Divergente 4 - Résurgence

Chapitre 7 : Chapitre 7

Par Naraauteur21

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Hésitante, Johanna n’a pas la moindre confiance en Evelyn, même après plus de deux ans. Mais il n’est pas utile de charger plus encore le moral et les conflits intérieurs contre lesquels se bat Tobias.

Tobias réfléchit un moment.

 

***

 

Tris sourit. Chaque soir après les cours, elle vient faire un peu de lecture aux plus anciens, Monsieur Stone demande toujours la même chose. Sur sa tablette, la jeune fille tente d’extraire du réseau les comptes-rendus diffusés par la gouvernance et les nouvelles du jour. Après plusieurs essais infructueux, elle fait patienter le vieux monsieur et va demander de l’aide à Donna dans son bureau.

Tris se retourne brutalement, le cœur emballé et les joues en feu. Tobias est appuyé sur l’encadrement de la porte. Les yeux agrandis de surprise, la jeune fille choisit de garder le silence.

La directrice sourit à Tobias puis ce dernier referme la porte derrière la jeune fille. Tris marche devant lui d’un pas rapide vers le coin repos où attend le pensionnaire. Tobias l’interrompt :

Tris s’arrête, plantée au milieu du grand hall, tête baissée et attends la suite. Tobias reste derrière elle et lui dit :

Ses pommettes un peu trop saillantes s’enflamment. La jeune fille est bien heureuse de tourner le dos à son ami à cette minute, pour qu’il ne puisse pas s’en apercevoir.

Avec un soupir, l’assistant de Johanna marque une pause. Il sait maintenant chaque détail de la silhouette de Tris, pour l’avoir observée sans pouvoir s’en empêcher. Ses cheveux sont si longs qu’ils effleurent la naissance de ses reins. Mais là, Tris baisse la tête, il en jugerait, ses cheveux sont à peine plus hauts. Ses épaules sont basses, elle semble abattue.

La réponse l’amuse et fait un rien tomber la pression qu’il ressent, Tobias esquisse un sourire :

La jeune femme, effarouchée, se décide à se retourner lentement et à le regarder. Toujours écarlate et les yeux baissés, elle n’ose pas affronter le regard de son interlocuteur. Elle fixe obstinément quelques secondes les lacets de ses baskets noires. Comme aujourd’hui, il est souvent habillé en noir Audacieux. Elle aime le noir. Elle trouve que ça le rend encore plus beau. Cette seule pensée enflamme plus encore ses joues, sans qu’elle puisse le contrôler.

Comme le silence s’alourdit, elle lève les yeux sur son visage. Il n’exprime pas de tension, ni de souffrance. Le visage du jeune homme est ombré d’un rasage délaissé qui brunit ses joues hautes et anguleuses. Ses yeux bleus si foncés fixent les siens en attendant d’accrocher son regard. Ses lèvres charnues esquissent un petit sourire presque moqueur.

Tout en s’asseyant, Tobias sent sa gorge se serrer à l’évocation de la disparition de sa compagne. Il baisse les yeux le temps de contrôler son émotion, et il poursuit :

Tout en approuvant silencieusement ses paroles, Tobias soupire en fermant les yeux.

Intrigué, Tobias réfléchit une seconde. Il lui répond presque à contrecœur :

A ces mots, Tobias regarde intensément Tris, les sourcils froncés, guettant la vérité dans ses yeux. Se pourrait-il que ce soit vrai ? Que son clonage se poursuive encore avec ces fusions de mémoire ? Les coudes sur les genoux, Tobias fouille dans son esprit pour y trouver la conduite à tenir, en vain. Jusqu’à quel point Beatrice et Tris sont-elles semblables ?

Soudain figé, Tobias se contient pour ne pas se soustraire violemment à ce contact, qu’il refuse de comparer aux gestes d’affection de son amour disparu. Personne d’autre n’a le droit ! Mais Tris sent immédiatement sa tension et retire sa main. Le jeune homme se force et sourit tristement, en secouant la tête.

Un silence s’installe entre les jeunes gens, chacun perdu dans ses pensées, ses souvenirs et ses paradoxes. A quelques mètres d’eux, Monsieur Stone dort depuis longtemps, la tête affaissée sur sa poitrine. Tris se lève pour aller l’installer plus confortablement contre un coussin. En revenant, elle prend un ton plus léger pour s’adresser à son ami :

Tobias sourit avec une mélancolie mêlée de reconnaissance : sa Tris aussi savait changer de sujet pour qu’il ne ressasse pas ses idées noires. Cela lui rappelle le moment où elle lui avait demandé de lui montrer son tatouage. Il montre patiemment à Tris comment extraire les articles classés dans la mémoire réseau, intuitivement, avec de simples mots clés. La jeune fille, très concentrée, observe chaque geste et écoute chaque consigne. Elle ne pense plus au jeune homme, absorbée par la démonstration. Tobias lui demande :

Sans un mot, Tris prend doucement la tablette. Elle glisse ses doigts sur les écrans virtuels, tapote et agrandit l’image. En quelques secondes, le dernier rapport environnemental de la gouvernance est affiché, vert et brillant, en trois dimensions devant elle. Une telle aisance, sans erreur… Sidéré, l’instructeur lui demande presque agacé :

La réponse claque comme une gifle. Tobias, surpris, lève les sourcils, de nouveau sur la défensive.

Soudain crispé, Tobias ferme les yeux un instant. Evidemment. Il avait presque oublié que Caleb l’avait déjà prié de les aider.

Tris le regarde avec surprise. Le jeune homme, ses sourcils épais à nouveau froncés, termine :

Tobias relève la tête qu’il maintenait baissée, stupéfait et méfiant à la fois :

La jeune fille s’assied à nouveau près de Tobias, qui soudain courbe le dos et s’affaisse sur ses coudes. Devant le silence lourd du jeune homme, elle ferme les yeux pour mieux se concentrer, et reprend :

Les mains devant elle et les yeux clos, Tris mime avec de petits mouvements lents la forme du halo qu’elle perçoit dans son souvenir. Ses mains sont belles et soignées, pas rudes et écorchées par les combats comme celles de sa défunte sœur. Près d’elle, son ami, étranglé d’émotion, la regarde mimer des bras son émerveillement, fouiller sa mémoire, chercher ses mots pour décrire l’indescriptible. Elle sourit à son rêve, à l’évocation de ces moments de félicité.

Tris rouvre les yeux, et regarde ceux de Tobias, sombres, profonds, arrondis et embués, qui la fixent. Ceux de la jeune femme, en amande, semblent refléter la paix et la vérité. Il entend à peine le souffle sortir de son nez, un peu pointu, comme Beatrice. Sa bouche aux lèvres pleines lui fait penser à une madeleine. Comme Beatrice… Il cligne des yeux pour sortir de son rêve éveillé.

Puis Tobias se lève, la salue d’un dernier sourire fugace et s’éloigne. Il peut enfin laisser ses mâchoires lâcher l’intérieur de ses joues et permettre à ses larmes de mouiller son visage.

 




Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés