Entres les mondes, entres nous

Chapitre 17 : L'ombre de Reinette

1295 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/07/2026 22:13

Jonathan sortit quelques jours plus tard de l’hôpital. Pour fêter ça et leur nouvel appartement, ils avaient décidé de se commander à manger. Ils étaient donc en train de manger par terre dans le salon au milieu de leurs cartons. Rose triturait sa bague de fiançailles :

– J’ai encore du mal à réaliser que je vais t’épouser. Tu veux faire ça quand ?

– Assez rapidement, plus il sera tard, plus ta mère sera insupportable. Elle rit

– Je suis d’accord. J'adore ma mère mais elle peut devenir très envahissante. Que penses-tu de cet été ? 

– Ça me va.

– Parfait, le délai est court mais je pense que ça passe car on ne sera pas très nombreux. Qui vas-tu choisir comme témoin ?

– Il faut un témoin ? 

– Oui c’est obligatoire 

– J’en ai aucune idée, on verra bien. Et toi ?

Rose hésita un instant, son sourire s’effaçant légèrement. — Je pense demander à Jake. Finalement, c’est la personne avec qui j’ai été le plus proche depuis mon arrivée… et la seule qui est encore là.

Elle baissa les yeux, une ombre de tristesse traversant son visage. — Tu sais… parfois, l’absence de Mickey me pèse encore. Il aurait sûrement aimé être là pour partager ce moment. J’espère qu’il a pu trouver ce qu'il cherchait.

Rose soupira doucement après avoir évoqué Mickey, puis reprit avec un sourire fragile : — Tu sais… tout ça me fait réfléchir. Chez nous, le mariage est une grande fête, pleine d’émotions et de souvenirs. Mais toi… comment ça se passait sur Gallifrey ?

Jonathan leva les yeux vers elle, son expression se durcissant légèrement. — La plupart du temps, ils étaient politiques. Les mariés s’enroulaient un morceau de tissu autour de la main, et les parents consentaient à donner leur fils et leur fille à l’autre.

Rose fit une grimace amusée. — Pas très romantique, les Gallifreyens.

— Non… pas du tout, admit-il avec un sourire mélancolique

Ils turent, au bout d’un moment, il remarqua qu’elle avait l’air préoccupé :

– Tout va bien ?

– Oui je pensais à Reinette, je n’arrive toujours pas à comprendre comment elle a pu arriver ici et maintenant 

– Oui c’est une question que je me pose également. Le mieux serait d’aller lui demander. Tu sais où elle est ?

– Oui elle est détenue à Torchwood étant donné qu’elle a agressé un étranger. Je vais voir pour nous arranger une entrevue avec elle

– En revanche, je voudrais lui parler seul. Elle a confiance en moi avait-il précisé, ayant vu qu’elle commençait à protester 

– Entendu mais je serais de l’autre côté se résigna t-elle.


Après de nombreuses négociations auprès de son père, ce dernier leur accorda une rencontre à condition qu’ils n’interfèrent pas avec l’enquête en cours.

La salle d’interrogatoire était glaciale, éclairée par une lumière crue qui accentuait chaque ombre. Rose, derrière la vitre sans teint, serrait ses bras contre elle, incapable de détacher ses yeux de Reinette.

Les gardes l’avaient attachée, mais elle gardait une prestance royale. Quand son regard croisa celui de Jonathan, un éclat de soulagement passa dans ses yeux.

— Comment osez-vous me traiter de la sorte ? Savez-vous qui je suis ? lança-t-elle, furieuse. Les gardes s’étaient déjà retirés.

— Ici, tu n’es qu’un simple sujet, répondit Jonathan d’une voix ferme.

Reinette baissa les yeux, soudain apaisée. — Mon ange… je suis désolée. Je ne sais pas ce qui m’a pris.

Jonathan fronça les sourcils. — Qu’est-ce que tu fais ici, Reinette ?

— Je suis venue pour toi.

— Comment ? Explique-moi.

Reinette baissa les yeux, sa voix tremblante : — La dernière chose dont je me souviens, c’est la maladie. Je sentais que je ne verrais pas le jour se lever. J’avais écrit une lettre, espérant désespérément te revoir.

Elle inspira profondément, comme si les souvenirs lui brûlaient encore la gorge. — Puis une voix s’est élevée dans l’obscurité. Elle semblait venir de partout et de nulle part. Elle me disait que tu ne reviendrais pas à temps, que je ne te reverrais jamais. Ces mots m’ont brisée.

Jonathan fronça les sourcils. — Et ensuite ?

— Ensuite… une ombre s’est glissée dans ma chambre. Pas une créature, pas un corps… une essence noire, comme une brume vivante. Elle s’est accrochée à moi, s’est infiltrée dans ma peau, et tout est devenu noir.

Elle releva les yeux vers lui, brillants d’une intensité étrange. — Quand j’ai rouvert les yeux, j’étais ailleurs. La maladie avait disparu. Mais je savais des choses que je n’aurais jamais dû savoir. Comme si cette voix avait versé en moi des souvenirs qui n’étaient pas les miens

— Je ne sais pas quand j’ai repris connaissance… mais je n’étais plus dans ma chambre. J’étais dans un appartement. La maladie avait disparu, et j’avais retrouvé toutes mes forces.

Jonathan fronça les sourcils. — Quel appartement ? Et comment se fait-il que tu ne sois pas plus déboussolée que ça ?

Reinette secoua la tête, troublée. — Je l’ignore. Il y avait des photos de moi… ou d’une femme qui me ressemblait étrangement. Sur ces images, je posais avec des personnes que je n’avais jamais vues, et pourtant je connaissais leurs noms ainsi que chaque objet autour de moi. Comme si ces souvenirs m’avaient été implantés. J’ignore quelle magie la voix a utilisée.

Elle se tut, ses yeux cherchant ceux de Jonathan. — Et maintenant… qu’est-ce qu’il va se passer ?

Jonathan restait silencieux, troublé par tout ce qu'il venait d'entendre. Mais soudain, le regard de Reinette vacilla. Ses paupières clignèrent rapidement, son maintien altier s'effondra et un petit rire nerveux, presque ironique, lui échappa. Son expression changea du tout au tout, devenant plus familière, plus moderne.

— Eh ben… dis donc, Jo, murmura-t-elle d'une voix soudainement plus dynamique. Tu crois pas que tu exagère un peu avec les menottes.

Jonathan se figea, sous le choc.

— Thalia ?

— Qui tu voulais que ce soit ? répondit-elle en tirant doucement sur ses entraves, un brin agacée mais gardant son un sourir charmeur. Tu as été très clair avant les vacances d’hiver. Et je croyais que ca se passait bien entre nous. Alors pourquoi ces menottes ?

La seconde d'après, une vive grimace de douleur traversa son visage. Thalia porta ses mains enchaînées à ses tempes, poussant un petit gémissement.

— Qu'est-ce que… ma tête… gémit-elle.

En un battement de cil, la lumière changea dans ses yeux. Son dos se redressa, son visage reprit une rigidité aristocratique. Reinette venait de reprendre le dessus. Elle inspira profondément, l'air dédaigneux, comme si elle venait de chasser un insecte gênant.

— Elle insiste… murmura Reinette d'une voix froide et distante en replaçant une mèche imaginaire. Mais ce corps ne lui obéit plus très longtemps.

La porte s’ouvrit brusquement. Rose entra, le visage grave.

— La Faille a une activité anormale, il faut qu’on aille voir.

Jonathan se leva d’un bond, son regard se durcissant. Il sortit de la pièce sans un mot, mais juste avant que la porte ne se referme, il entendit Reinette murmurer d’une voix brisée : — Je suis désolée. Je ne voulais pas te blesser…

Jonathan ignora Reinette et suivit Rose.



Laisser un commentaire ?