Divergente 4 - Résurgence

Chapitre 15 : Chapitre 15

Par Naraauteur21

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Matthew accueille Tobias et Tris avec un sourire presque entendu. Le partage mémoriel entre les deux amis va compléter l’histoire de Tris, et Matthew espère que cela lui permettra d’effectuer de nouvelles connexions entre son passé familial et le présent. La complète construction psychologique de Tris semble être à ce prix.

Le scientifique installe ses patients du jour sur des lits d’examens côte à côte.

Matthew pique Tris dans le cou, puis son compagnon. Il place les électrodes, et s’éclipse pour suivre les enregistrements sur écran, dans la pièce voisine. Tobias sent la brume qui lui était si familière l’envahir, ce léger vertige qui précédait la plongée dans son paysage de peur. Il se prend à se demander si ce sont toujours les mêmes, aujourd’hui, s’il est toujours « Quatre ». S’il est toujours lui-même.

En jetant un dernier coup d’œil furtif à sa voisine, il sait que non.

Avant que la réalité ne s’efface devant ses yeux, il sent qu’on lui glisse quelque chose dans la main, comme un tissu de soie infiniment douce, ou une boule de plumes et de duvet. Mais la sensation prend la forme des doigts tièdes de Tris qui se referment sur sa main. Les cheveux de Tris coulent le long du siège en une cascade légère et caressent leurs poignets. Il ne cherche pas à lutter et se laisse emporter par son premier souvenir.

Tobias revit le jour des parents au milieu de l’initiation de sa petite amie, il sait que cela permettra à Tris de voir sa mère, et de le voir lui sous des auspices peu glorieux, imbibé d’alcool qu’il était ce jour-là, car il venait de découvrir les manigances d’Eric et Jeanine pour former une armée à la solde des Erudits.

Il repasse dans sa mémoire l’interception de Beatrice par Eric après son escapade chez les Erudits pour voir Caleb. La jeune fille s’était fait surprendre par le leader, alors qu’il était interdit de sortir du siège des Audacieux sans accompagnateur. Son instructeur avait menti pour la couvrir. Mais il sélectionne aussi sa sensation en voyant courir Tris vers le train, le cœur gonflé d’espoir et d’admiration, d’amour révélé, à la fin de la première étape de l’initiation, pour participer au jeu de guerre. Sa frustration, aussi, de voir, après la victoire, Tris la novice en fin de classement du stage un, partir pour la tyrolienne, alors que lui, Quatre, le premier de la promo, n’avait même pas eu le courage d’affronter la vertigineuse descente.

Tris se positionne dans chacune des visions, en spectateur invisible et assiste aux conversations, aux combats, ressent les sentiments. Elle suit l’évolution des rapprochements entre sa sœur et Tobias, la rudesse de l’entraînement, les soupçons de l’instructeur face aux nouvelles règles imposées par les leaders des Audacieux. Et la force grandissante du lien entre Beatrice et lui, la puissance de leur communion spirituelle, la violence de leur opposition parfois aussi, guidée par la peur, le courage, le sacrifice, la guerre et l’enjeu pour tous les êtres humains de la cité. Sur le visage de Tris, allongée sur le siège de simulation, ses expressions trahissent alternativement la joie, la peur, le chagrin, au gré des souvenirs que Tobias lui offre. Il ne lui cache que ce qu’il estime relever de l’intimité entre lui et Beatrice, incluant son chagrin au moment de lui dire adieu.

Moralement épuisé, le jeune homme, au bout de son chagrin, pense à interrompre ce partage, mais dans la simulation, un nouveau paysage se créée, qui n’est pas le sien. Il vient de descendre de la tyrolienne, porté par ses amis, les cendres de Beatrice ont rejoint l’éternité. Tris, ses longs cheveux dorés voltigeant autour d’elle et l’enveloppant comme une brume, est là près de lui, elle lui propose sa main, pour la suivre. Le cœur aussi affolé par la descente vertigineuse à laquelle il vient de se livrer par amour pour Beatrice, que tendu par l’étrangeté de la vision de Tris qui lui propose un autre voyage, Tobias hésite. La jeune fille sourit avec tristesse, mais aussi encouragement. Elle ne fait pas un pas vers lui, elle attend patiemment. Clairement, le jeune homme écorché, blessé, doit décider entre son passé et l’avenir. La vision de Tris lui demande de lui faire confiance, de l’aider.

Tobias se souvient : il est conscient dans les simulations, il les domine, il peut s’en extraire s’il le veut. Sur le fauteuil, son doigt s’approche jusqu’à presque effleurer l’écran d’où il peut interrompre la simulation. Mais dans la vision, après une hésitation, il pose finalement une main dans celle de Tris et marche avec elle. Le paysage change et ils se retrouvent dans le laboratoire d’armement de David.

Instinctivement, sans s’en apercevoir, Tobias, allongé sur le fauteuil de simulation, serre frénétiquement la main de Tris qui s’était glissée dans la sienne.

Affaiblie, mais déterminée à déclencher la diffusion de l’antidote, Beatrice est là, avec ses cheveux courts, son visage torturé par la douleur, agrippée après un meuble brun, presque asphyxiée par le sérum de mort auquel elle vient d’échapper dans le sas. David la menace de son révolver, il s’attendait à sa trahison, et préfère la tuer que de la laisser détruire le fruit de toute sa vie de recherches. Tris hurle, et se jette entre le révolver et sa sœur, mais un coup part puis un deuxième, les balles traversent Tris comme si elle était un nuage. Tobias crie à son tour, tente de se jeter sur David, mais s’affale par terre, passant à travers l’homme comme s’il était un hologramme. Beatrice s’effondre, terrassée par les balles, Tris s’agenouille près d’elle, en larmes, les mains au-dessus de son cœur, de sa joue, de ses cheveux. Elle n’a pas pu sauver sa sœur, elle a oublié la simulation.

Soudain, Tris la voit, sa mère, désincarnée et translucide. Elle est belle, arbore un petit sourire à la fois si triste et si fier. Elle porte un chignon sage et une tenue d’Altruiste grise et blanche. Elle prend l’éther de Beatrice dans ses bras en murmurant « Tu as été merveilleuse, ma chérie, tu les as tous sauvés ». Puis, elle tourne aussi les yeux vers Tris.

 Natalie envoie un baiser appuyé de la main à Tris, l’amour transpire dans tout son être et sa silhouette en est baignée de lumière, auréolée comme une apparition divine. Le contour de l’éther de Beatrice se tourne aussi vers Tris et lui sourit avec la confiance d’une mère, et l’amour d’une sœur. Tris pleure et rit à la fois, en tendant les mains à cette sœur, cette mère, inconnues, mais tant aimées. Tout le chagrin mais aussi l’espoir de sa vision lui gonfle le cœur. Les deux visions s’évaporent et Tris tend plus loin encore les mains pour les retenir, en criant son amour et son manque d’elles. Il ne reste plus au sol que le corps de Beatrice, inerte, et les deux flaques rouges qui lui prouvent qu’elle a donné sa vie pour sauver des centaines, des milliers de personnes. Ravagé, Tobias ne peut qu’aider Tris à se relever, alors que, dans la vision qui continue, le sérum de mort est en train de se répandre dans le laboratoire d’armement de David. Unis dans une infinie tristesse, Tris cache son visage contre l’épaule de Tobias.

Aussitôt, le paysage change de nouveau. Tris est seule au milieu d’un champ. Où qu’elle regarde, une femme masquée, toujours la même, toute habillée de rose, la menace, avec une arme différente. Couteau, fusil, corde, seringue, Tris respire vite et fort, terrorisée, elle ne sait plus où se tourner. Ses yeux sont encore embués de la rencontre avec sa mère et sa sœur. Tobias assiste à ce siège de l’extérieur du cercle, il tente d’intervenir pour défendre Tris et éloigner les femmes masquées en rose. Tandis qu’il en affronte une et la terrasse, une nouvelle apparaît et comble l’espace laissé par la première. Tobias attaque la seconde femme devant lui, l’assomme et la démasque. Evelyn se révèle sous la cagoule, et tous ceux des autres femmes en rose tombent aussi, révélant une demi-douzaine d’Evelyn ricanant et resserrant leur cercle menaçant autour de Tris, marmonnant « tu ne l’auras pas ». Terrifiée, Tris appelle son ami à l’aide : « Tobias ! ». Le jeune homme répond : «  Cours, cours vers moi ! ». Tris s’élance, et Tobias en fait autant. Au moment où ils se rejoignent, toutes les Evelyn s’évaporent en milliers de pixels. Le jeune homme place Tris derrière lui, prêt à bondir, mais les femmes en rose ont disparu.

Tris et Tobias se retrouvent dans la lande marécageuse, au bord du lac Michigan, sur la rive reculée de la clôture. Soudain, une énorme vague apparaît à l’horizon, du fin fond du lac, elle déferle droit sur eux. Ils se retournent et s’enfuient en direction de la clôture, mais la vague progresse à la vitesse du vent. La clôture se rapproche d’eux comme si elle était mouvante. En un instant, ils sont bloqués entre la clôture et la vague qui arrive à toute vitesse au loin. Ils n’ont plus d’issue. A trois mètres de haut sur le mur, une prise permettrait à l’un d’eux de s’échapper. Tris hurle pour que Tobias monte sur ses épaules et attrape la corniche. Mais Tobias s’y refuse. Il se retourne et devant lui, apparaît l’immense porte qui laissait passer le train des Fraternels à travers la clôture. Il actionne le mécanisme. Vite ! La vague gronde à quelques dizaines de mètres d’eux dans un brouillard d’écume et de danger liquéfié. L’ouverture est suffisante pour s’y glisser, Tobias attrape, par la taille, Tris tétanisée par la vague dont elle ne peut détacher les yeux, et lui hurle de courir dans la brèche. Comme elle ne réagit pas, il l’agrippe, la jette sur ses épaules et se rue vers l’immense porte battante, la vague n’est plus qu’à quelques mètres et ils sont balayés par le souffle de son arrivée, pendant que la porte se referme sur les rouleaux d’eau furieuse. Tobias, jeté au sol avec Tris par le souffle, se retourne et la porte a disparu, l’eau n’est pas passée. Il rejoint Tris qui gît sur le sol dans un état second à quelques mètres, et l’aide à se relever.

Immédiatement après, le paysage change à nouveau et ils se retrouvent à Chicago, au bord du loop. Christina, Sandra, Matthew, Donna, Will, et même Monsieur Stone sont là, debout au dessus de Tris, assise et prostrée par terre. Will interpelle Tris : « Tu m’as tué, tu m’as tiré une balle dans la tête ! Tu aurais pu me blesser au bras, ou à la jambe, mais tu m’as abattu comme un animal ! ». Derrière le groupe, Johanna et Evelyn les interpellent, tout le monde se détourne de Tris et s’éloigne loin d’elle. Incapable de se lever, elle les regarde s’éloigner en leur criant de rester. Le Tobias de la vision baisse ses yeux sur elle en souriant méchamment puis s’éloigne à son tour pour rejoindre le groupe. Tris lui crie en pleurant de ne pas l’abandonner. Puis elle semble changer d’avis, et pour ne pas se retrouver seule, elle prend la décision de les suivre, de les rattraper, en courant. Tous ses muscles lui répondent à nouveau, elle se lève d’un bond et les poursuit aussi vite que ses jambes peuvent la porter. Elle court désespérément après le groupe qui s’éloigne aussi vite que le train. En rattrapant Tobias, elle met sa main sur son épaule et tout le monde disparaît en une seconde, le paysage change à nouveau.

Tobias et elle se retrouvent instantanément dos contre les cibles de lancer de couteaux, collés contre les silhouettes bleues, incapables de s’en écarter. En face d’eux, Christina armée de deux couteaux, arbore un sourire de tyran.

Tris ferme les yeux et refuse de faire un choix.

L’un des couteaux disparaît des mains de Christina. Tobias s’époumone à son tour :

Christina se retourne brutalement sur un homme sans visage qui lui fonce dessus. D’un geste rapide, elle l’abat d’un lancer de couteau en plein au milieu du front. La force invisible qui retenait Tris et Tobias contre les cibles s’évanouit et ils tombent à genoux, ivres de fatigue et de tension nerveuse relâchée.

Autour d’eux, le siège des Audacieux a disparu, Christina et son agresseur avec. Tobias se relève, hors d’haleine, ils sont dans sa chambre, dans son appartement de l’orphelinat. A ses pieds, Tris respire nerveusement, sa poitrine se soulève et s’abaisse rapidement, ses cheveux sont mouillés de sueur autour de son visage, et elle tremble de tous ses membres. Elle regarde Tobias au dessus d’elle, et jette un œil au nouvel environnement : il lui sourit tendrement. « C’est fini, viens. » lui propose-t-il en tendant ses mains vers elle. « Je ne peux pas, je ne suis pas Beatrice, je n’ai pas son courage, je suis défigurée ! », et elle fond en larmes, dans une plainte déchirante.

Dans une grande inspiration de peur, Tris se relève sur son siège. Tobias lâche sa main qu’il tenait toujours compressée dans la sienne. Elle se cache le visage dans les mains et s’appuie sur ses genoux relevés, ses épaules se lèvent et s’abaissent au rythme rapide de ses respirations. Haletant et luisant de sueur, Tobias se redresse une seconde plus tard et s’assied sur le bord du fauteuil. Il met une main sur son épaule :

Tris ne peut pas sortir sa tête de ses mains. La peur, la honte la tétanisent.

En attendant que son amie retrouve son calme, Tobias retire de la main gauche les électrodes de leurs tempes. Tris passe ses mains par-dessus sa tête et croise les doigts sur sa nuque, le front sur ses genoux. Elle retrouve à peine son souffle, et finit par tourner la tête vers son voisin. Le jeune homme a laissé sa main droite sur son épaule pour l’apaiser.

Tris hoche la tête.

Matthew entre dans la pièce d’un pas vif. Son expression est celle d’un profond étonnement.

Le psychologue fait un signe de dénégation :

Tobias acquiesce.

Les deux jeunes hommes se regardent. Leur vision des choses est peut-être différente, Matthew étudiait les rapports de simulations depuis le Bureau, Tobias les vivait avec les novices, voire en même temps avec Beatrice.

Doucement, Tris pose une main sur le bras de Tobias. Elle a réussi petit à petit à retrouver une respiration normale, et sourit à nouveau :

Encore flageolante, Tris descend du fauteuil à son tour. Elle est pâle et frissonne. D’un geste naturel, Tobias, sombre et renfermé, pose sa main sur sa taille pour l’accompagner. Tris remercie Matthew d’un sourire et le jeune Audacieux l’entraîne jusqu’à la voiture. Le trajet se passe en silence, chacun plongé dans ses pensées, ses étonnements, ses questions, son chagrin, et ses espoirs, avec la conscience aigue et silencieuse de la présence de l’autre, à quelques centimètres. Dans l’appartement, Tobias prépare leur boisson habituelle dans le même silence et contacte Christina. Mais il a l’impression qu’ils se sont dit beaucoup plus en quelques minutes que depuis un an. La chaleur et l’odeur de la chicorée les apaisent. C’est Tris qui brise le silence.

Mais sa voix n’est pas ferme quand il répond, cette éventualité ne le satisfait pas. Perdue dans ses pensées, Tris demande soudain à Tobias :

Les yeux au sol, Tobias sourit faiblement.

Derrière la porte de l’appartement, Christina arrive et sonne, Tobias la fait entrer.

Puis elle lance un regard circulaire dans la pièce :

Pendant que Tobias lui sert une tasse de chicorée, il se dit qu’elle n’a pas tort : l’appartement est celui d’un célibataire et sa mère l’a peut-être remarqué.

Tris raconte brièvement à son amie l’expérience qu’ils ont vécue ensemble, le partage mémoriel, et le paysage de peurs.

Si les filles ont compris, elles ne le laissent pas paraître.

Les amis comparent leur ressenti. Tobias a volontairement occulté dans son transfert mémoriel, la conversation qu’il avait eue avec Beatrice, concernant sa peur de l’intimité. Il estime que cela leur appartient.

Tobias acquiesce, lui aussi cela l’a stupéfié, comment pouvait-il voir dans l’imagination de Tris ?

Tobias a un air réprobateur, il se lève et va se servir un verre d’alcool. Christina se penche vers Tris et lui glisse à l’oreille :

Christina se retourne sur elle et ébouriffe sa longue tignasse, s’ensuit une bagarre en règle que Tobias observe en levant la bouteille à sa bouche plusieurs fois. La brume alcoolisée qui envahit sa vision désinhibe sa conscience. Il détaille les formes de Tris que le pugilat lui expose. A son arrivée, elle était plutôt maigre, comme Beatrice quand il l’a connue. L’entraînement a sculpté son corps, ses cuisses et ses mollets saillent sous le pantalon noir ajusté, forçant contre les assauts de Christina. Ses bras se sont dessinés, même si ses mains ont guéri de leurs ecchymoses, depuis qu’elle a interrompu l’entraînement à cause de sa cicatrice. Elle n’a pas plus de poitrine, apparemment, que n’en avait Beatrice. Assez pour qu’aidé par l’alcool, son regard s’y intéresse. C’est ce moment que choisit Tris pour le regarder entre deux prises de Christina. Elle se demande si elle a bien jugé la direction de son regard, mais n’a pas le temps de s’en assurer, elle se retrouve au sol, immobilisée par les genoux de son amie.

Les deux filles le regardent d’un air étonné. Christina pouffe :

Hésitant, Tobias regarde sa bouteille comme si elle allait lui confirmer ce risque. Il fronce les sourcils et la pose. Le niveau a effectivement baissé un peu trop vite. Il ne tient pas à se donner en spectacle, il s’est assez détendu comme ça.

Quand Tris a refermé sur elle la porte de sa chambre, Christina regarde Tobias d’un air sévère. Elle s’approche de lui et lui souffle à voix basse :

En parlant, Christina montre du doigt la porte de la chambre de Tris. Tobias n’a pas le temps de répondre, la jeune fille en sort, en tenue d’entraînement, une longue tresse descend le long de son dos. Elle s’adresse à Tobias :

Christina fait les gros yeux à Tobias, mais il ne bouge pas de son appui dans la cuisine. La jeune fille quitte l’appartement suivie de près de son amie.

La salle est libre à cette heure, Tris remplit néanmoins l’enregistrement, et les deux amies commencent leur échauffement.

Dans l’appartement, Tobias passe nerveusement ses mains dans ses cheveux. En réalité, s’il n’avait pas été sûr de marcher en zigzagant jusqu’à elle, il aurait couru la retenir. Mais dans cet état, il n’aurait pas eu la moindre crédibilité. Il a bu, en quelques minutes, beaucoup plus que de raison. Il prend quelques affaires et entre dans la salle de bain.

Pendant que Christina le maintient pour éviter qu’il ne tourne trop, Tris s’acharne sur le sac de frappe, des poings, coudes, genoux. Des mèches folles s’échappent de sa tresse et volent autour de son visage à chaque coup.

Tris tourne à peine la tête, elle a reconnu la voix de Tobias, puis elle reprend son exercice sans le regarder.

L’instructeur se place derrière sa colocataire, et accentue par poussée sur ses épaules, le mouvement qu’elle produit. Le sac déplace Christina un peu plus à chaque frappe.

Sa voix semble assurée, revenue à la normale. Tris acquiesce, mais elle peine à dissimuler l’émotion que provoquent les mains de Tobias sur son corps. Durant une heure, il propose divers exercices et mouvements pour remettre les filles en jambes, réveiller leurs muscles endormis, raviver les réflexes. Christina finit par jeter l’éponge et prendre congé, non sans donner un coup de coude dans les côtes de Tobias en passant. Tris annonce qu’elle va chercher ses affaires. Tobias, placé entre Tris et l’entrée de la salle, semble embarrassé.

Tobias acquiesce, en suivant chacun de ses allers-retours.

Amusée par la joute oratoire à laquelle ils se livrent, Tris sourit et s’arrête pour le regarder.

Tris éclate de rire.

La jeune fille rit à nouveau. Tobias essaie de réfléchir, Tris s’oubliera toujours pour ne pas le déranger. Quel argument aurait pu convaincre Beatrice ? Peter s’était appuyé sur l’abnégation d’Altruiste de la jeune femme pour la faire capturer par Jeanine. Pas très loyal, mais tous les moyens sont bons. Tris ne cèdera que si elle est convaincue qu’elle est utile à quelqu’un d’autre.

Dit-il la vérité ? Tobias aurait besoin d’elle ? En quoi diable pourrait-il avoir besoin de quelqu’un d’aussi faible et insignifiant qu’elle ? Tris hésite, elle sent sa détermination vaciller.

Tris hoche la tête. Oui, elle a vu que parfois, sa sœur comme son petit ami, s’enfermaient dans leurs lourds secrets, dans d’âpres disputes ou reproches, mettant en péril leur relation et même leur vie.

Après une hésitation, Tobias lui offre son bras. Elle glisse sa main rougie par l’entraînement par-dessous et la pose doucement sur son avant-bras en lui souriant.




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