Le weekend terminé, il est temps pour l'ODD club de se retrouver. Malgré l'appréhension qui règne, chacun a fait l'effort de revenir dans le bâtiment B, même après ce qui s'y est passé.
Dans la salle de classe poussiéreuse, Sara donne déjà ses ordres alors que Misty et Max s'exécutent. La nouvelle pièce du club commence à prendre forme alors que l'imposante silhouette de Bane flotte au-dessus d'eux, veillant au moindre détail.
Assise au coin du bureau, Elize relève la tête de son ordinateur de temps à autre, ayant encore un peu de mal à se rendre compte de ce qui s'est passé la semaine dernière.
Le mal de crâne caché par le bandage qui recouvre le haut de sa tête est pourtant là pour le lui rappeler. Sara n'a pas été épargnée non plus, un pansement recouvrant sa joue blessée. Cela n'a pourtant pas l'air d'entraver sa bonne humeur.
Misty repousse le dernier banc et soupire en passant sa tête de l'autre côté de la fenêtre du local, tentant d'échapper au nuage de poussière qu'elle vient de remuer.
Au-dessus de sa tête, les oreilles de sa capuche lapin pendent dans le vide, l'une d'elles étant à deux doigts de se décrocher, retenue par deux trombones qui luttent pour leur survie.
La présidente de l'ODD club regarde la pièce qui commence à ressembler à ce qu'elle avait en tête et saute de joie d'un air triomphant.
Sara : Beau travail chers camarades !! Maintenant voyons voir si vos efforts sont approuvés par notre stagiaire ?
Alors qu'elle se tourne vers le spectre aux lames acérées, Max, Misty et Elize viennent se réfugier derrière l'imposant bureau par prudence.
Bane observe la pièce nettoyée. Les rayons de soleil de l'après-midi éclairent la zone sombre et mettent en valeur ce qui a été laissé à l'abandon depuis bien trop longtemps.
Il affiche un semblant de sourire et fait claquer ses dents d'un air ravi.
Bane : Ranger... j'aime ça...
Sara parcourt son visage lisse un moment puis sourit de plus belle en faisant un pouce en l'air vers ses amis, signe que tout va bien.
La situation se détend juste après et les derniers bancs sont installés en carré autour de la pièce alors que Misty et Elize retrient les différents mangas, rapportés de leur ancien local.
Alors que l'installation reprend son cours et que la journée scolaire touche à sa fin, la porte du local s'ouvre sur Léa.
Elle semble agir comme d'habitude, saluant ses amis d'un bref signe de la main, mais son geste la trahit en partie.
Les regards se tournent vers elle alors qu'ils remarquent l'état de son bras droit. Une attelle le retient, attachée autour de son cou. La situation la gêne un peu alors qu'elle sent leurs regards se poser sur elle.
Léa : Hé... heu... salut...
Sara pousse un rire impressionné et se hâte de la regarder sous toutes les coutures.
Sara : Eh bien... tu ne t'es pas loupée. Comment tu t'es fait ça ?
L'intéressée hésite un peu, ne sachant pas trop la cause elle-même, même si elle a certaines pistes.
Léa : Sans doute le résultat de ma chute au travers du plancher... ça couplé au coup de poing donné à Bane...
De l'autre côté de la pièce, le fantôme la suit du regard sans bouger, seule son aura spectrale flottant au rythme du vent. Personne n'y prête attention, mais Léa voit clairement un petit sourire victorieux sur son visage, semblant se délecter de sa situation.
Elle esquisse un frisson et repousse le groupe en face d'elle.
Léa : Bref... je vois que vous avez commencé à ranger. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous aider ?
Misty s'apprête à se plaindre des étagères trop hautes, mais Max lui coupe la parole, invitant Léa à s'asseoir sur un vieux fauteuil bien rembourré trouvé dans les décombres.
Max : Rien, tu es déjà bien assez amochée comme ça. Repose-toi. Nous on s'occupe du reste.
Ne pouvant reculer face à son insistance, elle s'y installe, le gratifiant d'un regard hésitant.
Léa : Merci... mais j'ai pas vraiment besoin qu'on s'occupe de moi, tu sais ?
Il se reprend vaguement et fait mine de le savoir.
Max : Je n'en doute pas... Mais à part ranger les livres, c'est à peu près tout ce qu'il reste... alors profite juste de ce nouveau local.
Ne voyant rien à y redire, elle se contente de relever le coin de ses lèvres d'un air reconnaissant et profite du confort qu'il vient de lui offrir.
Elle avait beau admettre que tout allait bien, une légère fatigue reste sur ses épaules. Elle compte bien profiter de cette pause qu'il lui offre, mais ce n'est que de courte durée.
À côté d'elle, Sara la rejoint, la toisant d'un grand sourire amusé. Semblable à ceux qu'elle fait quand elle attend quelque chose.
Sara : Je vois que tu es bien installée. Contente que tu te plaises dans notre nouveau local, mais j'espère que tu n'as pas oublié notre petit arrangement.
Léa s'en souvient parfaitement, mais sachant comment Sara peut réagir, elle ne sait pas vraiment comment le lui annoncer.
Elle tente de faire comme si de rien n'était et essaye de dédramatiser.
Léa : Oh... oui, j'ai pu parler à Jenny de notre projet de club dans le bâtiment B.
Sara : Et ??
Son amie se rapproche de plus en plus, la forçant à s'enfoncer un peu plus dans le rembourrage du fauteuil en cuir, alors qu'elle essaye d'esquiver son regard.
Léa : L'idée lui a paru... disons dangereuse. J'ai essayé de la convaincre comme j'ai pu, mais selon elle s’est hors de question. C'est déjà un miracle qu'on y soit revenus en vie.
L'aura de Sara commence à pénétrer son espace personnel alors qu'elle essaye de se sortir de cette situation.
Léa : ... elle reste néanmoins ouverte à la discussion. Elle a dit que si on avait des revendications, on pourrait en parler à la réunion des clubs qui aura lieu en fin de semaine...
À la place du pétage de plombs attendu, son amie glousse légèrement en se reculant avec un petit haussement d'épaules.
Sara : Bah... au moins tu as essayé. Plus qu'à faire sensation lors de la prochaine réunion dans ce cas !
Léa reprend son souffle lorsqu'elle se dégage. Sara a l'air de l'avoir bien pris. Malgré ça, une étrange sensation reste dans le coin de sa tête.
Jenny n'a pas l'air de savoir quelle folie Sara est prête à faire pour mener à bien son projet. Si ses deux amies entrent en conflit, ça risque de créer de sacrées étincelles.
***
De retour chez eux, Max et Sara reprennent leurs habitudes. Alors qu'elle est couchée sur le tapis du salon, occupée à griffonner dans son carnet, Max est confortablement installé sur le canapé.
Il bouge à peine, ses doigts se contentant d'appuyer sur les boutons de la télécommande pour changer de chaînes, jonglant entre les différents documentaires paranormaux qu'il trouve.
Une silhouette les rejoint alors que leur mère passe une tête dans le salon.
Anissa : Alors cette journée ? La création de votre club avance comme vous voulez ?
Max lève la main sans quitter l'écran du regard.
Max : À merveille... Sara doit juste régler deux ou trois bricoles, mais sinon tout va pour le mieux.
Sa sœur ne bouge pas d'un poil, concentrée sur ce qu'elle écrit. Elle s'arrête un instant pour vérifier ses notes, mâchouillant son stylo, puis reprend sa ligne.
Sara : Tout roule. Cours OK, club OK.
Le silence revient presque instantanément. Leur mère reprend son pull sur le canapé puis quitte la pièce d'un petit grognement satisfait. Elle pourrait pousser la discussion plus loin, mais ça ne servirait pas à grand-chose. La réponse restera la même. Soit « tout va bien » ou encore « ça va, sans plus ».
Tant qu'ils ne se plaignent pas, c'est le principal.
Anissa : Si vous le dites. Il reste des pâtes dans le frigo si vous voulez. Pour le reste, je vous laisse gérer. Bonne soirée.
Ils ne perdent pas une miette de leur activité respective et lui répondent en chœur d'un ton fatigué.
Sara et Max : Ça marche. Bonne nuit M'man, on t'aime.
Alors que les bruits de pas finissent de monter les escaliers derrière eux, le regard de Max passe sur la queue de cheval noire de sa sœur.
Max : Ça ira pour ta réunion ?
Elle s'arrête d'écrire et remet son stylo entre ses dents d'un air concentré.
Sara : J'espère. J'ai retourné tous les arguments possibles et imaginables. Si ça ne suffit pas à faire changer d'avis la présidente, il faudra se résoudre à lâcher Bane.
Le fait qu'elle dise ça avec un calme enfantin l'effraye un peu. La connaissant, elle ne risque pas de devoir en arriver là, elle qui trouve toujours une solution pour avoir ce qu'elle veut, comme elle a eu Léa par exemple. Il devrait peut-être s'excuser auprès d'elle pour ça d'ailleurs.
Il se décide enfin à bouger de sa place et vient se servir dans le frigo, revenant avec une assiette de pâtes bien remplie. Une fois son émission finie, il débarrasse la table du salon et vient donner un coup de pied dans le corps étalé dans le chemin.
Max : Bon, j'y vais. Essaye de ne pas trop te prendre la tête avec ça, d'accord ?
Elle se laisse faire et roule sur le dos en poussant un râle d'agonie.
Sara : Tu m'en demandes beaucoup trop, frangin, tu sais ça ?
Il se contente d'esquisser un léger sourire et la salue avant de remonter les escaliers vers sa chambre.
Max : Il faut bien que quelqu'un garde un œil sur toi. Ce serait bête que tu deviennes accro au boulot comme papa.
Elle le laisse faire et reste allongée, le regard braqué sur le plafond délavé du salon. Si ça ne tenait qu'à elle, elle aurait déjà planifié la soirée pour écrire l'ensemble de ses idées. Mais Max a raison, ce serait bête de se tuer à la tâche.
Elle roule la tête sur le côté et attrape son carnet, repassant les pages en revue. Sa mère le lui avait offert pour ses seize ans. Beaucoup de gens commencent l'écriture d'un journal intime à cet âge, mais pour elle, la raison était tout autre.
Ses doigts tapotent la couverture en cuir noir, aux reliefs en forme d'arbre mort, alors qu'elle se repenche sur la question principale qu'elle y avait notée : « Le paradis existe-t-il ? »
Elle abaisse le carnet et observe la cage d'escalier en face d'elle, en partie éclairée par l'écran de télévision. Comparé au bas, le sommet ne présente rien de plus qu'une énorme tache sombre semblable au néant.
C'est là que, fut un temps, pendait la silhouette de son grand-père, décédé bien avant sa naissance. Il lui a suffi d'un regard pour que cette question lui vienne en tête. Si le paradis existe, pourquoi les fantômes ne s'y trouvent-ils donc pas ?
Elle comptait poser la question à Bane, mais ce dernier ne se rappelle rien de ce qui a suivi sa mort.
Elle referme son carnet et se redresse dans un effort surhumain. Une fois la télé éteinte et les ténèbres revenues, elle se dirige vers les escaliers, connaissant chaque marche par cœur.
Sa peur a beau avoir laissé place à la curiosité et la fascination, passer le palier lui procure toujours une sensation étrange. L'ombre de son grand-père a disparu du jour au lendemain, sans réponse à ses questions.
Tout ce qu'elle souhaite aujourd'hui, c'est que d'une façon ou d'une autre, il ait pu accéder à ce paradis, espérant que cette terre promise existe bel et bien.
***
Comme toutes les deux semaines, le vendredi en fin de journée, le conseil des étudiants organise sa traditionnelle réunion en compagnie des présidents des différents clubs qui composent l'université de Portfield.
C'est une première pour Sara, qui, à défaut d'en avoir seulement entendu parler, peut enfin y participer.
Chaque président peut venir accompagné d'un autre membre de son club, un peu à l'image d'un général et de son second. Sara n'a donc pas traîné pour enrôler Léa, espérant ainsi parvenir à amadouer plus facilement Jenny, qui préside ce conseil.
Attablée autour de plusieurs tables regroupées en cercle, chaque président se fait face. Léa reconnaît ceux qu'elle a déjà rencontrés, comme la présidente du club de couture, celle du club d'expression orale, ou encore celui du club de boxe, qui, par ailleurs, ne semble pas la lâcher du regard.
Il y a de quoi. Lors de leur première rencontre, elle s'est hâtée de le remettre à sa place en l'affrontant. Résultat, elle lui avait cassé le nez. Encore aujourd'hui, une légère déformation orne le haut de son nez.
Elle se permet un petit sourire désolé, ce qui ne le ravit pas plus que ça.
Cette réunion est aussi l'occasion de rencontrer de nouvelles têtes. L'université de Portfield compte bien plus de clubs que ce que Jenny lui avait montré. Léa compte bien trois nouvelles têtes. Selon les badges qui ornent leur bureau, il y a le président du club écolo, celle du club qui gère la bibliothèque et celui du club d'histoire.
Une fois tout le monde assis à sa place, Jenny s'installe sur sa chaise, suivie de Natasha, sa fidèle assistante.
Jenny : Bonjour à tous et à toutes ! Anciens comme nouveaux !
Léa croise son air radieux et répond d'un signe de tête. À côté d'elle, Sara ne bouge pas d'un pouce, gardant un air souriant.
La présidente du conseil des étudiants prend en compte les notes que lui tend sa secrétaire et entame la réunion.
Jenny : Commençons donc sans plus tarder. Premièrement, avez-vous des questions, ou des problèmes dont vous aimeriez me faire part ?
Elle se tourne vers la présidente du club qui gère la bibliothèque, une petite fille aux couettes rousses.
Jenny : Audrey, il me semble que tu voulais me parler d'un point en particulier ?
Elle se redresse sur sa chaise et parle d'un ton plus âgé qu'elle n'en a l'air.
Audrey : Oui. Certains étudiants m'ont fait remarquer que certains rayons commencent à dater un peu. Ils commencent à se lasser de lire les mêmes livres en boucle. J'aimerais donc permettre aux membres de mon club d'apporter leur propre collection dans l'établissement... si c'est possible.
Jenny fait signe à Natasha, qui commence à prendre note des premières revendications.
Jenny : Je n'y vois pas d'inconvénient. Tant que ça reste tout public, les professeurs seront d'accord.
Durant l'heure restante, Jenny fait un tour de table, essayant de répondre aux besoins de tout le monde, passant de l'acquisition de nouveau matériel de boxe à un problème d'engagement de certains membres du club de couture.
Le dernier problème résolu, Natasha relâche son stylo et secoue sa main endolorie. Jenny prend une petite pause en buvant une gorgée de sa gourde marron et tourne son regard vers Sara, qui s'était montrée plutôt discrète depuis le début de cette réunion.
Jenny : Nous terminons donc notre tour du jour avec l'ODD club. Avez-vous un problème en particulier que vous souhaiteriez me soumettre ?
La main de Léa tremble légèrement alors qu'elle aperçoit Sara fouiller dans son sac. Elle sort un petit carnet décoré et l'ouvre devant elle, gardant un air innocent.
Sara : Merci pour cette question, chère présidente. Il y a en effet un point que mon groupe et moi-même aimerions clarifier.
Elle fait un geste vague vers Léa et prend un ton léger.
Sara : Ma collègue ici présente vous en a sans doute déjà touché un mot, mais au vu du nombre de choses que vous devez gérer, je me doute que vous n'avez pas eu le temps de vous pencher sur la question.
Jenny se tâche de répliquer et croise les mains devant elle.
Jenny : Au contraire, je m'en souviens très bien. Si ce qu'a dit Léa est juste, vous voudriez déplacer votre club dans le bâtiment B ? Si c'est bien le cas, ma réponse était non. Léa a sans doute oublié de vous le mentionner.
Léa ressent une pique en plein cœur. À cause de Sara, sa coloc est en train de la prendre pour une messagère en carton.
Elle serre les dents et se tourne vers sa présidente, espérant qu'elle règle vite la situation.
Sara serre la page de son carnet sans quitter Jenny du regard.
Sara : Le vrai problème, c'est que notre local est assez petit. Faute de ma part, de m'y être prise trop tard lors du choix de ce dernier. C'est pourquoi on s'est tournés vers le bâtiment B. Malgré son ancienneté, il contient pas mal de locaux beaucoup plus grands, en plus d'entrer dans le thème de notre club.
Léa aperçoit les lignes gribouillées sur le carnet de Sara et comprend qu'elle a essayé de parer tous les arguments que Jenny pourrait lui donner. C'est bien tenté, malheureusement c'est mal connaître sa coloc.
Jenny décroise les doigts et observe les autres présidents, tous semblant d'accord face à la demande absurde de l'ODD club.
Jenny : Je peux comprendre qu'un local où l'on se sent à l'étroit ne soit pas l'idéal pour commencer, mais c'est toujours mieux que rien. Vous n'êtes pas sans savoir que le bâtiment B est interdit aux élèves. Les étages supérieurs sont instables, ce qui pourrait être extrêmement dangereux si plusieurs personnes se trouvent à l'intérieur.
Elle penche la tête vers Sara, gardant un ton direct, mais espérant réellement qu'elle comprenne le véritable problème de son projet.
Jenny : Il y a beaucoup trop de problèmes qui entrent en jeu. Même si les professeurs acceptaient, pour je ne sais quelle raison, il y aurait toujours le problème de devoir rénover l'endroit, ce qui coûterait une fortune à l'établissement.
Sara a arrêté de serrer son cahier. Léa comprend à son sourire perdu qu'elle est à court d'idées. Elle regarde à son tour Jenny, essayant de trouver un compromis.
Léa : Est-ce qu'il y aurait moyen d'avoir un autre local dans ce cas ? Ce que Sara essaye de dire, c'est qu'on est surtout un peu à l'écart des autres, ce qui fait qu'on n'a quasiment pas de visiteurs comparé aux autres groupes.
La présidente réfléchit au nouveau problème et jette un œil à la fiche que Natasha lui tend. Après réflexion, elle secoue la tête.
Jenny : Désolée, Léa. C'était le dernier local disponible pour cette année. Mais il y a peut-être une autre solution.
Elle dévisage les autres présidents et essaye d'avoir leur aide.
Jenny : Il me semble que le club de boxe détient une réserve pour stocker leur équipement. Pareil pour le club qui gère la bibliothèque. Avec un peu de chance, vous pourriez trouver un accord. Avoir l'un de ces petits locaux pourrait vous rattacher en partie au reste du campus et combler l'espace qui vous manque. Qu'en dites-vous ?
Sara fait l'effort de relever la tête, prête à écouter ce qui est proposé. Face à elle, Audrey secoue déjà la tête d'un air strict.
Audrey : Ça ne va pas être possible. On s'en sert pour protéger les livres les plus importants. L'endroit nous sert aussi pour ranger les chaises et les tables en trop.
De son côté, Ethan, le président du club de boxe, sourit d'un air moqueur et secoue la tête aussi.
Ethan : Pareil pour chez nous. On en a trop besoin pour vous le laisser. Et puis c'est pas vraiment ça qui va vous sauver. Franchement, soyons honnêtes. Qui serait vraiment intéressé de rendre visite à un club qui se contente de parler de fantômes ?
Quelques-uns acquiescent, là où d'autres, comme Jenny, sont partagés.
Léa donne un petit coup de coude à Sara, l'air désolé.
Léa : J'aurai essayé...
N'ayant pas d'autre solution pour l'instant, Jenny reprend ses notes afin de continuer la réunion.
Jenny : Le sujet est clos pour le moment. Je reviendrai vers vous si j'ai d'autres nouvelles qui pourraient vous aider.
Léa la remercie d'un signe de tête, alors que Natasha prend la parole.
Natasha : Bien, pour la suite, nous parlerons de la traditionnelle fête d'Halloween de l'université. L'événement aura lieu dans moins de deux semaines, il serait donc temps de commencer à préparer quelque chose.
Jenny acquiesce et prend la suite.
Jenny : On y a déjà réfléchi avec les autres membres du conseil, et on s'est dit que ce serait bien d'avoir une activité principale en plus d'autres plus petites, gérées par différents clubs, ou classes. À vous de voir ce qui semble le plus intéressant à mettre en place.
Aussitôt l'annonce faite, les présidents se hâtent de partager leurs idées entre eux, aidés de leur conseillère. Alors que le brouhaha remplit la salle de classe, Sara vient frapper son poing contre la table, interrompant les discussions.
Léa sursaute et la dévisage, comme tout le monde dans la pièce. Elle se redresse d'un bond et affiche un grand sourire ravageur.
Sara : On s'en charge !
Tout le monde se dévisage d'un air interrogateur. Jenny s'apprête à lui demander de quoi elle parle quand Sara pointe son doigt vers elle avec conviction.
Sara : L'ODD club se chargera de créer l'activité principale et de décorer le campus. Voyez ça comme notre façon de prouver notre valeur, mais ce n'est pas tout !
Elle observe tout le monde, droit dans les yeux, ce qui a le don d'en mettre mal à l'aise plus d'un.
Sara : Je vous mets au défi !
Ses yeux croisent ceux de Jenny d'un air sûr d'elle, alors qu'elle leur fait part de ses revendications.
Sara : L'ODD club mettra en place l'activité principale dans les étages sécurisés du bâtiment B, qui se transformera en gigantesque maison hantée. Je vous invite tous à venir y mettre les pieds. Si on parvient, mes membres et moi, à vous foutre la frousse de votre vie, notre club aura le droit de s'y installer !
Des murmures s'élèvent, remettant en doute la lucidité de Sara. Malgré ça, Jenny sourit d'un air amusé et croise les mains, prête à négocier.
Jenny : Entendu. Si vous arrivez à m'effrayer, moi et l'ensemble du conseil des présidents ici présents, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire plier la direction en votre faveur.
Elle range ses notes en avance et se redresse.
Jenny : Je vous obtiendrai une autorisation pour accéder au bâtiment B afin de préparer au mieux l'événement, mais vous devrez me promettre de rester à l'écart des étages à risque. Est-ce bien compris ?
Sara hoche la tête vigoureusement, alors que Léa l'imite. Satisfaite, Jenny observe l'assemblée, et conclut la réunion.
Jenny : Pour les autres, je vous laisse vous concentrer sur vos stands individuels. Ah, et que le meilleur gagne !