Fallout Rooster.

Chapitre 6 : Le Roi des Bois Brisés.

1722 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 13/03/2026 17:58

Note de l’auteur : Notre procédé d’écriture sortant de l’ordinaire et similaire à une écriture théâtrale, il est important de mémoriser les codes employés afin d’éviter toute confusion dans la lecture.


Pour rappel :

Paragraphes en italique : Le narrateur est l’un des personnages. (Le plus souvent Orson)

Texte simple en italique : Citations, Surnoms ou Incantations. S’applique aussi dans les dialogues.

Dans les dialogues :

Phrase entre des astérisque : exemple * J’ai l’impression qu’on m’observe * : Le personnage réfléchit ou pense.

Phrase entre guillemets : exemple « Boit un verre d’eau » : Le personnage fait une ou plusieurs actions, avant, pendant ou après avoir parlé.

Mot entre parenthèse et italique derrière le nom de personnage dialoguant : exemple : Coq (téléphone) : Donne une information sur les conditions de dialogue. Ici, Coq parle au téléphone.

Voilà tous les codes qui vous permettront de suivre au mieux la lecture. Je vous souhaite dès à présent un agréable moment en compagnie de mes personnages.

Leakee/Skymailleur.


Chapitre 6 : Le Roi des Bois Brisés. 

Orson quitta le Bastion des Chasseurs sans se retourner. 

Derrière lui, les portes du bureau de Mademoiselle Verdun se refermèrent. Les paroles de la cheffe lui martelaient encore le crâne. Une armée. Des vertiptères. Des zeppelins. 

Il inspira profondément et laissa le froid de la cathédrale calmer la braise qui brûlait dans sa poitrine. 

Orson : Toujours finir par l’armurerie… « Marmonna-t-il. Comme un vieux réflexe. Comme une prière. » 

Le couloir menant à l’arsenal serpentait sous les arcs-boutants intérieurs, éclairé par des lampes suspendues à des câbles rongés par le temps. À mesure qu’il avançait, l’odeur de l’huile, du métal chauffé et de la poudre prenait le pas sur celle de la cire et de l’encens rance. 

L’armurerie occupait une ancienne chapelle latérale. 

Là où autrefois on priait pour l’âme des rois, on bénissait désormais des armes. 

Des râteliers de fortune tapissaient les murs : fusils à verrou rafistolés, lasers bricolés, carabines pré-guerre entretenues avec une dévotion presque religieuse. Sur une table centrale, des cartouches alignées par calibres brillaient sous la lumière blafarde. 

Derrière le comptoir, un humain massif, le crâne rasé et les avant-bras couverts de brûlures, releva la tête. 

??? : Tiens donc… Si c’est pas le Coq !  

Orson : Salut, Marcel, « répondit Orson en posant ses coudes sur le comptoir en métal froid. J’viens faire le plein. Classique… et du plus méchant. 

Marcel : « Plissa les yeux. » Classique 10mm ? Ou… 

Orson : Explosif aussi. Autant que t’as le droit de m’en donner sans que Verdun t’arrache la tête. 

Marcel : « Un sourire mauvais étira la bouche de l’armurier. » Alors t’as accepté ?  

Orson : J’avais le choix ? « Répondit le chasseur en haussant les épaules. » 

Marcel se tourna vers un coffre, fit jouer plusieurs loquets, puis sortit deux boîtes distinctes. 

L’une portait une simple inscription : 10mm Standard. L’autre, marquée à la peinture rouge : 10mm EX – usage contrôlé. Il les posa devant Orson avec un claquement sec. 

Marcel : Compte-les, Rooster. J’veux pas que tu dises que je t’ai roulé. 

Il ouvrit une boîte, fit glisser une cartouche entre ses doigts. 

Orson : Belle finition… Ça, c’est de l’art. « Il releva les yeux. » Et mon lance-grenades ? 

Marcel hocha la tête et disparut derrière un rideau de chaînes. Quelques secondes plus tard, il revint, tenant l’arme comme un trésor. 

Le lance-grenades brillait faiblement. Les soudures étaient propres, le canon réaligné, le mécanisme fluide. Orson le prit, pesa l’arme dans ses mains, sourit aux lèvres. 

Orson : T’as fait du bon boulot ! 

Marcel : J’y ai passé deux nuits, « Grogna Marcel. » Ce machin avait mangé plus de poussière que toi. 

Il posa ensuite une caisse en bois aux pieds du chasseur. 

Marcel : Grenades frag. Douze. Et dix perforantes. Douze fumigènes. 

Orson : Parfait. C’est peu mais ça fera l’affaire. 

Orson s’agenouilla, vérifia chaque projectile avec méthode, les glissa dans son sac renforcé. 

Puis Marcel se pencha et sortit un objet enveloppé dans un chiffon sombre. 

Marcel : Et ça… tu l’avais demandé aussi. 

Il déplia le tissu. 

Le kukri apparut, long, légèrement courbé, la lame patinée par les combats. Le métal portait encore des micro-fissures dues aux radiations, mais le fil… 

Le fil était parfait. 

Orson : « Le saisit lentement. » Toujours aussi belle… « Murmura-t-il. » 

Il testa l’équilibre, fit siffler la lame dans l’air. 

Orson : Quand les munitions manquent, c’est elle qui parle pour moi. 

Marcel : « Croisa les bras. » Tu comptes vraiment aller te frotter à des types en armure assistée avec ça ? 

Orson : Non… « Répondit Orson en rengainant le kukri derrière sa taille. » Je compte survivre assez longtemps pour leur rappeler qu’on saigne tous de la même façon. 

Quelques heures s’étaient écoulées depuis qu’Orson avait quitté la Citadelle de la Cathédrale. 

Les adieux avaient été brefs. 

Dans les Terres Désolées, les adieux le sont toujours. On ne promet pas de revenir. On ne promet rien du tout. 

Le Coq avait traversé la grande nef de la cathédrale une dernière fois, salué quelques chasseurs du Bastion, échangé deux muselets et trois blagues avec les marchands du Marché de la Tranchée, puis franchi les portes de la forteresse. 

Maintenant, Reims n’était plus qu’une silhouette lointaine derrière lui. 

Devant lui s’étendait la forêt. 

Une mer noire d’arbres tordus, née des radiations et des pluies toxiques. Les anciens panneaux routiers rouillés disparaissaient sous la mousse, et les branches noueuses formaient une voûte si dense que la lumière du soleil n’y pénétrait qu’en filaments. 

Orson marchait lentement. 

Ses bottes écrasaient les feuilles mortes et le vent faisait grincer les troncs comme des os mal remis. 

Il inspira l’air humide. 

Et soudain… 

Le sol vibra. Très légèrement. 

Orson s’immobilisa. Un silence étrange s’abattit sur la forêt. 

Plus de vent. Plus d’insectes mutants. Même les corbeaux irradiés qui rôdaient dans ces bois semblaient avoir fui. 

Le Coq tourna lentement la tête. 

Sa main glissa instinctivement vers son Classic 10mm. 

Il observa les arbres derrière lui. 

Orson : Hmm… 

Il recula de deux pas, pivotant sur lui-même, scrutant l’obscurité entre les troncs. 

Orson : Si quelqu’un me suit… « marmonna-t-il. » c’est pas très poli. 

Aucune réponse. Juste ce tremblement. Plus fort cette fois. 

Orson fronça ce qu’il restait de ses sourcils. Quelque chose avançait. Quelque chose de lourd de très lourd. 

Des branches se brisèrent comme des allumettes. 

Le chasseur de primes dégaina son pistolet et se plaça derrière un vieux tronc noirci. 

Orson : Bon… « Dit-il doucement. » Montre-toi… 

La forêt répondit par un grognement. Puis les buissons explosèrent. La chose surgit. 

Orson resta figé. 

Orson : Nom d’un… merde… ! 

Devant lui se tenait une montagne de chair. 

Un sanglier. 

Mais pas un sanglier comme ceux d’avant-guerre. 

Celui-ci devait mesurer plus de quatre mètres au garrot. Sa peau était couverte de plaques osseuses déformées par les radiations. Ses défenses, longues comme des sabres, étaient tordues et noircies comme si elles avaient poussé dans un enfer nucléaire. 

Des excroissances luminescentes pulsaient sous sa peau. 

Le virus évolutif forcé avait fait son œuvre. 

Ses yeux rouges brillaient d’une intelligence presque malsaine. 

Orson sentit un frisson lui parcourir l’échine. 

Orson : Bordel… « Il baissa légèrement son arme. » Je pensais que t’étais qu’une foutue histoire pour faire peur aux caravaniers… 

La créature souffla. Une vapeur radioactive sortit de ses naseaux. 

Orson : Woinic… 

Le nom circulait depuis des décennies dans les terres désolées et même bien avant. 

Un mythe. 

Une légende racontée autour des feux de camp. 

Le sanglier géant des Ardennes. 

Un monstre né des radiations et peut-être même du VEF. 

On disait qu’il renversait des camions et autres véhicules. Qu’il éventrait des super-mutants. Qu’il avait rasé un camp entier de pillards en une nuit. 

Et maintenant… 

Il était là. 

Juste devant lui. 

Orson : « Soupira lentement. » Bon… « Il regarda sa montre cassée. Puis la bête. » J’avais prévu de combattre une armée… Mais j’imagine que commencer par le roi des cochons… c’est une bonne mise en jambe. 

Le sanglier gratta le sol. 

Orson : « Arma son pistolet. » Allez… viens par-là, gros. 

Ses yeux brillèrent d’une lueur amusée. 

Orson : Voyons si la légende sait saigner. 

Fin du chapitre 6 : Le Roi des Bois Brisés.  

 

 

 

Laisser un commentaire ?