfants, attirés par l’animation, les rejoignent en courant. La directrice les attend dans le hall d’entrée, elle les a entendus arriver de loin…

Le petit groupe la suit dans son bureau, chacun est attiré par les dessins multicolores tapissant l’arrière du bureau, et bien sûr par le portrait de Beatrice, sur le mur, à côté de la fenêtre. Tobias, lui, reste planté devant le bureau, en évitant de regarder sur sa gauche, discutant de tout et de rien avec la directrice. Christina lui donne un grand coup de coude dans les côtes.

La troupe salue Donna, se fraye un chemin à travers le groupe de gamins qui s’étaient attroupés devant la porte, poussés par la curiosité, et se dirige vers la sortie. Tobias remercie ses amis à la porte pour leur aide, et prétexte son rangement pour ne pas se joindre à la sortie qu’ils lui proposent. Il a une guerre à mener contre ses souvenirs, seul.

Le jeune homme retourne dans son appartement et s’assied sur le lit, penché en avant, les avant-bras posés sur ses genoux. Il est soucieux. Chacun de ses regards se pose sur un meuble, et plus qu’un meuble, sur un souvenir. Presque tous le ramènent à Tris. Il n’a pas ouvert la porte de la chambre voisine. Mais il a fait un premier choix : assumer les souvenirs plutôt que les fuir, en intégrant ce logement où sont installés les accessoires issus de son passé d’Audacieux.

Pour ne pas ruminer d’idées noires, il entreprend d’installer tout son matériel informatique. L’immensité des réseaux et des possibilités lui offre une porte de sortie, une trappe vers l’extérieur, l’espace qu’il n’a plus en lui. L’informatique, c’est son antidépresseur. Celui qui détourne ses pensées du passé vers l’avenir. Mais là, l’informatique lui semble empoisonnée : un mélange de passé et d’avenir qu’il n’est pas sûr de savoir gérer. Il lui reste à déterminer s’il va réussir à ouvrir les vidéos que Caleb lui a envoyées depuis un mois et demi, sur la naissance inédite et l’entrée dans la vie de la sœur jumelle clonée de Beatrice.




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