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Chapitre 7 : L'hiver vient.

3594 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 10/07/2022 21:35

Après plusieurs jours de marche, notre paysage a complètement changé d'apparence. Finis les hauts arbres nous gardant à l’ombre et les terrains escarpés. Bonjour à l’immensité des steppes peu vallonnées et pratiquement sans aucun arbre à l'horizon, avec de l’herbe sèche aussi haute que Sansa, Abysse et moi, s’étalant sous nos pas.

 

Jour après jour, nous nous éloignons de ce qu'était le quotidien de Vlase. Nuit après nuit, nous nous rapprochons les uns des autres pour former un clan à notre manière. Sansa s’habitue doucement à moi. Abysse et Buntar sont complices et nous suivons Vlase comme un modèle.

 

Les petits parlent parfois de l’ancienne meute et dans ce cas, Vlase les ignore ou il change carrément de conversation. La seule fois où il nous a dit quelque chose, c’était pour affirmer qu’il fallait laisser l’incident derrière nous et aller de l’avant. 

 

Je ne sais pas si c’est parce qu’il est un cryptide sauvage ou si c’est uniquement dans son caractère. J’ignore si c’est une bonne chose que de penser ainsi. Si je l’écoutais et que j’appliquais ses préceptes à ce qui m’est arrivé, je devrais donc oublier ce qu’il s’est passé et me dire que je peux recommencer ? Non, moi, je ne peux pas. Je n’en ai pas le droit. Si nous avons tous les deux perdu nos proches, ce n’était pas de la même façon. Il n’y est pour rien dans ce qui est arrivé à sa meute. Pas moi. Oublier, ce serait ignorer qui je suis réellement… Une menteuse.

 

J'essaie pourtant d’être comme le renard, de ne pas y penser, mais j’ai toujours ces flashs qui me reviennent. Des images horribles quand ils se collent à moi et qui me rappellent le danger que je représente pour eux. J’ai tenté d’en parler à Vlase, mais… Je crains d’être rejetée, de me retrouver une nouvelle fois seule avec cette voix qui continue de s’adresser à moi, même si je tente de l'ignorer.

 

 

 

Souvent, je me demande si ce voyage ne serait pas l'œuvre, le résultat de cette folie qui m’habite ? Peut-être n’est-ce qu’Un désir que je ne pourrais jamais atteindre ? Vlase est persuadé que je me dirige vers l’un des miens. Et, dès qu’il en parle, je ne peux pas m’empêcher de rejeter son idée avec dédain… Cela fait sept ans depuis l’incident. J’aurais dû en croiser un, même par hasard.

 

Les semaines s’écoulent et l’automne arrive plus vite que nous l’aurions espéré. Et, avec l’hiver qui se pointe, nous avons ralenti notre cadence afin de trouver chercher une tanière pour Abysse.

 

Le renard s’assure de la cohésion de notre groupe en jouant au chef avec nous. Nous ne sommes pas toujours du même avis, mais de manière générale, je ne m’oppose pas spécialement à ses idées.

 

Tous les jours, Vlase hurle après d’autres lisiis… Sans doute cherche-t-il à former une nouvelle meute. Qu’est-ce que nous ferons, Abysse et moi à ce moment-là ? J’espère que, quand ce jour viendra, il acceptera de garder . Abysse avec lui pendant que je reprendrai ma route. Je sais que cela ne plaira pas à la bleue. En revanche, elle est faite pour une vie en société et non pas pour déambuler vers nulle part avec une solitaire à moitié folle. 

 

La saison continue son cours et quand le froid est devenu trop rude, nous avons enfin trouvé une tanière pour cet hiver. À tour de rôle, nous gardons Abysse au chaud. Si nous vivions dans un pays où l’hiver serait moins brutal, est-ce qu’elle se sentirait mieux ? Est-ce que son organisme suivrait, s’il n’a pas sa phase de repos ? Elle n’est pas contrariante, tant qu’elle est avec nous, elle se réjouit… Lui demander ne serait pas utile. Elle me déclarerait qu'elle veut juste rester avec nous.

 

Si Abysse est inactive à la saison froide, ce n’est pas le cas des renards et tout du long, Vlase m’a incitée à pister et traquer lapins et autres petites proies… Si je devais compter le nombre de fois où je me suis perdue en pleine toundra… Heureusement, il arrive à chaque fois à me retrouver et… Je dois reconnaître que j’ai de la chance qu’il soit là. Jamais je n’aurais pu m’en sortir toute seule avec Abysse. C’est déjà étonnant que j’y sois parvenue durant quatre ans avant que je ne la trouve. Enfin, mon état rachitique et mon retard de croissance, ne viennent pas de nulle part. Si je fais moins peur aujourd’hui, c’est uniquement grâce aux renards.

 

Comme les années précédentes, cet hiver fut long et rigoureux. La plupart du temps, Sansa reste avec Abysse. Buntar nous accompagne une fois sur deux à la chasse. Nous traquons les proies, les mangeons et en ramenons une pour les filles à la tanière, puis nous passons le reste de la journée et de la nuit à dormir pour éviter de gaspiller notre énergie. Et, nous avons ainsi vécu ces cinq derniers mois jusqu’à ce que le printemps nous invite tous à sortir de notre torpeur et que la fonte des neiges nous agrémente d’un décor boueux…

 

Aujourd’hui, les gouttes perlent le long des branches et s'engouffrent entre les crevasses de notre tanière. Elles s’écoulent le long des parois et tombent l’une après l’autre sur ma fourrure humide. Le froid soudain me fait sursauter et me réveille par la même occasion. Les masses remuent légèrement, à peine dérangées par mon mouvement. Je baille à m’en décrocher la mâchoire, alors que les faibles rayons du lever du jour percent l’entrée de la galerie. Je m’étire tout en me redressant et quitte ma place bien chaude, m'apercevant que Vlase semble d’humeur matinale, par son absence.

 

J’en jette un rapide regard vers les jeunes avant de partir… Abysse et Buntar entrent dans leur deuxième année. Sansa, elle, a tout juste un an. La coïste est aussi haute qu’un loup ordinaire. La lisii et moi faisons la taille d’un lévrier irlandais et Buntar celle d’un daim. Maintenant qu’ils perdent leurs poils d’hiver, Sansa tire dans le roux et Buntar dans le vert terne.

 

Je marche le long du sentier que nous avons créé pour faire nos aller-retour tout en observant les alentours. Les arbres bourgeonnent déjà et l’air frais du beau temps accompagne ma marche. J’entends Vlase hurler, il n’est pas loin. Si mon envie de repartir vers le sud ne m’a pas quittée, celle de se trouver des renardes pour Vlase, non plus. Ce n’est pas la première fois que je me demande si Abysse aimerait qu’un coïste nous rejoigne… Je ne lui en ai jamais posé la question. Je préfère ma vie de nomade. Rien n’empêche à la future meute de Vlase de s’adapter à notre rythme de vie… Enfin, mon rythme de vie. J’en ris presque de sarcasme, je passe mon temps à me répéter que je suis un danger pour les autres et me voilà à rêver d’une meute multi-espèce. Peut-être que Vlase n’a pas tort à la fin. Penser à demain, plutôt qu’à hier.

 

Je perçois le renard assis parmi les buissons qui ne le cachent pas du tout et je m’ébroue, occasionnant une envolée disgracieuse de touffes de poils. Le canidé observe quelque chose qui n’est pas encore à la portée de ma vue. À mon approche, il agite sa queue et baisse sa tête vers la mienne pour ensuite, dans un mouvement bref, me montrer le jeune alces qui se frotte contre les arbres pour éliminer de sa mue. Cervidé qui nous a remarqué, mais qui ne se méfie pas spécialement de nous puisque que l’élan ne sont pas des proies habituelles pour les lisiis.

 

–À deux, ça devrait passer.

–En méchouis, oui ! J’en sursaute presque.

–En quoi ?

–Comment veux-tu tuer une chose aussi grande ? Je te rappelle que j’arrive à peine à attraper des lapins !

–Détourne son attention et je me charge de la mise à mort, répond-il simplement.

 

D’accord, il n’a pas sa taille adulte, mais avec des sabots qui peuvent nous fendre le crâne en deux, je ne suis pas certaine de son idée pour le coup. Il s’avance vers la bête et moi, je piaffe sur place avant de le suivre en m’aplatissant alors que mon estomac et mon cœur se concurrencent pour sortir de ma cage thoracique ! Je ne suis pas aussi instinctive qu’il ne le pense. J’ai juste envie de prendre mes jambes à mon cou et de fuir.

 

Je n’arrive pas à gérer cette excitation qui naît au fond de moi quand on chasse. Elle me dégoûte autant qu’elle m’attire. Le danger me plait, mais la mort d’un autre être vivant, non. Vlase est rapide, oui, cependant même s’il est un renard géant, sa morsure n’est pas très puissante. En force pure, l'élan, bien qu’il soit un jeune individu avec des bois peu développés, le surpasse.

 

Vlase attend que j’attire l’attention du cervidé, néanmoins ma lenteur à agir nous rend suspects. Inquiet, l’élan nous charge tout en frappant ses pattes antérieures au sol. Nous esquivons dans un premier temps. Vlase a beau crier de provoquer la bête pour qu’elle me charge moi, il n’y a rien à faire, cette montagne de muscles m’effraie ! De ce fait, le canidé tente une attaque frontale pour lui attraper la gorge.

  

L’alces se défend et bloque Vlase de ces bois sous lui, entaillant sa patte. Le renard ne peut pas se relever même s’il tente de mordre l’élan, cela ne le fait aucunement reculer. Le fait de voir le canidé en difficulté me fait enfin réagir. Je me jette sur le cervidé et plante mes crocs dans son postérieur. Je ne lâche pas prise malgré les coups qu’il donne. J’en sers tellement que je lui brise les os. Je suis impressionnée de la pression de ma propre mâchoire. L’élan, avec la douleur de son membre cassé, s’acharne encore plus, mais sur moi cette fois, ce qui permet à Vlase de se défaire de sa prise et à attraper sa gorge. Il serre… Jusqu’à ce que l’herbivore se fatigue et que ses muscles en manque d’oxygène ne le fassent perdre la force qu’il lui reste et ne s’effondre au sol… 

 

Mais, cela ne va pas… Je tiens toujours son postérieur, dans ma gueule alors que je devrais le libérer. Mon corps est chaud, je sens mes muscles se raidir et se relâcher dans des spasmes frénétiques. J’en ai conscience, mais je n’arrive pas à libérer le membre dans ma gueule.

 

Vlase ne comprend pas ce que je fais… Il n’y a pas de réelle dominance entre nous, juste un semblant de hiérarchie. Nous ne nous battons pas pour la nourriture. C’est donc sans méfiance qu’il se rapproche de moi, confus. Et, qu'elle en fut sa surprise, que je vienne à enfin libérer la proie pour claquer les dents en direction de Vlase ! Il ne pense pas à mal, il n’a pas à s’écraser… Mais… Le voir me menacer, ne m’aide pas à me calmer. Sans le moindre avertissement, je me jette sur lui.

 

Je recommence, je perds le contrôle ! Heureusement, je ne suis pas assez rapide pour le renard. S’il n’a pas su s’extirper de la prise du cervidé tout à l’heure, me contrer n’est pas un problème pour lui. Il m’esquive et se tourne alors que je pense l’avoir et ses crocs viennent se fermer sur ma nuque… Je m’écrase au sol, furieuse, je me débats alors que le poids du canidé m’enfonce dans la boue. Je m’épuise à tenter de le repousser… Puis finis par me calmer.

 

Les battements de mon cœur redeviennent normaux. Si pour la plupart des créatures en stress, celui-ci accélère son rythme, dans mon cas, lorsque la folie me prend, il devient anormalement lent.

 

Il me libère et s’éloigne et j’en fais de même en allant m’asseoir plus loin, énervée contre moi-même. Il ne me dit rien ? Je l’observe. Il se remet de ses propres blessures, mais je n’ai pas l’impression de ressentir la moindre hostilité dans son attitude. Bordel ! Dire que tout allait bien jusqu’à maintenant ! Il va comprendre désormais quelle menace je représente ! Même s'il a réussi à me maîtriser aujourd’hui, ça ne sera peut-être pas toujours le cas. Et, qu'en serait-il des petits ?

 

Pathétique. Ferme-la.

Pourquoi fuir ta nature ? Restes-en dehors de ça… 

Eena. Elle n’est plus là, alors tais-toi...

 

La carcasse est trop lourde, on ne peut pas la ramener à la tanière. Vlase se relève et s’en va chercher les jeunes… Je le regarde s’éloigner, hésitant franchement à prendre mes pattes à mon cou, mais s’il veut me rattraper. Ça ne lui poserait aucun problème. Mais, peut-être qu’il espère que je m’en aille. Que faire ?

 

Tu as peur ? Bien sûr que j’ai peur. 

Pourquoi ? Je suis une menace… 

Tu es un prédateur. Tuer pour se nourrir et tuer sans raison, n’ont rien avoir. 

Tu n’as fait que te défendre. De quoi ? « Elles » n’étaient pas mes ennemies.

Tu n’étais pas toi-même. Une nouvelle fois, je secoue ma tête.

 

Je soupire, est-ce que j’imagine cette voix ou est-ce qu’elle est réellement là ? Dès que mes émotions sont mises à mal et que la folie s’éveille, la voix se manifeste aussi.

 

Est-ce que j’ai laissé ma folie parler, parce que je crains de voir Vlase partir ? Le plaisir de la chasse ? Je n’arrive pas à savoir, tout ce que je ressens maintenant, c'est cette culpabilité qui me ronge.

 

Je ne suis pas partie et Vlase est de retour avec les petits… Je regarde le paysage essentiellement composé de conifères, j’ai peur de mordre dans la chair et de sentir le goût du sang dans ma gorge. Vlase n’est pas de mon avis, mais cette fois, mon entêtement est plus fort que le sien. Je n’y toucherai pas !

 

À présent qu’ils sont repus, les petits se sont allongés sur un morceau de terre assez sec, pour digérer au soleil. De son côté, le renard reprend ces appels et je reste sans voix… Il fait comme si rien ne s'était passé ? Il ne compte même pas en parler ? A-t-il au moins compris que je perdais la boule ?

 

Cela fait quelques minutes qu’il s’époumone… Mais, il n’a pas encore obtenu de réponse. Cela n’a rien de surprenant. Les cryptides ne sont pas nombreux. Aucun statut de conservation n'existe pour nous. Certaines espèces ne dépassent pas une dizaine d'individus. Le recensement moyen chez les cryptides est d’environ une cinquantaine pour une grosse partie d'entre nous.

 

Rien… Pas une seule fois, il n’est venu me parler de mon problème et de ce qu’il s’est passé. Est-ce qu’il cherche une meute justement parce qu’il se méfie de moi et qu’il m’ignore de crainte que mon état empire ? Théoriquement, il n’a pas le droit de me tuer… puisque c’est un mâle. Mais les femelles, elles, oui.

 

Il nous a fallu plusieurs jours pour finir la carcasse et les charognards ont été plus ravis de voir les restes de la carcasse. Car, après avoir repris des forces, nous avons quitté la tanière et les renards continuent de suivre mon sillage, comme si de rien n'était. Nous sommes toujours sur les plateaux où les zones boisées laissent place à des prairies avant de redevenir forêts. Nous avons croisé quelques habitations, mais rien d’inquiétant pour l’instant. Toutefois, nous avons dû franchir quelques routes. Vlase et moi connaissons les voitures et le danger qu’elles représentent, pas les petits. Et, la curiosité de Buntar et Abysse, leur a fait prendre des risques inconsidérés à vouloir approcher des véhicules… 

 

Nous nous rapprochons des villages et cela ne plait pas du tout à Vlase ! Et, c'est avec raison, puisque les humains ne nous apprécient pas de masses. 

 

À présent, c'est vers l’ouest qu’il faut continuer, il nous faut franchir le hameau. Il y a beaucoup de terres agricoles et comme les arbres commencent seulement à refaire leurs feuillages, nous ne pouvons pas rester discrets.

 

–Et Croquette, on avance de plus en plus sur le territoire des humains, intervient Vlase.

–Je le sais…

–Est-ce bien nécessaire de nous faire courir ce risque ? Réplique le canidé.

–Peut-être pas…. Je ferais mieux d’y aller seule. Ce n’est plus très loin, je peux le sentir.

–Tu as déjà vu comment les humains organisent des battues ?

–Je suis plus maligne que ça, je lui réponds.

–Certes, mais la panique nous fait aussi faire des choses idiotes. Riposte Vlase.

 

Je soupire… Il veut juste me faire entendre raison. Je baisse la tête résignée, malgré mon estomac qui se tord à l'idée de renoncer à ce qui m’attire là-bas. Il lève la tête au ciel. Il va bientôt faire nuit.

 

–N’y va pas tête baissée, on va simplement contourner le village, me rassure Vlase.

–Moi je ne sens plus mes pattes, je ne serais pas contre une petite pause… Même une grosse, se plaint la coïste.

–Moi aussi, ajoute Sansa.

 

Buntar lui est déjà sur le dos, les quatre pattes en l’air. Abysse s'avachit contre lui dans une plainte bruyante et la renarde l’imite. Une pause s’impose.

 

La soirée est tombée sans que nous bougions de notre place. Les canidés et la coïste dorment à poings fermés. Quant à moi, je regarde avec détermination le village qui doit être à bon kilomètre à vue de nez. Je soupire tout en dirigeant les yeux sur la meute… Je le sais que c’est une mauvaise idée, mais seule, de nuit, j’attirerais moins l’attention et je ne peux décidément pas me raisonner. Une sensation en moi me crie d’aller jusqu'à là-bas. Je regarde la lune rousse. Je devrais en profiter. Il fait encore plus sombre à cause de l’éclipse, sans assurer qu'elle agit également sur moi. Je me sens toujours nerveuse lors de ces nuits, la voix et mon instinct sont plus forts par ailleurs. 

 

C’est décidé ! Je me suis levée d’un pas silencieux et je me dirige d’une allure soutenue vers le village. Je me faufile parmi les rues désertes et je rejoins un bosquet en partie coupé où des rondins de bois sont empilés à plusieurs endroits en forment plusieurs tas. Slalomant entre les sillons de boue que les engins agricoles ont laissés dans leur passage, donnant à l’endroit un air désolé et peu rassurant.

 

C’est ici, je le sens, mais je ne vois rien. Je m’assieds dans la boue presque sèche et soupire… Il n’y a rien, alors pourquoi est-ce que je suis venue jusqu’ici ? Je serre les crocs, autant de colère que de tristesse. Mon corps en tremble alors que je retiens mes larmes. 

 

Pourquoi ? Je déglutis tout en regardant la lune. 

Pourquoi ? Je baisse ma tête résignée, m’interdisant de pleurer. 

Pourquoi ? Tu voulais te punir, non ? Et, voilà, tu ne fais qu’errer comme une idiote depuis des années en pensant avoir un but à atteindre et voilà que tu ne reçois aucune réponse ! 

 

Je secoue la tête, ma céphalée de revenu. Je soupire et me redresse, fait volte-face, décidée à retourner auprès de Vlase et des petits. Soudain, je m’immobilise. Devant moi, à quelques mètres, une masse fumante au regard rouge me bloque le chemin.

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