Accroupie au-dessus des toits en tuiles grises, Sariah profitait d’un moment de répit avant de poursuivre son chemin. Elle terminait de sucer le sang d’un doigt qu’elle avait arraché au cadavre d’une sentinelle qui gisait étalé à côté d’elle, le regard vide, marqué par la peur.
Elle jeta le bout de chair dans les rues boueuses où les autres soldats continuaient de se battre, les troupes vampires commençant à gagner du terrain. Elle frotta ses lèvres tachées de sang d’un revers de manche et reprit sa traque meurtrière telle une chouette nocturne, car tel était son surnom.
Dans les rues du village de Mercurion, Talia courait d’un pas pressé, son arc rangé dans son dos. Suite à l’attaque de l’archer humain aux flèches d’argent, elle avait préféré prendre les devants, seule. Elle venait de laisser les quatre archers restants entre les mains de Night. Là où ils étaient, et de ce qu’elle avait remarqué, les tirs ne devraient pas les atteindre davantage.
Elle avançait d’un pas confiant, mais prenait garde à rester cachée sous les corniches des toits des maisons pour se protéger d’éventuels tirs venant du dessus. Elle s’arrêta un instant et évalua la situation. Quand les tirs avaient commencé, ils semblaient provenir d’assez loin et d’en hauteur. Le seul endroit possible correspondant aux tirs était le manoir du duc, la bâtisse moyenne surplombant la colline du village.
Talia : Mais où peux-tu bien te cacher ?
Ses yeux rouges, tendant vers le rose, cherchaient parmi les coins dégagés entre les maisons, mais l’archer ne s’était pas décidé à tirer de nouveau. Elle allait devoir le forcer à se montrer afin d’avoir assez d’informations sur sa potentielle localisation.
Quelques mètres plus loin, Rendall et Kellan se rapprochaient du manoir, ne laissant derrière eux qu’une file de cadavres. Ils gravissaient les larges marches et arrivèrent sur une petite place où était installée une fontaine mal éclairée. Derrière se trouvait l’entrée du manoir. Quelques lanternes extérieures éclairaient l’endroit, baigné dans l’obscurité.
Derrière lui, Kellan pouvait voir les lampadaires qui illuminaient les rues de Mercurion en contrebas. Le village lui semblait moins grand que ce qu’il avait cru à l’époque.
Un mouvement dans la pénombre l’alerta, il recula sur Rendall et évita la lame en acier d’un chevalier aux cheveux blonds.
Rendall : Qu’est-ce que...
Rendall reprit son équilibre et prit appui sur la marche d’en dessous. Leur adversaire les toisait de ses yeux bleus avec un air sérieux, d’autres soldats se révélant derrière lui. Il releva son épée d’un geste défensif et ne les quitta pas du regard.
Raphael : Selon le règlement instauré par le roi en personne, tout vampire menaçant l’ordre de paix établi sera marqué par la mort.
Kellan le dévisagea en fronçant les sourcils et jeta un regard à Rendall, collé derrière lui.
Kellan : Il y a un règlement ? Vraiment… ?
Rendall perçut le ton moqueur de son ami et se prit au jeu en venant se placer à ses côtés, son épée en position.
Rendall : Rien qui ne nous concerne en tout cas.
Le jeune chevalier grimaça d’irritation et lança l’assaut, les gardes du duc sur ses talons.
Raphael : Soldats ! Protégez le village à tout prix !
Kellan engagea les festivités et vint au contact du garçon aux cheveux blonds, leurs épées se fracassant l’une contre l’autre. Il sentit tout de même son bras vibrer à l’impact, signe que son adversaire devait avoir la force nécessaire pour lui tenir tête.
Rendall passa à côté d’eux et fonça sur l’un des gardes, lui balançant un coup de poing renforcé au niveau de la tête. Le casque se plia sur le coup et l’humain s’écroula au sol, sonné. Le chef de l’unité Alpha enchaîna en parant les coups de deux autres gardes. Il les esquiva habilement, ne subissant que de légères coupures qui se régénérèrent aussitôt.
Kellan le voyait se battre du coin de l’œil et le remercia intérieurement ; sans lui, il n’aurait pas pu se permettre de se battre comme il l’aurait voulu. Son adversaire ne le ménageait pas, le forçant à reculer avec de puissants coups d’épée, ce dernier tenant son arme à deux mains afin d’amplifier ses coups.
Ils tournaient autour de la fontaine, usée par le temps. L’humain savait manier l’épée, mais sa technique le rendait lent ; c’est là-dessus que Kellan comptait se concentrer pour le vaincre. Profitant de sa vision nocturne, il distinguait sans difficulté les zones à découvert du chevalier et, une fois le moment venu, attaqua.
Son coup porta ses fruits et il parvint à entailler son bras. L’adversaire recula sous le choc, mais ne se laissa pas abattre et reprit sa concentration. Il prit de l’élan et tenta un coup sauté que Kellan avait vu venir. Il roula sur le côté, déjà prêt à lui porter un nouveau coup au niveau du dos.
Le jeune chevalier relâcha sa main gauche du manche de son épée et l’envoya balader en direction du vampire. Kellan n’arriva pas à l’esquiver, pris par surprise, et se ramassa un coup au front. L’épaisse protection en acier qui recouvrait les bras de l’humain lui laissa une marque rouge vif sur le bas du front et au nez.
Kellan sentit du sang couler de ses narines, mais rien de grave. En revanche, la zone touchée le brûlait légèrement avant que la sensation ne s’estompe.
Il connaissait bien cette sensation, mais ne savait pas ce qui en était la cause.
Il observa une nouvelle fois son adversaire et vit la lumière de la fontaine éclairer de nouvelles zones, certaines pièces de son armure réfléchissant un trait argenté tandis que d’autres non.
Kellan : De l’argent… pff…
Le chevalier aux cheveux blonds sourit d’un air satisfait et reprit son épée à deux mains. Kellan sourit de plus belle et se frotta le nez. Non pas en réaction à son adversaire, mais parce qu’il venait de voir une silhouette connue devant la porte du manoir.
Le duc venait d’arriver, vêtu de sa cape rouge élégante et armé d’une épée ornée de reliures en or accrochée à sa ceinture. Son second, un garde corpulent armé d’une masse couverte d’épines, était accompagné d’une troupe de soldats et ils se dirigeaient vers les rues animées du village.
À sa vue, sa soif de vengeance grandit. À moins que ce ne soit dû au manque de sang qui commençait à se faire ressentir dans son corps. Peu importe la raison, il courut à toute vitesse en direction du chevalier. Au dernier moment, il l’évita et se rua en direction du duc, prêt à lui faire payer toutes ces années qu’il lui avait volées à lui et à sa sœur.
***
La fraîcheur de la nuit caressait son crâne rasé de près alors qu’il passait la porte du manoir de son maître. Les vampires venaient de lancer une attaque massive sur le village. Les renforts des ordres de l’Aigle d’argent et du Lion d’or étaient de précieux atouts, mais il ne faisait aucun doute que ceux du Lion d’or n’étaient que des incapables face aux vampires.
Sur la place à l’entrée du manoir, la plupart d’entre eux jonchaient le sol, inconscients. Il remarquait deux silhouettes se battre dans la pénombre. Seuls deux vampires avaient fait ça ? Heureusement, parmi les soldats encore debout, il voyait le jeune chevalier à la droiture irréprochable. Visiblement, il n’était pas qu’un beau parleur, se dit-il.
Une troupe de soldats sous ses ordres était à ses côtés et déjà occupée à venir en aide pour les débarrasser des deux nuisibles. Le duc, à ses côtés, regardait la situation d’un air calme.
Duc : Dis-moi Gildan, penses-tu qu’on a une chance ?
Le garde passa son imposant gourdin denté sur son épaule et prit un peu de recul en grognant.
Gildan : Sans aucun doute, ce ne sont que des sangsues bonnes à être mises au travail.
Son maître sourit d’un air ravi et resta avec les quatre gardes à ses côtés, tous armés d’un bouclier et d’une épée déjà en main.
Duc : Bien, je vois que toi aussi tu commences à penser au profit. Les esclaves sont une ressource précieuse, surtout pour la mine.
Son regard pâle se tourna vers son fidèle compagnon et il lui montra le village en contrebas d’un geste lent de la main, quelques maisons étant déjà en proie aux flammes.
Duc : Je te laisse gérer la situation. Reprends le contrôle des rues et n’hésite pas à t’imposer face à nos nouveaux amis.
Le regard du duc passa sur les deux gardes du Lion d’or qui étaient déjà occupés avec l’un des deux vampires, lequel semblait leur foncer dessus avec rage.
Gildan n’en dit pas plus et se retourna en faisant un signe de tête à son groupe de gardes, quatre hommes le suivant jusque dans les rues du village.
***
Talia venait de rejoindre la rue principale, plus dégagée que les autres rues et plus propice au tir ennemi. D’autres soldats étaient occupés à repousser les gardes du village sans trop de mal. Certains corps, étalés devant les maisons, étaient empalés d’une flèche en argent, voire deux, mais toujours au même endroit : le cœur. Elle était sur la bonne voie, l’archer devait être dans les parages.
Parmi les monticules de corps présents plus haut, elle vit deux autres membres de son groupe d’archers, étalés dans la boue, inertes. L’un d’eux était celui qu’elle s’était efforcée de soigner. Il avait sans doute voulu se rendre utile malgré sa blessure.
Cette fois, le tir avait atteint son but : une flèche était logée dans sa poitrine et son regard était empreint de douleur.
Talia : Non... ahh... pourquoi ?
Cette vue lui pinça la poitrine. Elle s’était efforcée de les diriger comme elle le pouvait, mais même comme ça, la mort semblait les guetter à chaque coin de rue. Elle frotte ses yeux humides et s’efforce de sourire, comme sa mère le lui avait tant rappelé, et repart sur les traces de l’archer. Elle ne le laisserait plus faire de victimes inutilement.
Elle tourne dans une ruelle plus étroite et escalade la paroi en pierre d’une maison avant de s’agripper à la corniche pour enfin arriver sur le toit en tuiles grises. Selon les tirs qu’elle a vus, il devait se diriger vers la place centrale, là où Kellan et Rendall devaient avancer avec l’avant-garde.
Au loin, elle voyait les différents groupes progresser dans les rues, certaines maisons étant en feu suite à leur passage.
Des tirs sur sa droite lui apprirent que Night avait réussi à mener le reste des archers à bon port. Elle se rapproche et décide d’aider le groupe de tête. Elle prend son arc et vient y placer une longue flèche décorée d’une plume rose et jaune. Une seconde après, la flèche se figea dans la tête d’un garde ennemi.
Les soldats vampires la remercièrent de loin et, avec un regain d’énergie, amplifièrent leur assaut. Elle ne vit pas Kellan et Rendall, les connaissant, ils devaient sûrement déjà se trouver au niveau du manoir.
Un reflet sur sa gauche l’alerte. Elle replie son arc vers elle et fait une roulade arrière sur le toit avant de se rattraper juste avant la corniche.
Elle se redresse et esquive une autre flèche qui vient se fracasser sur l’une des tuiles du toit. Elle remonte la pente vite fait et vient se mettre à l’abri derrière la cheminée en pierre, assez grande pour la protéger un moment. Mais c’est tout ce dont elle aura besoin.
Sa cible venait de se dévoiler. Les autres archers humains étaient tous tombés sous ses coups et ceux de Sariah, qui s’en était assurée pour leur avantage. Cet humain était doué et elle devait faire vite avant qu’il ne change de position.
Elle avait réussi à évaluer sa position en fonction de ses deux tirs. Une troisième flèche la manque de peu avant qu’elle trouve refuge derrière la colonne en pierre. Tous ces éléments lui suffisaient pour savoir où tirer.
Talia : Je te tiens !
Avec un léger sourire satisfait, elle encoche sa flèche et se met à découvert pendant à peine une seconde. Grâce à son regard nocturne, il ne lui faut pas beaucoup de temps pour trouver la silhouette accroupie sur le toit d’une autre maison, plus haut. Elle relâche la corde de son arc et sent la flèche partir à toute vitesse.
Une fois cela fait, elle effectue une roulade sur sa droite par précaution. Elle avait bien fait. L’archer l’avait prédit et venait de tirer une autre flèche vers elle, sa dernière de la soirée.
***
Accroupie sur le toit de la caserne, Raven était concentrée sur son objectif. Emmitouflée sous sa cape bleu sombre, elle restait immobile, la rendant quasi invisible.
Elle avait pu facilement neutraliser cinq des sept archers de l’ennemi, mais ce n’était pas encore assez pour elle. La vraie menace était le huitième archer, une jeune vampire visible à des kilomètres de par ses cheveux roses attachés en deux grandes couettes.
Malgré sa visibilité, elle ne parvenait pas à la toucher. Son adversaire paraissait deviner ses tirs et était parvenue à les esquiver avec agilité. À la place de se focaliser sur elle, Raven avait rangé son arme et s’était déplacée ailleurs pour ne pas compromettre sa position.
Elle remonte de toit en toit et vient se ranger sur l’une des maisons non loin du manoir du duc. Elle reconnaît Yael en contrebas, occupé à soigner des soldats blessés. Il la remarque sur le toit et lui fait un signe de la main d’un air joyeux.
Yael : Alors, tout va pour le mieux ? Tu t’amuses bien ?
Elle lève les yeux au ciel à sa remarque. Elle ne voyait pas vraiment ce qu’il pouvait trouver d’amusant dans la situation à laquelle ils faisaient face, mais s’efforça de ne pas le snober.
Raven : On peut dire ça… Mais la situation n’est pas au mieux pour nos troupes.
Yael grimace tout en amputant le bras d’un homme, ce dernier étant dans un sale état. Après un coup d’œil plus minutieux, Raven vit qu’il n’y avait pas que des soldats alliés allongés sur les brancards.
Certains étaient occupés par des cadavres de vampires, certains amputés comme celui dont son camarade s’occupait.
Yael : Tu m’en vois désolé. Je me joindrais bien à vous, mais comme tu le vois, je suis très occupé.
La jeune fille grimace de dégoût et retourne à sa mission. Ses yeux violets balayent l’horizon quand un point rose attire son attention. L’archère de tout à l’heure était de retour.
Elle la voit s’arrêter un moment à découvert, occupée à aider certains de ses alliés dans les rues. Ses tirs sont précis et rapides. Raven décide d’en profiter, elle tire une des flèches d’argent prêtées par le capitaine Dreyfus et, une fois sûre d’elle, tire.
Son adversaire esquive la flèche à temps, mais Raven l’avait anticipée, une nouvelle flèche étant déjà en train de fendre l’air nocturne, suivie d’une deuxième. La vampire bouge avec une rapidité et une agilité que Raven n’avait pas anticipées. Elle qui ne loupe que très rarement ses tirs, cette situation commençait à l’irriter fortement.
Elle sait que son adversaire s’est repliée derrière la cheminée. Elle attend patiemment qu’elle se montre, une flèche étant déjà encochée et prête sur son arc courbé.
Elle aperçoit un mouvement. Une fois sûre, elle relâche la corde de son arc. Quand elle pensait l’avoir touchée, une douleur lancinante l’envoie valser en arrière avec force, comme si elle venait de se prendre un taureau en pleine face.
Elle bascule et tombe du toit, atterrissant lourdement sur le dos avec un craquement sec. Sa respiration se coupe sur le coup et une douleur atroce se répand dans son œil droit. Sa vision se trouble et elle sent un liquide chaud couler sur sa joue droite tandis qu’elle hurle.
Elle ne voit plus rien de son œil droit. Par réflexe, elle tente de le frotter mais heurte ce qui ressemble à une flèche. Elle arrache un nouveau cri de douleur et comprend ce qui venait de se passer.
Yael, qui l’avait vue tomber au milieu de son infirmerie de fortune, se précipite vers elle. Une flèche ornée de plumes roses et jaunes lui avait transpercé l’œil droit. Raven se débattait en hurlant de façon incontrôlable. Il tente de la calmer et examine la situation.
Yael : Bordel… Raven. Merde, mais qu’est-ce qui s’est passé là-haut ?
Sa camarade tente d’articuler dans la panique, sentant la main de Yael essayer de la maintenir comme il peut.
Raven : Fais quelque chose putain !! Arrhh… enlève-la-moi...
Yael l’ignore et part chercher ce dont il a besoin. Il revient avec un torchon et un tampon d’ouate ainsi que divers pansements. Il maintient sa main contre l’arcade et la joue de Raven, puis, une fois sûr de lui, attrape fermement la flèche et commence à tirer lentement, mais avec force.
Raven hurle une nouvelle fois, son cri résonnant dans la ruelle. De son œil gauche encore valide, elle aperçoit la pointe de la flèche, couverte de sang et de bouts gluants. À cette vue, les larmes lui brouillent la vue et elle émet un murmure plaintif.
La flèche enlevée, Yael compresse la blessure avec l’ouate et le bout de tissu pour arrêter l’hémorragie. Il ramasse un tube ressemblant à une seringue, un liquide rouge mélangé à une substance verdâtre semble flotter à l’intérieur.
Ça faisait des mois qu’il travaillait dessus, et les essais récents s’étaient montrés concluants… sur de petits animaux, en tout cas. Les humains sont aussi des sortes de petits animaux, non ? se dit-il. Alors pourquoi ça ne marcherait pas ?
Yael : Désolé Raven… serre les dents.
Il empoigne la seringue et vient l’enfoncer dans le cratère ensanglanté où se trouvait l’œil de Raven. Cette dernière sent le liquide la brûler de l’intérieur, se mêlant à la douleur de la blessure ouverte. Elle pousse un dernier hurlement d’agonie avant de s’évanouir.
***
Sur la place du manoir, Kellan venait d’être retenu par trois soldats, le quatrième restant en garde près du duc, qui ne semblait pas vraiment inquiet.
Son air suffisant et calme ne faisait qu’entretenir la haine de Kellan. Les deux soldats n’hésitent pas et l’attrapent par les bras avant qu’il ne s’en rende compte. Ce n’était pas un problème, il lui restait ses crocs.
Avec une force impressionnante, il bascule celui à sa droite et vient mordre l’articulation au niveau de son cou avant de lui arracher un bout de chair. Le garde se tient le cou en agonisant et s’écroule sur le sol. Son compagnon sort son épée et se met en garde, mais l’épée de Kellan s’abat déjà sur son armure, la perforant comme si de rien n’était avec une attaque renforcée.
Il regarde à présent le dernier garde en serrant les dents.
Kellan : Dégage de mon chemin !
Son adversaire lui résiste un peu, mais la vue de ses deux camarades morts devant lui le terrifie. Il bloque quelques coups, mais sans plus. Il finit aussitôt étalé au sol dans une mare de sang.
À présent face au duc, Kellan ressemble plus à une bête qu’à autre chose. Le duc le voit s’avancer lentement vers lui et décroche son épée, une lame mince avec un manche muni d’une protection en arc de cercle aux reliures dorées.
Il avait déjà été en contact avec des esclaves rebelles et savait donc comment gérer un vampire dissident, mais Kellan était tout autre.
Duc : Et quoi ? Je suis censé être impressionné ?
La remarque ne fait qu’énerver le vampire encore plus. Kellan bondit vers lui, le duc pare le coup, mais il est plus puissant que ce qu’il aurait cru. Rien de plus normal, après tout, les esclaves de Mercurion sont sous-alimentés et pour la plupart, ce ne sont pas des guerriers.
Il parvient à bloquer encore deux autres coups, mais la panique le prend légèrement. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu’il ne devait pas rester là. Il tourne la tête vers le reste des gardes dans l’espoir qu’ils viennent l’aider, mais ils ne sont plus que deux : Raphael et l’autre vampire.
Duc : Soldats…
Il jure intérieurement, il aurait dû garder Gildan auprès de lui, mais c’est trop tard. Il ne lui restait plus qu’une option : retrouver le reste de sa garde. Il recule par petits bonds en esquivant l’épée du jeune vampire enragé. Pourquoi tant de haine ? Il ne le savait pas. Même s’il devait admettre que son visage lui était vaguement familier.
Duc : Va-t’en… vermine !
Il parvient à lui porter un coup à la gorge avec la pointe de son épée, mais ce n’est pas suffisant pour l’arrêter. Profitant du bref moment, il tourne les talons et détale les marches en direction du village.
Kellan l’observe avec dégoût et le poursuit, bien décidé à finir ce combat. Derrière lui, Rendall le regarde s’éloigner, inquiet pour ce vampire qu’il peut, après tout ce temps, appeler son ami.