Victoire Hagen par

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Univers Parallèle / Amitié / Drame

1 ~ Victoire Hagen ~

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Cher Journal,

Ça y est, c’est de nouveau la rentrée et qui dit nouvelle rentrée, dit nouvelle classe. Je suis en Terminale L, la seule et l’unique de l’école. Rien de réellement surprenant alors, presque les mêmes personnes, presque les mêmes salles. À présent notre professeur principal est celui de philosophie, un grand homme brun et barbu. C’est normal que ce soit lui notre professeur principal vu qu’on l’aura huit à neuf heures par semaine. Certaines filles de la classe l’ont déjà surnommé Platon, c’est vrai qu’il lui ressemble légèrement avec ses poils bouclés.

Jennifer, elle, est en Terminale ES 3, elle s’est retrouvée avec les personnes qu’elle voulait. Elle en a de la chance. En plus, tout ceux qui avait eu le malheur de ne pas encore la connaitre l’aiment déjà, comme chaque année et comme à chaque fois qu’elle rencontre de nouvelles personnes. Dimanche ce sera son anniversaire, cela va faire 17 ans qu’on se connait elle et moi et 17 ans qu’on est voisine. Et deux ans qu’elle est avec Timothée, son copain. Elle est vraiment chanceuse, c’est vraiment elle la « victorieuse » dans l’histoire.

Pourtant c’est bien moi qui m’appelle Victoire mais je n’en ai connu aucune jusqu’à présent. Bien sûr, j’ai les meilleures notes de la classe chaque année, mes parents n’ont jamais eu de soucis avec moi, et en plus je suis la personne la plus proche de Jennifer (ce que beaucoup ne comprennent pas) mais excepté cela, je n’ai connu aucune Victoire à proprement parler. Je suis quelqu’un d’extrêmement timide, qui ne sort jamais de chez soi ou de la bibliothèque, je ne suis pas belle, je n’ai pas d’ami exceptée Jenny et je suis aussi invisible que la petite poussière au milieu de tous les grains de sable.

 

Donc ma classe n’a pas vraiment changé, il y a deux filles qui ont redoublé et un nouveau, je crois qu’il s’appelle Matthias mais les autres l’appellent déjà Matt. Ce qui fait dix-sept filles pour cinq garçons. Cinq garçons rebelles et pas très sympathiques. Les filles, elles, n’ont d’yeux que pour eux et leurs soi-disant grandes capacités au lit. La plupart ont déjà couché, moi non et je doute que ce jour m’arrive. Je te laisse, on m’appelle pour manger…

Victoire

 

Victoire est l’une de ses filles qui fait très peu attention à son apparence, tout ce qu’elle veut c’est passer inaperçu car le regard des autres la gêne. Elle a de très longs cheveux fourchus qu’elle n’a pas coupés depuis trois ans, ils sont blonds et bouclés mais toujours ramassé dans un chignon souvent mal réalisé. Victoire est aussi d’assez petite taille ce qui fait d’elle un nain en comparaison de la silhouette élancée d’un mètre soixante-quinze de Jennifer. Grâce à ses parents et leur régime équilibré elle arrive à garder la ligne et a la chance de n’avoir de la graisse qu’au niveau de sa poitrine et de ses hanches. C’est d’ailleurs la seule chose qui pourrait attirer le regard d’un homme avec ses yeux de la même couleur que la pierre lapis-lazuli. Tout en elle excepté sa petite taille montrait qu’elle était née en Allemagne du Nord, et son nom de famille, Hagen, le prouve bien. Fille unique, elle fait la fierté de ses parents grâce à ses bonnes notes et son caractère toujours posé et sérieux mais elle-même déteste cela, elle se hait autant que ses parents l’aiment.

La vie de Victoire est très simple à suivre. Elle se réveille à sept heures quarante, s’habille, mange une pomme et des céréales dans un lait froid, se lave, sort, va chercher Jennifer, va au lycée, reste en temps de pause à la bibliothèque après avoir mangé soit seule soit avec Jennifer, repart en cours, rentre généralement seule, travaille pendant deux heures, écrit une page dans son journal intime où elle parle plus que toute une journée complète, mange, se douche, travaille de nouveau une heure et se couche à vingt-trois heures. Dans cet emploi-du-temps personne d’autre qu’elle et Jenny n’a du temps à lui accorder. Sa vie est écrite comme du papier à musique et aussi ennuyante qu’une symphonie composée par un amateur.

 

Alors qu’elle n’avait qu’un mois, sa famille a déménagé en France car sa mère, Amalia, avait toujours rêvé d’y habiter et que Pierre, le père de Victoire d’origine française, voulait rejoindre sa famille qui habitait en Bretagne. Ainsi Victoire parle et écrit aussi bien en français qu’en allemand et grâce à la superbe éducation allemande donnée par sa mère a également un très bon niveau en anglais. Grâce à toutes ses langues, Victoire s’est toujours promise de quitter dès ses dix-huit ans la France et les mauvais souvenirs qui vont avec pour un pays étranger. Bien sûr, elle n’en avait parlé à personne et surtout moins à ses parents qui n’ont d’yeux que pour la France.

 

Pour elle, cette dernière année au lycée ne changera rien à sa vie. Alors que certains vont en profiter un maximum, Victoire, elle, compte rester comme habituellement, ne rien changer parce qu’elle ne sait pas le faire et que personne ne lui donne réellement le choix.

Le téléphone sonne, c’est Jennifer, celle-ci l’appelle que lorsqu’elle a des difficultés scolaires ou qu’elle veut parler.

_ Vik, ça va ?

_ Jenny, ouais, on peut dire ça.

_ Tu n’es pas venue chez moi.

_ Je devais ?

_ Oui, souffla Jennifer d’un air agacé, tu me l’avais promis. On devait refaire ta garde-robe.

_ J’ai oublié, désolée.

_ Dis plutôt que tu ne voulais, tu seras plus franche.

_ Bon… C’est vrai, mais je ne veux pas changer !

_ Alors tu comptes encore passer une année célibataire et sans ami ? couina Jennifer.

_ Je t’ai toi, ça me suffit amplement.

_ Je ne pourrais pas tout le temps être là pour toi, l’année prochaine on n’ira sûrement pas dans la même école.

_ Je ferais sans toi alors, déclara Victoire comme si c’était une évidence.

_ Tu me fais peur tu le sais ça.

_ Il n’y a aucune raison d’avoir peur. Bon je te laisse, j’ai encore un chapitre à étudier.

_ Ne me dis pas que tu es en train de travailler tous les chapitres de philosophie de l’année.

_ Je ne veux pas rater mon BAC…

_ Si tu ne l’as pas, alors je serais SDF plus tard et ça, crois-moi, ce n’est pas prêt d’arriver. Bon, je dois aller manger, tu viens demain à la maison ?

_ Non j’ai déjà une sortie scolaire au théâtre, je rentrerais trop tard.

_ D’accord, à demain matin alors !

Entre les deux filles les conversations n’étaient jamais longues mais les mots étaient souvent inutiles car elles se comprenaient au moindre regard. Jennifer savait en un appel de cinq minutes apaiser le stress que ressentait Victoire et celle-ci avait l’incroyable capacité de pouvoir porter tous les ennuis de son amie. Son self-control et son sang-froid l’y aidait beaucoup.

En se couchant elle regarda la lune qui brillait dans le ciel dégagé et s’endormi face à cette vue prenante.

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