Emerald Tome 1: L'intégrité perdue. par

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Épistolaire / Science-fiction / Fantasy

1 Prologue

Catégorie: T , 2487 mots
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—Zeinot ! Fit Modibo impatienté.


Matthew Gogonais s'empara d'une pièce de l'échiquier et lui changea de case tout en affectant l'air de satisfaction d'un homme dont la stratégie vient d'éclore. Les yeux de Modibo dansaient d'incrédulité sur les cases de l'échiquier. Il analysa et repassa au peigne fin toutes les positions des pièces présentes sur celui-ci. Il n'en revenait tout simplement pas. Comment était-ce possible ? Il était pourtant sur le point de remporter la partie quelques secondes auparavant. Mais les prémices de la victoire dont il se forgeait, avaient laissé une petite ouverture à l'adversaire. Laquelle M. Gogonais saisit et y glissa son cavalier au grand malheur du roi adverse. Modibo retraçait sans cesse de ses yeux pétillants la surface de l'échiquier à la recherche d'un coup salvateur, mais en vain. Puis, s'affaissant tout dépité sur le canapé, il reprit :


-Sale coquin. Tu m'as bien eu sur ce coup-là. Mais je te préviens. À ton retour de Los Angeles, j'aurai ma revanche.


En parlant de voyage, M. Gogonais qui savourait déjà sa victoire jeta un coup d'œil sur sa montre et poussa un hoquet.


-Mon Dieu, il est dix-neuf heures. Je devais être à la gare cette heure-ci pour le train de Los Angeles.


Et il s'empressa de ramasser sa valise et son sac. Il se dirigeait déjà vers la sortie quand la voix rocailleuse de Modibo coupa net son élan.


-Gogonais, t'as oublié le livre que tu devais remettre à ta nièce une fois à Los Angeles.


-Ah mon œuvre. C'était moins un, souffla-t-il.


Il rebroussa son chemin à la vitesse de la pensée et reprit le livre. Il voulait le mettre dans son sac avant de se rendre compte que ce dernier était trop repu. Assez surchargé pour vomir son contenu lorsqu'on enclencherait l'ouverture. Et tous ces efforts qu'il passera à le refermer le fera probablement rater son voyage. Il l'empocha donc dans sa grande veste et sortit en trombe sous les yeux hébétés de son ami.


À un kilomètre de là, un train siffla par trois fois de suite à la bordure de la Californie puis s'immobilisant à la gare, recracha tous ses passagers sur la chaussée. Les policiers y passaient au peigne fin un jeune homme de grande taille. Puis, ne trouvant rien de pernicieux dans ses affaires, le laissèrent continuer son chemin vers le comptoir. Il vit une femme rousse s'y activer et demanda à récupérer ses affaires.


-Les-voilà ainsi que la facture monsieur. Veuillez-vous diriger vers le guichet automatique pour solder le dû.


-Merci, demoiselle Hénaïs, fit le jeune homme avec un léger sourire.


-Mais comment... Comment connaissez-vous mon nom ? S'inquièta-t-elle comme si elle avait raté un épisode de sa vie.


Le jeune homme pointa du doigt le badge accroché à la chemise de l'uniforme dont revêtait la rousse et où était imprimé en italique gras le nom qu'il venait de prononcer. Hénaïs acquiesça en signe de compréhension et reprit :


-Ah, je vois. Vous avez un œil de lynx vous. Si je puis être indiscrète, puis-je connaître le vôtre ?


-Disons que j'ai les sens aiguisés. Sinon appelez moi Seal ou Sakoul.


-Sakoul ? Drôle de nom.


-Justement, on m'a surnommé ainsi parce que voyez-vous ? J'étais un peu du genre Bart Simpson dans mon enfance. Récalcitrant et drôle.


Et il s'éloigna du comptoir sans prolonger la discussion en affectant un air empressé. Il s'approcha du guichet, frappa les chiffres inscrits sur la facture et plongea sa carte bancaire dans un récepteur. Lorsque la lumière rouge du guichet vira au vert, il ramassa ses affaires et se faufila dans la foule enchevêtrée. Tout à coup un homme tout aussi pressé que lui le heurta dans une débandade. L'auteur se hâta de s'excuser et reprit vite sa course vers la gare. Lorsque Seal se pencha vers le sol pour reprendre son sac tombé lors du choc, il y trouva sous l'éclairage des lampadaires un livre de couverture écarlate sur lequel était inscrit « Emerald ». Le temps de se retourner et crier à l'homme qu'il avait laissé tomber son livre, ce dernier avait déjà disparu dans la foule qui s'intensifiait à chaque minute. C'était Matthew Gogonais, visiblement impatient de rattraper son train pour Los Angeles.


Seal parvint avec difficulté à s'extraire de l'étreinte de la foule et une nouvelle fois qu'il put respirer de l'air frais, arrêta un taxi.


-Vos coordonnées s'il vous plaît ? Demanda le chauffeur.


Seal lui tendit un papier et s'installa dans le véhicule lorsque le taximan le lui rendit après avoir tapé les coordonnées sur son GPS. Le véhicule démarra et se lança à travers les insondables routes de la Californie. À leurs passages, des rangées hétéroclites d'infrastructures se succédaient. D'interminables nombres d'échangeurs se profilaient. D'innombrables magasins bordaient les rues. Tout cela enivrait de satisfaction le regard de Seal. Il se tourna vers le conducteur pour briser le lourd silence qui pesait entre eux.


-Ma foi, la Californie s'est vraiment développée depuis mon départ.


-Ah, vous savez, commença le taximan, le nouveau gouverneur Arnold Schwarzenegger gère les ressources d'une main de fer. Il n'est pas comme ces gouverneurs qui étaient venus se remplir les poches. C'est le seul parmi tous ces malhonnêtes passés au trône qui se soucie réellement de la Californie.


-Ma foi, enfin quelqu'un de confiance. J'en suis épaté.


Après un long parcours, la voiture s'immobilisa devant une maison abandonnée depuis des années à en croire son état. Seal descendit et tendit une liasse de billets au chauffeur.


-Ah, j'oubliais, honnête homme, comment vous appelle-t-on ? Moi c'est Seal


-Cyrus monsieur, on m'appelle Cyrus.


-Merci pour votre service monsieur Cyrus. J'espère qu'on aura l'occasion de se rencontrer une nouvelle fois. Ma foi ! Vous avez un sacré coup de volant.


-Merci du compliment, je l'espère aussi.


Et sa voiture démarra en trombe pour se perdre dans les infinies ruelles californiennes. Seal se dirigea vers la porte d'entrée et put s'imprégner de l'état poussiéreux du poignet de la porte lorsqu'il le toucha. Il poussa un soupir de désagrément en imaginant tout le travail de salubrité qui l'attendait le lendemain. Il actionna les clefs et poussa l'obstacle. Ce dernier grinça dans un bruit sourd de rouille et s'ouvrit en révélant l'intérieur de la maison, camouflé dans un noir indescriptible. « Pourvu que les lumières soient encore d'actualité » se disait-il, car saviez-vous, cela faisait longtemps que Seal avait quitté sa maison pour un stage en Médecine à New York. Et il y avait passé tellement de temps qu'il ne croyait plus à un possible retour en Californie. La lumière répondit à l'appel du contact à la grande satisfaction du jeune homme. Tout ce qu'il eut le temps de faire ensuite était de déposer ses affaires sur la table avant de s'affaler sur le canapé, après avoir pris le soin de refermer la porte à clef derrière lui. Il soupesa le livre qu'il avait entre temps ramassé à la gare.


-Un peu de lecture me fera du bien. Alors voyons un peu ça. Titre « Emerald ». Auteur Matthew Gogonais, avant-propos, dédicace à ma chère nièce.... Ainsi lisait-il avec désintérêt les prémices du livre avant d'accorder toute son attention au début de l'histoire dont il était réellement question.


Il se repositionna sur son séant afin de mieux déguster les pages du livre et commença :


« C'était en l'an trois mille. Notre galaxie était rongée par les ténèbres. L'essor scientifique censé améliorer les conditions des Terriens les avait au contraire condamnés. Les outils technologiques sont autrement utilisés que pour ce dont ils avaient été conçus. La haine animait les pas des hommes. Le désir et la convoitise éliminaient leurs raisons. La paix fit place au chaos et à la désolation. Chaque seconde qui s'écoulait chaque jour, emportait avec elle des centaines de vies humaines. Le silence était devenu aussi rare que les poils sur la tête de l'homme chauve. Le soleil ne brillait plus de mille feux et le monde avançait à grands pas vers sa fin.


Face à cette situation que même le désespoir ne pouvait qualifier, les entités divines : Fiscoluca le dieu de la destruction et Haritra la déesse de la création décidèrent non seulement de supprimer la planète terre, mais également la galaxie toute entière et d'en créer une nouvelle. Aussitôt dit, aussitôt fait. D'un claquement de doigts, Fiscoluca fit naître un géant Big Bang qui avala le système solaire et y mit fin au règne de toute vie. La déesse Haritra enferma toute la puissance cosmique dudit Big Bang dans un cristal. Ainsi naquit l'Emerald. Elle s'en servit pour créer la puissante étoile Exodus. Elle sépara les éléments de l'environnement terrestre en 7 planètes reparties en heptagone autour de la nouvelle étoile. C'est ainsi que vit le jour, Boxeous la planète océanique, Aeïnir la planète Sylvestre, Darkshade la planète du désert, Genesis la planète volcanique, Don la planète glaciale , Nåmeless la planète des savanes et Serena la planète polyvalente regroupant en son sein à peu prêt tous les éléments naturels de l'environnement, mais en faible quantité. Puis elle fragmenta l'Emerald en 7 gemmes et en fit leurs noyaux.


Chaque fragment canalisait l'énergie d'Exodus vers sa planète détentrice afin d'alimenter celle-ci et maintenir son énergie vitale et sa ressource pour empêcher son effondrement et sa disparition. Si une planète venait à perdre son noyau, elle ne sera donc plus alimenter par Exodus et se verra en proie à une apocalypse. C'est alors que Nåmeless hérita du fragment du pouvoir qui conférait à ses habitants la maîtrise de la foudre, Boxeous du fragment de l'esprit qui conférait à ses habitants la maîtrise de l'eau, Aeïnir du fragment du temps qui conférait à ses habitants la magie de la terre, Darkshade du fragment de l'âme qui conférait à ses habitants la maîtrise du feu, Serena du fragment de l'espace qui conférait à ses habitants la maîtrise du vent, Genesis du fragment de la réalité qui conférait à ses habitants la maîtrise du magnétisme et enfin Don qui hérita du fragment de l'orgueil conférant à ses habitants la maîtrise de la glace.


Très tôt, les habitants s'adaptèrent aux attributs de leurs planètes respectives grâce à leurs pouvoirs et se servaient du peu de ressources qu'ils avaient à leur disposition en plus de leurs principales ressources pour contribuer à leur développement. Ils vécurent ainsi pendant cinq mille ans et passèrent de planètes primitives et archaïques aux planètes régies par la modernité et la technologie de pointe, plus prospères et plus avancées que ne l'était la planète terre avant son déclin. Des robots substituaient aux hommes dans les tâches industrielles. Des voitures volantes se succédèrent dans les airs. Des vaisseaux de quêtes provenant de chaque planète fendaient l'espace à chaque coin de l'univers. Mais la paix qui égayait les habitants d'Exodia (ainsi se nommait le nouveau système solaire.) indisposait et assommait d'un ennui mortel le dieu de la destruction qui se voulait plus de spectacles. Et bientôt, les planètes au summum de l'apogée épuisaient toutes leurs ressources secondaires et se découvrirent dépendantes vis-à-vis des autres. De ce fait, les Darkshades allaient s'approvisionner en eau sur la planète Boxeous, les Boxeous allaient s'approvisionner en sable sur la planète Darkshade. Les Nåmeless allaient s'approvisionner en métal sur la planète Genesis pendant que les habitants de cette dernière allaient solliciter les Aeïnir pour leurs verdures et vice-versa.


Fiscoluca le dieu de la destruction y vit un moyen de satisfaire son ego. On était en l'an 5200 quand il beugla dans les fins fonds de l'univers et que sa voix résonna à la surface des sept planètes à l'attention de tout Exodia:


-Écoutez, mortels ! Votre fin est proche et je m'en vais vous confier un petit secret pour sauver vos misérables carcasses. Vous le savez très certainement. Exodus l'étoile blanche alimente vos planètes respectives via les fragments de l'Emerald qui constituent leurs noyaux. Autrement dit, les fragments fonctionnent comme des attracteurs d'énergie. Si une planète parvenait à se procurer le fragment d'une autre en plus du sien, elle pourrait se rediriger l'énergie d'Exodus attirée par ce fragment. Elle pourra également bénéficier non seulement de la ressource principale liée à celui-ci, mais aussi des pouvoirs qu'il confère aux habitants de sa planète d'origine tandis que la planète perdante de son fragment se verra démunir de son énergie vitale, de sa ressource principale et vouer à l'apocalypse. Si une planète parvenait donc à réunir les sept fragments d'Emerald en son sein, Elle se verra en mesure de reconstituer l'Emerald, d'arrimer à elle toute l'énergie d'Exodus, toutes les ressources environnementales, tous les pouvoirs des autres planètes. Son empereur accédera au statut de demi-dieu et s'imposera partout dans l'univers. Le compte à rebours est lancé.


Suite à cette annonce, une frayeur glaciale assiégea Exodia. Mille et une questions trottinaient dans la tête de ses habitants. Ils ont toujours vécu en paix pendant des milliers d'années et se sont toujours tendus la main dans les pires moments. Alors pourquoi ? Pourquoi se faire la guerre maintenant ? Les amis d'aujourd'hui, sont-ils condamnés à devenir les ennemis de demain ?


Les planètes hésitèrent donc à s'attaquer par peur d'engendrer un cataclysme qui pourrait leur coûter cher, et même conduire à leurs propres destructions même si au fond d'eux, ils avaient réellement envie de jouir des bonnes grâces des sept fragments de l'Emerald. Pour eux, il était préférable de continuer comme ils avaient toujours vécu. À la vue du climat de tensions silencieuses qui pesait sur Exodia, des habitants provenant des sept planètes s'unissaient même en organisation garant de la paix afin d'éviter qu'une planète cède à la tentation. On les appelait les Arcadius, serviteurs de la paix. Malheureusement, leurs initiatives ne durèrent pas très longtemps, car Seth le nouvel empereur Darkshade apprivoisé par le désir de pouvoir et de puissance décida de faire le premier pas vers l'hécatombe.





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