La Femme à l'Ombrelle
Le Kapetan Janko Slavik n’était pas fier. Il se faisait passer un savon mémorable par un général Serbe très proche de Karageorges qui l’avait traité de tous les noms pour la disparition de Pierre après une soirée bien arrosée avec Janko.
- Slavic, tu es une bourrique imbécile, tu emmènes le secrétaire de l’envoyé de l’Empereur des Français dans une taverne immonde ! Et tu le laisses repartir seul.
Janko figé au garde à vous, sanglé dans son uniforme le plus présentable, restait stoïque face au déchaînement de la tempête. Gougeard à côté du général et malgré son inquiétude pour Pierre, était presque gêné du traitement réservé à Slavic par son supérieur. Supérieur qui, d’ailleurs, avait plus l’air d’un brigand que d’un général. Officier de cavalerie lui-même, Jean-Baptiste comprenait la virée des deux hommes. Impitoyable le général pointant un index vengeur vers Janko lui souffla au visage.
- Slavic, âne stupide, incapable tu vas retrouver le secrétaire de Monsieur l’Envoyé, sans ça… et bien sans ça tu regretteras d’être né, tu mourras dans des raffinements de souffrance. Traître !
A ces mots Janko qui, jusque-là était resté impassible blêmît.
- Non, seigneur général, pas traitre, vous n’avez pas le droit. Vous avez le droit de me punir, de me tuer mais pas de m’accuser de traîtrise.
Le général le regarda avec plus de calme.
- Pardonne-moi Kapetan. Il avait utilisé le grade de Janko pour la première fois. Tu es un bon et loyal soldat. Mais tu as commis une lourde erreur, alors répare là, sinon tu seras passé par les armes. Le général marqua un temps d’arrêt et il ajouta : j’espère que tu réussiras.