Owls and Swans. par

0 point(s) avec 1 review(s) sur 0 chapitre(s), moyenne=0/10
Crossover / Surnaturel / Aventure

1 Ouverture des prémices

Catégorie: G , 1895 mots
0 commentaire(s)

Endroit inconnu, date inexistante, monde indéfini :


Le sorcier Von Rothbart observait les deux sphères volantes avec une inquiétante absence de sentiments. Ses yeux de faucons contemplaient silencieusement les différentes zones, secrètement surveillées par son sortilège de double-vision. Un maléfice très efficace répondant modestement au surnom de ‘’l’Oeil des Dieux’’. Une perle des arcanes obscures, capable de procurer à son sorcier une vue d’ensemble irréprochable du moment présent…


Le coup d’essence magique était moindre, pour un maître des malédictions et des incantations occultes. Et heureusement, Von Rothbart en faisait partie.


En se focalisant sur les deux accessoires de magie noire, il avait un aperçu sur les dimensions jumelles, et pourtant opposées comme la couleur blanche et la couleur noire, qui faisaient parties des innombrables couches de l’univers.


A droite, le royaume sombre et délicieusement sinistre des Monstres, créatures surnaturelles n’appartenant pas au merveilleux bestiaire de l’Humanité, reclus dans leurs propre terreur des bourreaux dont ils avaient été les atroces cauchemars. Enfin, à gauche, le reluisant et éclatant royaume des Fées, où tous les contes et autres histoires appartenant à l’émerveillement humain élisaient domicile.


Duo de mondes portant ironiquement préjugés et craintes, dans chacun des battements cardiaques qui les animaient. Chaque paroles, chaque clignements de paupières. Facettes divisant reflets et mirages, qui exaltaient une vulnérabilité presque jouissive, souveraine.


Von Rothbart se retourna, et, dans son antre de vide et de néant, il envoya un message télépathique à ses sbires au plumage nocturne, leurs ordonnant calmement de se réunir pour l’assaut.


Il n’eut même pas besoin de faire un mouvement pour cela, car l’empereur des Hiboux avait été instruit depuis son enfance à la communication, la synchronisation et le contrôle, de ces pures volatiles plein de noblesses qu’étaient ces tribus d’oiseaux issus d’encre et d’air.


Puis, certain que ses prévisions empêcherons ses braves guerriers de se faire découvrir, il s’orienta vers une jeune femme d’apparence adulte, qui se tenait en arrière, à quelques kilomètres. Elle portait une robe aussi ténébreuse que le céleste minuit, recouverte d’un plumage raffiné de corbeau véritable.


Ce dernier formait autour de son cou une fraise qui retombait derrière elle, en une toison d’oiseau nyctalope. Faisant une cape aussi gracieuse que la subtilité de ces chorégraphies aériennes. Ses gants étaient satinés, luisants, et son jupon mi-long arrivait à ses tendres cuisses de nymphe. Miroir de la Belle, mais à ses yeux, plus radieuse qu’elle dans son attirail de Nyx. Terriblement divine.


Se penchant vers elle, il lui fit la révérence tel un gentleman. La fille du Hiboux, répondant à son appel, lui rendit sa courbette. Le sorcier prit doucement sa main, et une fois cela réaliser, et il fit lentement tourner la femme sur elle-même. Cette dernière sourit devant une telle courtoisie, et poussa un petit rire de courtisane malicieuse.


‘’Ma douce et plaisante Odile. ‘’ Encensa Von Rothbart, avec un ton frôlant nettement la vénération. ‘’ Nous sommes si proche d’étendre notre ombre sur la lumière. Aujourd’hui, notre famille sortira de l’obscurité, et plongera dans l’aurore naissante de notre nouveau royaume. Et tu pourra enfin devenir la protagoniste de ce ballet. ‘’


Il s’était exprimé dans une poésie si lyrique, que la dénommée Odile semblait reconnaître à l’intérieur de sa pupille verticale inhumaine, semblait déjà absorbée par ses dires et ses promesses. Dans le safran solaire de ses iris, unique trahison à sa dévotion lunaire, elle semblait se visualiser tous les délices auxquels les sorciers auront droit. Pouvoirs illimités, murailles impénétrables, mobilier luxuriant, divertissements royaux, plénitude éternelle, amour sincère…


Tant de choses vers lesquelles se tournaient les apôtres des démons, lassés de l’égoïsme des divinités transcendantes. Et ces vœux, Odile s’en délectait à l’avance, ses yeux pétillants comme ceux d’une fillette rêveuse.


Mais gardant sa dignité, elle se retenu à plus d’élans émotionnels, et esquissa une mine que n’importe quel enfant ferait après qu’un de leurs nombreux caprices soient comblés. Ainsi, dissimulant son excitation, elle s’arracha amicalement à l’étreinte de son père et, pleine d’une beauté exceptionnelle dans la coordination de ses faits et gestes, s’approcha de lui guillerette.


Ses souliers noirs faisant des pointes, s’avançant presque sur les orteils, lui donnant une allure d’oiseau volant, elle se pencha sur l’épaule du sorcier Von Rothbart, et lui souffla avec impatience, fébrilité :


‘’ Père.. Serait-ce pour tout de suite ? Notre projet va-t-il battre des ailes pour la première fois ? ‘’


Von Rothbart la fit reculer avec la douceur paternelle qu’il avait, et l’autorité de roi qu’il possédait. Utilisant ses deux mains pour l’éloigner, mais la retenir dans son champs de vision, il eu un rictus de baron complaisant.


Ses yeux bestiaux brillaient comme jamais, son nez bossu, et ses lèvres desséchées marquaient une personnalité de fauve carnassier chez lui. Ce n’était qu’à ce moment-là, après s’être trop attardé sur son style vestimentaire de duc fortuné, qu’on reconnaissait ses mains surmontées de serres de rapace. Ces dernières paraissaient pâles et humaines au premier abord, mais finissaient par extrêmement se tordre au commencement de chaque doigts, pour finir en des griffes tordues, difformes, monstrueuses.


Mais ces dernières ne pouvaient pensées à blesser la perle noire des perles noires, que représentait Odile, à ses yeux.


‘’ Non, Odile. C’est juste l’éclosion de l’œuf. Pour le moment, nous avons maintes proies à traquées, et tant de préparatifs à réalisées… Mais sache que le nid est prêt. ‘’


Il venait de susurrer cela avec un sentiment d’adulation profonde pour son interlocutrice hypnotisante. Comme une ballerine tellement coordonnée sur scène, qu’on ne trouvait aucun défaut dans sa prestation. Odile, avec une légèreté de plume volante, se retira à son étreinte. Elle minauda avec une voix guillerette et enfantine, la phrase d’une petite fille charmante. Mais on pouvait y déceler une part sauvage, presque comme le cri d’un cygne piaillant. Son langage soutenu était la seule empreinte de maturité à cela.


‘’ Ho ! Quel soulagement ! Les efforts du passé, les maux traîtres du conte menteur, les sacrifices de nos mémoires, n’auront pas été vains… Comme ma patience ce fait turbulente, par la simple idée de voir notre Utopie éclore sous le Lac des Cygnes, et naître sous la tutelle des Hiboux… ‘’


Elle en dansa de plaisir, au sens littéral du terme, et exécuta des petites pointes sautillantes. Elle bondissait comme un lièvre, mais y alliait une absence de lourdeur qui laissait penser qu’elle ne pesait pas un poids ordinaire. Une femme au fardeau de laine tondue, de nuage moutonneux, elle paraissait sur le point de s’envoler dans l’apothéose de son bonheur. Au zénith de son désir victorieux.


Et Von Rothbart aimait ressentir, tous comme elle, cette impression d’avoir fait un avancement supplémentaire vers leurs idéologie de toujours.


L’heureux minois d’Odile faisait son ravissement. C’était l’essentiel, la récompense indiscutable. Quelque soit les hurlements de souffrance, les blessures ouvertes, et le liquide vermeil renversé sur la terre impure des deux Mondes.


Tant qu’Odile, la précieuse, l’inestimable Odile se portait comme le plus charmant des chérubins, le reste n’avait pas d’importance. Il viderait toute une famille de leurs viscères, rien que pour lui permettre une ouverture plus favorable à l’avenir. Il tuerait son fils, si jamais il en avait eu un, juste pour lui permettre de survivre. Il avait assassiner nombre de son entourage, juste pour elle. Et si déesse omnisciente elle était, il serait le dirigeant de son culte, dont il serait ce qu’on appellerait ‘’le fanatique gourou’’. Son sang-froid de Hibou, issu de l’union irréfutable d’Hécate aux mille maléfices, et de la Nuit aux racines chaotiques, ferait tous pour sa descendance.


‘’ Oui, ma chère. Un Eden… Le royaume de l’épanouissement et de l’accomplissement… Où les moutons noirs danseront avec les loups blancs, et où les moutons blancs recevront leurs Jugement Dernier des loups noirs. Il en sera ainsi, par la volonté des Justes. ‘’


Von Rothbart se retourna sans exprimer le moindre engouement, comme le voulait sa coutume , et focalisa à nouveau son intention vers les deux représentations des mondes. L’une montrant une jeune adolescente sophistiquée, élégante, aux allures de princesse, qui dansait avec maestria sur une étendue d’eau. Cette jeune fille portait une robe blanche aux nuances lavandes, et une coiffure presque inspirante pour n’importe qu’elle reine des Lumières, ne le voyait pas bien entendu. Mais lui, il la sentait dans son plumage, et elle la hantait dans son insomnie. Et il était à la fois pris de répugnance, et de contentement.


Dégoûté d'une telle facilité, mais acceptant avec respect une telle résolution du Destin... Et à cœur joie. Mais quoi de plus frustrant de savoir, que sa propre entreprise, ne sera pas en mesure de contrer ses sorts les moins influents ? Il ne savait même pas, devant un spectacle si pittoresque, si il devait remercier ou maudire ses divinités, qui l'opposait à si peu d'obstacle, sans estimer son véritable potentiel. Sa loyauté de duelliste, le condamnait à un silence mitigé.


Jamais il n’avait vu incarnation plus pitoyable, pathétique, de l’égocentrisme. Ironiquement, il trouvait cette vermine orgueilleuse encore plus inconsistante qu’Odette. Cette trop audacieuse Odette, qu’on prenait à tord comme la plume vierge, alors qu’elle était l’ombre planant sur eux. Lui qui pensait ne jamais revoir une vulgarité aussi démesurée, le voilà fortement étonné…. Très surpris par la chance qu’ils possédaient, d’avoir une ‘’auguste’’ descendante aussi niaise que cette outrageuse sainte-nitouche d’Odette.


Cette fois avec un accent neutre, indifférent, Von Rothbart s’approcha paisiblement de la sphère en lien avec le monde des Contes de Fées, et analysa la danseuse solitaire. En direction de sa fille intriguée, il ajouta la phrase suivante. Des paroles faibles en tonalité et en émotions humaines. Des dires formulés, avec ce que l’on pourrait considérer comme de l’assurance, et avec ce qui paraissait être un sentiment hautain pour la jeune fille apparaissant sur l’Oeil des Dieux :


‘’ Et croit moi, mon trésor de pleine lune, les Forces de la Trifaciale sont avec nous. Car notre potentielle opposante est trop impure pour se porter comme l’héroïne de cet acte. Notre fin heureuse est plus proche qu’on pourrait le croire.‘’


Et à ce moment intemporel, sans astres et sans étoiles, les deux univers, aussi équilibrés et inspirants soient-ils pour l’Humanité, commencèrent respectivement leurs descente en Enfer.

0 commentaire(s)

Laisser un commentaire ?