Enquêtes à Mytoss par

7 vote(s) de lecteurs, moyenne=10/10 0 point(s) avec 1 review(s) sur 0 chapitre(s), moyenne=0/10
Continuation / Policier

6 Dechiquetés #6

Catégorie: G , 1166 mots
1 commentaire(s)

Albert, Maria et Sam s’apprêtaient à ouvrir le portail noir de l'orphelinat. Ils n'avaient pas vraiment envie de retourner dans cet endroit sinistre et sans vie. Mais ils y étaient obligés. Ils devaient faire quelque chose. Ils ne savaient toujours pas pourquoi Ambellina Krald aurait tué tous les autres membres de la société cannibale. Voulait-elle en être le leader à la place du juge ? Elle avait peut-être gagné. Elle en était peut-être bien devenue la leader. Mais de qui ? Il n'y a plus personne à part elle dans cette organisation. Ça ne collait pas. Il manquait une pièce au puzzle.

Maria posa la main sur le portail lorsqu'un cri retentit, suivi d'applaudissements. Ils coururent vers le bâtiment tout en sortant leurs armes. Étaient-ils arrivés trop tard ? Mme Krald était-elle morte ? Mais qui ? Si elle était bel et bien morte, qui l'avait tué ? La même personne qui a tué les pères Gordon et Jacques, ainsi que le juge Lynja ? Soudain, Albert fut pris d'une illumination, tout était clair dans sa tête. Maria s'apprêtait à ouvrir le portail mais il l'arrêta.


-C'est le fils ! dit-il.

-Le fils ? reprit Sam, mais il est mort. Comment aurait-il...

-Non ! Il n'est pas mort. On n'a jamais retrouvé son corps, dit Maria. Je commence à comprendre.

-Imaginez, reprit Albert. Quand elle l'a battu il y a des années, elle a prétendu qu'il était devenu fou. Mais s'il avait découvert le poteau rose. S'il avait découvert ce que Gordon, Jacques, Lynja, et sa mère manigançaient. Même jeune, c'était un danger. Il aurait pu aller voir la police et tout raconter.

-Ils ont une altercation, continua Ravel. Il lui dit qu'il sait tout. Elle commence à le tabasser, à lui faire comprendre qui est le chef, à lui faire comprendre qu'il ne doit pas aller voir la police ou il en paiera les conséquences.

-C'était un enfant, reprit Sam. Il sait qu'il n'a aucune chance face à sa mère alors il préfère partir. Et, des années plus tard, il a grandi et vient terminer le travail. Il vient tout arrêter. Il savait qu'ils ne s'arrêteraient pas avec de simples paroles, alors il les tuent.

-Et il ne reste que sa mère sur la liste, finit Milton.


Sam avança la main pour ouvrir la porte. Il n'eut pas le temps de la poser sur le battant. Milton l'avait déjà défoncée d'un coup d'épaule. Ils entrèrent, arme à la main, et se séparèrent. Alors qu'ils commençaient à partir, Ravel les arrêta.


-Sam ! Comment s'appelle le fils ?

-Hank, répondit-il.


Ils repartirent chacun de leurs côtés. Albert au rez-de-chaussée, Maria et Sam dans les étages du dortoir.

Milton n'eut pas de chance, il n'y avait personne au rez-de-chaussée. L'endroit était sombre, morne, sans meubles. Ce n'était qu'une grande salle vide, sans vie.

Au premier étage, Maria n'eut pas de chance non plus. Albert l'avait rejoint une fois qu'il eu fini. Le premier étage du dortoir était lui aussi sombre et morne. C'était aussi une grande salle, sans murs, sur l'exemple de celle du dessous. Mais cette fois-ci, il y avait des lits partout sur les côtés. Ils laissaient un couloir au centre. Maria s'imagina Mme Krald, se "promenant" dans ce couloir le soir, cherchant l'enfant qui aurait le malheur de subir son courroux ou d'être envoyé à la mort le weekend venu. Elle en avait des frissons. Les lits étaient vides. Il n'y avait personne dans la salle. Ravel et Milton montèrent l'escalier pour rejoindre Sam au deuxième étage.

Il n'avait pas eu plus de chance. Personne au deuxième non plus. C'était un copié-collé du premier étage : une salle, des lits, un couloir au centre.


-Qu'est ce qu'on fait Albert ? dit Sam. Ils ne sont pas là. On a été bernés. On s'est trompés.

-On n'a pas pu se tromper, s'enquit Maria. Ils sont forcément là.

-Chuuuuuuuutttttttt ! Ecoutez ! dit Milton.


Il y avait un bruit de fond. Des applaudissements. Des cris d'enfants. Des cris de joie.


-Cherchez tout, reprit Albert. Une porte cachée, une trappe. Ils sont là, au dessus de nous.


Ils se mirent à fouiller la salle. Au fond, adossés contre le mur, il y avait un tas de matelas. Digg les renversa d'un coup de bras. Ces matelas cachaient une porte de bois sculptée. Digg fit signe à ses collègues qui arrivèrent vers lui.


-Soyons discrets, dit Milton. Si Hank est la dedans, il est sûrement armé. Il pourrait prendre un enfant en otage, ou pire.


Sam enfonça la poignée et poussa la porte le plus lentement possible. C'était maintenant clair, les cris d'enfants venaient de là. Il restait cinq marches à franchir. Digg remit son pistolet en joue, droit devant lui, et commença à monter. Ses deux collègues l'imitèrent. Ils étaient maintenant dans le grenier de l'orphelinat. Les enfants s'étaient rassemblés autour d'un homme, Hank, qui lacérait sa mère avec une griffe de jardin. Les applaudissements et les cris des enfants couvraient les craquements de plancher que faisaient nos trois enquêteurs en s'approchant de l'endroit du massacre. Hank était assis sur sa mère qui, sans vie, se laissait lacérer le corps. les bras de cette dernière faisaient de petits mouvements d'aller-retour au rythme des pénétrations violente de la griffe. Soudain, Hank s'arrêta. Il sortit le cœur du corps de sa mère et le déposa dans un torchon. Il attrapa une petite pierre posée sur le sol à côté de lui et la plaça dans le cadavre. Puis il leva ses mains ensanglantées, comme un rituel. C'était le moment !


-Hank Krald, vous êtes en état d'arrestation pour quadruple homicide sur les personnes du père Gordon, du père Jacques, du juge Lynja, ainsi que d'Ambellina Krald ! cria Albert.

-Vous avez le droit de garder le silence ! continua Maria. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous devant le tribunal !

-A compter de ce jour, 17 heures 09, finit Sam, vous êtes placé en garde à vu pour les motifs cités plus tôt ! Vous avez le droit à un avocat ! Vous pourrez aussi passer un coup de téléphone si vous le souhaitez !

-C'est inutile, répondit-il. Tout est déjà prévu. Attachez moi qu'est-ce que vous attendez. Passez moi les menotes !


Maria rangea son arme et sortit les menottes. Elle s'approcha et attacha le jeune homme. Elle faillit lui vomir dessus en voyant le corps par dessus l'épaule du prisonnier. "Tout est déjà prévu." Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Il y avait déjà beaucoup de questions, et cette phrase en posait une autre. Tout aurait sûrement réponse dans l'interrogatoire de demain.

1 commentaire(s)

Laisser un commentaire ?