Enquêtes à Mytoss par

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Continuation / Policier

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Catégorie: G , 1164 mots
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Ainsi, nos trois enquêteurs étaient réunis devant l’orphelinat Rind's Berg. Ils restaient dans leur voiture. Sam, penché sur son ordinateur portable, donnait les dernières informations qu'il pouvait trouver.


-L'orphelinat est géré par Mme Krald, disait-il, Ambellina Krald. Elle fait office de gouvernante en l'absence de M. Gordon.

-On a quelque chose sur elle dans nos fichiers ? demanda Ravel.

-Oui, reprit Sam. Un casier judiciaire long comme mon bras. Plusieurs agressions, vols à main armée, tapage nocturne, conduite en état d'ivresse et j'en passe.

-On va devoir y aller avec des pincettes, dit Milton.

-Attendez, il y a neuf ans, elle a tabassé sont fils de 14 ans jusqu'à ce qu'il tombe, inconscient. Elle l'a ensuite laissé pour mort dans le domicile familial. Lorsque la police est arrivée sur les lieux, elle criait que son fils était devenu fou, qu'il lui aurait parlé par télékinésie. Après 7 mois d'enquête, le juge de l'époque a finalement conclus à un non-lieu pour "manque d'indices et de preuves". Mme Krald n'a pas été condamnée

-Le fils est mort ? demanda Maria

-Après son passage à tabac, il a apparemment réussi à se relever. Son corps n'a jamais été retrouvé. Il ne restait que du sang sur le carrelage qui à été analysé comme étant le sien. Il a d'abord été porté disparu puis on a décrété qu'il était mort après 4 ans sans traces de vie. Il aurait eu 23 ans cette année.

-Pas d'autre famille ? continua Ravel

-Non, personne pour pleurer cet enfant.

-Qui était le juge à l'époque ? lança Albert

-Le juge Lynja

-Il semblerait que nous allons passer chez lui après cet orphelinat.


Ils sortirent de la voiture et se dirigèrent vers le portail. Un grand portail noir surmonté de pics. Ils entrèrent alors dans une grande cour goudronnée, sans herbe. Pas un seul arbre ne faisait une tâche d'ombre car il n'y avait tout simplement pas d'arbre. Au sol, il était possible, par endroits, de voir des traces. Comme si un terrain de foot ou de basket avait été dessiné sur le goudron. Ce terrain avait été très vite effacé. Devant eux s'étendait le bâtiment de l'orphelinat. Tous les volets étaient fermés. Au centre, sous un porche, il y avait une grande porte en bois sculpté. Pas de fenêtre ou encore d’œilleton pour voir qui toquait. Juste deux poignées au centre, en forme de lions. Impossible de contourner le bâtiment. Il n'y avait que cette entrée. Milton s'avança et toqua.


-Retournez dans vos dortoirs !! cria une voix rèche.


Des bruits de talons se firent entendre. Quelqu'un s'approchait de la porte.


-Qui est-ce ? reprit la voix.

-Inspecteurs Milton, Ravel et Digg, du BIMRD.


Des clés tournèrent dans la serrure et la porte s'entrouvrit, faisant jour sur un endroit sombre, sans meubles, et sur une vieille dame, vêtue luxueusement, mais dont le regard était froid comme la glace.


-Que puis-je pour vous ? demanda-t-elle.

-Mme Krald ? Nous aurions quelques questions à vous poser. Pouvons nous entrer ?


Elle ouvrit un battant de la porte et fit signe aux enquêteurs de rentrer. Ils s'exécutèrent. L'endroit était encore plus sombre de l’intérieur. Et il le devint encore plus lorsqu'elle ferma la porte. Plus aucune lumière ne rentrait. Il y eut un petit "clic" et un énorme lustre accroché au plafond s'éclaira de milles feux, éblouissant nos enquêteurs. La vieille dame, elle, ne bougeait pas d'un cil.


-Peut-on s'asseoir quelque part ? hasarda Maria, encore étourdie.

-Non !

-Vous n'auriez pas quelque chose à boire, dit Sam. J'ai la gorge aussi sèche qu'un désert.

-Vous êtes venus poser des questions ou jouer les british ?!

-Eh ben dis donc, reprit Sam tout bas.


Pas de chance, elle l'avait entendu.


-Non mais oh !! Pour qui y s'prend l'ptit maigrichon ! C'est mon pin dans sa gueule qui veut ?!

-Stop ! Stop ! Stop ! cria Milton, on est juste venus poser quelques questions.

-J'aime mieux ça !

-Vous connaissiez le père Jacques ? lança Ravel

-Non. Ça y est on a fini ?

-C'est pas finit non, s'enquit Digg


Elle le regarda avec les gros yeux avant de soupirer.


-Et le père Gordon ? dit Milton.

-Bah forcément, l'Gordon est mon employeur. D'ailleurs si vous le voyez, ça fait trois jours que je suis pas payée moi !

-Père Gordon est mort, continua Albert, et le père Jacques aussi. Ils ont été assassinés à un jour intervalle.

-Par qui donc ?!

-C'est ce que nous essayons de découvrir. Vous n'auriez pas une idée par hasard ?

-Aucune.

-Savez vous qui à payé les travaux de cet orphelinat ? demanda Digg.

-Je ne sais pas. Vous avez fini maintenant ?

-Presque. Comment fonctionne Rind's Berg ?

-Nous ne faisons que des adoptions de groupes. Cinq enfants à la fois, pas plus, pas moins. C'est M. Gordon qui trouvait les gens disposés à l'adoption de groupe. A première vue, on peut se dire que c'est impossible, que personne n'adopterai cinq enfants en même temps. Mais tous les dimanches, à 14 heures, M. Gordon venait récupérer cinq enfant pour les faire adopter. Il ne voulais pas que les adoptions se fassent ici.

-Je crois que nous en avons finis cette fois ci, dit Milton. Si jamais quelque chose vous revient, n'hésitez pas à m'appeler.


Il lui tendit sa carte qu'elle attrapa.


-J'y penserait, dit-elle.


Les enquêteurs sortirent et traversèrent à nouveau la cour monotone et morne. Ils passèrent le portail et remontèrent dans la voiture pour se diriger vers la maison du juge Lynja.


-Vous avez vu comment elle réagissait dès qu'on disait quelque chose en rapport avec le père Jacques ? dit Sam. Elle voulait absolument qu'on s'en aille. Et elle à pas franchement l'air très commode.

-Ça tu peux le dire, s'enquit Ravel. Pendant que vous discutiez avec madame Krald, j'ai observé les lieux et j'ai vu un escalier.

-Et donc ? T'es montée ? demanda Digg.

-Non, mais en haut, accoudé à la rambarde, il y avait un enfant qui nous écoutais.

-Plutôt normal qu'il y ai des enfants dans un orphelinat, reprit Digg

-Sauf qu'il était couvert de bleus. Les enfants sont battus là bas.

-Oui, dit Albert.

-Vous le saviez !? dit Maria.

-Je m'en doutais. Et vu le comportement qu'elle a eu avec nous tout à l'heure, je n'ai pas eu besoin de voir un des enfants pour savoir qu'elle les battait.

-Alors pourquoi n'avoir rien fait ?! dit Digg. On aurait pu l'arrêter !!

-On aurait pas pu non ! Elle était lourdement armée. Lorsqu'elle t'a crié dessus, sa robe s'est soulevée, un peu, mais assez pour dévoiler les deux fusils qu'elle cachait en dessous.


Tous se turent, continuèrent leur route vers le domicile du juge Lynja. Personne ne reparla pendant le trajet. Sûrement auraient-ils plus à dire devant le juge. Qui sait ?

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