Lorsqu’elle l’a revue, son cœur s’est arrêté un instant. Elle avait croisé les yeux rouges de sa sœur, d’où aucune expression ne venait trahir son visage pâle.
Belladone s’était reprise à temps afin de ne pas se laisser aller. Elle est une source d’inspiration pour tout le monde, et surtout pour sa sœur. Si cela peut permettre à Sariah d’être aussi forte qu’elle, alors soit. Comme dirait sœur Mehira, c’est dans la solitude qu’on trouve le courage et la force de se relever.
Elle avait regardé en face d’elle, son unité sur ses talons. Tous les quatre fiers de travailler avec la déesse guerrière, le meilleur élément des sœurs de l’ordre de la Lune Noire, tant en furtivité qu’en force de frappe.
Ses longs cheveux noirs dégradés en rouge tombent dans son dos, s’emmêlant contre sa veste en cuir noir. Ses bottes noires claquent sur le sol alors qu’elle rentrait de la réunion des unités.
Ce jour-là, revoir sa sœur lui avait fait chaud au cœur, comme toujours, mais elle sait que ce n’est pas ainsi qu’elle pourra lui donner la force de la surpasser. Pour l’heure, c’était à son tour de se surpasser.
Dame Sérène, la doyenne de l’unité Iota, leur avait communiqué les derniers ordres de la reine, reçus quelques jours plus tôt. Une première opération test allait avoir lieu, permettant ainsi de savoir si les quatre unités seraient utiles ou non à Elzartia et à la reconquête des terres vampires.
Suite à cette information, elle s’est investie dans son entraînement quotidien, balançant ses deux lourdes épées à double tranchant en fendant l’air dans les catacombes des quartiers de l’unité Iota.
Elle varie les mouvements avec agilité, augmentant sa force tout en puisant dans ses réserves de sang. Elle termine sa série de mouvements avec un puissant coup qui ne manque pas d’arracher une partie d’un des piliers du mur du catacombe.
Une présence silencieuse derrière elle la fait frissonner. Ayant peur que ce soit Sérène qui la prenne sur le fait, elle se retourne sans perdre de temps. Elle s’apprêtait à s’expliquer pour le coup dans le mur quand la tension sur ses épaules se relâche.
Un garçon d’environ vingt ans lui faisait face, l’observant au-dessus des marches avec un léger sourire amical, les mains derrière son dos. Il porte une tunique noire décorée de motifs gris élaborés, et un renard est assis à ses pieds.
Belladone balance une épée sans mal sur son épaule alors que la pointe de l’autre repose vers le sol.
Belladone : Un problème ?
Le garçon penche la tête sur le côté, gardant son sourire amusé.
Zacc : Tu as eu peur que ce soit dame Sérène, avoue.
La guerrière secoue la tête d’un air las. Zacc était l’un des membres de l’unité Iota, l’un des plus fidèles et l’un des rares qui savait voir au fond d’elle-même. Malgré tout, elle préférait conserver l’image que les autres vampires avaient d’elle : Belladone, la déesse guerrière.
Belladone : Bien sûr que non. Toi ou elle, ça reste la même chose.
Son ami sourit de plus belle à son compliment non voulu.
Zacc : Oh ? Alors j’ai l’honneur d’avoir la même estime que dame Sérène à tes yeux ? Tu m’en vois ravi, Belle.
Elle s’apprête à répliquer mais se ravise, se disant qu’il aurait été plus facile de ne pas répondre à sa question.
Elle relève les yeux vers lui de son air froid habituel, semblable à celui de sa sœur.
Belladone : Pourquoi es-tu là ? Il y a un problème ? Ou alors on a reçu de nouvelles informations ?
Zacc soupire, ses cheveux mi-longs noirs bougeant en rythme.
Zacc : Pire, elles se chamaillent encore.
Belladone se tend un peu et se détourne, prête à reprendre ses exercices.
Belladone : Tu es plus que capable de t’en charger, non ?
Zacc : Peut-être, mais je n’ai pas vraiment envie de tâcher mes nouveaux vêtements. En plus, tu sais très bien qu’elles t’écouteront, toi.
La jeune cheffe de l’unité Iota sent son impatience grandir mais se ravise. Elle détestait le ton supérieur que Zacc prenait pour la taquiner, mais savait qu’il n’avait rien de méchant. Il voulait juste qu’elle prenne une pause. Elle passait ses journées à fendre l’air avec ses épées et ne sortait pas, mais elle n’y pouvait rien. Que pouvait-elle y faire ? Le soleil de l’après-midi la faisait tant souffrir.
Elle se tourne vers lui à contrecœur et range les deux épées aux endroits dédiés.
Belladone : D’accord, j’arrive tout de suite.
À l’étage, Renan est assis en buvant sa tasse de thé habituelle. Autour de lui, le sol tremble dû au combat entre les deux filles en face de lui. Il observe la situation de son unique œil restant, n’y prêtant pas attention plus que ça.
Dans le salon du manoir aux tapisseries noires et blanches, deux jeunes filles à peine plus âgées que lui se chamaillent, éraflant le mobilier sur leur passage.
La plus jeune, ayant tout juste 18 ans, aux cheveux mi-longs noirs munis d’une frange, s’agrippe comme elle peut à sa comparse. Une fille plus âgée qu’elle, aux traits minces, ornée d’une queue de cheval noire avec une mèche qui lui retombe sur le front.
Cette dernière tente de sécuriser son bien comme elle peut, ne prêtant pas attention aux efforts de sa jeune amie.
Alors que son adversaire tente de la mordre, une main vient l’agripper et l’envoie balader contre les coussins du divan rouge et noir. Renan pose sa tasse et relève la tête pour la première fois depuis l’interaction.
Belladone vient d’arriver dans la pièce. Après avoir séparé les deux filles, ses yeux rouges perçants parcourent la pièce à la recherche d’indices tandis qu’elle les toise de toute sa hauteur.
Belladone : Vous pouvez m’expliquer ce qu’il se passe ici ?
La plus jeune se relève et se remet debout en pointant son doigt vers son adversaire qui garde jalousement son précieux objet, un pudding à la vanille.
Merle : C’est la faute de Feye ! Elle m’a piqué mon dessert pendant que j’avais le dos tourné !
L’intéressée ne lui daigne même pas un regard et reste à genoux sur le sol, d’une mine renfrognée.
Feye : C’est faux, tu l’as laissé là en partant. Je suis donc partie du principe que tu ne le mangerais pas. J’allais donc me sacrifier pour toi.
Merle la regarde en grinçant des dents tandis que Belladone soupire pour elle-même. Sérène était rarement là, trop occupée à gérer l’ordre de la Lune Noire et les autres sœurs, ce qui la laissait comme seule figure d’autorité dans la maison.
Elle se tourne vers Feye qui tentait de se faire oublier comme elle pouvait, mais Belladone se place derrière elle, la dominant clairement. Elle tend sa main et lui donne un ordre simple.
Belladone : Donne.
Feye fait de son mieux pour résister mais sent un long frisson parcourir sa colonne vertébrale et décide de céder son trésor.
Elle tend la tasse emballée d’un air las avant de se redresser d’un ton râleur.
Feye : C’est bon… qu’elle le garde. De toute façon, ses cris m’ont coupé l’appétit.
Belladone reprend la tasse en soupirant alors que Feye passe devant Zacc, qui observait depuis le couloir. La jeune femme remonte dans sa chambre d’un pas lent, tandis qu’une chose imperceptible vient serpenter derrière elle.
Merle se rapproche de Belladone, des étoiles plein les yeux alors que sa sauveuse est arrivée.
Merle : Merci Belle !
Elle reprend la tasse et part s’installer à la table de Renan qui pousse un léger son de mécontentement alors qu’une chauve-souris vient se placer sur l’épaule de la jeune fille, son familier.
Belladone la regarde. Elle aurait aimé lui rappeler qu’elle préfère qu’on l’appelle Belladone, mais elle savait que ça n’aurait servi à rien. La jeune sœur de l’ordre qui marche dans ses pas aurait continué tout de même à l’appeler ainsi, comme aime le faire Zacc, mais là c’est différent, se dit-elle.
Elle écarte cette idée de sa tête, se disant qu’il est trop tard pour se disputer davantage, mais adresse tout de même un léger signe au garçon aux cheveux courts blancs et au cache-œil. Profitant de l’inattention de la jeune Merle.
Belladone : Je sors. Tu prendras soin d’apporter un pudding à Feye de ma part.
Renan lui répond en se contentant d’un hochement de tête empreint de respect silencieux pour la jeune femme. En passant dans le couloir, Zacc recule pour la laisser passer mais l’accompagne tout de même jusqu’à la porte d’entrée.
Zacc : Tu sors ? À cette heure ?
Elle le regarde par-dessus son épaule d’un air de défi.
Belladone : C’est pas toi qui voulais que je sorte un peu plus ?
Le jeune garçon est pris de court alors qu’elle avait deviné ses intentions. Il efface son air surpris et se contente de partir en lui faisant un signe de la main.
Le ciel noir est parsemé d’étoiles quand Belladone escalade le toit des différentes maisons de la cité vampire. Elle arrive au-dessus d’une petite cour d’entraînement et se pose sur le muret, restant à l’ombre de la lumière lunaire.
Elle regarde la maison allongée en face d’elle, coincée entre deux grandes bâtisses de chaque côté.
Cela fait un moment que ça lui prend. Sans s’en rendre compte, elle reste là, gardant un œil sur sa petite sœur.
Elle se remémore doucement leur arrivée à Elzartia, comment sa sœur tremblait de peur puis souriait face à cette cité peuplée de leurs semblables.
Malgré cela, leur repos ne fut que de courte durée. Sœur Mehira les enrôla dans l’ordre de la Lune Noire et c’est là que commença leur entraînement afin de devenir de parfaites assassins.
Belladone s’est battue pour atteindre le meilleur d’elle-même, alors qu’à côté, Sariah tentait en vain de la rattraper. Elle avait essayé de l’aider, mais s’était vite rendue compte que le mieux était qu’elle s’y fasse d’elle-même, quitte à l’abandonner pour cela.
Elle a gravi les marches de l’ordre jusqu’à devenir leur meilleur élément parmi les autres sœurs. Mais dans tout cela, il n’existe qu’une seule sœur dont elle se soucie vraiment, même si elle ne se l’avouera jamais. La seule vraie sœur qu’elle ait jamais eue.
Elle se relève et jette un dernier regard à la dernière fenêtre de la maison de l’unité Alpha avant de s’éclipser vers les quartiers de son unité, laissant un murmure emporté par la nuit étoilée.
Belladone : Bonne nuit, petite sœur.
***
C’était leur troisième jour d’entraînement. La journée avait commencé avec un tour de la forteresse au pas de course puis avec un entraînement aux parades et aux coups d’épée.
La pause de midi étant enfin là, l’instructeur Harsel les avait laissés souffler un peu alors que la chaleur du soleil commençait à se faire ressentir.
Les recrues sont appuyées contre le baraquement qui sert d’entrepôt pour les armes et les cibles d’entraînement, déjà exténuées de leurs séances d’apprentissage.
Tristan se relève et vient s’appuyer contre la balustrade en bois qui sépare les différents boxes du cabanon.
Tristan : Ça va ? Vous vous en sortez ?
Quelques soupirs de fatigue et de lassitude se laissent entendre parmi le petit groupe couché à l’ombre. Yael lève ses bras frêles vers le ciel d’un ton plaintif.
Yael : Qu’est-ce que je fais là... Je devrais être dans mon labo à peaufiner mes expériences et à tester mes connaissances…
Il se redresse d’un air faussement irrité, faisant sursauter Raven qui était couchée juste à côté de lui.
Yael : Je suis un homme de science, bordel ! Je mérite mieux que ça !
Il se lève et part remplir sa gourde d’eau. Raphael se penche sur l’autre palissade en face de Tristan et lui sourit.
Raphael : T’es déjà fatigué ? Attends de voir quand tu auras une armure de 20 kg sur le dos.
Aslan, assis devant la palissade de Raphael, à l’ombre, lève le doigt vers le terrain où une rangée de mannequins est posée.
Aslan : En tout cas, ta copine a l’air en pleine forme.
Tristan frotte les quelques gouttes de transpiration qui perlent sous ses cheveux courts noirs et regarde Ophélia qui continue de s’entraîner avec sa hallebarde, enchaînant les coups directs.
Tristan : Elle est pas humaine…
Raphael la regarde aussi avant de rigoler à la remarque de son camarade.
Raphael : Forcément qu’elle est en forme, elle était habituée à travailler à la ferme si je ne m’abuse ?
Tristan : Oui, c’est là qu’on s’est rencontrés. Un vampire s’était échappé du marché et s’était retrouvé dans son terrain. Quand je suis arrivé pour l’aider, elle l’avait déjà transpercé d’une fourche et empalé sur un poteau.
Les trois garçons rigolent à l’unisson alors qu’une voix sérieuse les interrompt.
Vanessa : C’est bon ? Si vous avez fini de vous la couler douce, on va pouvoir avancer.
L’ensemble du groupe se relève d’un geste assuré, prêtant attention aux ordres de la capitaine. Ophélia l’aperçoit et stoppe ses coups avant de reprendre son souffle. Elle resserre sa queue de cheval ainsi que la tresse qui la maintient en place et suit le groupe, Yael à sa suite, qui titube encore.
Yael : Enfin... de la connaissance…
Ils se regroupent dans une petite pièce aménagée de bancs et de tables en bois. La capitaine Hellsing se tenait en face d’un tableau noir où elle commençait à représenter divers graffitis représentant un corps humain, ou plutôt un vampire, selon les dires de Yael.
Comme à leur habitude depuis ces trois jours, le groupe poursuivait son entraînement journalier. Il avait commencé avec les cours pratiques de l’instructeur Ponpindou puis enchaînait l’après-midi avec des cours plus théoriques sur les points faibles des vampires avec la capitaine Hellsing.
Vanessa observe le groupe et, après avoir fini son schéma, observe Raven, assise dans le fond près de Raphael.
Vanessa : Raven, est-ce que tu peux nous résumer de quoi on a parlé hier ?
La jeune fille sort de sa transe, elle épiait silencieusement le garçon aux cheveux blonds à côté d’elle mais heureusement, personne ne s’en est rendu compte. Elle réfléchit un moment puis observe les fioles d’eau posées sur le bureau.
Raven : Les effets néfastes sur les vampires, comme l’eau bénite, l’ail ou encore le soleil ?
La capitaine hoche la tête d’un air satisfait et prend la fiole devant elle.
Vanessa : Oui, comme on l’a dit hier, l’eau bénite est efficace pour blesser ou pour distraire un vampire. Ça les brûle comme le soleil ou bien le feu, qui peut les empêcher de se régénérer.
Elle dépose la fiole et sort un carreau d’arbalète.
Vanessa : Un pieu ou une flèche en bois de frêne en plein cœur peut aussi les tuer, à condition de savoir viser. Mais bien sûr, rien n’est plus efficace que ceci.
Elle dégaine son épée et la place sur la table avec un bruit de métal. La longue épée luisait sous la lumière d’un reflet blanc, une petite croix étant incrustée sur la garde de l’arme.
Mael : Une épée en argent…
Vanessa sourit face à la mine impressionnée des recrues et soulève l’arme pour que ceux du fond la voient un peu mieux.
Vanessa : L’argent est le moyen le plus efficace de tuer un vampire, peu importe le coup, il ne sera pas capable de se régénérer et cela le brûlera autant que le soleil.
Elle montre la petite croix incrustée en la tapotant de sa main gantée.
Vanessa : Cette insigne signifie que c’est une arme en argent bénie. Ce qui veut dire qu’elle est encore plus mortelle que l’argent à lui seul. Ce sont les armes des chevaliers de l’ordre de l’Aigle d’Argent. Vous en recevrez d’ici peu, mais ne soyez pas trop impatients, ce type d’arme prend du temps à être fabriqué.
Les recrues hochent la tête avant de retourner à leur cahier.
Certains semblent plus concentrés que d’autres alors que Yael tente d’expliquer son savoir hors norme à son frère qui semble ne rien y comprendre.
De son côté, Ophélia tente d’expliquer les principes de base à Tristan qui semble plus à même de comprendre. Derrière, Raven tente de saisir un calcul complexe mais ne parvient pas à mettre le doigt sur le résultat final.
Sa frustration semble plus visible que ce qu’elle croyait, car Raphael se rapproche, se penchant vers elle d’un air intrigué.
Raphael : Un problème, Raven ?
Elle se tourne vers lui avec un léger sursaut, ne s’y attendant pas vraiment. Elle regarde une nouvelle fois sa feuille et soupire.
Raven : Eh bien... je n’arrive pas vraiment à comprendre comment réussir ce calcul.
Elle se tourne vers Raphael, se demandant s’il sera son salut, mais à la place, il se contente de hausser les épaules d’un air embêté.
Raphael : Dommage... je coince aussi dessus et je pensais que tu pourrais m’aider…
Elle le dévisage d’un air abasourdi. Elle pensait qu’il pourrait l’aider mais c’était tout le contraire en fait.
En fin de journée, Yael quitte le groupe pour se concentrer sur ses recherches, laissant Mael seul. Aslan le remarque et décide d’aider le jeune garçon.
Aslan : Hé Mael ! Tu ne vas pas jouer à l’alchimiste avec ton frère ?
Le jeune garçon relève la tête vers lui d’un air un peu penaud.
Mael : Disons que ce n’est pas vraiment mon passe-temps préféré. Moi, je préférerais aller pêcher... mais seul, c’est un peu ennuyant. J’ai bien repéré un chouette coin mais c’est assez loin.
Son camarade aux cheveux bruns le regarde avec un sourire surpris et amical.
Aslan : La pêche hein ? C’est plutôt sympa, j’en ai fait avec mon père quand j’étais petit. Je suis partant pour t’accompagner, mais je ne pense pas que tu te balades avec deux cannes à pêche sur toi.
Le visage de Mael s’illumine à la proposition, il relève la tête avec impatience et déplie un petit cylindre accroché à sa sacoche.
Mael : T’en fais pas pour ça, j’ai ce qu’il faut.
À la surprise d’Aslan, Mael déplie une canne à pêche portative et la tend à son nouvel ami.
Aslan : Ah… eh bien... allons-y alors.
Le jeune blondinet part chercher sa propre canne à pêche ainsi que quelques fournitures, et ensemble, ils partent vers l’étang que Mael avait vu en arrivant à la forteresse.
Alors que les deux jeunes gens passent la porte en pierre grise, un messager traverse la cour au galop.
Dans la salle de réunion, Dreyfus regarde par la fenêtre le paysage donnant sur la forêt interdite. Vanessa le rejoint et observe le papier qu’il tient en main d’un air déterminé.
Vanessa : Ça vient d’Orinsson ?
Le capitaine lui lance un regard lourd de sens et reporte son regard vers l’horizon. Il savait que Vanessa avait des différends avec le roi mais il préférait qu’elle respecte les formalités, même s’il passait l’éponge, comme il le fait à chaque fois.
Dreyfus : Oui, il a reçu de nouvelles informations de l’agent infiltré. Les vampires vont déployer leur unité d’ici deux jours et attaquer les villages les plus proches de la frontière.
Vanessa ne semblait pas surprise, après tout ce n’est pas comme s’ils ne préparaient pas cet événement depuis leur arrivée ici. Elle suit le regard de son ami de longue date et se tient prête pour ce qui va suivre.
Vanessa : Les soldats du Lion d’Or envoyés en renfort seront là demain dans la journée, ça nous donne une chance.
Après tant d’années sans se montrer, les vampires déchus d’Elzartia allaient enfin sortir de l’ombre. Le moment de reprendre leurs droits et leur territoire était enfin venu. Les deux généraux savaient que cela arriverait un jour. La guerre à venir n’était que le juste retour de bâton pour les atrocités qu’eux et leur peuple avaient commises.