Le 24 décembre au soir, Rose finissait de préparer la véranda du manoir. Jacky, Pete et Tony étaient partis à une soirée. D’ordinaire, le réveillon se déroulait chez les Tyler, mais pas cette année. Jacky avait prétexté manquer de temps pour l’organiser. Rose savait qu’en réalité, sa mère voulait lui offrir un moment d’intimité avec Jonathan.
Elle alluma la dernière bougie quand la sonnette retentit. — Entre, c’est ouvert ! Je suis dans la véranda, cria-t-elle.
Jonathan la rejoignit et resta un instant figé. La neige tombait doucement depuis la veille, recouvrant les plantes du parc d’un voile blanc. La pleine lune éclairait la véranda, accentuant la magie du décor. Les bougies disposées par Rose diffusaient une chaleur douce. Sur le sol, elle avait installé une couverture pour profiter du paysage.
— Je t’avoue qu’un pique-nique un soir de réveillon ne me tentait pas… mais c’est parfait. Tout comme toi, d’ailleurs.
Elle portait un haut blanc en dentelle, un pantalon bleu et des escarpins noirs. Jonathan sourit. — Tu n’es pas mal non plus.
Il avait choisi un pantalon beige, un polo noir et ses éternelles converses — cette fois marron —, sa veste en cuir, assortie aux chaussures, sur l’épaule.
Ils s’assirent sur la couverture. L'atmosphère était empreinte d'une complicité évidente, un cocon de douceur balayant sans effort la maladresse des débuts.
À minuit, l’horloge sonna.
— Je crois bien que c’est Noël, dit Rose.
— En effet.
Jonathan sortit un petit paquet de sa poche.
— Joyeux Noël.
Elle découvrit un collier en forme d’étoile filante, la chaîne en or, l’étoile en saphir.
— Il est superbe, je l’adore. Merci.
Elle l’accrocha à son cou, puis lui tendit un paquet enveloppé d’un papier bleu TARDIS, noué d’un ruban doré.
— À toi maintenant.
Jonathan défit le paquet et resta bouche bée.
— Mais… comment ? Où l’as-tu trouvé ?
C’était un tournevis sonique, identique au sien, gravé “D.J.N.” pour Docteur Jonathan Noble.
— Il vient d’un monde parallèle où j’ai croisé Donna, expliqua doucement Rose en posant sa main sur la sienne. Je voulais que tu aies cette preuve entre les mains. Peu importe où nous sommes ou la vie que nous menons aujourd'hui, tu es le Docteur, et tu es Jonathan. Tu es cet homme unique, entier... et c'est toi que je veux dans ma vie.
Jonathan baissa les yeux vers l'objet, profondément ému par la justesse et la beauté du geste. Il serra le tournevis contre lui, puis, porté par la certitude de l'instant, les mots lui échappèrent naturellement, sans retenue :
— Mon Dieu… Rose, je t’aime.
Le silence tomba aussitôt, doux et suspendu. Jonathan resta un instant surpris par sa propre voix, conscient du poids de ce qu'il venait de franchir. Jamais il n’avait prononcé ces mots auparavant. Pas lui, pas le Docteur. Mais ils étaient là, évidents, irréversibles.
Rose le fixait, les yeux brillaient d'une émotion contenue. Une larme glissa sur sa joue, un sourire illuminant son visage.
— Tu viens de me donner le plus beau cadeau de Noël. Moi aussi… Je t'aime, Jonathan.
Il la regarda avec un sourire pur, débarrassé de tout doute.
— Je t’aime, Rose.
Elle se pencha vers lui et l’embrassa. Les bougies vacillèrent, la neige poursuivait sa danse silencieuse derrière les vitres. La nuit les enveloppa doucement, et ce qui suivit n’appartenait qu’à eux.