Divergente 4 - Résurgence

Chapitre 32 : Chapitre 32

Par Naraauteur21

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Dans la matinée, Tris est grognon. Elle a mal dormi. Elle a fait des rêves qui l’ont réveillée en sursaut plusieurs fois. Tobias s’en est inquiété mais elle n’a pas su réellement les verbaliser. Des flashes étranges, lui a-t-elle dit. Il sait que Tris lui parlera, quand elle estimera que c’est le moment. Il la laisse donc à ses réflexions et se penche sur les notes prises pendant l’inspection de la clôture pour rédiger et illustrer un rapport global.

Pour se changer les idées, la jeune fille veut aller voir l’évolution de la rivière, et celle du plan d’eau qui s’étend à son embouchure, là où l’ancien lac léchait les bords de la ville. L’ancien parc d’attraction est de nouveau au bord de l’eau, la grande roue en haut de laquelle sa sœur a entraîné son instructeur pendant son initiation, trône au centre du parc comme une sentinelle. Des barrières de sécurité, faits de blocs de béton récupérés sur des ruines de bâtiments, ont été élevées sur le bord des anciens quais, pour éviter que les gamins n’aillent y risquer leur vie ou y jouer. Le niveau de la rivière est presque revenu à son niveau normal, les deux premiers ponts supplémentaires – un pour les piétons, un pour les véhicules – sont terminés et empruntés quotidiennement par les habitants et les curieux. Il est prévu de réparer de nouvelles passerelles plus au nord de la ville, pour favoriser les échanges. A certains endroits, des bricoleurs ont tendu entre les rives de larges et solides cordes, et font traverser les passants sur de simples radeaux propulsés par de petits moteurs solaires, en faisant coulisser sur la corde, de gros mousquetons sécurisant l’embarcation. Caleb s’était passionné pour la filtration de l’eau, il y a quelques années, il a approfondi le sujet dans le cadre de ses recherches agronomiques, et le gouvernement a chargé son équipe de travailler sur celle de la rivière, qui drague tout un tas de déchets, surtout végétaux, le long de son lit. Le courant est fort et Tris se souvient que cela est préférable pour éviter la prolifération des insectes. Paradoxalement, alors que la population de Chicago augmente, gonflée des arrivées de familles de la Marge, la nature s’y réinstalle aussi, les espaces verts se multiplient, les maisons réhabilitées en banlieue et dans l’ancien quartier des Altruistes s’agrémentent de fleurs et de petits potagers, et la vie sauvage s’installe sur les berges de la rivière.

Les cinq co-équipiers retrouvent pour déjeuner une Johanna transformée de bonheur, pour le débriefing. Elle accueille chacun d’eux par une franche accolade, même Peter, qui n’en revient pas et lève les sourcils de surprise. Il n’est pas coutumier des déclarations d’affection… Jeffrey n’est pas là mais Johanna avoue avoir passé ces derniers jours plus de temps avec lui qu’à son bureau. Elle a néanmoins transmis chacun des rapports adressés par Tobias aux ingénieurs de génie civil, et aux scientifiques concernés par le projet Résurgence du lac.

Tobias projette sur l’écran les photos et les plans des zones parcourues, soulignant chaque point remarquable, chaque problème potentiel. Les abris et les accumulateurs soulèvent l’intérêt appuyé des scientifiques : une mission d’ingénieurs ira les étudier, leur fonctionnement et leur utilité passée, actuelle et future. Peter détaille leur configuration et leur longueur : il les a longés avec le véhicule électrique. Tous réalisent que la structure métallique illuminée la nuit était alimentée non pas par Chicago comme tous le pensaient, mais par les batteries dans le cœur du mur. Une façon de rappeler à ses habitants que, même la nuit, la clôture était là et veillait à protéger et emprisonner ses habitants en son sein. Une façon, aussi, de noyer dans sa lumière, celle des phares qui pouvaient approcher des abris quand les gens du Bureau venaient y chercher les exfiltrés.

Il est convenu, à titre d’échange, que la technologie utilisée sur ces accumulateurs serait partagée avec le gouvernement de Milwaukee afin d’en faire bénéficier la ville partenaire. Les ingénieurs se montrent satisfaits que la clôture ait conservé ses qualités et son intégrité, les travaux de perçage n’auront donc pas à être accompagnés de rénovation ou de consolidation particulière. Naturellement, rien ne serait entrepris avant que l’expédition prévue pour le détroit de Mackinac ait pu donner des résultats satisfaisants.

Mark fait l’objet de félicitations appuyées. Tobias rapporte avec fidélité et réalisme les compétences de l’admirateur de Christina. Sa dextérité à la chasse, à la pêche et sa connaissance de la nature ont ébloui le groupe. Les difficultés des gens de la Marge sont également détaillées. Johanna propose d’inviter le chef de chaque village, au moins une fois par an, à une réunion du gouvernement, afin que des échanges de procédés et des aides puissent être décidées démocratiquement. Tobias se réjouit intérieurement que des solutions pacifiques puissent enfin être envisagées entre les groupes et les communautés d’habitants autour de Chicago. Avoir eu à reprendre les armes ne l’enchante pas, il reconnaît toutefois comme utopique de pouvoir s’en dispenser définitivement.

Tris apprécie pour une fois de ne pas être le centre de l’attention générale. Même si cette expédition doit préparer et précéder celle qui confirmera ou non son grand projet autour du lac, Tobias en a assuré et assumé le commandement, et les informations rapportées sont plus que satisfaisantes.

Le leader du groupe d’explorateurs explique à l’assemblée combien précieux ont été l’aide et le compagnonnage de Mark lors de cette mission, il affirme vouloir que le trentenaire les accompagne, conformément à sa demande originelle. Johanna ne s’y oppose pas, et remercie chaleureusement Mark, et son village, d’avoir accueilli et adopté Jeffrey pendant toutes ses années. Son bonheur irradie de son visage quand elle évoque son fils retrouvé. Le compte-rendu technique de l’expédition étant terminé, elle remercie les ingénieurs et ils prennent congé, pendant que ses amis et elle poursuivent leur déjeuner de débriefing.

Les souvenirs évoqués par Johanna semblent la plonger dans un passé douloureux, chacun écoute respectueusement son histoire.

Tris ferme les yeux, cette horrible histoire lui donne envie de vomir. Comment peut-on faire preuve d’une telle inhumanité ? Frapper ainsi une femme sans défense et la séparer de son nouveau-né ! Toute à ses réflexions, des voix lui reviennent en mémoire, entendues par Tobias. Ces voix devaient avoir marqué le jeune homme pour que Tris les ait reçues sans en avoir vu les images dans les patchs : « Allons, Johanna, qu’as-tu fait de ta politesse Fraternelle ? La manière douce ou la manière forte ? ». Max avait menacé Johanna quand les Audacieux à la solde de Jeanine y avaient fait irruption pour débusquer les Divergents. Tris comprend parfaitement quelle avait dû être la terreur de Johanna, devant le frère de son tortionnaire.

Johanna fait une pause pour regarder Tris. Tous les membres du groupe, les amis de Johanna, ressentent la détresse de cette mère et l’injustice de toute sa vie. Pourtant, en cette minute, Johanna se sent en communion avec la souffrance que ressentait Beatrice, qui avait perdu, dans la même journée, son père et sa mère. Ils s’étaient tous deux sacrifiés pour la sauver.

Tobias acquiesce doucement dans son coin, il se souvient de cette conversation. La dirigeante, elle, réalise combien Tris est intimement liée par la pensée, par le mental, avec sa sœur jumelle. Il a suffit que Johanna se concentre sur Beatrice pour que sa sœur le ressente.

Tous les yeux se tournent vers Peter, qui n’a plus ouvert la bouche depuis qu’il a présenté ses observations des accumulateurs. L’étonnement est général quand il cite les paroles de Johanna.

Tobias a parlé sans la moindre hésitation, comme s’il préparait cette confession depuis des années, et qu’elle n’attendait qu’une perche pour gicler hors de sa gorge.

Très étonnée, Tris dévisage son leader, dont le visage est contracté et, semble-t-il, douloureux. Elle vient de comprendre le dilemme permanent de son petit ami vis-à-vis de Peter. Elle avait touché juste quand elle lui avait suggéré qu’il ne savait pas dans quelle case il le plaçait : coupable ou innocent, pardonné ou détesté. Tobias se sent responsable d’une partie de sa trahison. Mais il est possible que Peter prenne plaisir à remuer le couteau dans la plaie. Son ancien instructeur est vulnérable sur ce coup-là, et il en profite.

Tris écoute son petit ami se vider, sur la table de réunion, du poison qui le torture depuis plus de trois ans. Dès qu’il parle de Beatrice avec cette passion, elle redevient « Tris », c’est comme ça qu’il l’a rencontrée, guidée, aimée, la jeune fille ne lui en tient pas rigueur. C’était sa sœur jumelle, peu importe le nom qu’elle portait. Les doigts croisés et serrés à l’extrême, il expose devant tout le monde l’objet de ses cauchemars.

Le silence accueille cet aveu. Tobias, sombre, réalise que la conversation a dévié sur un tout autre sujet que celui qui occupait l’assistance deux minutes auparavant. Il jette un œil à Tris, il n’avait pas l’intention de la faire taire aussi brutalement, mais les mots ont jailli sans qu’il les contrôle vraiment. Il se recentre sur son amie et collègue.

La mère de Jeffrey lui sourit.

Johanna inspire profondément en souriant paisiblement à ses amis.

Sa voix se brise sur ses derniers mots, trahissant la douleur insondable qu’elle a ressentie.

Elle jette un œil à son assistant.

La jeune fille est restée plutôt silencieuse pendant toute la durée de la réunion. L’histoire de Johanna l’a profondément touchée. Mais plus encore, le dilemme de son petit ami. Elle essaie de relativiser l’hostilité qu’elle ressent pour Peter, à la lumière de l’aveu de Tobias. Comment aurait-elle réagi, elle, si elle avait été dans cette situation, si dangereuse, si risquée, et que sa vie était menacée à chaque seconde ? Si elle avait dû prendre la décision de faire confiance à un traître, ou de le rejeter par méfiance ?

Le jeune homme hoche la tête, il en a souffert, oui. C’était comme si tout le monde cautionnait les coups de son père, comme si c’était normal, comme si c’était à lui, l’enfant martyrisé, de s’en vouloir. Mais il comprend la mère, à travers l’attitude de Johanna.

L’assistance accueille avec enthousiasme cette joyeuse perspective. Les amis réclament déjà le fameux gâteau au chocolat des Audacieux. Tris se sent un peu isolée, au milieu de ses trois compagnons issus de cette faction. Elle laisse vagabonder son imagination en les laissant évoquer des souvenirs et préparer la fête du lendemain, tout en griffonnant machinalement sur la feuille de papier devant elle. Au bout d’un moment, Tobias s’étonne de son silence. Il sait qu’il a été un peu rude plus tôt dans la réunion, en mettant un frein à son affrontement verbal avec Peter. Il met une main sur sa cuisse pour attirer son attention :

La jeune fille lève le nez de sa feuille dans laquelle elle était absorbée sans vraiment sans rendre compte. Elle découvre, en reprenant pied dans la réalité, ce qu’elle était en train de griffonner : une sorte d’arbre tout simple composé d’un cercle ordinaire représentant le feuillage, posé sur un tronc symbolisé par deux ellipses opposées. Au centre du cercle, deux grosses parenthèses encadrent une sorte de serpent noir, court et très large. Au plus épais du corps du serpent, un triangle blanc apparaît en contraste contraire. Enfin, sur le haut du tronc sous le cercle, Tris a dessiné ce qui ressemble à deux mains disposées en quinconce.

Tris a les sourcils froncés, elle semble un peu contrariée, son petit ami s’en aperçoit finalement.

 

***

 

Dans l’après-midi, les hommes décident d’accompagner Mark à la ferme Fraternelle, pour qu’il puisse s’y occuper de ses plantes. Tobias est tendu de devoir affronter à nouveau son père, mais il a quelque chose à lui demander. Son initiation, chez les Audacieux, lui a appris à affronter ses peurs, à les ignorer et à les dépasser. Il se soumettra à cette discipline.

En arrivant sur la terre proposée au demandeur « Jeremy », comme il s’est présenté à l’époque, Tobias constate que son père vit dans des conditions précaires. Un ancien bâtiment industriel a été réutilisé pour y faire quelques logements rudimentaires, mitoyens des entrepôts. La plupart des aménagements relèvent du bricolage, les besoins sont encore immenses. Mais autour du bâtiment, des parcelles de cultures émergent du sol et décorent le paysage proche d’un patchwork végétal. Malgré les quelques fleurs et herbes folles qui émergent des parcelles cultivées, dénotant de l’absence d’utilisation de pesticides pour éliminer les plantes indésirables, l’ensemble semble bien entretenu. Plus tard, peut-être, il aura envie de visiter la ferme, et d’essayer de comprendre le travail de son père. Pour l’instant, c’est pour Tris qu’il vient solliciter Marcus.

Le père de Tobias, prévenu par Johanna de l’arrivée des trois hommes, les attend à l’entrée du bâtiment principal, habillé en Fraternel, les mains sur les hanches. Son front luit de transpiration, il a manifestement interrompu son travail pour accueillir ses visiteurs. Peter, au volant, arrête le camion chargé des sacs de plantes de Mark à quelques mètres de l’exploitant. Tobias saute hors du camion.

Puis le père de Tobias salue Peter et Mark. Ce dernier, aidé de Peter, commence à décharger les sacs pour aller les déposer à l’emplacement que lui indique l’agriculteur. Tobias aborde son père :

Marcus s’immobilise et se retourne sur son fils avec une expression stupéfaite sur le visage.

Tobias acquiesce. Son père semble heureux, il ferme les yeux en souriant, recueilli dans une sorte de prière muette.

Son père acquiesce.

Marcus fronce les sourcils dans une attitude de concentration intense. Il n’aime pas le ton de ton fils, mais ils échangent là leur première conversation depuis des années. Même conflictuelle, elle vaut mieux que pas de conversation du tout.

Tobias pince les lèvres. C’est lui qui a éloigné son père de Beatrice, dans l’écurie chez les Fraternels, pour l’épargner, et aussi par vengeance, il se l’avoue. Il voulait isoler son père, comme lui-même s’était senti si seul pendant des années. User de sa force d’Audacieux pour reprendre le dessus sur cette relation guerrière. C’est aussi lui qui lui a administré le sérum d’oubli avant que Marcus ne quitte Chicago, pendant que Beatrice agonisait dans le laboratoire d’armement de David. Tobias réalise comme une soudaine évidence qu’il en veut à son père de l’avoir tenu éloigné de Beatrice alors qu’elle était au Bureau du Bien-Être Génétique en train de mourir. Il détourne ses pensées sur l’objet de sa demande :

Marcus acquiesce, il a lu tous les journaux auxquels il a pu avoir accès, et a rencontré récemment Johanna.

Tobias fait un signe de tête en signe de remerciement. Puis il jette un regard circulaire sur les champs dont ils se sont approchés en marchant.

 

***

 

Assise à califourchon inverse sur une chaise, ses cheveux serrés dans une tresse remontée et fixée sur le haut de sa tête, Tris serre contre son buste son débardeur plié. Elle présente depuis une heure son dos au tatoueur de la tour Hancock avec lequel elle avait fait connaissance peu avant leur départ pour la Marge et l’exploration de la clôture.

Sur son épaule droite, à l’opposé de sa sœur Beatrice, Tris a demandé le symbole des Audacieux, la faction dont elle se sent intimement membre. Le tatoueur s’est étonné de cette demande, plutôt rare depuis la dissolution des factions, mais sa cliente semble sûre d’elle, il s’applique donc à reproduire ce motif qu’il a déjà dessiné plusieurs dizaines de fois. Il explique à Tris que le travail total demandé nécessitera plusieurs séances. Pour laisser sécher les petites plaies provoquées par les aiguilles encrées, le tatoueur laisse de côté le symbole de la flamme pour entamer le dessin sur lequel ils sont tombés d’accord. Tris grimace et serre les dents, la brûlure des pointes est vive et irradie dans tout son dos.

Quand le tatoueur signale à Tris qu’il arrête pour aujourd’hui, Tris, les larmes aux yeux, lâche l’intérieur de ses joues qu’elle mordait depuis deux heures. L’artiste applique les compresses désinfectantes, panse les dessins, et donne les consignes de soins pour les deux prochains jours. Tris doit revenir pour terminer le dessin planifié, le troisième jour.

A l’extérieur du bâtiment, Tris jette sa veste en cuir doucement sur ses épaules en geignant. Le moindre contact sur la peau irritée lui transperce le dos. Mais le temps s’est gâté, il pleut, et le tatoueur a bien recommandé de ne pas mouiller les tatouages aujourd’hui. Malgré la douleur, la jeune fille est heureuse. Cette fresque est une façon de se rapprocher de sa sœur, de Tobias, et d’ancrer en elle cette appartenance, à Chicago et aux Audacieux, qui lui fait défaut. Elle a hâte de voir le motif final une fois les plaies cicatrisées.

A l’appartement, Tobias, déjà rentré, occupe la salle de bain. Tris retire la veste en grimaçant de douleur. Elle regrette de ne pas avoir sous la main l’infusion amère d’écorce de saule de Mark. Comme chez le tatoueur, elle s’assoit contre la table, à califourchon sur une chaise, les bras croisés sur son dossier. C’est dans cette position qu’il retrouve sa compagne en ouvrant la porte. En voyant les pansements dépasser de son débardeur, il comprend tout de suite d’où vient sa petite amie. Sous le tissu, il devine l’étendue du pansement, qui occupe la quasi-totalité de sa peau, en trois éléments, et par conséquent, les brûlures qui doivent lui déchirer le dos. Il prend une chaise et s’assoit en face d’elle, dans la même position, avec un sourire un peu navré.

Il acquiesce avec compassion. Les surfaces les plus noircies étaient les plus douloureuses.

Tobias sourit gentiment, un peu ennuyé toutefois de l’explication que lui livre Tris au sujet du choix du symbole.

Il glisse ses mains doucement derrière sa nuque et défait la longue tresse. Ses lèvres qui prennent les siennes donnent à Tris des frissons le long de son dos en feu.

Le temps de ce baiser, Tris a oublié quelques secondes le brasier sur la peau de son dos. Elle sent qu’il a simplement migré dans sa bouche et dans sa poitrine. Tobias la relâche à regret pour se rendre à l’infirmerie de l’orphelinat. La jeune fille se demande comment le jeune homme, alors novice, a pu endurer les brûlures de son envahissant tatouage sans se plaindre, ni avoir la possibilité de suspendre son entraînement d’Audacieux.

Restée seule, elle se dit qu’elle ne doit pas avoir moins de courage, si elle veut être une Audacieuse. Si la préparation de l’expédition sur le lac nécessite qu’elle s’investisse, elle le fera. A son tour de serrer les dents. Et sinon, elle va pouvoir mettre à profit les prochains jours pour reprendre ses recherches historiques et familiales. Tous les Audacieux avaient un diplôme, que son « arrivée » un peu fracassante à la vie, ne lui a pas – encore – donné l’occasion de valider.




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