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Univers Parallèle / Science-fiction / Romance

2 Chapitre 1

Catégorie: G , 1306 mots
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Les voix des citoyens de la ville B 113 s'élevèrent en chœur alors que l'alarme signifiant le début des dévotions venaient de retentirent. Chaque homme, femme et enfant cessa son activité pour se mettre à genou et remercier le Suprême Leader pour la paisible vie qu'ils menaient. Matin et soir, la parfaite mécanique du nouveau monde s'arrêtait pendant quelques instants afin que personne n'oublie ce qu'il doit au Gouvernement : la paix.


Dans l'ancien temps, le monde était ravagé par les guerres, les maladies et les catastrophes naturelles. C'est dans un univers corrompu que le Suprême Leader était venu au monde, six cents ans auparavant. Son esprit pur avait alors ouvert le chemin aux Hommes comme la lune éclairait la nuit. Le Saint Livre regroupait l'ensemble de Ses enseignements et de Ses règles, seul rempart face à l'avidité humaine. Les citoyens les acceptaient et étaient prêts à tous les dévouements pour faire honneur aux sacrifices du Suprême Leader.


La nouvelle se mit à genou et commença à réciter les prières qu'elle connaissait par cœur depuis sa plus tendre enfance. Face à elle, une statue du Suprême Leader trônait dans la cour du bâtiment. Grand, habillé d'une toge blanche cachant une grande partie de son corps : seul son bras droit était nu. Il laissait apparaître des muscles et tenait le Saint Livre. Ses yeux étaient droits et sûrs, ils ne semblaient pas rongés par des sentiments humains et son sourire montrait la joie qui l'habitait, débarrassait des futilités de l'ancien monde. Il représentait tout ce qu'un citoyen aspirait à devenir, mais ne sera jamais, parce qu'aux yeux du monde le Suprême Leader est le seul et unique Dieu.


Amen.


Les dévotions finies, tous les citoyens du bâtiment se levèrent pour rejoindre la cantine où le petit-déjeuner était sur le point d'être servi. La nouvelle avait vécu la majorité de sa vie dans les installations du Gouvernement si bien qu'elle connaissait comment fonctionne chacune des structures régit par le pouvoir en place. Ses parents étaient morts alors qu'elle n'avait que six ans. Sa vie, elle l'avait passée dans les orphelinats du Gouvernement. Elle ne pouvait pas se plaindre : tous les soirs elle mangeait à sa faim, elle avait des vêtements propres et elle avait reçu une éducation de qualité.


Âgée de vingt et un an aujourd'hui, elle vivait ses dernières heures d'enfants au sein de la société. Demain, elle deviendra une citoyenne. Elle se verra attribué un travail en attendant que le Gouvernement lui trouve un mari. Dès lors, sa vie sera entièrement dédiée à sa famille afin que ses enfants puissent devenir des citoyens accomplis. C'est ce que le Gouvernement souhaitait, c'est ce que le Suprême Leader souhaitait. Mais ce qu'elle souhaitait, elle ?


Elle secoua la tête alors qu'un homme lui servait un bol de lait et une pomme. Elle devait avoir confiance au Gouvernement, représentant de la parole du Suprême Leader. Il savait mieux que quiconque ce qui lui convenait. Lorsque l'Homme devait prendre ses propres décisions, son âme était corrompue et des sentiments noirs le gagnaient. Le Suprême Leader, dans sa grande bonté, les avait libérés de cet enfer.


La jeune femme soupira à l'idée de devoir finir sa vie dans l'un de ces bâtiments. Chaque ville en possédait un, plus ou moins grand. Il recueillait les enfants orphelins et les citoyens célibataires, ainsi que les quartiers décisionnaires de la ville où les fonctionnaires travaillaient. Uniforme avec les demeures des citoyens, la seule chose qui les distinguait était leur grandeur, pouvant atteindre jusqu'à trente étages pour les plus grands. Il possédait toutes les commodités : des dortoirs aux salles de bains, en passant par la cantine. Certains pouvaient aussi être équipés de salle de classe et de salle de sport. Tous possédaient une salle de dévotion assez grande pour accueillir tous ses habitants.


- Matricule 51 233A, suivez-moi. » Dit un homme d'une cinquantaine d'année. Sur son uniforme blanc avait été cousue une étoile signalant son métier de fonctionnaire. Il était au service du Gouvernement et chaque citoyen devait l'écouter.


Sans dire un mot, la jeune femme se leva et le suivi laissant le bol de lait vide et la peau de banane sur l'une des grandes tables meublant la cantine. Les déchets seraient bientôt ramassés par les citoyens en charge du nettoyage. Le fonctionnaire la mena jusqu'au premier étage où les quartiers décisionnaires de la ville se trouvaient. Il l'invita à s'asseoir sur un fauteuil en plastique étrangement inconfortable.


- Matricule 51 233A, vous pouvez entrer. » Un grand sourire affichait sur le visage, une femme aux cheveux fraîchement coupé lui présenta son bureau. Aussi simple que l'ensemble des pièces du bâtiment dans lequel elles se trouvaient, la pièce possédait un bureau et deux chaises. De couleur blanche, bien entendu. « Je suis ravie de faire votre connaissance ! Lorsque l'on m'a parlé d'une jeune femme qui souhaitait visiter sa maison d'enfance qui se trouve dans notre secteur, je n'ai pu que m'en réjouir. Vous avez eu la chance de grandir dans cette campagne luxuriante ! »


La femme qui se tenait devant elle n'arrivait pas à garder son calme. Comme si elle possédait trop d'énergie en elle pour la contenir, elle effectuait de grands gestes théâtrale à la fin de chacune de ses phrases. Le matricule 51 223A se recroquevilla sur sa chaise, gênée. Dans un monde où l'uniformité règne en maître, les citoyens extravertis étaient aussi rares que les moutons à deux têtes. Pas impossible, seulement très peu possible. Face au regard surpris de la nouvelle, la fonctionnaire lissa sa robe blanche pour se redonner une contenance et se mit assise à son bureau. Elle se racla la gorge avant de continuer:


- Je m'appelle 53 289B. Je m'occupe de la gestion des bâtiments des particuliers au sein du secteur B 113. Je me chargerais personnellement de t'accompagner dans ton ancien chez toi. Cependant, tu dois savoir qu'il s'agit d'un protocole spécifique. Il existe des règles et tu devras les respecter, est-ce que tu es d'accord ?»


- Oui. » Elle les connaissait. Sa responsable à l'orphelinat les lui avait fait réciter avant de quitter le bâtiment dans lequel elle se trouvait, peut-être pour toujours.


- Bien. Suis-moi, ton ancienne demeure se trouve à deux heures de route de la ville et nous devons rentrer au plus vite, car demain tu dois te trouver dans le secteur A 102. »


Face à cette nouvelle, la jeune femme ne put s'empêcher d'émettre un son provenant de sa gorge. Elle aurait aimé demander pourquoi elle était affectée dans un secteur aussi éloigné, mais la curiosité était un vilain défaut, elle se ravisa aussitôt.


53 289B mena la jeune femme dans le garage de la ville B113. Grand hangar dans lequel l'ensemble des voitures de la communauté y était garée entre chaque utilisation. Lorsqu'un citoyen voulait utiliser un véhicule il devait en faire la demande auprès du fonctionnaire en charge des voitures du secteur. Demande rare étant donné que très peu de citoyens quittaient leur secteur et donc, effectué la majorité de leurs déplacements à pied ou à vélo.


La fonctionnaire vérifia que la charge de la voiture était pleine avant d'inviter 51 233A à monter dedans. Bientôt, les paysages commencèrent à défiler devant les yeux soucieux de la nouvelle. Au plus profond de sa mémoire, des souvenirs qui semblaient s'être perdu, remontaient peu à peu. Une voie, douce comme les vagues d'une mer calme, murmura à son oreille : Airel...


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