Tu es tout ce que j'ai toujours cherché

Chapitre 4 : Chapitre 3

1827 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 09/11/2016 23:46

Elle courrait dans la neige immaculée sous les yeux attendris d’une femme lui ressemblant traits pour traits. Riant et virevoltant, elle se frayait un passage entre les gens qui l’entouraient. Se retournant pour sourire à son double plus âgé, elle ne vit pas la racine devant elle et tomba les mains en avant, s’écorchant les paumes.

Ne comprenant pas ce qui venait de se passer, elle se tourna vers son sosie, mais la douleur la ramena à la réalité. Elle baissa les yeux, et vit ses mains ensanglantées et rougies par le froid. Le contrecoup arrivant, les larmes s’échappèrent de ses yeux pour éclater sur ses plaies dans un éclat doré aveuglant.

«Lucy ! Lucy tout va bien? Qu'est-ce que tu as fait? »

La femme blonde venait d’arriver la serrant fort dans ses bras et lui demandant si tout allait bien. Mais Lucy ne l’écoutait pas, elle avait les yeux rivés sur ses mains, et tout particulièrement sur les minuscules cicatrices qui avaient pris la places des blessures qu’elle arborait quelques secondes auparavant.

Elle releva la tête pour regarder la femme blonde qui semblait aussi paniquée qu'elle.

« Maman...Mes mains...Elles se sont refermées»

Sa vision se brouilla pour disparaître dans un grand flash argenté.

Elle était à présent dans une grande pièce blanche, allongée sur un lit aux draps immaculés, les poignets et les chevilles retenues par des sangles en cuir.

Des dizaines de personnes étaient rassemblées autour du lit. Ils la regardaient avec avidité, guettant le moindre de ses mouvement, étudiant avec intérêt la moindre de ses déclarations. Ils se murmuraient des choses presque incompréhensibles aux oreilles de Lucy.

«...Un héritage ancestral...

-Magie oubliée...

-Chance pour nous...

-Il faut en apprendre plus…

-Lucy...

-Lucy...

-Lucy...»

«LUCY, hurla Natsu en lui secouant les épaules, la réveillant soudainement. Est-ce que ça va? Tu parlais et tu pleurais dans ton sommeil!

Lucy encore assommée par la fatigue, porta ses doigts à son visage. Son vissage complètement trempé par ses larmes.

-Je...J'ai fait un rêve étrange et...et..., bégaya-t-elle en lassant s'échapper de nouvelles larmes.

A sa plus grande surprise, elle senti deux bras anormalement chauds autour d'elle. Elle releva la tête et vit qu'elle avait le visage enfoui dans les cheveux roses de son ami.

-Lucy, lui dit son ami avec un calme qu'elle ne lui connaissait pas. Prends ton temps, respire, et parle quand tu t'en sentiras capable. D'accord?

Elle hocha la tête, signe qu'elle avait compris, respira un grand coup, s'écarta du garçon et lui raconta ce qui la chamboulait tant avec le plus grand calme dont elle était capable de faire preuve.

-Natsu, dans mon rêve, je...J'ai vu ma mère. Et...Je crois que je viens de revivre un souvenir d'enfance...

-Tu en es sûre, lui demanda-t-il.

-Certaine, lui répondit-t-elle, poussée par une intuition soudaine.

Cette réplique fut suivie d'un long silence. Très long. Que le ventre capricieux de Natsu rompit bruyamment.

-Bon et bien un bon repas me...nous fera du bien, se reprit-t-il. Je te laisse dix minutes toute seule le temps d'attraper quelque chose, et je reviens!».

Et il partit la laissant seule au milieu des bois. Encore un peu endormie, elle décida d’aller cueillir quelques baies pour agrémenter leur repas, et s’éloigna progressivement du campement. Une cinquantaine de mètres plus en avant, elle repéra un bosquet plein de fruits, et s’en approcha. Une fois ses poches pleines elle reprit la direction du camp, mais fut alertée par des bruissements dans les fourrés.

Elle chercha l’origine du bruit du regard, sans succès, et commença à paniquer quand le son s’amplifia, se rapprocha. Son cœur battait la chamade contre ses cotes, sa respiration s’accélérait, devant irrégulière.

«Qui est là, demanda-t-elle paniquée.

Un homme sortit de l’ombre, les mains en l’air, l’air désolé de lui avoir fait peur. Il était petit, plutôt trapu, brun. Le stéréotype d’un homme banal.

-Ce n’est que moi, s’excusa-t-il en se rapprochant. Je me suis perdu et je vous ai vu…

Lucy allait s’approcher aussi quand elle vit un reflet argenté à sa droite. Une lame. Ils étaient donc plusieurs, elle aurait dû s’en douter, quelle idiote. Elle la vit trop tard cependant ; celle-ci était déjà collée à son cou, menaçante. Et devant elle se tenait à présent une trentaine de mercenaires, tous armés jusqu’aux dents.

-Tu vas nous suivre bien gentiment et sans faire d’histoire ma jolie, d’accord, lui murmura une voix rauque à son oreille.

Lucy complètement déboussolée tenta de se débattre, de hurler, de mordre et de s’enfuir, mais son agresseur la maîtrisa avec une facilité déconcertante, augmentant la pression de sa dague sur le coup délicat de la blonde.

Elle était fichue, elle le savait. Ils allaient l’emmener, lui faire du mal, peut-être même la violer, et puis une fois qu’ils en auraient fini avec elle, ils l’enverraient dans ce qu’on appelle une « maison de plaisirs » ou la vendraient comme esclave sur le marché noir. Ou bien ils préfèreront la tuer plutôt que de s’en encombrer. En clair, rien de très réjouissant pour elle.

A bout, elle laissa ses larmes naissantes passer la barrière de ses cils et glisser le long de ses joues. Il lui fallait trouver une solution pour échapper au sort qu’ils lui réservaient ou c’en serait fini d’elle. Pourquoi fallait-t-il qu’elle soit si faible ? Pourquoi était-t-elle destinée à rester inutile en toutes circonstances ? Pourquoi l’injustice s’abattait-t-elle sur elle, alors qu’elle n’avait aucun moyen d’y faire face ?

La colère montait en elle à une vitesse fulgurante, amenant avec elle une dose impressionnante d’adrénaline. Tous ses membres, crispés au maximum, tremblaient. De rage, elle serra les poings, enfonçant ses ongles dans sa chair, laissant le sang perler et ruisseler le long de ses doigts. Elle voyait les gouttes écarlates hésiter à entamer leur chute mortelle ; mais la gravité étant trop forte, elles franchissaient le pas et tombaient au ralenti sous les yeux de Lucy qui suivait leur trajectoire d’un œil presque avide.

Dès l’instant où elles touchèrent le sol, une lumière doré s’en échappa et se déversa dans la clairière inondant Lucy d’une chaleur réconfortante. La lumière produisait des ondes qui faisaient voler les cheveux de Lucy, un peu comme des cerfs-volants oscillant au grès du vent. Elle ne voyait plus ses ravisseurs, mais les entendais. Certains criaient, d’autre semblaient sangloter, mais Lucy n’en avait cure, tout ce qui importait à cet instant précis c’était cette lumière aveuglante.

Mais ce bonheur sans bornes fut de courte durée, car la lumière commença à faiblir, et avec elle, cette sensation exquise qui avait traversé Lucy. Elle finit par disparaitre complètement, révélant un spectacle qui hanterait à jamais les cauchemars de quiconque le verrait.

Autour d’elle ne restaient que des tas de cendre éparpillés là où se trouvaient ses ennemis. Tout le reste avait été épargné ; les arbres, l’herbe sur le sol, les feuilles coincées entres les racines. Tout était resté intact, comme si rien ne s’était passé. Mais alors qu’avait-t-elle fait ? Et surtout, comment avait-t-elle fait ?

Elle tomba à genoux, à bout de forces, n’osant même plus regarder autour d’elle. L’incompréhension, la fatigue, l’horreur, la culpabilité et le soulagement essayant de prendre dessus les uns sur les autres, avaient fini par donner un mélange incompréhensible teinté d’hystérie chez Lucy. Elle allait devenir complètement folle, si ce n’était pas déjà fait. Un rire rauque et irrégulier monta dans sa gorge, et s’échappa de ses lèvres, lui arrachant une grimace et un rictus douloureux. Elle riait, pleurait, sans pouvoir s’arrêter. Mais qu’avait-t-elle fait pour en arriver là ?

Soudain, une main se posa sur son épaule, la faisant sursauter. Elle se retourna vivement, et eut à peine le temps d’apercevoir un éclat rosé qu’elle se trouvait encerclée par des bras anormalement chauds. Il était venu finalement. Il ne l’avait pas oubliée, pas abandonnée…Il était là pour elle et rien que pour elle. Elle posa sa tête contre son épaule, et se laissa aller un moment à ce silence réconfortant. Elle aurait voulu que ce moment dure toujours, mais Natsu la lâcha et prit ses mains dans les siennes.

«Lucy..., commença-t-il incertain, il faut que tu t’observes. C’est juste…incroyable… ».

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